Auteur: Elbée

Beta-lectrice: Tibre

Rating: M

Warning: Relation entre deux hommes (slash): malades du genre s'abstenir . Lemon à venir.

Couple: HarryxDraco

(L'histoire se passe après le 6ème tome, Harry et Draco ont donc 17 ans. Tout les éléments du roman ne sont pas pris en compte cependant, et certains faits modifiés)

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Bon, c'est ici que je dois vous présenter mes excuses les plus plates. DEUX MOIS (peut-être même plus!) d'attente, je sais que c'est inexcusable... Si j'étais mon lecteur, je me haïrait... Je déteste les auteurs toujours en retard qui promettent de publier dès qu'ils le peuvent et qui au final, ne tiennent pas leur promesse. Comme moi je sais... Promis, le prochain ne sera pas si long (je sais, je sais, j'ai bien dit ça au dernier chapitre /\/\ ). Bref. Petit plus: ce chapitre fait environ 4000 mots au lieu de 3000 ;)

Évidemment, j'adresse un ENORME merci à tous les lecteurs qui ont bien voulu prendre un peu de leur temps pour me commenter. Je sais que bien souvent ont lit les fics les unes après les autres, et qu'on a pas toujours le courage de laisser une review. Voilà pourquoi je vous REMERCIE grandement de bien avoir voulu me laisser un commentaire /\/\

A ce propos, je pense avoir répondu à tous, et si ce n'est pas le cas, faites le moi savoir pour que je puisse réparer cette erreur! )

PS: pour ceux qui sont en chapitre alerte, désolée si vous avez eut plusieurs mails, il y a eu un petit bug lol !

RAR anonymes:

zelzanoo: lol oui, je sais, c'est vrai, mais tu verra par la suite... Hm, j'en dit pas plus /\/\. Contente que ça t'ai plu! Désolée pour l'attente; en tout cas, j'espère que ce chapitre te plaira autant que les précédents ! Bizx et a+

super-ketchup: Coucou, c'est cool que tu aimes! Merci beaucoup pour ta review, ça encourage ;). J'espère que ce tu aimeras aussi ce troisième chapitre ). Byebye a+


Crépuscule

Chapitre 3


Harry se figea littéralement quand il s'aperçut que Malefoy avait perdu connaissance. L'idée qu'il fût ainsi depuis plusieurs minutes lui coupa le souffle. Lui, monstre qu'il était, ne s'était même pas arrêté de boire.

Cette fois il avait vraiment dépassé la limite. Cette limite invisible inconsciemment fixée qu'aujourd'hui son manque de contrôle lui avait fait franchir. Merlin, la soif avait été trop impérieuse. Il était pourtant évident que Malefoy, en trois jours de repos et avec si peu de nourriture, n'était en aucun cas capable de régénérer son sang suffisamment pour pouvoir résister à nouveau à une telle prise de sang.

Cependant, Harry avait été une fois de plus faible face à l'appel du sang et n'avait pas pu résister à cette troisième prise qui semblait bien être la dernière que Malefoy pourrait jamais lui procurer. Le pauvre était au bout du rouleau, c'était plus qu'évident désormais.

Pris d'une panique grandissante, Harry saisit la tête du blond toujours inconscient et se mit à tapoter ses joues du plat de la main. Aucune réaction.

Il ne l'avait tout de même pas tué, si ?

-Malefoy ? » Fit Harry d'une voix plus aiguë qu'à l'accoutumé. « Oh ?! Malefoy ?! Tu m'entends ? »

Le visage livide du Serpentard ne tressaillit pas d'un pouce ni sous les secousses ni à l'appel de son nom. Impassibles et neutres, les traits fins de son visage sans vie firent se parcourir d'un long frisson la colonne vertébrale d'Harry.

Merde, merde.

Harry amena d'un geste vif sa main droite jusqu'au poignet du blond et tâta son pouls.

