Auteur: Elbée

Beta-lectrice: Tibre

Rating: M

Warning: Relation entre deux hommes (slash): malades du genre s'abstenir ^^. Lemon à venir.

Couple: HarryxDraco

(L'histoire se passe après le 6ème tome, Harry et Draco ont donc 17 ans. Tout les éléments du roman ne sont pas pris en compte cependant, et certains faits modifiés)

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Voici enfin le septième chapitre =) Bonne lecture ^^

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Comme je l'ai dit la dernière fois, les réponses aux reviews anonymes seront maintenant postées dans le forum prévu pour. Pour y accéder: cliquez sur mon profil, plus sur le lien « my forum » ;)

Encore une fois : un très très gros merci pour toutes vos gentilles reviews :)


Crépuscule

Chapitre 7


Ce furent les hurlements de Mrs Black dans le couloir qui tirèrent avec difficulté le brun de son profond sommeil. Il bailla puis s'étira. De douloureuses crampes vrillaient son corps et il grimaça sous la douleur vive et inattendue éprouvée dès le réveil.

Encore somnolant, il se leva toutefois et remit ses vêtements de la veille, décidé à demander dès que possible à Ron de lui prêter des affaires, n'ayant rien à se mettre. Il se dirigeait vers la commode dans l'espoir d'y trouver un quelconque peigne, se doutant que ses cheveux devaient faire peur à voir comme chaque matin, quand son regard rencontra celui de son double dans le miroir. Merde.

Ses pupilles avaient viré au rouge. Un rouge sang. Le Harry inversé du miroir lui jeta un coup d'œil embarrassé. Il ne pouvait décemment pas descendre comme ça, n'est-ce pas ?

Harry se dirigea vers la fenêtre et tira le rideau. La lumière du soleil, vive et claire, le frappa de plein fouet, transperçant ses rétines comme le dard envenimé d'une guêpe. Harry ferma aussitôt les yeux et retira le rideau brusquement. Ses yeux étaient subitement devenus extrêmement sensibles à la lumière du jour.

Une douleur l'avait déchiré depuis son bras lorsqu'il avait tiré le rideau d'un geste brusque et il ne pouvait réprimer une grimace. Harry n'avait aucun doute sur la nature des crampes qui le transperçaient encore de toutes parts : la soif se faisait cruellement ressentir. Encore une fois, il aurait tout donné pour le sang que Draco s'évertuait à lui refuser.

Il jeta un coup d'œil au vieux coucou, tout à fait dans le style vieillot et poussiéreux de la maison et constata qu'il était déjà dix heures.

Harry se permit un nouveau coup d'œil dans le miroir. C'était une chance que personne ne l'ait réveillé.

Harry clôt les paupières, tentant désespérément de leur faire reprendre leur vert d'origine. Il soupira d'un air malheureux lorsqu'il les rouvrit : impossible d'ôter ce rouge répugnant.

Et puis... il avait si soif. S'il descendait ainsi, en plus de flanquer la trouille à chacun, il ne serait peut-être pas capable de se contrôler. Il y avait trop d'êtres humains, trop de sang, trop de tentation.

Et Malefoy qui ne comprenait rien à rien. Comme si sa soif de sang était quelque chose de contrôlable. Le brun mordit avec force l'intérieur de sa joue, sans lâcher du regard ce Harry aux yeux rouges, ce Harry bestial qui n'était pas lui et dont la vue l'emplissait d'une violente haine à son égard.

Un monstre.

Inutile de se voiler la face davantage, il n'avait désormais plus rien d'humain, malgré le fait qu'il essayât de se convaincre du contraire. S'il l'était, il ne sentirait pas cette excitation grandissante en pensant à la texture onctueuse du sang coulant dans sa gorge. Ce qui, d'ailleurs, était entrain de lui arriver en ce moment très précis.

Harry sentit ses dents devenir crocs aiguisés une fois de plus sous le simple fantasme et grimaça. Il était répugnant. Aucun mot ne s'accordait mieux avec sa nature.

Penser à quelque chose d'autre. Oui, il fallait qu'il pense à quelque chose d'autre. Sans réfléchir, Harry ouvrit la bouche et passa légèrement son index sur sa canine gauche, intrigué. Celle-ci devait à présent être de l'ordre du centimètre et demi. Harry eut un soudain haut-le-cœur et se détourna du miroir.

Il n'avait même pas entendu les bruits de pas dans le couloir, avant que l'on ne toque à sa porte. Harry resta muet, incapable de laisser entrer les visiteurs. Pas comme ça. Il ne voulait pas qu'on le voit comme ça.

-Harry ? »

La porte s'était ouverte avant même qu'il n'ait eu le temps de répondre. Il avait reconnu la voix de Lupin, douce et rassurante, mais même sans cela il aurait aussitôt deviné qui le visiteur était, la forte odeur canine se dégageant du loup-garou ayant frappé aussitôt son délicat odorat vampirique.

