Chapitre 2
Madame Maxime
Lorsque Johanne mit le pied chez elle une lumière verte l'aveugla. Elle paniqua un instant, la couleur verte étant souvent synonyme de mort violente dans le monde des sorciers. Lorsqu'elle se rendit compte qu'aucun sort ne lui avait été jeté, elle daigna ouvrir les yeux. Une troupe d'une dizaine de personnes avaient jaillit de derrière les canapés et la fixait en clignant des yeux. Il faut dire que Johanne n'était pas dans une position des plus normales. Elle était tombée au sol en se protégeant le visage dans un élan de survie soudain."Je vous avez bien dit que c'était pas une bonne idée le feu d'artifice les gars." Lança une voix non loin d'elle.
"C'est quoi ce bordel?" Beugla la résidente de lieu qui ne comprenait pas grand chose. Elle se releva sur son séant pour essayer de comprendre ce qui se passait. Elle scruta les intrus en levant un sourcil interrogateur.
"Allez les gars, on se démonte pas!" Lança la même voix. Et soudain une explosion d'exclamation firent bourdonner les oreilles de Johanne.
"JOYEUX ANNIVERSAIRE!!" hurlèrent d'une même voix ses amis.
"Fallait pas." Se contenta t-elle de dire en remarquant, posé sur la table, un tas de paquets cadeaux. Elle se relava et s'épousta un moment en regardant le sol pour masquer sa gène. Ses joues arboraient une jolie couleur tomate.
De la musique retentit. Il semblait qu'un de ses amis lui avait offert le nouvel album de Benabar. La demoiselle avait quelques difficultés à l'avouer mais elle préférait de loin les chanteurs moldus à ceux du monde des sorciers. Bien souvent, elle ne se retrouvait pas dans les paroles qui faisaient référence à une enfance parmi les gobelins. En effet la jeune fille avait été élevée par deux parents moldus et avait eu une enfance des plus normales. Elle ne se rappelait même pas avoir un jour fait preuve d'un quelconque talent magique durant son enfance.
Lorsqu'on lui avait annoncé qu'elle était une sorcière sa première réaction avait beaucoup fait rire madame Maxime qui c'était déplacée en personne.
"Bah oui, je sais que je suis une sorcière. Maman m'a offert un déguisement à Noël! J'ai même un balai qui vole." Avait-elle répondu en roulant des yeux comme-ci il n'y avait rien de bien particulier dans cette annonce. Lorsqu'elle y repensait aujourd'hui cela la faisait sourire.
Une table apparu comme par magie et on y déposa un gâteau énorme.
"Alors?" Lui demanda un garçon roux aux cheveux bouclés et à la barbe en broussaille. "Comment ça s'est passé?"
"J'ai bon espoir William."
"C'est-à-dire?" Insista la fille assise sur les genoux du garçon. "Tu leur as montré de quoi était capable une sang de bourbe?"
"Tu sais ce qu'elle te dit la sang-de-bourbe?!" S'exclama un garçon brun portant un bouc au fond de la salle.
"Je préfère quand tu m'appelles la fille de moldus Aléa." Soupira Johanne. "Et merci de ton soutien Térence!" Hurla t-elle à l'adresse du garçon brun. Sang-de-bourbe était un mot grossier pour désigner les gens comme elle dont les parents étaient dépourvus de pouvoir magique.
"Tu imagines" Poursuivit William "si tu deviens prof, on va bosser ensemble!"
"Alors c'est sur, c'est toi le nouveau professeur de défense contre les force du mal?"
Le garçon acquiesça fièrement.
La bande c'était rencontrée à l'école en première année. Térence et Aléa voulaient devenir Aurors et travaillaient encore pour. Quant à William et Johanne ils se voyaient déjà professeurs. Elle sourit à son ami.
La fête prit fin sur les coups de deux heures du matin. Johanne remercia chaleureusement tout le monde. Elle avait reçu beaucoup de livres sur les potions, un nouveau chaudron et un livre expliquant comment faire preuve de répartit devant les élèves.
Les jours passèrent, jours durant lesquels la jeune fille passa beaucoup de temps à étudier. Elle ne savait pas vraiment en quoi consistait l'épreuve de Madame Maxime. Et elle craignait le pire. La directrice n'était pas du genre à choisir un professeur à la légère et elle était persuadée que l'épreuve finale lui serait pénible. Peut être allait-elle être empoisonnée... elle devrait alors fabriquer elle-même son antidote. On lui demanderait peut-être de reconnaître des ingrédients à la couleur et au touché. Un doute horrible l'assaillit. Les racines de mandragore étaient-elles marron-terre ou marron pale?...
