Auteur: Elbée
Beta-lectrice: Tibre
Rating: M
Warning: Relation entre deux hommes (slash): malades du genre s'abstenir ^^. Lemon à venir.
Couple: HarryxDraco
(L'histoire se passe après le 6ème tome, Harry et Draco ont donc 17 ans. Tout les éléments du roman ne sont pas pris en compte cependant, et certains faits modifiés)
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Toujours plus tard que je ne l'aurais voulu... Mais bon finalement le voilà ce cinquième chapitre. Je n'arrive pas à m'en satisfaire totalement mais bon...En espèrant que vous apprécierez tout de même ;)
Comme d'habitude, j'espere qvoir répondu à tout le monde, mais si je vous ai oublié faites moi signe ! ^^' (et reviewer anonymes: pensez à laisser votre adresse si vous pouvez ;)
RAR anonymes:
Aurore: Merci beaucoup ^^ Ca fait plaisir de voir que tu apprécies! J'espère que tu aimeras autant la suite ;) Bizx a+
Paprika Star : hihi oui c'est vrai que l'un dans l'autre ils sont assez ignorants sur eux-même ;) et oui, tu verras, il se découvriront au fur et à mesure de l'histoire :) En tout cas merci pour la review, c'est sympa ^^ Bizx a+
Egwene: LOL merci beaucoup :) Ca me fait toujours plaisir de voir que cette petite fic est appréciée des lecteurs ^^ Bon c'est vrai que je n'ai pas été très rapide à poster ce cinquième chapitre, -.- mais bon, j'espère qu'il te plaira :) Bizx ++
loulou: ^^ c'est sur que c'est pas facile pour notre petit Ryry lol. Merci de lire aussi fidèlement, ça me fait très plaisir :) J'espère que le suite te plairas autant ;) Bizx a+
Cerise: Merciiiii c'est très sympa de le dire :) Même si tu étais en retard, ces quelques lignes m'ont fait très plaisir (pas besoin d'un roman pour dire tout simplement que l'on apprécie Lol) ! Voici donc la suite en espérant qu'elle te plaise ;) Bizx ++
sacha: Cool tant mieux, ça me fait plaisir :) Ca me fait toujours chaud au coeur de voir que cette fic est appréciée ainsi :) A bientôt j'espère, bizx ++
muze: Wow. Wow. Quand j'ai lu ta review, la première chose qui m'est venue à l'esprit c'est : « hum, elle a surement dû se tromper d'auteur et d'histoire » Ce qui doit probablement être le cas non ? Etant donné que je n'écris pas depuis 6 ans (j'utilise ce compte-ci depuis 6 mois et j'en ai utilisé un autre pendant environ 2 ans et demi, donc...). Bref, tu as surement dû te tromper Lol, mais quoi qu'il en soit, je n'ai absolument pas pensé « c'est quoi cette abrutie » Lol. Parce que je pense qu'apprécier les fanfics d'un auteur n'est absolument pas idiot, et je sais que moi-même je me trouverais très malheureuse si certains auteurs venaient à s'arrêter d'écrire. Dans tout les cas je réponds quand même à ta question: non rien n'est arrivé dans ma famille (je touche du bois ^^)... Disons que ce n'est même pas une panne d'inspiration mais plutôt de motivation Lol. J'ai vraiment beaucoup de travail cette année hélas... Bref, en tout cas gros bizx et a+ :)
Crépuscule
Chapitre 5
S'il avait était atteint d'une maladie grave et incurable, ça n'aurait pas été si différent, songea Harry. En tout cas l'expression de chacun laissait penser en ce sens : la mine désolée et la figure triste, chaque fois que quelqu'un croisait son regard, il lui semblait qu'on lui présentait des condoléances.
Ron regardait à présent Malefoy avec une sorte de curiosité mi-dégoûtée mi-haineuse. C'est ce regard qui redonna un coup de fouet à Harry. C'était insupportable. S'il restait ici une seule seconde de plus, il allait finir par étouffer sous le poids de l'atmosphère, tendue à son comble. Malefoy lui, semblait avoir momentanément oublié de respirer et paraissait littéralement pétrifié sur place, se gardant bien d'esquisser le moindre geste.
