Chapitre 20 :

Séparation est un si doux chagrin…

Lebrun marchait en tête, le visage décidé alors que Johanne avait baissé sa caboche afin qu'aucun élève ne puisse y lire le trouble qui s'y été imprimé. Elle sentit sur elle le regard mauvais de Ginny qui ne comprenait pas ce que l'assistante pouvait faire avec cet homme malfaisant. Pourtant le message avait-été particulièrement clair et elle avait promis de ne pas lui faire confiance. Alors pourquoi le suivait-elle de cette manière en direction de la sortie de la salle commune. Neville posa une main sur l'épaule de la rouquine et effectua une petite pression sur sa peau, observant à son tour la jeune femme. Elle lui jeta un regard et, sans le vouloir, fit comprendre à son camarade que quelque chose n'allait pas. Son visage trahissait non seulement la culpabilité qu'elle pouvait ressentir pour avoir laissé s'envoler le jeune Potter, celle de n'avoir pu dire non au professeur Lebrun pour courir alerter Dumbledore mais aussi une peur montante. D'un simple mouvement de tête le garçon lui fit savoir qu'elle n'avait pas à s'inquiéter, lui s'occuperait de faire savoir au directeur ce qui se passait et, en silence, se leva pour se diriger vers les dortoirs.

Johanne s'engouffra ensuite dans le passage pour sortir de la salle commune. Lebrun avait accéléré le pas et ne cessait de jeter des regards autours de lui. De toute évidence, il savait parfaitement où il se dirigeait, ce qui n'était pas le cas de l'assistante. D'ailleurs, ce manque d'information lui pesait énormément. Elle se racla bruyamment la gorge, se sentant incapable de prononcer le moindre mot au vu de la boule qui se trouvait actuellement au niveau de ses cordes vocales. Le petit professeur ne sembla même pas l'entendre ou, peut-être, faisait-il consciemment abstraction de la présence de sa camarade. Une nouvelle boule de stress éclata dans le ventre de Johanne. Et si tout cela n'était rien d'autre qu'un piège ? Et si elle allait stupidement se jeter dans la gueule du loup ? Son cœur se mit à cogner avec force contre la poitrine, elle le sentait plus que jamais. Il s'emballait encore plus que le soir où Rogue l'avait embrassé dans la salle sur demande. Soudain, Johanne ne se sentit pas bien. Elle déglutit difficilement, sentant ses oreilles se boucher. Le décor se mit à tourner autours d'elle et elle se stoppa, se plaquant contre le mur à côté d'elle.

« Lebrun… »

Souffla-t-elle avec difficulté alors qu'un voile tombait devant ses yeux… et ses jambes se dérobèrent sous son poids. Elle sentit la chute, ainsi que le moment où sa tête claqua sur le sol. Pourtant aucune douleur ne lui traversa le crâne. Elle n'avait perdu connaissance que quelques secondes, juste assez pour s'écrouler au milieu du couloir, mais surtout pour perdre le professeur de vu. Avait-elle paniqué au point de tomber dans les pommes ? Elle ne maitrisait définitivement pas ses émotions ! Blanche comme un linge, encore tremblante, elle se redressa. Elle était maintenant seule… et quelque chose clochait… Elle vint frotter l'arrière de son crâne où une admirable bosse s'était formée et elle glissa ensuite à quatre pattes. Elle resta ainsi un instant, vérifiant que tout allait bien. Aucune nausée ne se profila à l'horizon et la brunette se releva avec précaution. Les battements de son cœur avaient nettement ralentit, c'était bon signe, elle avait réussi à se calmer. Maintenant, il fallait qu'elle prenne une décision. Devait-elle retourner sur les traces d'Hyde comme voulait le faire Lebrun… ou bien fallait-il prévenir le directeur ? Aussitôt une nouvelle vague de panique l'envahit et elle se laissa glisser contre un mur, sentant le malaise revenir. Elle avait peur, elle était morte de trouille c'était indéniable. Non seulement pour elle –elle savait parfaitement qu'en cas de confrontation elle ne ferait pas le poids – mais surtout pour le jeune Potter. Mon dieu, s'il lui arrivait quelque chose ! Elle dégluti difficilement. Elle ne serait d'aucune utilité sur un champ de bataille, autant partir prévenir Dumbledore, lui au moins il saurait quoi faire. Il prendrait les choses en main, c'était certains ! C'était ça la meilleure des solutions. Ragaillardit par cette idée, elle se releva et se dirigea d'un pas assuré en direction du bureau.