Alors qu'elle révisait un chapitre important expliquant la différence entre un filtre et une potion, un hibou vint toquer à sa fenêtre. Le ventre de la jeune femme se tordit quand elle vit qu'il portait une missive portant le sigle de l'école Beauxbatons. Elle fit entrer l'oiseau qui alla s'installer sur une chaise. Elle lui donna quelque graine en sermonnant son chat pour qu'il ne se jette pas dessus. Ce n'était pas un repas mais un courtier.
La jeune fille passa ses doigts sur le cachet. La cire c'était figée en représentant un bâton magnifique décoré derrière lequel trônaient 4 arbres: un charme, un boulot, un être et un arbre mort. Les végétaux représentaient les quatre maisons de l'école et Johanne était fière d'avoir était chez les Boulots.
Elle décacheta la lettre avec précaution et se mit à lire.
De: Madame Maxime directrice de Beauxbatons.
Détentrice du grand-ordre de Merlin, siégeant au conseil des sorciers Français en place de vice présidente.
A: Mademoiselle Johanne Lignuss
Mademoiselle,
J'ai le plaisir de vous annoncer vos notes à concours visant à désigner le nouveau maître des potions de notre école. Vos notes sont
A l'oral ............................................... 17/20
A l'écrit .............................................. 19/20
Nous ne pouvons revenir sur vos notes, celle-ci resterons comme tel.
Le coeur de Johanne fit un bon. Ses notes étaient tout bonnement excellentes. Elle espérait néanmoins qu'un dix-sept suffirait à faire parti des 5 finalistes. Elle reprit sa lecture, le coeur battant dans sa poitrine.
Ces notes vous classe 4 eme de cette première partie du concours et vous accorde l'accès à la seconde étape. Nous vous donnons rendez vous le 20 juin à 7h00 au château de Beauxbatons afin de vous évaluer. Nous vous demandons de vous fournir de votre propre chaudron.
Cordialement
Madame Maxime
Johanne poussa un cri de joie et serra la lettre sur son coeur. Elle était 4 eme, elle était prise pour la seconde étape! Jamais elle n'avait été aussi proche du son but. Il lui fallait néanmoins se rendre à Beauxbaton. Le château ne se trouvait pas vraiment dans sa région et s'y rendre à pied lui paraissait légèrement compliqué.
Après réflexion, elle estima qu'en volant haut, au-dessus des nuages, elle pouvait y aller en balai après avoir rejoint la ville la plus proche en train. Ceci convenu, elle retourna à ses révisions.
Le jour venu, elle était devant le grand portail en fer forgé de l'école. L'entrait de l'établissement ressemblait à un énorme enchevêtrement de branches et de racines grisâtres, ce qui était assez intimidant. Il était 6h30 et elle n'avait encore vu personne. Elle essaya encore une fois de pousser le portail mais celui-ci refusait obstinément de s'ouvrir. Elle donna un coup-de-pied dans le fer et grimaça de douleur.
Elle se dirigea en clopinant en direction d'une petite porte dérobée sur le côté du portail. Après plusieurs tentatives il s'avéra que celle-ci aussi été fermée. Au grand mot les grands remèdes, pensa t-elle en sortant sa baguette.
"Alohomora" Souffla t-elle en pointant la serrure. Une magnifique explosion se fit entendre et Johanne voltigea dans les airs avant de se cogner violemment contre un arbre. Elle se releva en se frottant le dos. En même temps, ça lui paraissait un peu trop facile.
Elle enfourcha son balai mais se heurta à un mur invisible qui la fit dégringoler à toute vitesse vers le sol. Elle se mordit la lèvre et pesta de toutes ses forces.
Le bruit n'avait attiré personne. Elle piétina quelques instants devant le portail et fini par avoir une idée.
"Sonorus" Marmonna t-elle en pointa sa gorge de sa baguette. Le sort d'amplification fit son effet et elle se mit à hurler à pleins poumons.
"Il y a quelqu'un! Il faut que je rentre! Je viens pour le poste de professeur! Madame Maxime est prévenue! Youhou!" Ses cris finirent par attirer quelques curieux et enfin, la gardienne. Elle lui ouvrit le portail en s'excusant platement.