Un faible soupir de soulagement passa ses lèvres sans même qu'il ne s'en rende compte.

La pulsation régulière était belle et bien existante. Mais si faible... Si faible qu'il craignait qu'elle ne cesse d'une seconde à l'autre.

La panique resserra à nouveau son étau sur le cœur d'Harry. S'il n'était pas déjà mort, ça ne saurait tarder. Un assassin. Voilà ce qu'il allait bientôt être. Un monstre assassin.

Harry déglutit difficilement. Sa gorge était sèche en dépit de tout le sang qu'il venait d'avaler, et il avait l'impression de suffoquer. Une peur irascible et étouffante avait saisi son cœur de ses deux mains gluantes et collantes qui lui ôtait tout espoir de parvenir à se calmer. Il avait tué Malefoy. Malefoy lui avait offert son sang et lui l'avait tué.

Aucun mot n'aurait pu désigner l'intensité de la haine qu'Harry éprouva subitement à son égard. Dieu, il se détestait, il se haïssait, il s'exécrait. Pourquoi au monde avait-il fallut que ce soit lui qui devienne cette bête assoiffée de sang, prête à tuer pour quelque gouttes d'hémoglobine?

Harry ferma les yeux.

Le pouls de Malefoy battait encore faiblement, mais sa respiration au bord des lèvres n'allait pas tarder à s'éteindre. C'était plus qu'une certitude.

En cette seconde précise, Harry était prêt à faire n'importe quoi pour se racheter. N'importe quoi pour faire taire cette voix basse et sifflante qui lui soufflait la vérité: monstre assassin.

Mû soudain d'une pulsion complètement inconsciente, Harry porta son propre poignet à sa bouche. Lui rappelant son inhumanité, ses longues canines déchirèrent sans aucun effort la peau tendre de son poignet. La pensée fugitive qu'il allait vraiment regretter ce qu'il s'apprêtait à faire l'effleura doucement.

Tant pis.

Tout ce qu'il voulait c'était que Malefoy ne meurt pas. Pas par sa faute. S'il vous plait faites que ça marche.

Son sang -celui qu'il avait pris à Malefoy quelques instants auparavant- commença à couler en un filet rouge et épais le long de son poignet. Il plissa son front, indécis, puis posa la veine ouverte sur les lèvres bleuies de l'adolescent inconscient, tachant délicatement sa bouche du liquide carmin à l'odeur envoûtante.

Le blond restait obstinément inanimé et Harry fut soudain assailli par le doute. C'était trop tard. Il l'avait vraiment tué. Définitivement.

Comme si Malefoy avait pour unique but de toujours le contredire, même au seuil de son trépas, il sentit les lèvres fines et pâles se resserrer sur son poignet ensanglanté, et perçut du coin de l'œil le subit mouvement de sa gorge déglutissant.

Les sucions du blond se firent hâtées et bientôt l'adolescent sembla boire le sang du vampire comme si de sa vie il en allait. Ce qui était probablement le cas.

La sensation de se faire aspirer le sang était très désagréable à Harry et après quelques secondes, il retira brusquement son poignet des lèvres avides du Serpentard. Harry avait la respiration bloquée. Il était déboussolé, choqué, mais instinctivement il se mit à lécher les dernières gouttes de son propre sang qui perlaient de sa plaie.

Harry se mordilla légèrement les lèvres d'appréhension , regardant le blond qui semblait à présent pris d'une faible fièvre, gémissant et soupirant fébrilement. Il avait quelques minutes devant lui avant de le mordre et d'en faire son calice, dans le cas contraire Malefoy deviendrait un vampire. Faire un second vampire n'aurait vraiment pas été judicieux : même si cela permettait la survie du blond, il aurait besoin de sang à son tour et alors...

Avec un frisson d'angoisse -il était assurément trop jeune vampire pour avoir un calice- il se pencha à nouveau sur Malefoy –Malefoy !- avant de le mordre.

