Chapitre 7
Un trou noir, c'est troublant
A peine Johanne fut-elle sortie de la classe qu'une salve d'applaudissements l'accueillit. Elle tourna la tête incrédule vers les élèves qui célébraient son insolence. Derrière elle, la porte du bureau de Rogue claqua et la joie qui commençait à naître dans sa poitrine se dégonfla comme un ballon. Elle venait très certainement de perdre son poste mais elle se força à sourire alors que des mains venaient lui taper le dos. Elle se mit à marcher aux milieux des élèves qui la félicitaient pour se rendre au seul endroit qui lui venait à l'esprit: l'infirmerie. Elle avait besoin de parler à ses amis.
Lorsqu'elle sortit du champs de vision des élèves qui l'applaudissaient toujours, elle se mit à courir aussi vite qu'elle le pouvait. Elle dépassa au galop des étudiants, grimpa quelques marches en se rappelant trop tard que l'une d'entre-elles était escamotable. Son pied s'enfonça comme dans du beurre au fond de la cavité en bois et elle se retrouva coincée comme un imbécile. Coupée dans son élan elle tomba en avant et se rattrapa avec difficulté à la rampe. Au passage, elle se cogna le nez contre la marche suivante.
Elle poussa un cri de douleur et attrapa son nez par reflex ce qui eu pour effet de la faire à nouveau tomber. Le choc fut encaissé par son front et des larmes perlèrent au coin de ses yeux. Alors qu'elle se relevait avec difficulté, de l'aide dévala les escaliers. Lorsqu'elle sentit l'odeur sucrée des bonbons, elle su que son sauveur n'était autre que le directeur.
"Hé bien Jo'!" S'écria t-il en arrivant à sa hauteur. "Rien de cassé?"
"Mon honneur est en petit morceau mais hors mi ça, je crois que le reste est en bon état." Marmonna t-elle en se tâtant le nez.
"On ne vous avait pas prévenue pour la marche?" Demanda le professeur en lui décoinçant le pied d'une manière experte.
"J'ai oubliée..." Marmonna t-elle en baissant les yeux. "Je m'excuse de vous avoir dérangé professeur..."
Et soudain, sans prévenir, elle fondit en larmes.
Le professeur Dumbledore la regardant un peu surpris au départ. Il devait sans doute trouver ça ridicule de pleurer pour une marche escamotable.
"Allons jeune fille, il y a plus de peur que de mal..." Bredouilla t-il en lui tapotant l'épaule un peu gêné.
"C'est... pas... ça" Hoqueta Johanne en essayant de se calmer. "Le professeur Rogue... il... il va me tuer..." Elle repartit dans un torrent de larmes sous les yeux du principale.
Ce dernier lui entoura les épaules d'une manière très paternel et la fit monter les marches en lui parlant tout doucement. Il tentait, aussi bien qu'il le pouvait, de calmer la jeune fille. De plus, il se promit d'avoir une conversation avec Rogue. S'il traumatisait un peu trop l'assistante, elle ne tiendrait pas l'année.
Ils arrivèrent enfin dans son bureau où le principal l'invita à s'asseoir. Johanne avait réussit à se calmer, un peu, et éprouvait une sorte de grand moment de solitude. Le directeur ouvrit un tiroir de son bureau et en sortit différents bonbons.
"Prenez en un, ça ira tout de suite mieux. Goûtez les dents d'ogre, c'est tout nouveau." Dit-il en poussant devant lui un bonbon à la vanille représentant une dent gigantesque sur lequel un nappage au caramel formait une carie. "Plus vous attendez et plus la carie s'étend."
Johanne le prit en souriant légèrement et commença à le grignoter avec précaution. Un silence s'installa, laissant la jeune fille se calmer totalement. Dumbledore sortit de sa manche un mouchoir à carreau de la taille d'une nappe et lui tendit.
"C'est Hagrid qui me l'a offert" Expliqua t-il comme pour excusez la taille. "Tenez."
Johanne se moucha consciencieusement et garda le mouchoir en main.
"Que vous arrive t-il donc ma petite? Qu'a bien pu vous faire Rogue pour vous mettre dans un état pareil?"
"C'est ma faute, j'ai insulté un élève..." Souffla Johanne en baissant la tête.
Dumbledore eu l'air surprit. "Comment cela?"
"Draco Malfoy insulté une jeune fille de sang-de-bourbe... j'ai répliqué." Son regard s'assombrit.
"Et qu'avez vous dit?"
"Que ses parents étaient probablement consanguins pour qu'il soit si bête..."
