Chapitre 18 :

Présomption d'innocence

"Comment ça?" S'écria Johanne, toujours sur les talons du directeur.

Albus se contenta de lever la main en l'air, lui imposant par la même le silence. Le professeur de défense contre les forces du mal l'attrapa par le bras et, alors qu'ils arrivaient à l'angle d'un couloir, tira sur son celui-ci pour la faire bifurquer. Johanne observa le petit homme alors que celui-ci se pliait en deux pour reprendre sa respiration. Il fini par lever la tête, la respiration saccadée.

"Miss Lignuss." Marmonna t-il avant de prendre une grande inspiration, son teint virant au rouge pivoine. "Ce que je vais vous demander va vous paraître étrange, mais je dois m'assurer d'avoir quelqu'un de mon côté."

Lentement mais surement, l'assistante porta une main à sa baguette. Qu'est-ce que le professeur pouvait bien lui vouloir?

"Je ne suis pas stupide mademoiselle. Je sais parfaitement qu'avec le lourd passé qu'ont mes collègues de défense contre les forces du mal, je vais être le premier sur la liste des accusés si l'on doit rechercher un éventuel complice à votre Monsieur Hyde. Il faut que vous me promettiez de prendre ma défense Mademoiselle! Je peux vous jurer sur tout ce que j'ai de plus cher au monde que je n'ai rien à voir avec cette affaire!"

Il avait posé sa main sur le bras de Johanne. L'homme avait vraiment l'air paniqué, voir même désespéré. La jeune fille fouilla le couloir des yeux, cherchant à savoir s'il s'agissait là d'un piège ou non. Elle fini par reporter son attention sur le petit homme.

"Montrez moi vos avants-bras."

"Je vous demande pardon?"

"Montrez moi vos avants-bras!" Répéta t-elle, un peu plus fort.

Légèrement étonné, le professeur releva les manches de sa chemise marron à carreau pour montrer une peau blanche mais dénudée de tout tatouage. Johanne secoua la tête, au moins, ce n'était pas un mangemort.

"Maintenant, promettez le moi!"

"D'accord, je vous jure de prendre votre défense."

"Cela vous fera gagner du temps, croyez-moi, vous aurez besoin de mon aide."

Là dessus Monsieur Lebrun se remit à courir en direction du bureau du professeur Dumbledore laissant Johanne pantois, se demandant si elle ne venait pas de faire une nouvelle bêtise. Elle reprit ensuite sa marche.

Dans le bureau du directeur se trouvait déjà l'ensemble des professeurs. Tous étaient mués, des gestes trahissant leur impatiente et leur énervement. Aussi discrètement que possible, l'assistante se glissa jusqu'à rejoindre Pomona qui tenait l'infirmière par les épaules. D'un regard, l'enseignante de botanique lui indiqua que pour le moment, le directeur n'avait rien dit. Albus se tenait pour le moment la tête entre les mains, coudes posés sur son bureau, comme s'il réfléchissait intensément. Il avait déposé son chapeau sur le coin gauche du meuble et ses cheveux argentés tombaient en cascade sur son dos. Johanne se demandait pourquoi il ne parlait pas maintenant qu'ils étaient au complet et quand la porte s'ouvrit de nouveau elle comprit qu'il manquait en réalité une personne pour compléter l'assemblé. Harry Potter entra dans le bureau, jouant mal la comédie, mimant une peur extrême alors que les coins de sa bouche remontait en un sourire de contentement. Aussitôt après l'entrée du survivant dans la pièce, le directeur s'anima. Il invita d'un geste le garçon à approcher et il posa une main amicale et paternelle sur l'épaule de ce dernier. Aussitôt Johanne sentit monter en elle une haine intense envers le garçon que Dumbledore protégeait de cette manière. Elle serra les poings pour chasser la jalousie qui montait en elle, essayant difficilement d'accepter le fait que le vieil homme pouvait avoir une quelconque sympathie pour la saloperie de petit Potter. Après un dernier sourire rassurant le dit homme se tourna vers les personnes présentes.

"Bien, il va falloir s'organiser les amis." Lança t-il, sa voix ne tremblant pas d'un pouce. "Il n'est pas question de mettre la vie d'Harry en danger cette année encore. Il ne fait aucun doute que Hyde va se diriger vers Poudlard pour en finir avec ce jeune homme, s'il n'est pas déjà dans notre enceinte."