Ses crocs longs et tranchants percèrent à nouveau le cou ensanglanté, déjà violé de l'adolescent. Malgré l'horreur de la situation, un frémissement inconscient de délice parcourut Harry.

Il ne but qu'une seule gorgée de son sang mais ce fut assez pour se rendre compte que ce sang là était plus exquis, plus riche qu'avant. Si auparavant il avait trouvé ce sang délicieux, à présent il était à mille lieues de toute comparaison. C'était de l'extase à l'état liquide.

Il se retint difficilement de boire davantage, concerné par l'état de son -désormais- calice.

...

(Malefoy était devenu son. -Calice.- Son calice.)

Harry sentit alors un étrange changement s'opérer en lui. Il se demanda brièvement si le Serpentard serait amené à ressentir la même chose, avant d'être assailli par une sensation trop forte qui lui fit perdre la tête.

Alors que quelques minutes auparavant son choix le contraignait profondément, à présent le fait d'avoir choisit comme calice la personne allongée sur ses genoux lui parut être une évidence. Comment avait-il pu un jour ne pas vouloir Draco pour calice?

Harry ne savait comment il devait réagir. Même en sachant parfaitement que cette importance qu'avait prise Malefoy à ses yeux était tout à fait artificielle et probablement due à une quelconque hormone magique, il n'était pas en mesure de lutter contre. Aller à l'encontre de cet instinct par la logique était un combat perdu d'avance.

Harry prit à nouveau dans ses bras le corps pâle et se prit à espérer que Malefoy ne réagisse pas trop mal à son réveil.

Les seules choses qu'Harry avait apprises sur les vampires, il les avait apprises lors de ses cours de défenses contre les forces du mal. Si Harry s'était davantage informé sur les loups-garous en raison de la nature de Lupin, ses connaissances sur les créatures qu'étaient les vampires restaient elles en revanche tout à fait floues et incomplètes.

Les chapitres qu'il avait pu lire au sujet des calices s'étaient toujours contentés de rester très vagues, et suffisamment évasifs pour que Harry ne sut pas ce qu'il en résultait exactement.

Il avait lu que vampires possédants un calice rimait avec vampires inoffensifs, car ceux-ci cessaient alors toute tueries pour se contenter dudit calice. Voilà ce qu'on lui avait plus ou moins enseigné. A vrai dire, en classe de défense contre les forces du mal, on se préoccupait davantage à se protéger des vampires qu'à les étudier. Logique quand on voyait ce qu'il était devenu.

Harry déglutit difficilement alors qu'il posait à nouveau son regard sur le blond et qu'un incontrôlable besoin de le protéger s'élevait dans son être bien malgré lui.

Tous ces sentiments qui ne semblaient pas lui appartenir et qu'il ne pouvait pourtant nier...

Il était un étranger pour lui-même.


Draco se réveilla difficilement, une douleur irradiant tous ses membres et une étrange sensation au creux du ventre dont il ne pouvait s'expliquer l'origine. Il haleta faiblement avant d'apercevoir au-dessus de lui une paire d' yeux -heureusement- verts. Voir leur couleur habituelle soulagea Draco, car elle témoignait au moins que la soif de la bête était disparue. Du moins pour l'instant.

Deux sentiments aussi forts l'un que l'autre l'envahirent aussitôt. La peur que le vampire lui fasse à nouveau mal et donc l'envie de fuir sur le champ, contredite par l'inexplicable besoin de rester là où il était et de ne briser le contact visuel pour rien au monde.

Draco faillit suivre la deuxième voix, qui semblait si tentante et si inexplicablement naturelle, quand un sursaut de lucidité lui rappela la douleur que le vampire lui avait fait subir, une douleur encore présente dans sa chair, et la dangerosité de continuer tenter le vampire qui devait probablement toujours être rongé par la soif.