Harry croisa un instant le regard de Lupin, l'air désespéré, ce qui suffit à l'homme pour prendre une initiative.
-Je pense qu'il serait préférable qu'Harry et Draco montent, à présent. Un peu de repos ne serait pas de trop après tous ces événements. »
Harry bénit muettement son parrain de toute sa gratitude. Oui, il ne désirait plus qu'une chose, c'était partir de ce salon, loin, très loin ; de l'air à la fois curieux et embêté d'Hermione et de Mme Weasley qui elle était repartie en sanglots incontrôlables, cette fois-ci de désespoir et non plus de soulagement.
Car Harry n'aurait pas pu consoler la mère des Weasley. Il en aurait été incapable, et ce simple fait lui brisait le cœur. Après tout, qui aurait voulu même rester tout simplement en sa proximité ? Il se sentait répugnant et ne voulait en rien imposer sa compagnie aux autres. Même à Malefoy il aurait bien épargné cette peine s'il avait pu lui faire cette grâce.
Malheureusement, comme le songeait en cet instant précis le blond, Harry et Draco étaient dans l'incapacité totale de se séparer. Sans savoir comment exactement, chacun d'eux savait qu'une séparation aurait provoqué une grande douleur pour chacun d'eux à nouveau. C'était instinctif, et imaginer la séparation suffisait à leur envoyer des frissons le long du dos.
Remus semblait être le seul à s'être totalement remis de la torpeur qu'avait engendrée la révélation d'Harry. Même Maugrey qui était pourtant déjà au courant faisait une tête d'enterrement sans bouger. L'ancien maraudeur les amena au premier étage.
Harry le suivait et malgré lui, il ne pouvait s'empêcher de mettre une légère distance de précaution entre lui et le loup-garou. Pourquoi craignait-il la proximité de l'homme ? Il n'aurait su l'expliquer, c'était plus fort que lui.
S'il s'en aperçut, Remus ne fit cependant pas le moindre commentaire à ce sujet. Il les amena devant la porte d'une chambre dans laquelle Harry n'était jamais entré. Remus ouvrit la porte dans un léger grincement et l'encadrement leur révéla une petite chambre meublée en tout et pour tout de deux lits, une chaise, une vielle commode surmontée d'un miroir craquelé d'une fissure sinistre, et d'un vieux coucou accroché au mur.
C'était certes sommaire et même un peu lugubre mais Harry voulait avant tout être au calme. Comme si ces journées de réclusion au cachot ne lui avaient pas suffi, il voulait être seul. Hormis Draco, évidemment. Bizarrement, le fait qu'il incluait son calice dans cette idée de solitude ne l'effleura même pas par son étrangeté.
-Il était prévu que tu dormes dans la même chambre que Ron, Harry. » Fit Remus d'une voix fatiguée empreinte d'une douceur lasse. « Mais compte tenu des événements je pense qu'il est préférable que Draco et toi partagiez une même chambre... »
Harry passa sur le fait qu'il était également possible que Ron n'ait pas non plus envie de cohabiter avec un suceur de sang et ce particulièrement lorsqu'il était endormi et vulnérable face à la folie sanguinaire de la bête.
Il allait remercier Remus quand la voix de son calice le coupa:
-Dès que nous sommes en état de nous séparer, je pars d'ici. » Annonça le blond avec un air de défi dans toute sa posture.
Il paraissait fatigué, harassé même, néanmoins Harry ne pouvait s'empêcher de penser qu'on ne pouvait contester le fait qu'il possédait une certaine classe. Le même genre de grâce qui accompagnait généralement son père: froide, élégante et emplie d'une noblesse indéniable. Un Malefoy, après tout.
C'était assez étrange d'arriver aussi facilement à trouver de nombreux adjectifs non péjoratifs au blond, songea Harry. Comme si auparavant il n'avait jamais vu la finesse des traits du garçon, la pureté de sa blondeur, à présent la vérité apparaissait toute nue sous ses yeux éveillés.
