Chapitre 13
Le chapitre qui porte malheur
En ce levant, Johanne avait eu le sentiment intimide que la journée allait être merveilleuse. Tout d'abord, il n'y avait pas cours, chose qui la mettait en joie car elle avait pu rester dans ses draps bien chauds aussi longtemps qu'elle le voulu. Secondement, le soir même se tenait le bal de Noël et, cerise sur le gâteau, elle y allait avec Rogue. Johanne flottait donc sur un petit nuage. Elle se dirigeait vers la salle de bain, le coeur léger, le sourire aux lèvres, pour se refaire une beauté et sentir bon la noix de coco.
Les bras encombrés de divers produits de beauté, elle poussa la porte de la salle avec son postérieur et entra à reculons au milieu des effluves et des nuages de vapeur. Elle posa toutes ses bouteilles par terre et retira ses vêtements pour se retrouver en maillot de bain deux pièces. Elle attrapa son shampoing et, alors qu'elle pivotait pour faire face au bassin, son coeur rata un battement.
Rogue se trouvait dans l'eau, ne semblant savoir que faire, les mains posées sur sa tête. Une épaisse mousse blanche recouvrant son cuir chevelu. Il semblait avoir arrêté de respirer et en constatant cela Johanne se rendit compte qu'elle même retenait sa respiration. C'est d'un même mouvement qu'ils reprirent une inspiration.
Johanne fit quelques mouvements étranges, se balançant d'un pied sur l'autre, elle regarda ses pieds, lança un regard à Rogue, observa avec intention l'eau et fini par se glisser à son tour dans la mousse. Rogue sortit aussi vite et Johanne le regarda avec grand intérêt, l'homme ne portant qu'un caleçon. Voyant le regard avide que lui lançait son assistante, le professeur sembla hésiter et fini par replonger dans l'eau chaude. Johanne lui fit signe qu'il avait encore de la mousse sur la tête et le maître des cachots disparu sous l'eau.
Lorsqu'il refit surface, Johanne se trouvait à ses côtés, un sourire étrange sur le visage. D'habitude c'était lui qui souriait comme ça.
"Je... me lavais les cheveux, pour ce soir..." Marmonna Rogue en regardant autour de lui se demandant ce qu'il devait faire. Il recula légèrement et observa un point dans l'eau.
"Je vois ça..."
Johanne se dirigea vers un robinet et le professeur Rogue put enfin respirer, la jeune fille s'éloignant de lui. Les réminiscences d'un ancien rêve lui revinrent en mémoire. C'était la première fois qu'il voyait, pour de vrai, Johanne sans son uniforme, et il fallait avouer qu'aucun homme sain d'esprit ne pouvait rester de marbre devant un corps comme celui là. Après un instant de faiblesse masculine, il fini par sortir de l'eau sous le regard de Johanne.
La jeune fille laissa glisser ses yeux sur le corps du professeur. On ne pouvait pas dire que c'était une gravure de mode. Au contraire les proportions n'étaient pas vraiment harmonieuses. Mais l'ensemble avait un certain charme et Johanne se mordit la lèvre inférieur en regard le professeur s'enrouler dans sa serviette et filer aussi vite que possible vers la porte de la salle d'eau.
"J'espère qu'il viendra comme ça ce soir..." Murmura Johanne en se laissant couler.
"Si vous voulez réellement mon avis. Oui, c'est un peu trop vulgaire." Marmonna Chourave, un œil critique posé sur Johanne.
"Je dirais même qu'un mouchoir cacherai plus de chose que... ça." Bredouilla Pomfresh en montrant, d'un air incrédule la robe de Johanne.
Cette dernière était une robe bustier, légèrement tombante au niveau de la poitrine. Le dos nu descendait jusqu'aux fesses de la jeune fille et les jambes étaient révélées par une ouverture béante dans le côté de la robe.
"Il ne manque plus qu'un trou pour qu'on voit votre ventre..." Rit Pomfresh. "Non, sincèrement, si le professeur Rogue vous voit affublée de cette accoutrement, il fait une crise cardiaque."