"Veuillez me pardonner mademoiselle, je pensais que vous étiez tous arrivé hier au soir. Je n'ai pas pensé que d'autres arriveraient ce matin! J'espère que je ne vous ai pas mis dans une position délicate! Suivez moi s'il vous plaît!"
Suivant donc le postérieur gigantesque du concierge, Johanne traversa la foret qui entourait les lieux. De grand arbre très bien entretenus sortaient du sol de manière très artistique. Lorsqu'elle était encore élève, Johanne discutait souvent au pied d'un charme avec ses amis. D'autres élèves aimaient dormir sur les hautes branches. Elle chercha des yeux le petit étang qui se trouvait au milieu des arbres mais il était certainement trop loin pour être vu. Ils arrivèrent dans une petite clairière au milieu de laquelle se dressait un château. Celui ci était entièrement recouvert de lierre et de plantes grimpes de diverses variétés ci bien qu'il donnait l'impression de ne tenir que par le bon vouloir de la végétation.
Johanne entra dans le grand hall et remercia la femme qui lui indiqua brièvement le chemin jusqu'au bureau de la directrice, lui assurant qu'il fallait se rendre là-bas. Après avoir traversé bon nombre de couloirs et montait plusieurs escaliers, Johanne trouva enfin un petit comité de quatre personnes, dont une familière. Johanne fit de grand mouvement en direction d'Adelle dont le visage s'illumina à la vu de son ami.
"Johanne! C'est donc toi qui manquait à l'appel?" S'écria tel en lui serrant la main.
"J'ai cru que je n'arriverai jamais à l'heure, les grilles étaient fermées!" Râla la jeune fille en reprenant son souffle. "Je n'ai rien manqué?"
"Non. Rien. Nous sommes arrivés hier, on nous a parqué dans des appartements et voilà. Il y a du niveau." Souffla t-elle en se penchant vers son amie en regardant les autres personnes.
Le reste du groupe était constitué d'homme. Tous étaient bien plus âgés que les deux jeunes filles et arboraient un air sévère, fixant la grande porte en bois derrière laquelle se cachait le bureau de la principale. Johanne se rappela avoir trouvé cette porte étrange dans le passé. Comment une simple porte pouvait elle gardait les innombrables secrets d'un principal? Jusqu'au jour où elle avait été convoqué et que la porte lui avait demandé un mot de passe. C'était la première fois qu'un objet inanimé lui parlait. Le mot de passe donné, la porte c'était ouverte pour la laisser entrer.
Madame Maxime ouvrit la porte à la volet. Sa taille impressionnante et sa force de titan laissait supposer qu'elle était une demi-géante, mais tout le monde ici s'accorder à dire qu'elle avait de gros os. Elle portait une immense robe bleue à motifs roses, représentant des pétales de fleurs. Elle nous toisa du regard avant d'inviter les candidats à entrer.
Le bureau était tout en hauteur et en longueur, donnant l'impression de ne jamais finir. Les murs étaient couverts des portraits dans anciens directeurs discutant dans leurs cadres. Ils se turent en voyant venir les petits nouveaux. Johanne salua discrètement le portrait de Gédeon Val, portrait avec lequel elle aimait discuter à son époque, l'homme âgé lui répondit par un clin d'œil et la jeune femme se détendit légèrement. Des rayonnages se succédaient sous les portraits, portant sur leurs étagères des objets étranges, mais aussi des bibelots représentant des petits chiens. Certains d'ailleurs tournaient en rond en jappant.
Madame Maxime prit place à son bureau et observa les cinq postulants quelques secondes encore.
"Bien!" La forte voix de la femme fit tonner le mot. "Je suis madame Maxime, directrice de cette école. Nous nous trouvons dans l'obligation de trouver un nouveau professeur de potion pour notre établissement et j'espère que l'un d'entre vous sera à la hauteur de nos espérances." Elle marqua une pause. "Je ne vais pas me perdre en grand discours. Dans le sac, posait sur mon bureau, se trouve cinq épreuves, une pour chacun d'entre vous. Je vous souhait bonne chance."
D'un geste de la main, elle les invita à venir piocher dans le sac. Adelle fut la première à tirer, suivi d'un homme âgé, Johanne osa enfin plonger sa main dans le sac. Elle en sortit un petit bout de parchemin sur lequel était marqué "Bois de charme." Elle leva la tête plutôt déconcertée. Adelle ne semblait pas mieux comprendre l'énoncé de son problème alors que l'homme lui était déjà sortit en courant de la salle.
Soudain Adelle s'enfuit en courant à son tour laissant définitivement Johanne seule. Elle se tourna vers madame Maxime et lui lança un regard plein de détresse.