Draco se mit tant bien que mal sur ses genoux, vacillant comme il l'était après chacun des abreuvements de la créature à son cou. Cette fois-ci cependant, il avait l'impression que cette sensation était décuplée.

Apeuré, il décampa vers l'extrême opposé de la cellule, et avec une lamentable maladresse, il s'effondra pitoyablement sur le sol, soufflant avec peine et conscient que sa tentative ridicule de mettre de l'espace entre lui et la bête était futile et dérisoire. C'était pourtant le maximum qu'il pouvait faire pour se rassurer.

Si Potter décider de le saigner pour de bon, il y passerait. La lueur de logique froide et rationnelle qu'il possédait lui rappelait sans cesse ce fait. Et apparemment, cet instant ne tarderait pas... Après tout Potter avait vraiment failli le liquider aujourd'hui. Il avait cru qu'il était mort. Il avait eu si peur... C'était un miracle qu'il soit encore en vie.

Alors qu'il était à présent séparé de la créature par plusieurs mètres, une douleur aiguë naquit dans sa poitrine. Et dans sa tête. Et dans ses membres. En fait, dans chacune des plus petites parcelles de son corps.

En quelques secondes, la faible douleur pulsant dans tout son être se fit de plus en plus persistante. Ce n'était même pas une vraie douleur en fait. C'était plus une sensation de malaise et d'inconfort qu'une véritable souffrance, même si cela engendrait un certain mal.

Il poussa un halètement qui lui parut pitoyable aussitôt qu'il eut franchi ses lèvres. Cette sensation nauséeuse procurait à Malefoy un sentiment profond d'insécurité et, comme si ça avait été un appel, Harry se précipita vers lui.

Draco entraperçut l'éclair de peur et d'inquiétude dans le regard vert du brun. Plus de l'envie, ou de la convoitise pour son sang, non. De la véritable peur.

Pour lui ?

Aussitôt qu'il sentit la main du vampire sur son bras, la douleur de Draco s'évapora comme neige au soleil et cela fit naître en son esprit un doute trouble. Quelque chose clochait.

-Potter. » Fit-il d'un ton soudain dur, son regard gris se plantant dans son vis-à-vis vert et inquiet. « Qu'est-ce que tu m'as fait ? »

Harry parut déstabilisé. Du moins, c'est ce que Draco aurait pensé si l'écho des émotions de Potter ne s'était pas réveillé au fond de sa poitrine. C'était une sensation indescriptible pour qui ne l'avait jamais expérimentée. Le fait ces émotions fantômes qui déferlaient subitement en lui appartenaient à Potter n'était pas à mettre en doute.

Comment l'aurait-il expliqué ? Il n'aurait pas pu. Il le savait. C'était tout. Il n'avait aucune explication à qui lui arrivait. Et c'était bien cela qui l'inquiétait.

C'était comme si une étroite corde invisible le reliait désormais à Potter. Par les émotions. Il savait qu'en ce moment précis, Potter avait peur.

Rien pour lui plaire.

-Qu'est-ce que t'as foutu !! » Cria Malefoy de toute ses forces en dépit de son état de faiblesse avancé.

Il était vraiment en colère et sans même que Potter le lui explique, il sut sur le champ que sa colère était corrosive pour le vampire. Tout comme il ressentait, aussi étrange que cela soit, les sentiments du balafré, celui-ci devait ressentir les siens et donc par conséquent sa rage contre lui... Une rage qui agissait à l'évidence comme un poison pour le brun. En effet, celui-ci poussa un pitoyable gémissement de douleur et détourna son regard du blond.

Draco voulut s'écarter du Gryffondor, mais alors qu'il s'éloignait à nouveau, se sentant encore plus faible qu'il ne l'était auparavant, un nouvel éclair de douleur le fit grimacer.

Il sut que le vampire s'était à nouveau rapproché quand il sentit sa présence curative faire disparaître le mal dans sa poitrine.