Il eu un moment de silence. Johanne pensait que le professeur ne répondait pas car il était bien trop choqué, ou en colère. Mais lorsqu'elle leva la tête, il se retenait simplement de rire en gardant une main devant sa bouche. Johanne ne pu s'empêcher de se mettre s'esclaffer elle aussi devant l'allure comique du vieux et tous deux rire de concert. Lorsqu'ils furent calmés le sourire du professeur Dumbledore fut plus rassurant que mille paroles. Johanne sentit un poids s'envoler de son estomac.
"Ne vous en faite pas, Rogue ne vous licenciera pas pour ça."
"Ha?" S'étonna Johanne qui, suite à la réaction de colère furieuse du professeur, était sure d'avoir définitivement perdu son poste.
"Si vous n'aviez rien dit, le professeur Rogue aurait officié à votre place." Assura le directeur en prenant une choco-grenouille sur son bureau. "Il n'accepte pas que l'on traite ainsi une élève."
Johanne ne put s'empêcher de lâcher un cri d'indignation. "Si ce n'est pas les élèves, c'est lui qui humilie ses victimes. Laissez moi rire."
"C'est t-il moqué de quelqu'un sur son statut d'enfants de moldus?" Demanda Dumbledore le plus sérieusement du monde.
Johanne chercha dans sa mémoire. "Non... en effet."
"S'il y a une insulte qu'il ne tolère pas, c'est bien celle là."
"Et pourquoi?"
"On ne choisit pas ses parents." Rétorqua simplement Dumbledore.
Johanne secoua la tête. Elle se sentait tout de même bien plus légère depuis que le professeur lui avait expliqué tout cela.
"Je suppose que vous êtes collée, non?"
"Ho, oui en effet." Elle avait oublié ce détail et elle sentit son ventre se tordre. Le professeur Rogue allait très certainement lui en faire baver des ronds de chapeau.
"C'est sa manière à lui de vous faire comprendre qu'il existe d'autre moyen de sanctionner un élève que de se moquer de lui en retour. Même si je dois l'avouer, votre répartie était bien trouvée." Il lui adressa un clin d'oeil. "A l'avenir, retenez vous. Rogue sait tenir une classe."
Johanne sortit du bureau pour se rendre à ses appartements. Elle réfléchissait. Le professeur Rogue avait donc un semblant de conscience? C'était difficile à croire, lui qui semblait être le diable incarné. Il devait être lui même sang-de-bourbe pour comprendre ce que l'on pouvait ressentir lorsque l'on se faisait ainsi insulter. C'était certainement ça.
Elle s'endormit avec difficulté, pensant à sa retenu qui aurait lieu le lendemain. Elle fit un drôle de rêve dans lequel le professeur Rogue se transformait en chauve-souris et s'emmêlait dans ses cheveux. Il lui arrachait des méches par poignet et la jeune fille se retrouvait très vite chauve. Alors Draco se moquait d'elle avec d'autre Serpentard en l'appelant "Chauve-de-Bourbe" et elle finissait par se jeter dans un puits pour ne plus les entendre. Le bruit sourd de sa chute la fit se réveiller en sursaut. On toquait à la porte.
"C'est qui?" Marmonna t-elle en se réveillant à peine.
"Le professeur Chourave." Lança la voix du professeur de Botanique. "Je vous amène une tisane!"
Johanne se leva et ouvrit la porte à la petite dame qui entra en lui souriant.
"Ne faites pas attention au bazar." Lui lança Johanne d'une voix endormie.
"On ne vous a pas vu hier au dîner, j'étais un peu inquiète. Le professeur Dumbledore m'a expliqué pour votre histoire avec Rogue."
Un décharge de stress explosa dans le ventre de la jeune fille lorsqu'elle se souvint de sa colle qui aurait lieu le soir même. Son visage se décomposa instantanément.
"Je vous apporte une tisane pour que vous restiez calme durant la journée. Et si Rogue dépasse les bornes, croyez bien qu'il entendra parler de Chourave!" Lança la petite dame en leva un doigt vers le ciel renversant un peu de tisane du même coup.
Johanne sourit et remercia Chourave pour tout ce qu'elle faisait.
"Ce n'est pas tout." Lança une voix derrière la porte. Le professeur Hyde fit son entrer, déjà vêtu d'un de ses costumes de dandy. "Le professeur Rogue m'autorise à vous emprunter pour la journée. Aujourd'hui vous êtes l'assistante du professeur Hyde!" Il prit une pose ridicule en se caressant la moustache. "Alors, heureuse?"
"Ho, vous ne pouvez pas savoir à quel point." Rit Johanne en chassant ses amis de sa chambre pour se préparer.