Un couloir, quelques escaliers… Au fur et à mesure que ses jambes se dirigeaient vers le bureau du directeur, un signal d'alerte s'allumait en elle. Tous ses sens lui criaient de ne pas continuer dans cette direction. Elle ignora ces avertissements pendant un moment, essayant de se dire que cela n'était qu'un effet de la pression qui pesait sur sa poitrine… Et soudain, elle comprit pourquoi son corps était si réticent à continuer dans cette direction. Surgissant d'un couloir, Hyde la bouscula, courant comme un cerf traqué par un chasseur. Elle réussi à garder son équilibre par elle ne savait quel miracle et fut dépassée par Lebrun qui soufflait comme un bœuf, effectuant une pointe de vitesse dans la longue ligne droite du couloir. La remarquant il lui hurla de le suivre. Sans savoir pourquoi l'assistante sauta sur ses pieds, s'emparant de sa baguette et s'élança à son tour dans la course poursuite.

« Mais qu'est-ce que je fais ? S'écria-t-elle en son fort intérieur. Pourquoi je cours après mon ex petit-ami mangemort alors que je suis pas foutue de lancer correctement un sort ? Pourquoi je fais pas demi-tour maintenant pour prévenir le directeur ? Allez arrête-toi ! Par la barbe de Merlin ! Essaye de survivre ! »

Mais il semblait que son cerveau avait décidé de passer outre ces avertissements et de passer en mode automatique. La raison avait laissé place à la pulsion et pour le moment ses autres pensés se tournaient vers Potter. Lorsqu'elle avait vu le fugitif la dépasser elle avait tout de suite remarqué l'absence du jeune sorcier et les pires hypothèses avaient jailli en vrac dans son esprit qui s'était enfiévré. L'avait-il déjà tué ? Le retenait t-il prisonnier ? Et s'ils ne le retrouvaient jamais ? Stupidement ses pensés c'étaient alors toutes tournées vers la seule et unique solution au problème : attraper Hyde et lui faire cracher le morceau. C'était pour cette raison qu'elle n'arrivait pas à arrêter de courir. Essoufflée, elle ne remarqua même pas qu'ils se dirigeaient en direction de la volière. Elle ne prit conscience de cela qu'au moment où elle dérapa dans une fiente en entrant dans la tour. Lebrun se trouvait au milieu de celle-ci, baguette à la main et… seul.

« Où est-il ? Articula difficilement Johanne, essayant de ne pas se plier en deux pour reprendre son souffle.

- J'en sais rien, articula le petit homme tournant sur lui-même. Je suis rentré derrière lui avec quelques minutes de retard et il avait disparu.

- Il n'a pas pu se cacher… » Affirma Johanne regardant autours d'elle.

Les murs étaient nus et aucun recoin ne pouvait servir d'abris au fugitif. Peut-être connaissait-il un passage secret qui lui avait permis de fuir ? Non l'idée était stu…

« Johanne derrière-vous ! »