"C'est un grand timide." Ajouta Chourave en secoua la tête pour approuver. "Et tant qu'à faire allez y nue."
Johanne souffla bruyamment en croisa les bras l'air boudeur. Elle la trouvait jolie, elle, cette robe. Même si sa poitrine avait tendance à s'échapper de son décolté lorsqu'elle faisait un mouvement brusque.
"On attrape pas les mouches avec du vinaigre." Se défendit elle.
"Vous n'avez pas que votre charme comme atout Johanne." La sermonna Chourave. "Vous êtes une fille très belle, oui, mais aussi très intelligente, douée dans beaucoup de domaines, vous avez aussi une bonne culture."
"Oui, mais... le professeur Rogue..."
"Tatata!" La coupa Chourave. "On va vous arranger ça, parce que là, très sincèrement..."
Pomfresh et Chourave remontèrent leurs manches d'un même mouvement, et ce fut une salve de sortilèges et d'explosions d'éclairs de couleurs.
Le soir venu, Johanne enfila sa toute nouvelle robe. Il fallait avouer que celle ci faisait bien plus classe que l'ancienne. Elle cachait juste ce qu'il fallait, là où il fallait et Johanne avait l'air d'une véritable princesse. Elle mit la dernière touche à son chignon en bordel et vérifia son maquillage. C'était fou comme le temps filait quand on devait se faire belle. Cette dernière étape fut écourtée par un bruit: on toquait à la porte.
Lorsque Johanne ouvrit celle ci, la première réaction du professeur Rogue fut de reculer. Il ne s'attendait pas à voir son assistante aussi... dans un... Non, il ne s'attendait pas à avoir pour cavalière une aussi charmante jeune femme. Johanne ne se maquillait jamais, et le noir qui cernait ce soir ses yeux les faisaient ressortir avec élégance. Sa robe lui allait comme un gant et soulignait ses formes aussi joliment qu'agréablement. La robe était restée bustier, mais son dos était maintenant totalement couvert. Deux bandes de tissus tombaient le long de ses épaules nues. Le bas de la robe était long, large, et reflétait les lumières au gré des mouvements de la jeune femme, tournoyant par moment, lorsqu'elle bougeait ses hanches un peu trop rapidement. Rogue avala sa salive difficilement, il n'y avait rien à reprocher à la tenue de Johanne qui avait suivit à la lettre la seule consigne que lui avait donné Severus: tout était noir.
Le professeur de potion, lui, ne s'était pas foulé. Il avait enfilé une robe de sorcier, un pantalon noir et avait recyclé ses chaussures de vampire vernies pour compléter la tenue d'un élément classe. Il n'y avait donc pas de changement radical à l'exception de ses cheveux qui pour une fois, étaient lisse et soyeux et non collés en petit amas gras. Il semblait d'ailleurs gêné par sa nouvelle coiffure car une mèche ne cessait de s'échapper pour tomber sur son front.
"Je vous ai apporté des fleurs." Marmonna t-il en tendant un bouquet à Johanne.
"Ho..." Johanne tenta de sourire pour rester polie mais ne réussit qu'à grimacer. "Des chrysanthèmes, comme c'est gentil..." Elle prit le bouquet et ne su par trop quoi en faire.
Suivirent de longues minutes durant lesquels le couple ne fit rien. Johanne regardait le bouquet comme si elle espérait le voir se transformer en magnifique bouquet de roses rouges. Rogue fini par abandonner et se dirigea, seul, vers la salle de bal où les professeurs avaient rendez-vous. Johanne fut surprise et, tout en jetant les fleurs sur son lit, tenta de le rattraper, en vain, ses talons la gênant dans sa course. L'assistante maudit les instruments de torture qu'elle portait au pied et entra, avec un certain décalage, dans la pièce à la suite du professeur.
Johanne n'avait jamais vu un tel festival de costume et de robe chic. Tout le monde était sur son trente-et-un. Certains avaient revêtu des habits de bal moldu, d'autres portaient des robes de sorciers richement décorées. La plus remarquable était, et ce n'étonna pas Johanne, celle de Dumbledore. Une robe de sorcier rouge, brodée de fil d'or et d'argent. Une lune étincelante ornait son épaule droite et une étoile son épaule gauche. Des boutons de manchettes en or complétaient le tout. Bien sur, il portait un chapeau de même style.