Harry n'était cependant pas dupe et savait consciemment que c'était le nouveau lien calice-vampire qui l'incitait à penser en ce sens, et pourtant malgré le fait qu'il sache pertinemment cela, il ne pouvait faire autrement que d'approuver ces pensées. Le simple fait que Draco soit son calice justifiait tout et le rendait parfait dans ce rôle.
Même les regards de haine que le blond lui lançait, même les mots durs qu'il employait à son égard, même ses intentions de partir dès que possible n'auraient pu le résigner à repousser Malefoy. C'était tout simplement inconcevable. Il était complètement dépendant de Malefoy, réalisa t-il.
Et le pire était que son être ne parvenait pas à s'en révolter. Il aurait dû pourtant s'insurger de ce simple fait en temps normal. Et le problème était bien là: sa perception du normal était considérablement biaisée désormais. Cependant, on n'effaçait pas dix ans de haine réciproque aussi simplement et Harry ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel, excédé, devant la remarque totalement stupide du blond.
Lupin avait répondu quelque chose à Draco mais Harry n'aurait su dire quoi, trop plongé dans ses pensées. Il sut néanmoins que c'était une réplique qui n'avait pas dû plaire à son calice, à en croire la frustration et l'indignation qui se propagèrent en écho dans sa propre poitrine.
La porte se referma doucement et le blond avec un soupir énervé s'assit sur le lit près de la fenêtre, l'air plus en rogne que jamais. Harry de son côté se laissa tomber sur le lit restant et soupira imperceptiblement.
Draco leva les yeux au ciel et maudit tous les dieux qu'il connaissait, les uns après les autres. Salazar, il n'y avait pire situation que la sienne.
Il était coincé avec un vampire. Et le pire était que même s'il s'entêtait farouchement quant à sa décision de partir dès que possible, quelque chose au fond de lui lui disait que c'était totalement impossible. Inimaginable.
Exactement le même quelque-chose au creux du ventre qui le soulageait quand Potter croisait son regard, ou quand Potter se rapprochait de lui. Le même quelque-chose qui lui avait conseillé de se laisser aller dans les bras de Potter la première fois qu'il avait repris conscience en tant que calice.
Il eut soudain envie de crier. Crier fort, très fort, comme un malade. Hurler parce qu'il détestait le fait d'avoir constamment l'impression qu'une force hors de son contrôle dirigeait ses pensées et ses sentiments. Crier parce qu'il détestait aussi le fait de savoir que ce même quelque-chose continuerait de le pousser dans ce sens et finirait par avoir raison de lui, finirait par lui faire apprécier Potter. Et aussi crier parce que tout ça lui donnait l'impression que sa tête allait exploser.
Il baissa les yeux et son regard se posa sur le Gryffondor qui avait clos les paupières. Que Potter ne s'énervât même pas contre lui le contrariait. Profondément. Normalement, Potter se serait déjà emporté au moins cinq ou six fois contre lui mais là, rien. Il se contentait de garder le silence, malgré la douleur que les mots de Draco lui infligeaient.
Car Draco savait qu'il lui faisait mal. Il savait ce que ressentait le vampire. C'était étrange et en même temps une partie de lui trouvait ça naturel, évident. Et ça le contrariait parce qu'il savait qu'il n'aurait pas dû trouver ça naturel. Beaucoup de choses le contrariaient en ce moment à vrai dire.
Bref, n'empêche qu'il lui faisait du mal et que Potter ne disait rien. Et que ce fait en soit était extrêmement déroutant.
Était-ce parce qu'il se sentait coupable d'avoir fait de lui ce qu'il était devenu ? Sans doute. Et c'était logique. La faute entière revenait à Potter.
Une petite voix emprunte du ton désagréable de la vérité lui fit remarquer que ça n'était pas tout à fait exact, mais le blond préféra l'ignorer superbement.
Inopinément, une étrange vague de douceur le balaya. Il leva les yeux, étonné, et son regard croisa immédiatement son vis-à-vis émeraude.
-Qu'est-ce qu... »
Le brun soutint son regard sans ciller et une nouvelle vague réconfortante traversa Draco. Il devina aussitôt que c'était l'autre qui en était responsable et pour la première fois il ne protesta pas, parce que ça lui faisait trop de bien d'avoir l'impression que ses problèmes étaient renversés aussi simplement qu'une feuille l'était par un coup vent.