"Depuis combien de temps est-il dehors?" Demanda soudain un fantôme que Johanne identifia comme étant le professeur Binns.

"Merlin seul le sait."

"Pardon?"

"Je viens juste d'être mis au courant! Une fois de plus la ministère a préféré garder l'information cachée jusqu'au point critique espérant arranger les choses avant que tout cela ne soit ébruité. Une semaine c'est peut-être déjà passé depuis sa fuite." Marmonna t-il une pointe d'agacement dans la voix. "Il semblerait que nous ayant bien de la chance d'avoir été mis au courant, n'en demandons pas trop non plus."

Il grimaça en entrelaçant ses doigts.

"Et peut-on savoir comment notre Arsen Lupin a réussi à s'enfuir?" Grogna Rogue qui avait croisé ses bras devant sa poitrine, se tenant droit comme un piquet en arrière du groupe. Il ne cachait pas le profond agacement qu'il pouvait ressentir, comme si la situation empiétait sur son temps si précieux.

"Là encore, nous ne pouvons qu'emmètre des hypothèses mon cher Severus. Mais s'il a pu tromper la vigilance des détraqueurs, il n'aura aucun mal à se cacher à nos yeux. Peut-être même est-il déjà parmi nous."

C'est alors que Johanne comprit pourquoi le professeur de défense contre les forces du mal avait tellement insisté lors de leur petit aparté. A peine Dumbledore eut-il terminé sa phrase que toutes les têtes se tournaient d'un même mouvement vers le petit homme qui blêmit encore plus qu'il ne l'était déjà. Il bredouilla quelque chose en reculant, se cognant contre Rogue qui l'attrapa par l'épaule, enfonçant ses doigts dans la chemise et la peau de l'homme.

"Je... non vous vous trompez, je n'ai rien à voir avec cette affaire." Bredouilla t-il, essayant de rester droit malgré la peur qui s'insinuait en lui.

"Qu'est-ce que vous..." Commença à demander Pomfresh une main sur le coeur mais Pomona, tira sur son épaule pour lui faire comprendre que, pour le moment, elle ferait mieux de se taire.

Dumbledore s'était levé et se déplaçait maintenant vers l'homme qui gardait un air fier malgré la panique qui se lisait dans ses yeux.

"Voyons Oracio, vous savez parfaitement que si vous n'avez rien à vous reprocher, vous n'avez rien à craindre. Mais comprenez notre suspicions."

L'homme dégluti difficilement et d'un mouvement d'épaule violent se délivra de l'étreinte du professeur de potion. Il bomba le torse en tremblant légèrement et Johanne fut sacrément étonnée de voir ce petit homme montrer autant de courage et de dignité devant une foule l'accusant d'être de mèche avec un fugitif. Elle comprenait mieux pourquoi il pouvait prétendre au poste de professeur de défense contre les forces du mal. D'une voix tremblante mais forte il répondit au directeur.

"Je peux vous assurer directeur que je n'ai rien à me reprocher! Mais le temps que vous perdez à vérifier mes dires est du temps qui pourrez-vous servir à fouiller le parc et le château."

"Rogue et Minerva restez ici... Les autres, fouillez les environs. Harry, reste ici, je ne veux pas te voir quitter mon bureau tant que nous ne serons pas sur de ta sécurité!"

"Je veux que Miss Lignuss reste ici!" Exigea le petit homme, toujours planté devant le directeur, sans ciller avant d'ajouter rapidement. "Elle sait pourquoi."

Johanne entendit Rogue faire un commentaire dans son coin mais n'y prêta pas attention. Elle se contenta de secouer la tête quand le directeur lui jeta un regard.

Si le pauvre Oracio Lebrun ne passait pas un moment de tout repos -entre questions et sorts tentant à prouver qu'il n'était ni metamorphomage, ni sous les effets du polynectard- Johanne ne vivait pas non plus une soirée des plus agréables. Lorsque le professeur Rogue ne s'en prenait pas au professeur de défense c'était son assistante qui devait essuyer des remarques mauvaises. Celle-ci c'était assise sur le rebord de la fenêtre du bureau et contemplait le parc, n'écoutant que d'une oreille son mentor lui lancer un énième pic sur le fait qu'elle n'aurait pas été capable de concocter la moitié des potions présentes dans la pièce. Une envie soudaine de lui coller un coup de pied dans le tibia en lui annonçant que ce n'était pas avec lui qu'elle apprendrait un jour ce genre de chose vu ses compétences limitées de pédagogue l'envahit mais elle oublia très vite la pulsion, son œil attiré par un mouvement à la lisière de la foret. Elle redressa la tête, plissant les yeux pour mieux voir. Son comportement alerta Harry qui fouilla à son tour l'endroit du regard. Ne voyant rien il souffla à l'adresse de l'assistante.