Johanne suivit le professeur Rogue et se plaça à ses côtés. Chourave et Pomfresh lui firent de grands gestes en la voyant pour finir par lui envoyer des signes encourageant. Johanne tenta de leur faire comprendre qu'elles étaient ridicules mais ne réussit qu'à bousculer Rogue qui lui décocha un regard des plus noirs. Au moins, cela eu pour effet de calmer les deux femmes. Suivit les habituels recommandations du professeur de métamorphose. Le bal de Noël était une célébration qui se tenait essentiellement dans le château, le temps étant trop mauvais pour pouvoir le laisser se dérouler dehors. Le château était décoré de nombreuses guirlandes et de babioles en tout genre. Les tons rouges, or et vert étaient prédominants et un sapin géant orné un coin de la salle, du côté de la table des professeurs, projetant une lumière féerique sur le reste de la pièce. Le sol de la salle de bal avait été saupoudré de neige magique à l'exception d'un miroir géant qui servait lieu de piste de danse.
Le bal commença comme toutes les années. Les couples d'élèves d'un côté, les professeurs de l'autre et les pauvres élèves célibataires jouaient le rôle de spectateurs. Mc Gonagall tapa dans ses mains pour imposer aux élèves le silence, les larges manches sa robe écossaise du plus mauvais effet suivant le mouvement. Dumbledore s'avança et entama la traditionnelle discourt du bal de Noël.
"Mes chers élèves!" Lança t-il de sa voix la plus grave et la plus forte. "Vous êtes ici pour célébrer un des beaux plus soirs de l'année. Le soir où tout devient possible." Chourave lança un regard appuyé à Johanne. La jeune fille ne le vit pas, trop absorbée par un fou rire qui l'avait pris lorsqu'elle avait remarqué certaines robes un peu trop courtes de bon nombre jeunes filles et leur embarra face au miroir qui donnait pleine vu sur leurs sous-vêtements. "Comme tous les ans, vous aurez accès à certaines salles du château afin de pouvoir y discuter au calme, mais attention! Les professeurs veillent. Un peu de tenu donc."
Quelques élèves rires. "Mais avant toutes choses, place à la danse."
Mc Gonagall claqua par deux fois dans ses mains et un piano se mit à jouer, le son provenant de partout à la fois. Johanne tourna la tête vers Rogue alors que des violons venaient ajouter leurs notes mélancoliques au doigté expert du pianiste. Les professeurs se lancèrent sur la piste.
La valse avait été souvent répétée et Johanne se déplaçait sans difficulté sur la piste, observant ses pieds et comptant à voix basse le rythme. Elle était tellement absorbée par ses mouvements qu'elle en oublia la présence du professeur Rogue qui, lui, dansait le regard au loin, semblant attendre la fin de la valse. Les élèves sifflaient et applaudissaient leurs professeurs attendant leur tour. Johanne fut soudain tirer de ses pensés lorsque le professeur Rogue posa ses mains sur ses hanches pour la soulever. D'un seul et même mouvement, toutes les danseuses décolèrent. Johanne posa ses mains sur les épaules du professeur pour se stabiliser et retomba, un peu trop vite à son goût, sur terre. Le torse du professeur Rogue reprit place dans son champ de vision et Johanne remarqua pour la première fois depuis longtemps qu'il existait une grande différence de taille entre eux deux.
Les professeurs reprirent place sur le côté de la piste et les élèves s'élancèrent à leur tour. Les robes tournaient, les mouvements s'enchaînaient et le grand nombre de danseurs et de couleurs rendaient le tout assez joli au yeux de Johanne. Absorbait par la danse, elle ne remarqua même pas qu'elle tenait encore la main du professeur dans la sienne et que celui ci ne savait pas trop comment interpréter ce geste. Il n'eut pas vraiment le temps de réfléchir car déjà il devait retourner sur la piste pour le final mêlant élèves et professeurs. Johanne ne savait plus où donner de la tête, elles croisaient des couples qui riaient, d'autres qui semblaient un peu perdus et surtout, pour la première fois depuis le début de la danse elle était collée au professeur Rogue. L'homme avait du se résigner à se rapprocher de sa partenaire en vu du grand nombre de danseurs.