Mais MERDE ! Qu'est ce que ce fils de chien lui avait fait BORDEL !!

La haine de Malefoy frappa droit au cœur Harry qui poussa à nouveau un jappement de bête blessée, et Draco éprouva une joie malsaine à l'idée qu'il souffrait un peu lui aussi. Pas de raison que ça soit toujours lui qui trinque.

Parallèlement, Draco se sentait si las, si mal et si fatigué. Il aurait tellement voulu se laisser aller et s'endormir dans les bras du vampire. Mais cette pensée à elle seule suffisait à le tenir en éveil car elle lui rappelait qu'en temps normal jamais il n'aurait souhaité s'endormir dans les bras de Potter.

-Je... J'ai fait de toi mon calice... » Grimaça Potter, répondant à sa question tandis que Draco sentait l'écho de la culpabilité de l'autre à travers sa propre poitrine.

-TON QUOI ? » S'écria Draco d'une voix déformée par la colère et la surprise.

C'était comme s'il venait de se prendre un coup de fouet. Il se sentait à présent parfaitement réveillé et jamais de sa vie il n'avait eu si peu envie de dormir.

Sa fureur se mêlait désormais à la peur. Ce n'était pas une blague. Il sentait que Potter était sincère sur ce coup-là. Tout s'expliquait : ces étranges émotions qui ne lui appartenaient pas et qu'il ressentait pourtant si clairement, cette douleur quand le vampire était trop loin de lui...

Draco jeta à nouveau un regard haineux au brun.

-Arrête ça, merde ! » Cria à son tour Potter, les yeux humides.

La détresse du vampire refroidit quelque peu Draco, mais ne le calma pas pour autant.

-Arrêter quoi !? » Cracha t-il.

-De t'énerver contre moi ! » Répliqua Potter au bord de la panique.

-ARRETER DE M'ENERVER ?? » Hurla Draco ivre de rage; « Mais tu te rends pas compte de ce que t'as fait, pauvre con ? Maintenant toi et moi on est liés ! T'entends ça ? On est LIES !! »

Draco martelait à présent sa poitrine de son poing son visage livide de colère à quelques centimètres du sien. Rien n'aurait pu laisser dire qu'il venait d'être pratiquement vidé de son sang par un vampire.

-Mais ça me... ça me fait MAL !! » Hurla le Survivant qui n'avait aucune idée du comportement à adopter.

-Alors crève ! » Rétorqua sèchement le blond, conscient que cela allait le faire souffrir encore davantage. « J'ai rien demandé, moi !! »

-Tu serais mort à l'heure qu'il est si j'avais rien fait !! » Repartit Potter qui semblait vraiment mal.

-La faute à qui ? » Cracha Draco.

Sa colère retomba peu à peu, tandis que le silence s'installait, le laissant à toutes ses angoisses. Jamais il ne pourrait s'y faire. Ce n'était pas parce qu'il avait désormais besoin de la proximité du vampire pour se sentir bien que cela allait changer quelque chose. Cette sorte de dépendance était sans nul doute liée au fait que Potter venait tout juste de faire de lui son (calice)... -bordel, bordel ! - son calice.

Il recula un peu, sans trop s'éloigner du vampire, peu désireux d'expérimenter à nouveau la douleur de la séparation. Plongé dans ses sombres pensées, il ne vit presque pas le temps passer et finalement la fatigue revenue à la charge eut raison de lui.


C'est le bruit tonitruant d'un immense fracas qui réveilla en même temps le vampire et le calice. Le bruit de quelque chose de très lourd qu'on déplace et qu'on fait retomber au sol. Ou peut-être le bruit d'un bâtiment qui s'écroule.

A vrai dire ils n'en savaient rien, pour la simple et bonne raison qu'ils étaient -comme à l'ordinaire- coupé du monde dans ce stupide cachot.