"Et vous arrivez à distinguer les ingrédients avec un vu pareil?" Ricana t-il. Johanne se contenta de lui jeter un regard noir avant de refixer la foret. Elle était pourtant sure d'avoir vu quelqu'un... Le soleil descendait sur l'horizon et elle fini par admettre qu'elle devait avoir aperçu un reflet.

Ses yeux retournèrent se poser sur le petit homme qui se tenait toujours aussi droit sur sa chaise, répétant pour la énième fois qu'il n'avait rien à voir dans cette histoire, qu'il ne savait rien et qu'il n'avait qu'à lui faire boire du veritaserum si cela pouvait les conforter dans ce sens. A la place la professeur Rogue trouvait bien plus utile -disons plutôt amusant- de fouiller dans ses souvenirs grâce à ses facultés de Légimens. La chauve-souris était penchée, les mains posées sur les accoudoirs du siège où l'on avait installé sa victime. Absorbée par la scène Johanne poussa un cri quand un oiseau toqua avec son bec contre la vitre. Elle posa une main sur son coeur, ses yeux horrifiés posés sur un hiboux grand duc qui attendait sur le rebord. De concert Rogue et Potter firent une remarque sur son courage sans limite, mais Johanne était plus occupée à observer l'oiseau qui lui rappelait vaguement quelque chose. Où l'avait-elle déjà vu? Elle s'apprêtait à ouvrir la fenêtre mais l'oiseau reprit son envol, sans demander son reste. L'assistante se contenta d'hausser les épaules, tournant de nouveau les yeux vers la scène qui se déroulait dans le bureau.

Lorsque le professeur Rogue avait émis l'hypothèse de l'occlumencie, Lebrun s'y était vivement opposé. Les souvenirs qu'il gardait en mémoire n'avait tous -et il avait insisté sur ce mot- rien à voir avec Hyde et il n'y avait aucune raison pour que l'on vienne fouiller dans son passé. Il avait alors jeté un regard désespéré vers Johanne qui comprenait parfaitement son point de vu.

"Utilisons le veritaserum!" Avait-elle presque exigé. "Cela sera tout aussi efficace!"

Rogue s'était opposé à l'idée, invoquant le fait que le professeur Hyde s'était déjà fait berné une première fois de cette manière et qu'il avait donc certainement pris ses précautions. Johanne avait fini par abdiquer quand le directeur s'était mêlé au débat, penchant en faveur de Rogue.

L'idée de s'immiscer ainsi dans la vie privée des gens semblait particulièrement plaire à Rogue. Il ne lâchait pas des yeux l'homme, un sourire mauvais plaqué sur les lèvres, s'étirant encore plus par moment. Johanne fut pris d'un doute alors que l'exercice durait depuis 10 minutes. Rogue avait-il déjà ainsi fouillé dans son cerveau? Jamais Johanne n'avait été confrontée à cette forme de magie, ainsi elle ne savait pas du tout comment cela se passait. Ressentait-on quelque chose de particulier lorsqu'un inconnu s'introduisait ainsi dans notre cerveau? Au vu des grimaces qui défiguraient le professeur de défense contre les forces du mal, cela ne faisait pas de doute. Elle se réconforta donc en s'accrochant à cette idée. Et puis, si le professeur avait fait un tour dans ses souvenirs et ses pensés peut-être aurait-il compris ce qu'elle pouvait ressentir. Et au vu de ses réactions stupides et immatures, il n'avait pas la moindre idée des états d'âme de la demoiselle.

Enfin, Rogue se redressa et se tourna vers Dumbledore. Il secoua la tête de droite à gauche, feignant mal une légère déception.

"Il dit la vérité, il n'a rien à voir avec tout cela. Il faut chercher ailleurs."

Se massant les tempes Oracio le foudroya du regard. "Vous avez perdu un temps précieux avec tout cela, j'aurais pu aider aux recherches plutôt que de rester enfermé ici! Ou bien encore me pencher sur la question la plus importante de cette histoire : comment Hyde a t-il pu berner les détraqueurs!" Il s'était levé et maintenant toisé le directeur du regard, des flammes dans les yeux.