Johanne fut donc l'assistante du professeur Hyde et il fallait avouer que c'était bien plus drôle que les cours de potions. Les élèves féminines de Poudlard semblaient tout simplement exceller cette année dans cette matière. Le professeur Hyde gratifiait chaque bonne réponse d'un clin d'oeil appuyé à l'élève qui fondait la plus part du temps devant l'homme. A la fin de chaque cours, le ou la meilleure élève recevait un cadeau. Les garçons gagnaient une carte rare de choco-grenouille et les filles, une magnifique rose rouge.
Johanne pouvait enfin enseigner un peu. Bien qu'elle ne connaissait pas grand chose à la matière elle prenait plaisir à compléter les dire du professeur ou même tout simplement à faire le cours durant une quinzaine de minute lorsqu'elle connaissait le sujet. Elle manipulait des bêtes étranges sous les conseils du professeur qui s'amusait parfois à la prévenir d'un danger inexistant ce qui rendait la classe hilare puisqu'elle poussait un cri strident de peur.
Arrivèrent des troisièmes années qui devaient aujourd'hui travailler sur les épouvantards. La jeune fille se rappelait de ce cours qu'elle avait, elle aussi, potassé à son époque. Une fois les élèves assit, Hyde commença son show.
"Alors les enfants." Dit-il en tapotant le côté d'une vieille armoire cadenassée qui se mit aussitôt à trembler. "Qui peut me dire ce qu'il y a la dedans?"
Aussitôt une dizaine de mains, toutes féminines se levèrent.
"Oui Miss Gelaude?"
"Un épouvantard!"
"Exactement et que fait un épouvantard?"
"Bah, il épouvante les gens." Répondit la jeune fille aux longs cheveux bruns et aux lunettes rectangulaire en roulant des yeux.
"Mais encore?"
Une jeune fille blonde lança du fond de la classe. "Il se transforme en ce qui vous fait le plus peur!"
Puis une seconde ajouta. "Et il faut rire pour qu'il parte!" Cette dernière tira la langue à la blondinette qui prit un air boudeur.
"C'est tout à fait ça! Il suffit de penser à quelque chose de drôle et de ridiculiser l'épouvantard de cette manière."
Il fit sauter le cadenas d'un coup de baguette et la porte s'ouvrit sur... le professeur Hyde, mais... bien plus vieux. L'homme présentait des rides creusant son visage et ses cheveux étaient d'un blanc argenté. Il avait perdu beaucoup de poids et se déplaçait avec difficulté. Hyde, le jeune, regarda l'ancêtre se diriger vers lui, lentement. Johanne ne fut pas plus surprise que ça d'apprendre que la plus grande peur du play-boy était de vieillir.
"Ridiculus!" Hurla Hyde en pointa sa baguette sur le petit vieux. Celui ci se retrouva aussitôt affublé d'une robe rose à froufrou. La classe éclata de rire et l'épouvantard recula jusqu'à l'armoire avant d'y disparaître.
Suivit les travaux pratiques. Les élèves passaient un par un devant l'armoire, ridiculisant tour par tour leur plus grande peur. On vit un serpent former une magnifique nœud pour paquet cadeau avec son corps, une araignée faire des claquettes, un clown voir son nez rouge exploser, un loup-garou attaqué par les puces et bien d'autres choses. Puis ce fut au tour de Johanne.
"Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, je ne suis pas un très bon exemple face aux épouvantards." Lança t-elle alors que le professeur la poussait vers la malle.
"On ne fait pas sa chochotte mademoiselle" Lança t-il alors que le couvercle s'ouvrait.
Tout d'abords l'épouvantard fut une araignée, puis un serpent, il se transforma ensuite en clown avant de devenir le professeur Rogue, suivit d'un zombi, d'un loup-garou, d'un garçon se moquant d'elle, à nouveau le professeur Rogue. Les formes s'enchaînèrent ainsi durant de longues secondes sans que Johanne ne fasse rien. Après un nombre assez impressionnant de transformations le monstre se jeta dans sa valise. Tous les regards se tournèrent vers Johanne.
"Il c'est passé quoi là?" Marmonna Hyde. Il scruta la salle, levant un sourcil. "Les élèves étaient pourtant toujours aussi éloignés de lui..."
"Non c'est pas ça, c'est moi. J'ai peur de tout, ça les déstabilise." Expliqua t-elle en riant. "Ça m'est aussi arrivé durant mes études. C'est rare mais les vrais trouillards sont terrorisés par de trop de choses pour que l'épouvantard ne puisse choisir une peur au dessus des autres."
La classe se mit à rire avec elle et ce fut la fin du cours.
