Disclaimer : Pas à moi, pas à moi...

Le Cerveau Et La Rêveuse, chapitre 15

"Ma chère fille,

Je reviens tout juste de ma randonnée. En fin de compte, il ne nous a fallu qu'un mois et demi pour retrouver cette magnifique créature qu'est le Hérisfeu Éternoufleur. Je te montrerai ceux que j'ai attrapés quand tu viendras. Je t'attends pour le week-end prochain, ça te vas? J'espère que tu pourras venir. Je t'attendrai à la gare.

Je t'embrasse.

Ton papa."

Luna replia la lettre qu'elle tenait entre ses mains. Face à elle, son amant était assis sur le lit, l'entre-jambe caché par le drap gris (eh ben quoi? Oui, môssieur Terreur-Des-Cachots est très pudique! NdlA) Il scrutait son visage.

"Luna? Quelque chose ne va pas?"

Elle leva les yeux vers lui et les baissa immédiatement, surprise de voir autant d'inquiétude sur le visage de son amour. Elle ne voulait pas le montrer, mais en réalité elle était morte de peur. La lettre de son père l'avait plongée dans un état proche de la panique. Ces quelques mots indiquaient clairement que son père avait quelque chose à lui dire, et que ce ne serait pas de gaieté de cœur.

"Luna? Eh mon amour, qu'est-ce qui ne va pas?"

Non, elle ne voulait pas pleurer. Non... Mais elle n'y pouvait rien. Elle avait tout à coup eu si peur qu'elle ne se contrôlait plus. Elle s'affaissa, à genoux, et sa main lâcha le papier responsable de ses larmes. Aussitôt Severus se jeta dessus et le lut. Il jeta un coup d'œil à sa bien-aimée et fronça les sourcils.

"Mais pourquoi tu pleures? Il n'y a rien de grave, à ce que je sache?"

Luna reprit le contrôle d'elle-même et se redressa lentement. Son amant la prit par les épaules et la cala contre son torse nu. Une fois entièrement calmée, elle entreprit d'expliquer ce qui l'avait troublée.

"Il... mon père ne répète jamais deux fois le même mot dans une lettre, il dit toujours que c'est un signe de bêtise, et là... enfin, le verbe "attendre" est mis deux fois! Et puis... Oh Severus, je ne sais pas comment te l'expliquer... Mais je connais tellement bien mon père, et cette façon d'écrire, brève, claire... Ce n'est pas lui!"

"Ne t'inquiète pas mon amour! Tu vas aller le voir, il t'expliquera ce qui ne va pas, et tu reviendras. N'est-ce pas ce qu'il y a de plus simple? Tu me reviendras, c'est tout ce qui compte!"

Touchée, Luna se pencha vers lui et lui embrassa le bout du nez. Ils rirent doucement tous les deux puis elle se blottit dans ses bras. Elle oubliait déjà l'inquiétude causée par la lettre.

"Je te reviendrai toujours" murmura-t-elle.

Et hélas elle en était persuadée...

./\.

Le week-end arriva et Luna s'était préparée pour rentrer chez elle.D'une part elle était heureuse de retrouver son père, mais d'autre part elle se demandait ce qu'il avait de si important à lui annoncer. Car elle en était certaine, il allait lui annoncer quelque chose d'important, ou de grave. Tout au fond d'elle, elle espérait qu'il ne s'agissait que d'un truc qui ne la concernerait pas, comme par exemple s'il avait décidé de se remarier, ou bien s'il partait en voyage un an ou plus, pour affaire...

Mais tout au fond d'elle-même, elle savait que c'était autre chose. Elle le sentait, confusément, comme un brouillard nocif qui lui brouillait la vue comme de microscopique larmes. Elle battit des cils et l'impression visuelle s'évapora. Mais... mais son estomac se serrait quand elle repensait à son père...

Un jour il faudra que je lui dise pour Severus, se disait-elle, il le prendra bien, c'est quasi-sûr, mais je ne pense pas que ce soit pour une raison aussi futile qu'un voyage qu'il m'ait appelée... Et si c'était à cause de ma note en métamorphose? C'est vrai, je n'ai pas été super à ce moment-là, mais je revenais juste du bureau de Severus... Je m'étais endormie en plein contrôle.. Et puis Papa ne me demanderait jamais de venir juste à cause d'une note! Non, c'est n'importe quoi...

Elle en était là dans ses réflexions quand elle aperçut au loin la silhouette d'un petit homme trapu.

"Papaaaaa!"

Elle s'élança, laissant tomber son petit sac par terre, et se jeta au cou de son père. En fin de compte, c'était la joie de le revoir qui avait pris le dessus. Pour lui aussi apparemment, puisqu'il arborait un gigantesque sourire, un de ceux qui vous paraissent peins à craquer de bonheur. Elle embrassa son père, couvrant sa figure de petits baisers, et le petit homme se laissait faire.

Puis elle repris son sac et ils transplanèrent tous les deux. À peine arrivés devant l'énorme maison des Lovegood, le sourire du père de Luna s'évanouit. La jeune fille le regarda étrangement, comme si elle ne le reconnaissait pas.

"Papa, qu'est-ce qui se passe?"

"Ah, ma fille, toujours aussi directe! Tu le tiens de ta mère, ça... Pas étonnant que les garçons de ton école ne te regardent pas"

Il rit un peu, puis reprit :

"Écoute, vas donc te doucher et te préparer pour dîner, nous avons du monde ce soir. Fais-toi belle, s'il te plaît..."

"Qui est-ce qui vient?"

"Je ne peux pas te le dire, ce sera une... surprise..."

Pas rassurée pour une noise, Luna alla néanmoins jusqu'à sa chambre et y déposa son sac. Elle s'allongea sur son lit et regarda au plafond. Elle détailla les portraits de ses amis, et songea au fait qu'il faudrait mettre quelque part celui de l'homme de sa vie. Car elle ne doutait en aucun cas que Severus Snape serait le seul et l'unique homme auquel elle se donnerait. Le seul avec qui elle accepterait de partager sa vie.

"Pas étonnant que personne ne te tourne autour" avait dit son père... S'il avait su...

Oh, évidemment, elle ne l'avait pas mal pris, il le lui disait souvent, et c'était plus une boutade qu'un reproche. Quoique... Oui, cette fois ç'avait eu l'air différent. Aujourd'hui, tout paraissait différent.

Elle se lava et mit la robe qu'elle avait mise le soir où Severus et elle s'étaient aimés pour la première fois, dans cette jolie petit maison... Rien qu'à l'évocation de cette nuit elle se sentit rougir. Il ne fallait pas qu'elle rougisse. Qui que ce puisse être, le ou les invités de son père devaient être d'une grande importance. Et elle savait se tenir devant les gens importants.

En bas, une mélodie tinta. Quelqu'un venait de sonner à la grille du manoir. Elle ne préféra pas regarder par la fenêtre, de peur de passer pour une curieuse. Elle entendit son père ouvrir la porte d'entrée deux minutes plus tard, et elle entreprit de se coiffer convenablement. En dix minutes, elle était coiffée et maquillée. Son père l'appela.

En descendant les marches du grand escalier, elle sentit une pointe d'angoisse lui traverser la gorge, mais elle décida de ne pas s'en soucier.

Elle entra dans le salon et se figea.

"Papa, qu'est-ce qu'il fait ici?"

Son regard fixait l'homme en face d'elle, assis confortablement dans un fauteuil bleu pervenche. Celui-ci leva le regard vers elle.

"Ah, bonsoir Miss Lovegood..."

Alors alors alors ? Cha vous plaît..?