"Comprenez qu'il nous fallait tout de même vérifier..." Se contenta t-il de dire, affichant une mine véritablement désolé. "Nous ne pouvons prendre aucun risque. Pour Harry."

Le garçon tourna la tête, entendant son nom. Jusque là il avait continué à regarder par la fenêtre, l'air las. Oracio serra les poings avant de d'expirer bruyamment pour se calmer. Johanne comprenait mieux pourquoi sa camarade infirmière s'était tellement attachée à l'homme. En réalité sous sa façade de petit bonhomme mal dans sa peau se cachait un véritable tigre.

"Puis-je disposer?" Demanda-il simplement.

Il n'attendit pas la réponse et se dirigea vers la porte. Johanne jeta un regard rapide vers Albus, puis vers le professeur qui allait bientôt sortir du bureau. Du coin de l'œil elle vit le directeur l'autoriser à suivre l'homme. Elle n'avait de toute manière aucune envi de rester plus longtemps en présence de Rogue et de Potter. Il lui suffisait de les regarder pour sentir une colère monter en elle. Non seulement ils étaient odieux mais en plus ils semblaient en être fiers. Sans un mot elle s'élança sur les traces d'Oracio.

Elle le rejoint alors qu'il s'apprêtait à tourner à l'angle du couloir, de toute évidence le petit chauve était énervé. Elle ne savait pas si elle devait lui dire quelque chose ou simplement marcher sur ses côtés. Au loin elle entendit Dumbledore dire quelque chose et Rogue lui répondre, grognant presque. Elle opta alors pour le silence de peur de s'énerver inutilement contre le professeur de potion, Lebrun n'y était pour rien dans cette histoire. De plus, il avait mieux à penser. Il fini néanmoins par s'arrêter au milieu d'un couloir alors qu'ils arrivaient au niveau de son bureau. D'un même mouvement, il tourna l'ensemble de son corps vers l'assistante. Ils se regardèrent un moment, Johanne sur le qui vive. Sans savoir pourquoi, elle avait l'impression que Lebrun en savait plus qu'il ne le disait. Néanmoins, elle était persuadée qu'il n'était pas du côté des méchants dans cette histoire.

"Je vous dois quelques remerciements mademoiselle." Se contenta t-il de dire, passant une main sur son crane chauve.

Johanne leva une épaule. Non, il ne lui devait rien, elle n'avait rien fait pour lui dans le bureau du directeur. Elle s'était contentée de s'asseoir quelque part d'attendre que le temps passe, à aucun moment elle n'avait prit sa défense, n'avait affirmé le croire innocent.

"Je crois plutôt que vous ne me devez rien..." Finit-elle par dire, faisant la moue.

"Vous avez tenu votre promesse et cela est déjà important, a aucun moment vous ne m'avez laissé seul. Je vous dois bien cela."

"Mmmmm... Après tout... je suis une Poufsouffle..."

Ils se quittèrent sur ses paroles et une poignée de main cordiale. Mais alors que le petit bonhomme s'éloignait dans le couloir, Johanne fit volte face.

"Dites moi Monsieur Lebrun... Comment Hyde a t-il pu..."

"Je n'en suis pas encore très sur. Je ne préfère pas m'avancer. Mais une chose est sur... il ne faut faire confiance à quelque être vivant que ce soit mademoiselle! J'espère que vous m'avez bien compris. Maintenant, si vous me le permettez, j'aimerai me reposer."

Là-dessus il reprit sa marche, laissant Johanne quoi.

L'assistante retournait à sa chambre, méditant encore sur ce qui venait de se passer. Les élèves avaient été confiné dans leurs dortoirs, sans plus d'explications et les membres du personnels rodaient dans les couloirs, s'affairant ça et là à retourner la moindre pierre à la recherche de Hyde. Johanne prit un couloir, sans réfléchir, marchant au hasard, ouvrant de temps à autre une porte. Soudain une voix l'interpella. Pomfresh la rejoint courant presque, le visage marqué par l'angoisse, non loin derrière l'enseignante de botanique suivait.

"Comment va Oracio, il ne lui a rien fait j'espère?" S'enquit-elle dès qu'elle fut assez prêt pour parler sans crier.

"Il va bien, Rogue ne lui a rien fait boire de dangereux, j'y ai personnellement veillé. Nous sommes surs de son innocence maintenant, il n'a plus rien à craindre."