La musique se stoppa enfin et les danseurs firent de même pour entendre leurs camarades spectateurs leurs hurlaient des félicitations sous un tonnerre d'applaudissements.
Au peine la danse fut-elle terminée que le professeur se mit à marcher d'un pas sur, abandonnant Johanne au milieu des élèves. Elle se faufila tend bien que mal à travers la foule et rejoint son "cavalier" qui sortait déjà de la salle pour commencer ses rondes. L'assistante le regarda partir avec un air mi-figue, mi-raisin. Elle retourna s'asseoir seule à une table.
La soirée se déroula de la manière suivante pendant une heure environs: Johanne était assise à sa table, un verre vide à la main, ses amis venant prendre de ses nouvelles de temps en temps avant de repartir aussitôt s'amuser. Des airs plus ou moins connus étaient joués par une groupe dont le nom, russe semblait-il, avait totalement échappé à la jeune fille. Alors qu'elle regardait son verre d'un air maussade, on vint enfin s'asseoir devant elle. Elle leva la tête espérant voir Severus mais ce fut Albus Dumbledore qui se présenta, tout sourire, à ses yeux.
"Ma chère Jo', quelque chose qui ne va pas?"
Johanne se contenta de maugréer dans sa barbe.
"Severus n'est pas très galant à ce que je vois."
"C'est le moins qu'on puisse dire." Soupira Johanne.
"Hé bien, dans ce cas, je pense pouvoir dire que je serai un cavalier bien meilleur sans me tromper."
Johanne regarda le directeur d'un air étonné.
"M'accorderiez vous cette danse mademoiselle?"
Le professeur lui présenta son bras que Johanne accepta avec plaisir.
La soirée changea du tout au tout. Le professeur Dumbledore était tout simplement merveilleux. Il la faisait danser, rire, faisait ses quatre volontés et surtout, lui faisait passer l'une des meilleures soirée de sa vie. Alors qu'il partait lui chercher un verre de jus de citrouille Chourave se planta devant Johanne et lui lança un regard courroucé.
"Il n'est pas un peu trop vieux pour vous Johanne?"
"Il a l'âge d'être mon papi je dirais." Rigola Johanne.
"Vous ne devriez pas être avec le professeur Rogue actuellement?"
"Si... mais disons qu'il n'a pas l'air de vouloir vraiment de moi..." Le regard de Johanne se voila aussitôt.
"Allons Johanne!" S'écria le professeur de botanique en posant une main ferme sur l'épaule de l'assistante. "C'est Noël, la nuit des miracles! La nuit où tout est possible et c'est surtout la seule nuit où vous avez l'occasion de faire comprendre à cet empoté de Rogue que vous l'aimez bien! Alors vous allez me bouger ce joli petit derrière direction les couloirs!"
"Je n'aurai pas dit mieux." Rit Dumbledore en revenant voyant Chourave secouant Johanne comme un prunier.
La jeune fille fini par suivre les conseils de son amie et sortit à la recherche du professeur Rogue. Un nœud lui nouait le ventre elle faillit faire demi-tour à plusieurs reprises. Ce ne fut que lorsqu'elle abandonna définitivement les recherches qu'elle tomba sur le maître des cachots. Celui ci sortait d'une des salles aménagées et semblait assez frustré de n'avoir pu punir personne. Johanne prit son courage à deux mains et l'interpella.
"Professeur!"
Rogue fut surpris et tourna la tête en direction du cri. Lorsqu'il vit Johanne son visage se durcit.
"Je croyais avoir été clair pourtant. J'avais juste besoin d'une cavalière pour la valse."
Johanne prit une grande inspiration.
"Je pensais simplement vous tenir compagnie durant votre ronde..." Elle ajouta aussitôt. "On est pas obligé de parler."
Rogue sembla considérer sa demande et fini par lui faire signe de le suivre.