C'était agréable, et depuis le temps que Draco n'avait pas ressentit quelque chose d'agréable, il n'allait pas l'arrêter.
-Comment tu fais ça ? » Fit Draco se sentant étrangement calme.
-Je sais pas trop... » Répliqua Harry d'une voix assez fatiguée. « Mais tu m'épuises à force de broyer du noir... »
Draco dirigea son regard gris vers la fenêtre. Il avait oublié que s'il ressentait Potter, Potter lui, le ressentait aussi. Sa gorge se noua alors qu'il pensait que jamais il n'aurait de femme, jamais il n'aurait d'enfants. C'était peut-être idiot, mais oui : Draco Malefoy avait prévu un jour de fonder une famille. Lorsqu'il se serait sorti du pétrin dans lequel il était, bien sûr, et qui avait pour nom: Lord Voldemort.
Quelques minutes passèrent en silence. Ni l'un ni l'autre n'avait envie de parler. Harry aurait eu des choses à dire, seulement il n'aurait su comment s'exprimer. Quant à Draco, il se sentait dépassé à vingt mille années lumières par les événements. Tout allait beaucoup trop vite.
Harry entendit alors un bruit léger. Des pas dans le couloir. La personne ne devait pas être très lourde et la démarche était assez souple. Une femme probablement. Mme Weasley ou Hermione peut-être ?
Draco n'avait pas bronché et Harry devina qu'il n'avait rien entendu.
Deux ou trois coups furent frappés et ce fut Harry qui répondit:
-Entrez... ».
Mme Weasley ouvrit la porte. Elle paraissait avoir pleuré, ses yeux étaient rouges et son teint blanc, et le brun ne put s'empêcher de sentir son cœur se serrer douloureusement, sachant qu'il était sans aucun doute à l'origine de ces pleurs. Draco quant à lui n'avait pas bougé d'un pouce et se contentait d'afficher une expression totalement neutre, voir même quasiment désintéressée.
-Re... Remus m'a dit que vous ne vous entendiez pas très bien, et... » Elle fit une courte pause, semblant ne pas savoir comment exposer sa proposition « J'ai nettoyé la chambre d'à côté, au cas où vous voudriez davantage d'intimité. »
Un sanglot passa sa gorge et des larmes se formèrent dans ses yeux. Draco leva les yeux au ciel, comme excédé du comportement de la femme qui se tourna vers le vampire.
-Harry... » Fit-elle d'une voix cassée.
Puis, comme si la vision du brun était trop dure à admettre pour elle, elle se détourna rapidement et partit avec précipitation. Harry entendit le bruit de ses pas pressés dans le couloir puis lorsqu'elle descendit l'escalier.
-Eh bien je crois que c'est justement ce qu'il fallait ! » Fit Malefoy d'une voix faussement ragaillardie.
Harry leva les yeux vers lui. Ce qu'il pouvait être têtu, c'était incroyable. Têtu et stupide. Incroyablement stupide. Malefoy se leva et sortit d'un pas plus léger hors de la chambre. Alors qu'il avait franchi l'encadrement, Harry sentit la vive douleur de son calice transpercer leur lien. Mais quel crétin...
Tant pis pour lui, s'il voulait tant prendre ses distances, qu'il les prenne. Harry était plus que certain qu'il finirait par lui revenir : déjà il sentait la douleur due à la séparation s'accroître chez le blond. Il pouvait lui-même ressentir une certaine gêne, mais c'était davantage lié au fait qu'il éprouvait le besoin d'éviter la douleur à son calice, notamment celle dont lui-même était à l'origine.
Néanmoins il savait que Malefoy ne voudrait rien entendre, car il semblait que chez lui, la fierté criait plus fort que la raison, c'était donc sans espoir. Il nota distraitement qu'il avait déjà à nouveau soif, et il se demanda comment Malefoy allait réagir lorsqu'il lui demanderait...
Une sonnette d'alarme retentit dans sa tête face à une question dont il ne s'était pas encore véritablement préoccupé : est-ce que Malefoy avait songé à le priver de sang ?