"Où est-il?" Demanda t-elle presque hystérique. "Je veux le voir! Ho! Mon pauvre Oracio!"

Johanne eut à peine le temps de lui indiquer son bureau que la femme partait en courant, se déchaussant au préalable. Chourave salua la jeune femme après lui avoir demandé si tout allait comme elle le voulait.

Et Johanne se retrouvait à nouveau seule, ne sachant pas si elle devait aller dormir ou bien continuer à chasser son ex petit ami dans les couloirs du château. Alors qu'elle réfléchissait une nouvelle voix lui fit tourner la tête. Il s'agissait cette fois du directeur. Le vieil homme avait retrouvé un air serein qui tranchait avec l'ambiance tendu du moment. Il marchait vers l'assistante, les mains dans le dos, la démarche souple, regardant par la fenêtre. Quand il fut à sa hauteur, il resta un moment sans dire mot.

"Rogue a raccompagné le jeune Potter. Nous allons nous relier devant sa chambre pour plus de sécurité. Le jeune Weasley et Monsieur Londubat seront avec lui de toute manière. Il n'y a aucune raison qu'il lui arrive quelque chose."

"Ho." Se contenta de répondre Johanne, se moquant bien de ce qu'il pouvait advenir de Potter. De toute manière, il arriverait toujours à s'en sortir non? Elle chassa ces mauvaises pensés de son esprit. Il n'y était pour rien après tout s'il avait endossé le rôle de survivant. Oui, il était insupportable, mais de là à se moquer de son sort alors que sa vie était en jeu. "Je... je peux prendre un tour si cela vous arrange."

"Je venais vous dire que cela n'était pas la peine. Allez vous reposez Johanne, nous sommes assez dans ce château pour nous en sortir sans vous." Là dessus, il posa une main sur l'épaule de la jeune femme. Un sourire paternel passa sur son visage. "Allez prendre des nouvelles de votre ami à l'infirmerie. Je pense que cela vous tien plus à coeur que de surveiller le jeune Potter non?"

L'assistante se contenta d'ouvrir de grand yeux avant de voir son visage afficher un profond sentiment de honte. William! Avec toute cette affaire elle l'avait oublié! Remerciant le professeur à mi voix, elle se mit presque à courir en direction de l'infirmerie. Bien, si Pomfresh l'avait abandonnée c'est que les blessés n'étaient pas dans un état grave.

En effet quand elle entra dans la pièce il ne restait déjà plus que le rouquin, le bras en enroulé dans de multiples bandes blanches. Il sourit au milieu de sa barbe alors que Johanne trottait dans sa direction, aussi rouge que possible.

"Hé bien! Tu en as mis du temps!" Rigola t-il devant la mine abattue de son amie. Elle baissa encore plus les épaules, détournant le regard, marmonnant une vague excuse. Il se contenta de rire aux éclats, posant sa main valide sur l'épaule de sa camarade. "Hé bah! Tire pas cette tête! Au moins il se passe des trucs dans ton école! C'est pas comme chez nous!"

"Ho si tu savais!"

Ne tenant plus, Johanne se mit à raconter sans pourvoir s'arrêter tout ce qui lui été arrivé depuis le début de l'année. William l'écouta sans dire un mot, souriant stupidement par moment. S'il avait su! Voilà donc ce que son amie avait enduré depuis la rentré alors que lui avait pour moment le plus remuant de l'année le jour où il avait fait tombé une tartine de confiture de fraise sur sa cravate à dix minutes du début d'un cours. Pour sur Poudlard méritait sa réputation d'école toujours en mouvement! Lorsqu'elle eut fini, racontant comment Lebrun l'avait mis en garde, elle soupira bruyamment.

"Hé bien!" Conclu le rouquin. "Tu dois être épuisée après tout cela! Laisse moi te raconter tout le potins français pendant que tu t'endors paisiblement à mes côtés!" Devant l'air dubitatif de Johanne il ajouta, indigné. "Tu ne comptais tout de même pas me laisser seul dans cette sinistre infirmerie!"

L'assistante éclata de rire avant de poser sa tête sur le lit de son ami et de fermer paisiblement les yeux. Elle demanda tout de même avant.

"Qui t'a fait venir ici."

"Dumbledore, qui d'autre?"

"Oui, mais pourquoi?"

"Hé bien... pour te faire plaisir."

Et le coeur réchauffé par ses paroles, elle s'endormit, épuisée, alors que William entamait le récit de son année en France..