D'autres bruits éclataient et Harry se demanda un instant si ce n'était pas la révolution en haut. Il sentit Draco bouger non loin de lui.

-Tu vois quelque chose ? » Fit le blond qui sembla durant une seconde avoir oublié sa haine.

-Non. »

Malgré sa vue à l'excellence vampirique, il ne distinguait pas même l'esquisse d'une forme. De toute façon la porte n'avait pas dû être ouverte, sinon le bruit strident qu'elle émettait en s'ouvrant les aurait réveillés avant.

Une minute de silence entrecoupée des bruits et cris d'en haut passa, puis la porte grinça finalement, dans un silence lugubre au cours duquel les deux adolescents retinrent leur souffle. Cette fois-ci ce ne fut pas l'odeur habituelle de Queudver qu'Harry perçut mais quelque chose d'inattendu qui lui fit se hérisser les poils le long de la colonne vertébrale.

Draco sentit aussitôt la tension de son compagnon de cellule. (Et aussi il la ressentit dans sa poitrine à travers cet horrible lien mais ça il était plus que décidé à l'ignorer).

-Qu'est-ce qui se passe ? » Souffla t-il dans la pénombre.

Harry n'aurait pu l'expliquer. Cette odeur était impossible à décrire avec précision, mais s'il avait dû trouver les adjectifs pour la décrire, ils auraient été : sauvage et canin. Très canin.

Un loup était entré dans les cachots. Sûrement pas un loup véritable : à vrai dire Harry ne pouvait pas encore distinguer l'être qui venait de pénétrer dans l'endroit. Mais en tout cas c'était quelque chose qui lui fichait une frousse aussi inexplicable que l'était son désormais besoin de protection envers Draco -Draco qui venait d'ailleurs de se hisser debout tant bien que mal à ses côtés.

-Harry ? » Fit la voix de l'intrus.

-Remus ! » S'exclama Harry qui put distinguer enfin les traits de l'homme qui s'était avancé.

Un immense soulagement l'étreignit. Il ne s'agissait que de Remus.

Pourquoi cette sensation de menace ne le quittait donc pas ? C'était une impression déstabilisante que celle de se sentir en danger face à un homme dont il était certain plus que tout de la sincérité.

Harry distingua de sa vue perçante Remus lever sa baguette face aux barreaux de la porte. Harry vit les traits de l'ancien professeur de défense contre les forces du mal se plisser et ses yeux scruter un instant le système de serrure de leur porte. Un éclair doré jaillit soudain de l'extrémité de sa baguette et la porte s'ouvrit dans un déclic sonore.

-Il y a quelqu'un avec toi, non ? » Fit Lupin à mi-voix, alors que là-haut les bruits diminuaient en volume.

Lupin aussi, conditionné par la nature de sa race, possédait un odorat hors-norme. Cependant, la pleine lune était encore loin et ses sens n'étaient pas assez exacerbés pour qu'il puisse déterminer de qui il s'agissait. Une autre odeur éveillait curieusement ses sens. Son instinct de prédateur sentait quelque chose d'inhabituel. Pourtant, il était incapable de mettre le doigt sur la nature exacte de cette odeur.

-Oui. Malefoy. »

-Malefoy ? » Répéta Remus avec un étonnement non feint.

Harry comprit qu'il se méprenait.

-Draco Malefoy. Le fils. »

Remus hocha la tête, comprenant enfin, et ouvrit plus grand la porte. Il paraissait anxieux et pressé, et leur fit signe de se hâter de sortir. Harry hésita un instant. Il avait l'impression que s'il s'approchait trop près de lui, inexorablement, un malheur en résulterait.

-Harry ? » Fit Remus sans comprendre l'hésitation de son neveu.