"Alors comme ça, vous avez peur de tout?" Lui lança Pomfresh en lui servant un tasse de thé.
"En effet. J'ai toujours été une véritable trouillarde."
"Je tiens tout de même à signaler que le professeur Rogue est apparu cinq fois." Précisa Hyde en prenant un gâteau. "Il te terrorise vraiment celui là."
"C'est que je dois être en retenu avec lui ce soir..." Soupira Johanne en prenant une gorgée. "Par Merlin, s'il me tue, vengeaient moi s'il vous plaît."
Le groupe rit de bon coeur.
Johanne du quitter ses compagnons après le repas du soir pour se rendre aux cachots. Le professeur Rogue l'attendait déjà dans la salle, un sourire sadique aux lèvres. Il se tenait à côté de son armoire qu'y avait été vidée. Les flacons et les boites d'ingrédients étaient en vrac à ses pieds. Elle entra timidement dans sa cellule provisoire.
"Alors mademoiselle, bonne journée?" Lança le professeur Rogue en prenant appui sur son bureau. "Pour moi elle fut exquise... c'est fou ce que les journées sont plus agréables quand vous n'êtes pas là."
"Je vous retourne le compliment." Lança Johanne en souriant le plus poliment du monde.
Le visage de Rogue se crispa aussitôt.
"Bien, je veux que vous me rangiez tout ce bazar. Les ingrédients doivent être étiquetés et rangés dans l'ordre alphabétique. Bien sur, ce serait trop simple si vous les connaissiez à l'avance, il va falloir deviner comme une grande. C'est un excellent exercice pour la mémoire."
Johanne sortit sa baguette. Un simple d'acio lui permettrait d'identifier les ingrédients en une seconde. Mais le professeur Rogue la coupa dans son geste.
"Ho, oui, d'ailleurs, donnez moi cette baguette."
L'assistante s'attela à la tache à la manière moldu. Par chance, elle effectuait presque toutes ses tâches ménagères sans magie et elle ne trouvait donc pas cela trop pénible. Le plus lourd était le professeur Rogue qui commentait chacun de ses gestes. Il était en permanence sur son dos et s'amusait, de toute évidence, comme un petit fou. Il l'insultait allègrement, la rabaissait autant que possible mais le fille semblait vraiment imperméable à ses paroles. La tisane du professeur Chourave était vraiment miraculeuse.
"Hé non, raté" Lança t-il en jubilant littéralement alors que Johanne tentait d'étiqueter une poudre jaune et orange. "Ce n'est pas non plus ça. Mais vous vous rapprochez. Dans 10 ou 20 essais vous devriez l'avoir identifié. C'est tout simplement impressionnant!" Gazouilla t-il en se plaçant dans le dos de la jeune fille qui était accroupie.
Son dos commençait d'ailleurs à la faire souffrir et il lui restait une centaine de produit à finir d'étiqueter. Elle allait y passer la nuit, voir la semaine. Elle soupira.
"Hé bien alors, on fatigue?" Lança la voix derrière elle. "Mais on se motive Jo'! Il faut être partante pour tout!"
Pour le narguer Johanne se mit à fredonner une chanson en dansant légèrement. Le duel était lancé.
Elle reposa la poudre inidentifiable et attrapa une fiole de pétales de rose qu'elle nu aucun mal à reconnaître pour en avoir vu tout au long de la journée.
"Mademoiselle aime les fleurs hein?" Lança ironiquement le professeur Rogue.
"J'adore, d'ailleurs mes préférés sont les Myosotis" Répondit-elle comme s'ils tenaient une conversation entre amis. "Bien que les roses soient aussi très jolies. Et vous?"
Elle tourna la tête vers l'homme qui resta un instant interdit. Il ne s'attendait pas à cela. Elle se moquait de lui maintenant. C'était... tout simplement étonnant. Il fronça les sourcils. Johanne sourit, il était déstabilisé. Elle se remit à fredonner.
Ne sachant pas réellement comment réagir l'homme se tu quelques minutes laissant un répit, qui était d'ailleurs la bienvenue, à Johanne. Elle se demandait seulement comment elle allait faire quand elle reviendrait à cette satanée poudre. Elle n'avait aucune idée de ce que cela pouvait être. Après quelques sarcasmes, une dizaine d'insultes, une cinquantaine de réprimandes et tout autant de réponses déstabilisantes de la part de la victime, la poudre refit son apparition.
"On ne sait toujours pas." Ricana le professeur, un air triomphal sur le visage.
"En effet." Répondit le plus innocemment du monde la jeune fille. "Un indice!" Lança t-elle en se tournant vers l'homme qui prit un air blasé.