Harry déglutit difficilement. C'était assez probable, vu son entêtement à rejeter le fait qu'ils étaient désormais unis dans le lien vampire-calice.
Il sentit le degré de douleur de son calice baisser de quelques crans. Draco avait dû s'approcher du mur et ainsi être plus proche. Harry ne put réprimer un rictus. A coup sûr il regrettait déjà.
Malefoy ne sembla plus trop bouger de l'autre côté et Harry n'en fit pas plus. Ne rien faire lui donnait la sensation d'être hors du temps, au dessus de sa vie et de ses problèmes tous plus insolubles les uns que les autres.
Il n'aurait su dire combien de temps s'était écoulé lorsqu'il rouvrit les yeux. En tout cas dehors la nuit était tombée et un faible rayon de lune éclairait la pièce. C'était assez à Harry qui parvenait grâce à la faible lumière à distinguer les choses aussi nettement que s'il s'était trouvé en plein jour.
Cette constatation n'apportait cependant aucune sorte de consolation, car en vérité il aurait préférer ne rien voir du tout comme l'aurait fait quelqu'un de normal, et s'apercevoir que tout ceci n'était qu'un rêve: qu'il était une personne bien vivante et non la chose peu enviable qu'il était devenu. Un rêve sans espoir.
Il allait se lever quand, pour la seconde fois depuis qu'il était arrivé à Square Grimmaurd, on toqua à sa porte. On n'attendit cette fois-ci pas sa réponse car la porte s'ouvrit et Harry vit Ron et Hermione sur le pas.
-Harry, ça va ? »
Hermione paraissait terriblement inquiète et sa voix tremblait. Ron ne paraissait pas plus sûr de lui et semblait sincèrement désolé par la tournure des événements. Les deux adolescents pénétrèrent dans la chambre obscure et Ron alluma la lumière tandis qu'Hermione s'était avancée vers lui, l'œil brillant d'appréhension.
-Ma mère m'a, heu... M'a envoyé pour dire que le repas était prêt, mais enfin bon... je suppose que...Hum... bref... »
Ron se maudit d'avoir toujours été aussi maladroit avec les mots. Même lorsqu'il s'agissait de s'exprimer face à son meilleur ami, il avait des difficultés à trouver les mots justes. Harry parut néanmoins comprendre sa maladresse et lui grimaça un faible sourire.
-Harry est-ce que tu vas bien ? » Fit Hermione d'une voix compatissante en lui prenant le poignet, et Harry la sentit frissonner -il devait être glacé. « Qu'est-ce qui c'est passé dans le manoir de Voldemort ? »
Harry prit une pause. Il avait certainement besoin d'en parler à quelqu'un. A eux. Mais c'était comme si les mots s'emmêlaient, incapables de sortir. Il s'éclaircit la gorge.
-Je... Quand je suis arrivé... Je me rappelais seulement de m'être fait mordre. Par un vampire. Et puis... » Dit-il à mi-voix, le regard perdu derrière le mur « Malefoy était là. Il a dit que Voldemort l'avait mis là à cause de son père. J'étais... J'étais sûr que les membres de l'ordre finiraient par venir me chercher... -si on ne me tuait pas avant, mais au bout d'un moment j'ai... J'ai commencé à... »
Il se tut, incapable de prononcer les mots : 'avoir envie de boire du sang'. C'était vraiment beaucoup trop cru, trop bestial, et surtout bien trop vrai.
Ron et Hermione ne comprendraient évidemment pas. Ils ne pouvaient pas comprendre. Aucun être humain n'était capable de comprendre le besoin de sentir le goût du sang dans sa gorge qui s'était fait alors plus pressant que le plus réussi des Imperium.
Cette même envie de liquide vital qu'il ressentait en ce moment même, ce besoin qui ferait passer ses yeux de vert à rouge. Cette nécessité qui parvenait à le rendre plus animal qu'humain. Ce manque qu'il haïssait, et qu'il chérissait tout autant.
Hermione parut cependant saisir aussitôt car elle se mordit la lèvre inférieure et jeta un regard déchirant à Harry. Ron, lui, avait détourné le regard, semblant cette fois-ci réaliser du premier coup ce que son meilleur ami voulait dire.