Au ton de sa voix, Harry soupçonnait que Lupin était là parce qu'inquiet de son état. Cependant il n'osait pas se retourner et faire face au loup. Il était rapidement parvenu à rendre à ses... ses crocs une taille plus normale, mais Harry était à peu près certain que ses yeux avaient toujours cette horrible teinte grenat. Harry ferma les yeux et soupira, tremblant légèrement malgré lui. Il voulait éviter à tout prix que les gens chers à son cœur le voient dans cet état mais, hélas, cela semblait inexorable ici.

-Harry quelque chose ne va pas ? » S'enquit Lupin tandis qu'il entrait dans la pièce, une pointe d'inquiétude transperçant sa voix.

Harry se résigna et, crispé il se tourna lentement vers le visiteur, tendu par la peur de ce qu'il lirait alors sur le visage de l'autre.

-Oh, Harry... » Souffla Lupin lorsqu'il croisa le regard vermeil et blessé de l'adolescent.

Lupin paraissait sincèrement inquiet et compatissant, et s'approcha du plus jeune pour le réconforter. Il s'arrêta à mi-chemin lorsqu'il se rendit compte que le vampire s'était encore tendu davantage à son approche, visiblement mal à l'aise.

-Harry... Est-ce que... est-ce que je te fais peur à ce point ? » Demanda Lupin d'une voix douce, mais où perçait indubitablement une pointe d'un certain chagrin mal dissimulé.

-Non ! » S'exclama aussitôt Harry, ne voulant pas que son parrain adoptif tire de mauvaises conclusions. « Je... C'est juste que... »

Il ne savait comment s'expliquer pour la simple et bonne raison qu'il ne savait pas ce qui lui arrivait au juste. Il alla d'une démarche vacillante jusqu'à son lit et se laissa tomber sur le matelas, la tête cachée dans les mains, son cerveau tentant désespérément de trouver les mots justes.

-Alors pourquoi est-ce que tu te tends ainsi à chaque fois que je m'approche, Harry ? » Murmura Lupin. « Je sais que les vampires et les loups-garous n'ont jamais fait bon ménage, mais je pensais que tu savais que jamais je ne te ferais le moindre... »

-Tu n'y es pour rien ! » Le coupa subitement Harry dont les yeux commençaient à piquer étrangement. « C'est juste qu'en ce moment, depuis que... Depuis que je suis un... un vampire... Je... Enfin je n'agis plus comme je.... »

Il bégayait, perdu, et Lupin luttait envers lui-même pour ne pas le prendre dans ses bras et le consoler comme l'adolescent déboussolé qu'il était. Car il savait que s'il le faisait, leurs natures respectives prendraient le dessus. Du moins, celle de Harry, sans aucun doute. L'adolescent venait à peine d'être transformé et était donc moins apte à contrôler ses pulsions et plus enclin à se laisser emporter par les nouveaux instincts qui coulaient dans son sang. En cette seconde, Remus se maudit plus que jamais d'être un loup-garou.

-Il y a des choses... » Reprit Harry d'une voix faible. « Que je fais, que je sens, et que je ne m'explique pas.... Comme cette soif de sang, ou ce besoin de... de protéger Malefoy... C'est pas moi, je le sais, Remus...mais... mais je ne peux rien y faire... »

Harry sentit une présence étrangère chaude et humide sur ses deux joues et, au bout d'une seconde, il comprit qu'il pleurait. Lupin s'était finalement rapproché de lui, semblant hésiter à le prendre ou non dans ses bras.

Les traits de Harry se crispèrent. Il n'allait pas laisser le vampire en lui l'obliger à se séparer de ceux qu'il aimait. Harry combattit la désagréable pulsion qui lui hurlait de s'enfuir à toutes jambes loin du loup et serra son parrain désespérément contre sa poitrine.

Il en avait marre. Marre, marre, marre. D'être ce qu'il était, d'avoir mal, d'avoir soif.

Marre.

-C'est notre lot commun à nous, créatures non-humaines... » Murmura Lupin à voix basse, tout en passant sa main dans les cheveux du vampire à présent secoué de sanglots. « Mais, Harry, ne te rejette pas. Crois-moi, accepte d'être ce que tu es. »

Harry releva les yeux et croisa le regard du loup-garou.

-Je te parle en connaissance de cause, Harry. » Reprit sombrement l'ancien professeur de Défense contre les forces du mal, son regard momentanément voilé.

Lupin ne dit plus rien, et Harry non plus. Ils restèrent ainsi durant un instant, silencieux.