Elle n'eut pas le temps de se retourner qu'une forte poigne l'attrapait par les cheveux et la tirait en arrière. Elle bascula mais au lieu de tomber se retrouva plaquée contre le torse d'un homme. Et ce torse, elle le connaissait bien vu le nombre de fois où elle s'y était blottie. Hyde la fit légèrement suffoquer en lui enserrant le cou de son avant bras et se mit à menacer Lebrun de sa baguette. Comment s'était-il glissé derrière elle sans qu'elle et Oracio ne s'en rendent compte ? Sa baguette en main, elle tenta de viser son agresseur mais il resserra son étreinte autours de sa gorge. Son sang vint alors battre contre ses tempes et elle se sentit étouffer. Prise de panique, elle lâcha sa baguette pour porter ses deux mains au niveau de son cou. Là, elle entreprit de tirer sur l'avant bras qui menaçait de la faire mourir. Etant arrivé à lui faire lâcher son arme, Hyde lui permis de respirer et Johanne prit une grande inspiration alors que le sang quittait sa tête pour revenir vers son cœur. Elle toussa plusieurs fois mais n'eut pas le temps de se remettre complètement que, déjà, on la trainait en direction de la sortie.

« Lâchez-là ! Ordonna Lebrun, se mettant en position de combat.

- Et sinon quoi ?

- Sinon ça ! »

Sans prononcer une seule parole un éclair quitta la baguette de l'ex-auror. Johanne poussa un cri en fermant les yeux si bien qu'elle ne vit pas ce qui s'était passé ensuite. Elle entendit simplement un bruit étrange suivit d'un cri et, quand elle rouvrit les yeux, Oracio gisait par terre, inconscient. Elle se mit alors à se débattre, inquiète pour son ami. La poigne se fit aussitôt plus dure et un bout de bois entra dans son champ de vision.

« Je serais toi, je me calmerai tout de suite ! Ordonna Hyde. Maintenant tu vas me dire combien de personnes sont au courant de la disparition de Potter et où ils se trouvent tous !»

Morte de peur Johanne se contenta de déglutir difficilement. Ils avançaient dans les couloirs au hasard et elle savait que les choses allaient mal se terminer pour elle si elle ne disait rien. Connaissant de quoi été capable l'ex professeur elle s'imaginait déjà sujette au effet d'un Doloris dévastateur. La vision la fit se raidir et elle se mordit la lèvre. La douleur qui traversa son visage quand ses dents se plantèrent dans sa peau lui donna une idée. Sans réfléchir, aussi instinctivement que si elle avait été un velociraptor adulte – Voyez la comparaison !- elle enfonça sa tête dans le bras de son agresseur et… referma sa mâchoire sur le premier bout de chair que ses lèvres rencontrèrent. Au gout de sang qui envahit instantanément sa bouche et au cri que Hyde venait de pousser, elle su qu'elle avait fait mouche et elle fit un pas de côté pour se libérer. Bien, elle était avancée maintenant ! Hyde avait une baguette lui ! Une fois de plus, l'instinct prit le dessus. Comme le dit si bien la stratégie de coping elle n'avait de toute manière pas 40 options : combattre, fuir ou subir. C'est ainsi que l'assistante pris ses jambes à son cou alors que son agresseur se pliait en deux sous la douleur qui traversait son bras en sang.

Elle fuit ainsi au hasard des couloirs avant de se coller contre un mur, haletante, sentant que ses poumons et son cœur allaient exploser. La main sur la poitrine, elle essaya de se calmer. Elle n'avait pas la moindre idée d'où pouvait se trouver Hyde actuellement et, dans la précipitation, elle n'avait pris la peine de se repérer et, dans cet immense château, on avait tôt fait de se perdre. Plaquée contre le mur, elle sentait venir le danger… Elle poussa un cri quand quelqu'un surgit à sa gauche, une baguette à la main. Elle eut à peine le temps de se jeter à terre qu'un éclair passait au dessus de sa tête.

« Par la barbe de Merlin ! Johanne ! Dites-moi que vous n'avez rien ! »

La jeune fille leva les yeux pour voir le professeur de Défense contre les forces du mal courir vers elle, la mine anxieuse. Il arborait une plaie sur le côté droit de son crâne et du sang s'écoulait de l'ouverture, venant colorer sa chemise d'une superbe couleur rougeâtre. Johanne se releva, se frottant les genoux qu'elle avait claqués violement contre le sol lorsqu'elle avait plongé.