Lorsqu'elle se remit à réfléchir en lui tournant le dos, il se pencha vers elle. Elle sentit ses grandes jambes se plier lentement, très lentement, derrière elle et soudain elle perdit un peu de son assurance. Elle sursauta lorsque les doigts fins de l'homme virent bloquer ses cheveux derrières ses oreilles. Elle sentit la tête du maître des cachots s'approcher de son crane et son coeur s'accéléra.
"C'est de l'écorce de charme." Lui souffla t-il dans l'oreille et la jeune fille frissonna. "Vous savez, l'arbre qui vous a coûté votre place de professeur."
Les paroles du professeur n'était plus qu'un murmure, un simple souffle, et la jeune fille perdit un instant le fil de ses pensés. Les mains du professeur vinrent se poser sur ses épaules.
"Si vous n'êtes pas fichue de reconnaître une chose aussi basique que cela, ça ne m'étonne pas que le poste vous soit passé sous le nez..."
Johanne ne su pas très bien si c'était pas colère ou tout simplement parce que quelque chose venait d'éclater dans son bas ventre, mais elle se jeta sur le professeur. Durant un instant il n'y eu, pour elle, que le professeur Rogue et sa personne dans la pièce. Le professeur, surprit, bascula en arrière et lorsqu'elle reprit conscience elle était assise à califourchon sur l'homme qui la regardait avec étonnement.
La jeune fille fut presque aussitôt tétanisée en se rendant compte de sa position et elle ne su pas ce qu'elle devait faire. Soudain, le professeur l'empoigna et il bascula sur le côté. Les rôles furent inversés et la jeune fille se retrouva sous le professeur qui la regardait de ses yeux noirs.
"C'est moi qui domine mademoiselle." Ce contenta t-il de dire avant de relever et de réajuster sa tenue.
Johanne se releva à son tour et se remit à classer les ingrédients. Étrangement, le maître des potions garda une distance raisonnable durant les dernières heures de la retenue. Lorsqu'elle eu fini sa corvée, elle fila aussi rapidement que possible.
Severus Rogue vérifia le contenu de son armoire. Il fallait avouer qu'elle était bien plus présentable maintenant. L'horloge indiquait deux heures du matin et il estima qu'il était l'heure pour lui d'aller se mettre au lit. Il se coucha sans repenser à l'incident et s'endormit sans problème.
Il fut réveillé sur les coups de trois heures par la porte de sa chambre qui se refermait. Il se redressa découvrant son torse nu. Appuyée contre la porte, vêtue d'une simple nuisette ne couvrant pas grand chose, Johanne le regardait.
"Mademoiselle..." Lança t-il en essayant de garder le fil de ses pensés intact. "Je vais vous demander de partir... je..."
"Chut..." Lui lança Johanne en posant un doigt sur sa bouche.
D'un coup de rein elle se détacha de la porte et s'avança vers le professeur en faisant balancer ses hanches. Le professeur paniqua légèrement et se leva d'un bond.
"Mademoiselle..." Bredouilla t-il à nouveau en empoigna un pantalon. Il l'enfila en se prenant légèrement les pieds dedans. "Sortez, c'est un ordre!"
Johanne ignora les hurlements en les balayant d'un geste de la main. Elle s'approcha du maître des cachots qui se retrouva coincé contre son bureau. Les mains de la jeune fille glissèrent le long de son torse et s'arrêtèrent à la hauteur de ses épaules. Le coeur du professeur battait à tout rompre et ils se regardèrent un long moment sans dire mot. Les mains tremblantes de l'homme glissèrent le long des reins de la jeune fille et elle l'embrassa.
Le baiser durant quelques secondes à peine mais le professeur apprécia le premier baiser qu'il recevait depuis bien longtemps. La jeune fille s'éloigna soudain de lui et il sentit de la panique monter en lui.
"Vous êtes toujours sure de vouloir me voir partir?" Lança t-elle en se tortillant une mèche de cheveux.
"Non... Si... Oui... Non... Non! Définitivement non!" Bredouilla la professeur en l'embrassant à nouveau. Il glissa ses mains sous la nuisette de la jeune fille appréciant tout simplement le contact de sa peau.
Elle le tira jusqu'au lit où elle s'allongea en le regardant. L'homme remercia tous les dieux existant et, alors qu'il s'apprêtait à lui retirer ses maigres vêtements un bip énervant le déconcentra légèrement. La jeune fille disparue soudain et l'homme ouvrit les yeux. Il chercha vainement des yeux Johanne. Puis, ce levant, Il maudit le réveil qui avait interrompu un si joli rêve... Mais surtput, il sentit un trouble s'insinuer en lui...