-Mais, Malefoy ? » Murmura Ron à voix basse. « Pourquoi ton calice ? Je veux dire, le fait que tu sois devenu... enfin que tu sois devenu ce que tu es, ce n'est pas ta faute, mais pourquoi est-ce que tu as fait de Malefoy ton calice ? Pourquoi lui ? »
Harry regarda Ron dans les yeux et s'aperçut qu'il était à mille lieux de se douter à quel point l'appel du sang était plus fort que tout. Son urgence était sans doute comparable à un homme tête sous l'eau dont les poumons hurlaient pour l'air.
L'organisme d'Harry hurlait pour du sang, mais ça, comme le comprit Harry, Ron ne semblait pas le réaliser.
-Je n'avais pas vraiment le choix. » Finit tout de même par lâcher Harry. « Il serait mort sinon, son organisme n'aurait pas survécu aux assauts répétés de prises de sang que je lui faisais subir. »
Ça y était, le mot fatidique de 'sang' avait été lâché.
-Et, hum. Tu... Tu crois que ça ira ? » Murmura Hermione, sans trop savoir si sa question était déplacée.
Harry ne s'en formalisa pas outre mesure. A dire vrai il était soulagé de constater que Ron et Hermione ne le repoussaient pas du tout, malgré la chose qu'il était devenu, et il consentit à répondre :
-Je n'en sais rien. Je sais que ça paraît étrange, mais... je n'arrive plus à voir Malefoy comme avant maintenant... C'est comme si quelque chose... Comme si quelque chose m'y obligeait, je suis incapable de lutter contre ça... » Fit-il en buttant sur les mots, incapable d'énoncer ses sentiments mitigés avec la justesse dont il aurait voulu faire preuve. « Mais lui, il me hait toujours autant et… Quand il me déteste comme ça, ça... »
Sa voix mourut sur les derniers mots, mais ce fut Hermione qui l'aida à achever sa pensée:
-Ça te fait mal ? »
Harry la fixa dans les yeux, une lueur d'interrogation muette dans le regard.
-Tu sais Harry, l'année dernière, nous avions à étudier les vampires, et si tu avais lu le chapitre, tu saurais que ce que tu ressens est parfaitement normal. » Fit la brune en reprenant une voix plus sûre d'elle maintenant qu'elle s'avançait dans un terrain connu. « Enfin, par normal, je veux dire le fait que tu aies envie de te rapprocher de lui et tout ça, bien sûr. »
Harry vit distinctement Ron lever les yeux au ciel et fut amusé durant une seconde, avant qu'il ne se rappelle que la situation n'était pas si franchement amusante. Mais tout même, ça lui faisait chaud au cœur de voir que même si lui avait changé, ses deux amis eux étaient toujours les mêmes: inquiets et solidaires.
-Bon, si on descendait manger ? Je crois que ça sera froid sinon. » Fit Ron.
Il se tourna à nouveau vers Harry et parut embarrassé un instant avant de poursuivre :
-Est-ce que tu vas aller prévenir Malefoy ? Descend aussi, bien sûr, même si bon... Tu n'as plus vraiment besoin de... enfin bref... »
Harry hocha la tête affirmativement avant de se lever. Il fallait que Malefoy mange, après tout il pouvait dire que le blond était affamé à travers leur lien, et même s'il allait probablement refuser de se joindre aux autres qu'il jugerait de toute évidence 'indignes de sa personne', il allait le forcer coûte que coûte.
-Je vais prévenir Malefoy, partez devant je vous rejoins. »
Ron et Hermione lui sourirent timidement et Harry se permit un sourire sincère, quoique faible en retour. Il ne fallait pas qu'ils soient inquiets de ses réactions, mais après tout il ne pouvait pas leur en vouloir... Il était vrai que ces derniers temps il s'était montré plutôt de nature emportée et de caractère changeant.
-Dépêchez-vous, alors ! » Fit Hermione avant de suivre Ron et de descendre dans la salle à manger.
Harry lui s'avança dans le couloir et toqua à la porte de son calice réfractaire.
À suivre...