« Où est Hyde ? »

S'enquit le petit professeur. Mais Johanne n'eut une fois de plus pas le temps de répondre, un éclair vert frôla son oreille. Elle tourna les talons, prête à se retrouver devant son ex-petit ami et avant d'avoir esquissé le monde geste, elle fut tirée en arrière par le professeur de défense contre les forces du mal. Une nouvelle fois, elle du se jeter au sol pour éviter un sort et elle plaqua ses mains sur sa tête lorsque le mur derrière elle explosa sous l'impact. Une pluie de gravier lui tomba sur le crâne et quand elle rouvrit les yeux elle pu voir que les deux hommes s'étaient lancés dans un duel acharné. Les sorts fusaient de partout, mais aucun n'atteignait la cible. Entre deux pensés confuses, Johanne se dit que le bruit finirait bien par attirer du monde. Elle n'osait bouger un muscle, tétanisée par la peur.

Mais le duel tourna court. Alors qu'Oracio semblait enfin avoir trouvé une fente dans la garde de son adversaire, celui-ci réussi à le toucher avec un Doloris. Aussitôt le petit homme tomba au sol en poussant un cri de douleur qui déchira les oreilles de Johanne. Par chance –enfin… par pour le pauvre Monsieur Lebrun- ce cri secoua l'assistante qui repris conscience, et lorsqu'elle vit l'homme se tordre au sol, prit de convulsions incontrôlées, elle poussa à son tour un cri… mais un cri de rage cette fois. Elle sauta en avant et, à la manière d'un rugbyman, fonça sur Hyde avant de lui rentrer dedans utilisant tout son poids et sa vitesse pour le faire basculer. Elle tomba avec lui, se claquant une nouvelle fois la tête contre le sol. Cette fois elle ressentit le choc et son cerveau vibra dans son crâne. Sa vision se troubla et elle perdu quelques secondes ses repères.

Puis son dos se cambra. Elle ne comprit pas tout de suite pourquoi son corps s'était ainsi raidi… et la douleur lui traversa l'ensemble du corps. C'était comme si chacune des fibres de son corps avaient soudain pris feu, comme si l'on s'amusait à la piquer avec des aiguilles chauffées à blanc. Elle entendit alors quelqu'un hurler et mit quelques secondes à comprendre qu'il s'agissait d'elle… et son cri lui glaça le sang. Enfin tout s'apaisa… et elle sombra dans le noir… persuadée d'être morte.

Quand elle reprit connaissance, elle se trouvait dans l'infirmerie. Elle voulu bouger mais aucun de ses membres ne répondit. Que ce passait-il ? Pourquoi ne pouvait-elle plus remuer. Ses yeux cherchaient frénétiquement une présence autours d'elle mais personne n'était là. Prise de panique, elle ne trouva d'autre solution que de se mettre à hurler. Son cri rameuta aussitôt Pomfresh qui s'empressa de la rassurer.

« Calme-toi Johanne ! Je t'ai simplement immobilisée pour que tu n'esquintes pas plus tes muscles ! Tu n'as rien de grave ! Mais si je te laissais bouger, non seulement tu souffrirais, mais en plus cela serait mauvais pour ta convalescence.

- Que c'est-il passé ? Que c'est t-il passé ? Oracio ? Harry ?

- Calme-toi ! La sermonna Pomfresh posant ses doigts au niveau de son cou pour mesurer les battements de son cœur. Sinon je te sédate ! »

Aussitôt l'assistante prit une grande inspiration et tenta de se calmer. Elle fini par arriver, aidée par les mots que ne cessaient de lui répéter son ami. Enfin, quand son rythme cardiaque redevint normal, elle reçu une explication.