"Mademoiselle Lignuss, que vous arrives t-il?" Demanda t-elle en croisant ses avants-bras de la taille d'un jambonneau sur son bureau. "Votre ingrédient ne vous plaît pas?". Le mot ingrédient alluma un ampoule dans la tête de la jeune fille qui s'empressa de quitter le bureau, lança derrière elle un remerciement.
Elle se dirigea tout droit vers le parc et descendit en direction du charme qui lui servait d'abris durant ses études. Elle lui coupa quelques racines, lui arracha quelques feuilles et prit de son écorce. Elle s'excusa platement en retournant vers le château.
Elle bifurqua au dernier instant vers le potager où elle récupéra des fleurs de pissenlits et fini sa course en salle de potion. Adelle s'y trouvait déjà, et l'on devinait à l'odeur qu'elle fabriquait une potion de sommeil. L'air était un peu plus lourd dans le cachot et des volutes de fumée violette sortait du chaudron. Johanne fouilla dans l'armoire du professeur et dénicha de la poudre de condensé d'écailles séchées. Elle mit son chaudron sur le feu et le rempli à moitié d'eau. Elle passa les minutes qui suivirent à préparer ses ingrédients en attendant que son eau chauffe. Elle n'allait pas préparer quelque chose de bien complexe. Le charme était connu pour ses propriétés à éloigner le mensonge, elle allait concocter un filtre de vérité avec les moyens du bord.
Bien vite les autres candidats arrivèrent dans la classe. La pièce était remplie de fumées de couleurs diverses et d'odeurs étranges. Certains chaudrons émettaient des sifflements peu rassurants. Le filtre de Johanne avait la couleur et la consistance voulue. Néanmoins, lorsqu'elle voyait le résultat obtenu par ses voisins, elle se demandait si elle avait la moindre chance d'obtenir le poste. Sa potion semblait réellement basique face à la complexité des ingrédients utilisés par ses camarades.
Elle remplie une fiole avec sa substance et soupira. Le sort en était jeté.
Ils se présentèrent tous ensemble devant la porte de la directrice. Le plus âgé d'entre eux toqua. Le battant pivota et madame Maxime fit entrer l'homme. Il ressortit après deux minutes invitant un jeune homme un peu rond à entrer à son tour. Il sortit et demanda à Johanne d'entrer.
La demie-géante était assise à son bureau, deux fioles de potions devant elle. Elle les observait avec insistance. Après un moment de réflexion, elle jeta la première au sol. Cette dernière se brisa en relâchant son contenu sur le tapis. Elle leva la tête vers la jeune fille.
"Et donc, je n'ai pas toute l'après-midi." Déclara-t-elle. "Que m'avez vous préparé?"
Johanne posa le flacon sur le bureau.
"C'est un véritaserum de dernière catégorie n'ayant pas tous les ingrédients à ma disposition. Il permet de..."
Elle fut couper par un mouvement las de la directrice. "Vous aviez le charme c'est bien cela?"
"Oui..." souffla Johanne qui sentait les larmes monter. Des toutes évidences... ce n'était pas assez bon pour celle qui aurait pu être son employeur.
"Merci, je veux voir Adelle."
Johanne sortit et demanda à son amie de se présenter à son tour. Le plus vieux du groupe se dirigea vers Johanne.
"On a entendu de la casse... tout va bien?" Un bruit de verre brisé se fit entendre venant du bureau.
"Elle jette les potions qui ne lui conviennent pas... Quand je suis rentrée, elle a gardé la verte."
"C'est la mienne!" S'extasia l'homme âgé en regardant vers le ciel.
Adelle ressortit du bureau et se fit de suite sauté dessus par l'homme. Elle lui apprit qu'il restait sur le bureau à l'heure actuel sa potion et une potion verte. Le coeur de Johanne se déchira... elle n'avait pas le poste. Les larmes lui montèrent aux yeux et se laissa glissant contre un mur.
Le dernier sortit de la salle. On entendit un dernier fracas de verre, puis un bruit de chaise. Enfin Madame Maxime se présenta. Il y eu un long silence, puis elle annonça un simple nom.
"Johann..." Johanne leva la tête n'en revenant pas, elle était donc sélectionnée?! Alors qu'elle s'apprêtait à se lever ses espoirs furent anéantit. "...berg.".
L'homme aux cheveux blancs sourit de toutes ses dents et serra la main de la principale. Il était le nouveau professeur.