Alors qu'ils traversaient sans dire mots les innombrables couloirs du château, Johanne réfléchissait à toute vitesse, essayant de trouver un moyen de faire comprendre au professeur ce qu'elle ressentait. Elle pensa bien lui prendre la main, mais ayant comprit que l'homme n'était pas un romantique, elle fini bien vite par abandonner cette idée. Le plus simple aurait été de lui parler. Mais où et comment? Des élèves ne cessaient de passer ça et là et elle se voyait mal lui faire une déclaration en plein milieu d'une salle de classe poussiéreuse. Et il fallait déjà l'emmener dans la salle en question. Alors qu'elle ne cessait de se répéter "Il me faudrait un endroit calme..." ils entamèrent un nouveau tour complet du château. Passant pour la troisième dans un couloir, Johanne se cogna contre le dos de Rogue qui s'était stoppé net. Une porte semblait être apparue au milieu d'un mur. Rogue la regardait les yeux écarquillés. Il la toucha pour vérifier qu'elle était bien réelle et celle ci s'ouvrit alors qu'il l'avait à peine effleurée.
Johanne passa sa tête par dessus l'épaule du professeur en se mettant sur la pointe des pieds, position des plus instables. Elle n'eut pas le temps de voir grand chose avant de basculer en avant emportant le professeur qui, lui même, s'était légèrement penché pour mieux voir la pièce. Ils tombèrent l'un sur l'autre et entendirent la porte se refermer derrière eux, sans savoir qu'ils se trouvaient actuellement dans la salle sur demande.
Johanne se releva rapidement et se tourna vivement pour réajuster sa robe. Enfin un endroit calme. Elle allait pouvoir parler au professeur... qui se dirigeait déjà vers la porte pour la rouvrir. L'assistante espérait plus que tout au monde qu'elle se soit verrouillée et... étrangement, ce fut le cas. Elle remercia tous les dieux qui lui virent à l'esprit alors que le professeur de potion s'énervait contre la poignet.
Hors mi des murs blancs et un sol blanc, Johanne ne vit rien de fabuleux. Elle se contenta donc de regarder le maître des cachots finir sa colère. Il fini par essayer le sort Alohomora ce qui se termina comme bien souvent dans ces cas là. Johanne le vit s'envoler à quelques mètre du sol et atterrir lourdement en poussant un cri de douleur.
L'assistante se précipita vers le professeur qui se massait le dos en jurant.
"Professeur Rogue, tout va bien?"
L'homme ne répondit rien et ce contenta de lancer un regard noir vers la porte qui ne sembla pas fortement impressionnée.
"Je crois que nous sommes prisonnier." Lança Johanne, cachant très mal sa joie.
Johanne était certes très heureuse de se retrouver seule avec le professeur mais maintenant, un nouveau problème se poser. Comment aborder le délicat sujet de ses sentiments? Et puis était-ce vraiment comme ça qu'il fallait qu'elle s'y prenne après tout? Elle se souvint du gui et pensa que c'était peut être une bonne idée. Une branche apparu soudain devant elle et elle poussa un cri de surprise. Rogue, qui était occupé à tâter les murs pour trouver un de ces maudits passages secrets, se retourna vivement en sortant sa baguette d'un geste rapide. Il vit simplement Johanne, la main posait sur son visage, qui semblait avoir eu peur d'un plante. Il regarda la scène ne sachant pas trop s'il devait rire ou pleurer jusqu'à ce qu'il se rende compte que ce machin vert n'était pas là lorsqu'il s'était retourné il y a quelques minutes.
"C'est quoi ça?" Dit-il en s'approchant de la plante.
"Du gui." Marmonna Johanne.
"Et comment c'est arrivé là?"
"Je..." Johanne détourna les yeux en rougissant
Rogue sembla réfléchir un instant et se redressa soudain semblant étonné. "Vous ne pensez tout de même pas réussir à m'embrasser avec une combine aussi stupide..."