« Oracio et toi était en fâcheuse posture quand Neville et le professeur Rogue vous ont trouvé. Notre jeune ami a du contourner au moins une douzaine de règles de l'école pour réussir à sortir de la salle commune malgré toute les interdictions. La grosse dame refusait de la faire sortir et il a du escalader les murs du château, sécurisé par Miss Weasley… Il était en route pour prévenir le directeur quand il est tombé sur Severus qui faisait une ronde dans les couloirs, il lui a tout expliqué… la disparition d'Harry et le fait qu'Oracio et toi étiez partis à sa recherche sans prévenir personne. Rogue a aussitôt rappelé tout le monde et nous sommes partis à votre recherche. Il était tout proche de vous quand tu as hurlé à la mort… ce qui est tout à fait compréhensible. Je suis arrivée moins d'une minute après lui et heureusement d'ailleurs ! Je ne l'avais jamais aussi en colère ! Il s'était jeté sur Hyde et frappait sans interruption ! Si je ne l'avais pas arrêté, il l'aurait surement tué…

- Et Oracio ? S'inquiéta Johanne. Il n'est pas…

- Il va parfaitement bien, ne t'en fait pas… comme toi il a seulement perdu connaissance. Sans toi, il serait…, elle laissa sa voix s'éteindre, un air anxieux sur le visage. Mais repose-toi maintenant ! D'ici trois ou quatre heures je pourrais te redonner toute ta motricité. Mais pour le moment… tu ne peux rien faire d'autre à part dormir. »

Lorsqu'elle reprit connaissance, cette fois-ci, elle était loin d'être seule. Dumbledore était là, mais aussi Chourave, ainsi que l'infirmière et… Rogue. Elle ne vit celui que lorsqu'elle se releva, heureuse de retrouver ses facultés de mouvement. Elle sentit néanmoins une douleur traverser chacun de ses membres. Elle esquissa une grimace, étouffa un cri et fini enfin par réussir à se mettre en position assise. Son mentor était dans un coin de l'infirmerie, droit comme un piquet, le visage dur. Elle lui sourit mais l'homme détourna les yeux, ce qui ne rassura pas Johanne. Et voilà, une fois de plus il allait critiquer son attitude… Elle ne pouvait rien faire sans subir ses reproches. Elle tourna la tête pour voir Oracio Lebrun, endormi dans son propre lit et, à la vu de la respiration paisible de l'homme, elle ne put s'empêcher de sourire. Un « peuh » sonore s'éleva d'un coin de la salle.

« Tout va bien ? Demanda soudain Albus.

- Ho, heu ! Ha, oui ! J'ai…, elle marqua une pose avant de lui sourire. Oui, ça va nettement mieux.

- Vous serez surement heureuse de savoir que Monsieur Hyde est retourné retrouver ses camarades en prison… et cette fois-ci il ne pourra pas nous duper !

- Mais…, le directeur la coupa d'un mouvement de la main.

- Un animagus. Plus exactement un hibou. De cette manière il a pu berner, non seulement les détraqueurs mais aussi Harry qui l'a laissé rentrer dans sa chambre par la fenêtre sans se méfier…

- Ho… je comprends maintenant…, déclara Johanne autant pour les autres que pour elle-même. »

C'était donc comme cela qu'il avait pu disparaitre dans la volière. Elle secoua lentement la tête, les yeux dans le vide.

« Mais, et Harry ? S'enquit-elle soudainement.

- Il va bien, ne vous en faites pas, il n'a même pas une petite égratignure. »

Sur ces mots Albus demanda à tout le monde de sortir pour la laisser un peu seule. Néanmoins quand vint le tour du professeur de potion de sortir de la salle, il murmura quelque chose à Dumbledore qui acquiesça. Le directeur quitta donc la pièce laissant Johanne et Rogue en tête à tête. Pendant un instant l'homme ne bougea pas d'un pouce alors que son assistante regardait ses mains avec un intérêt soudain.