Draco quant à lui, incrédule face à l'opportunité, ne se posa pas tant de questions et sortit immédiatement, ce qui suffit au vampire pour le suivre. Le besoin de le protéger supplantait sa peur -peur qui était idiote, tentait de se convaincre rationnellement Harry. Agacé par sa propre attitude où il ne parvenait même plus à se reconnaître lui-même, Harry sortit enfin de la cellule.Après tout ils n'allaient pas rester indéfiniment là.

Ils sortirent rapidement du cachot et remontèrent en courant les escaliers de pierre, gravissant les marches quatre à quatre. Arrivés dans le salon, Harry reconnut Maugrey aux prises avec un mangemort et constata que la plupart des sbires du Seigneur des Ténèbres semblaient soit effondrés au sol, soit maîtrisés par un sort.

Il se demanda fugitivement où pouvait bien se trouver Voldemort, avant de jeter un coup d'œil à Malefoy. Il allait bien. Ce simple fait lui semblait être l'essentiel.

Il aperçut du coin de l'œil Arthur Weasley et Kingsley. Il y avait d'autres sorciers qu'Harry ne connaissait pas également. L'heure n'était visiblement pas aux retrouvailles car Maugrey leur hurla de sortir immédiatement et de transplaner sur le champ. Il avait l'air si autoritaire que l'idée de le contredire n'effleura même pas Harry.

Lupin s'empressa de suivre la directive et, les poussant d'un geste souple et puissant, il les amena vers l'extérieur. A peine eurent-ils atteint la zone vierge de sorts anti-transplanage que Lupin les saisit tout les deux par l'épaule (Harry fut à deux doigts de retirer sa main -il était tendu à l'extrême). La sensation d'être aspiré les emporta et Harry réprima une grimace. Il détestait vraiment le transplanage.

Ils réapparurent devant une veille masure insalubre et Lupin les y poussa sans un mot.

-Harry, tu vas bien ? » Demanda t-il une fois qu'ils eurent pénétré à l'intérieur.

Lupin prit son visage à deux mains et Harry ne put empêcher ses muscles de se tendre d'avantage sous le regard vif du loup-garou. Il lui semblait que l'air était saturé par l'odeur du loup.

Il aurait pourtant tellement voulu prendre son parrain d'adoption dans ses bras, cependant une pulsion plus vieille que le monde l'en empêchait strictement. C'était très désagréable et Harry avait plus que jamais l'impression de ne plus être vraiment lui-même.

-Qu'est ce qui se passe ? » Demanda Lupin d'un ton blessé.

-Je... » Commença Harry sans savoir comment dire à son parrain d'adoption qu'il était désolé mais qu'il ne pouvait s'empêcher d'avoir peur de lui. Car oui c'était bel et bien de la peur qu'il ressentait.

Une voix sardonique trancha :

-Votre petit sacro-saint Sauveur est devenu un putain de vampire, voilà ce qui se passe ! » Siffla Draco dont Lupin semblait avoir complètement oublié la présence.

Lupin parut momentanément incapable de prononcer la moindre syllabe et son regard resta figé sur le blond. Le silence pesant qui s'était installé fut rompu par un craquement sonore. Maugrey venait de transplaner devant la maison mais Lupin n'y jeta pas même un coup d'œil.

-Harry est quoi ? »

Il détourna son regard du blond et le posa sur son filleul, s'attendant, espérant même qu'il démente aussitôt l'information. Mais ce ne fut pas le cas. En fait ledit filleul avait les traits décomposés et la mine coupable. Lupin cilla, blanc comme un linge.

Pardonnez-moi, James, Sirius. Je n'ai pas su prendre soin de lui.

Il se sentit tout à coup misérable et son échec le frappa de plein fouet. Son filleul avait été transformé en créature des ténèbres, tout comme lui, et lui qui s'était promis après la mort de Sirius de protéger Harry de toutes ses forces avait lamentablement échoué.

Harry détourna douloureusement le regard. Il s'était certes attendu à la déception de Remus mais cela n'atténuait en rien la douleur qui le rongeait dans la poitrine.


À suivre...