La demoiselle baissa les yeux et marmonna quelque chose que l'homme n'entendit pas. Il se mit à rire doucement. Ça c'était la meilleure, la petite Johanne avait succombé à son charme fou. La situation paraissait stupide. Lorsqu'il avait des sentiments pour elle, elle en avait pour un autre. Alors que depuis un moment il avait décidé qu'il n'y aurait jamais rien, elle... L'idée même le fit éclater de rire. Johanne se rembruni soudain en voyant cette réaction.
"Ca va, c'est bon, c'est pas la peine de vous moquez de moi non plus..." Marmonna t-elle, la voix rempli de larmes.
Elle croisa les bras et tourna le dos au professeur qui fini par se calmer. Il donna un coup de pied dans la branche de gui et, après avoir enfin comprit ce qui se passait, son cerveau reprenant ses fonctions habituels, il se retrouva tout penaud.
"Je ne me moquais pas de vous." Dit-il après un moment d'hésitation. "Mais c'est simplement... c'est assez comique."
"Quoi donc?" Marmonna Johanne sans se retourner.
"L'assistante qui tombe amoureuse du professeur. La jolie fille qui s'intéresse au pauvre garçon aigri... Ce genre de chose vous savez. Le genre d'histoire qu'on trouve dans les livres."
"Ouai, bah..." Commença Johanne en se retournant. Elle n'eut pas le temps d'en dire plus que le professeur Rogue la coupa.
"Non, non, ne le prenait pas mal. C'est assez flatteur pour moi qu'une aussi jolie jeune fille tente de me faire la cour, mais voyons, soyons logique que voulez vous qu'il se passe?"
Johanne fut assez surprise. Elle ne s'attendait pas vraiment à ce genre de réaction venant du professeur Rogue. Elle fini par dire après un moment de réflexion.
"Bien que ce soit une question rhétorique, j'aimerai bien qu'il se passe quelque chose et plus précisément ça."
Elle prit une grande respiration et, droite comme un piquet, elle se porta sur la pointe des pieds et déposa un baiser sur les lèvres de l'homme qui ouvrit de grand yeux étonnés. Johanne reposa ses pieds à terre et expira en tremblant légèrement. Le professeur Rogue se racla la gorge, gêné, et détourna les yeux. Ne voyant aucune réaction, l'assistante soupira.
"Bon et bien... il faudrait essayer de sortir..."
"Pardonnez moi..." Souffla Rogue en retournant à son mur. "Mais il faut que l'un de nous reste lucide..."
Johanne baissa la tête et mit quelques minutes à accuser le coup. Elle ne réussit que très difficilement à retenir ses larmes et commença à tâtonner un des murs sans grande conviction. Malheureusement, ses yeux s'embuèrent et elle fini par vite par sentir des larmes couler le long de ses joues. Elle les essuya rapidement avec sa main et ferma les yeux très fort pour réussir à contenir les nouvelles qui arrivaient. Elle ne les rouvrit qu'en sentant quelque chose derrière elle. Elle se retourna pour voir Rogue, tenant une branche de gui au dessus de sa tête.
Il se pencha en hésitant légèrement et Johanne eu un tel élan de joie qu'elle se leva un peu trop rapidement et, inévitablement, ils se se cognèrent. Après un cri de douleur provenant de Johanne qui s'était mordue la langue il eu un moment de flottement et pour la seconde fois en quelques minutes les deux personnes s'embrassèrent. Cette fois encore seules leurs lèvres se touchèrent jusqu'à ce que Rogue ose passer une main derrière la nuque de Johanne dont le coeur battait la chamade. Elle avait eu raison, c'était une excellente journée.
Enfin, ils s'éloignèrent l'un de l'autre. Johanne souriant de toutes ses dents, Rogue rouge de confusion. Il toussa un instant.
"Lilly je..."
L'information n'eut aucun mal à trouver le cerveau de Johanne qui passa d'un extrêmement à l'autre. Son sourire disparu, ses sourcils se froncèrent, ses lèvres se pincèrent et elle envoya sa main valser dans le visage de Rogue avant de quitter la pièce par la porte, et ce sans aucune difficulté. Rogue la regarda quitter la pièce, incrédule, jusqu'à ce qu'il comprit ce qu'il venait de dire.
"Hé merde..."