« Hé bien quoi, finit-elle pas dire. Vous attendez le déluge pour m'engueuler ? »

Rogue la regarda, surpris.

« Suis-je si prévisible ?

- Disons que je commence à vous connaitre professeur…

- Je vois… »

Un nouveau silence prit place. Rogue osa enfin s'approcher du lit de Johanne. Il ne savait pas vraiment ce qu'il devait faire… Il voulait lui parler… mais de quoi au juste ? Il n'en savait rien. Alors il lui posa la première question qui lui vint à l'esprit, plus agressivement qu'il ne l'aurait voulu.

« Pourquoi ne m'avez-vous pas prévenu que vous étiez en danger ?

- Parce que, figurez-vous, j'essayais déjà de survivre ! Et puis si j'avais quelqu'un à prévenir, c'était Dumbledore. Pas vous.

- Ne suis-je pas votre mentor ? »

Ça y'est, il s'énervait. Johanne soupira en détournant la tête.

« Vous ne m'auriez en aucun aidé ! Je vous connais ! Si j'avais toqué à votre porte, vous ne m'auriez même pas laissé le temps de parler ! Après vous être moqué de moi, vous m'auriez laissée seule dans les cachots ! J'avais mieux à faire que de subir vos paroles blessantes ! »

Le visage de Rogue fut l'espace d'un instant déformé par la rage. Il réussi à se reprendre, respirant plusieurs fois, serrant les poings. Alors voilà l'image que la petite Johanne avait de lui maintenant ? Ha ! Son image c'était bien ternie dans l'esprit de la jolie fille ! On était bien loin des mots d'amours qu'elle lui disait il y a quelques mois encore ! Qu'est-ce qui avait bien pu la faire changer comme cela… il n'avait pas changé de comportement pourtant, si ? Il détourna les yeux, se rendant compte que l'idée de ne plus être dans le cœur de la demoiselle le dérangeait… un peu, corrigea t-il mentalement. Pour masquer son trouble, il décida d'être désagréable.

« Ne me remerciez pas surtout pas de vous avoir sauvé la vie.

- Ouai, c'est ça, merci. »

La jeune fille croisa les bras, arrêtant définitivement de regarder le professeur. Elle en avait assez, assez de tout cela. Elle n'avait pas le cœur, pas l'envi, et beaucoup trop mal partout pour se prendre la tête avec Rogue. Pourquoi donc venait-il l'emmerder maintenant ? Ne pouvait-il pas attendre un peu ? L'année n'était pas terminée, il aurait tout le temps de la rendre chèvre quand elle n'aurait plus ces horribles douleurs dans tout le corps.

« Vous pouvez me laisser maintenant ? »

Une fois de plus elle le repoussait alors qu'il faisait des efforts. Il avait demandé à Dumbledore s'il pouvait rester à son chevet… lui tenir compagnie. Il n'y avait vraiment rien à faire !

« C'est ça, je vous laisse avec Monsieur Lebrun, le héro ! »

Grogna t-il en se levant.

« Je ne vois pas ce que Oracio à a voir là-dedans…

- Ho, bien sur Oracio ! Lança Rogue, imitant Johanne et faisant des mouvements ridicules avec des hanches. Johanne ouvrit de grands yeux.

- J'y crois pas ! Vous êtes jaloux !

- Mais… mais pas du tout ! Jamais ! »

Johanne lui coula un regard avant de sourire. Rogue rougit en tournant la tête, mais devant le regard insistant de son assistante, il grogna en retournant s'asseoir à côté d'elle. Ils échangèrent un regard… un sourire…

« Bon… on va dire que, comme vous m'avait sauvé la vie… je veux bien faire semblant de ne pas avoir remarqué votre jalousie…, fini par déclarer Johanne.

- Ho ! Mais je ne suis pas jaloux !

- Mais bien sur… et moi je vous déteste. »

Il y eut un silence.

Enfin, Johanne attrapa la main du professeur Rogue… qui ne la retira pas.

Fin.