-Draco Malefoy n'est pas venu déjeuner ce matin. » Reprit inopinément Lupin. « Tu devrais peut-être aller le voir. Et puis... le rouge ne te convient pas, parle-lui en. »

Harry cilla, presque honteux, se rappelant que son regard avait toujours cette couleur affreuse. Parce qu'il avait si soif de sang.

-Je lui ai promis de ne rien faire. » Expliqua Harry d'un ton égal. « Il ne veut pas que je... boive de son sang, et je ne le forcerai pas. Je ne suis pas devenu un monstre. »

Non, il ne le forcerait pas. Tant pis si le manque était douloureux, il était redevable au blond. Pour beaucoup. Pour avoir bu de son sang à plusieurs reprises, pour l'avoir lié à lui sans son consentement... S'il restait un minimum d'honneur à la bête qu'il était, il ne ferait rien qui aille à l'encontre de la volonté de son calice.

-Au fait, le professeur McGonagall a appris pour ce qui s'est passé... » L'informa l'homme. « Elle ne pourra malheureusement pas passer avant après-demain, elle est fortement occupée en ce moment. Elle a dit qu'elle passerait probablement vers neuf heures. »

Harry hocha la tête, sans ajouter un mot. La peur du vampire en lui pour le loup-garou avait finalement diminué en intensité et Harry en était heureux. Lupin était bien une des seules personne à pouvoir le comprendre réellement.

Lupin finit par le laisser seul et, lorsqu'il referma la porte, Harry se sentait mieux.

Son cœur se serra en repensant à ce que Lupin lui avait dit. Oui, il fallait qu'il aille voir Malefoy.

Il resta allongé sur son lit, pensif et morose, puis finit par se lever et sortit silencieusement de sa chambre, la porte se refermant sans un bruit derrière lui. Ses pas ne produisaient pas le moindre craquement sur le parquet terne. Il s'arrêta devant la porte de la chambre du blond et, alors qu'il allait toquer, sa main resta suspendue en l'air durant quelque secondes, comme figée.

Il inspira profondément, et frappa enfin à la porte. Comme il s'y était attendu, il n'obtint aucune réponse, ce qui ne l'empêcha cependant pas d'ouvrir la porte sans états d'âme.

Il vit tout de suite Malefoy qui était assis sur son lit défait, les jambes repliées sous lui, enfermé dans un mutisme parfait.

Malefoy leva le regard alors que le vampire entrait dans la pièce. Avant même que la porte ne s'ouvre, il avait senti qu'il s'agissait de lui. Cependant il ne lui avait pas répondu. Il ne voulait pas le voir. Ni maintenant, ni jamais.

Et encore moins à présent qu'il voyait ce regard rouge posé sur lui. Les yeux carmins le firent frissonner, et à nouveau il ressentit une étrange impression de paix se répandre dans son corps.

Draco jeta un regard de colère au vampire. Cette espèce de monstre essayait de l'ensorceler, mais il tiendrait bon. Plus jamais, jamais, il ne voulait ressentir délibérément cette douleur en lui quand les dents de la bête lui perçaient la gorge.

-Qu'est-ce que tu veux ? » Fit Malefoy d'une voix hostile.

Comme si ce n'était pas évident... criaient les yeux rouges du vampire. Harry lui avait fait une promesse et Malefoy était curieux de voir s'il allait être en mesure de la tenir.

-Je suis venu voir si tu allais bien. » Fit Harry d'une voix beaucoup plus conciliante. « Il paraît que tu n'es pas descendu, ce matin. »

-Tu sais bien que je ne peux pas, de toute manière. »

Harry avait oublié ce détail.

-Descendons maintenant dans ce cas. » Proposa Harry, un peu étonné que Draco ne lui lance pas davantage de pics comme à son habitude.

Malefoy lui jeta un regard suspicieux, comme surpris de constater que Harry tenait sa promesse et qu'il ne s'était toujours pas jeté sur lui.

Ils descendirent donc dans la cuisine qui était totalement déserte. Sur la table restaient des toasts froids, de la confiture, du porridge, du lait et nombre d'autres choses que Mme Weasley n'avait pas rangé.

La lumière dans la pièce était assez vive et Harry remarqua rapidement que se tenir trop près de la fenêtre lui provoquait un mal de crâne assez prononcé. Certes, nota t-il sarcastiquement, il ne tombait pas en cendre comme dans l'un de ces films stupides que Dudley adulait, mais en tout cas il préférait se tenir à l'écart de la fenêtre. Le soleil était fort en cette fin du mois d'Août.

Harry se demanda où ils avaient bien pu tous passer avant de se rappeler que Hermione lui avait dit la veille qu'ils projetaient de se rendre au chemin de Traverse. Il se sentait intimement soulagé. Il lui répugnait de montrer ses yeux rouges.

Pendant ce temps, Draco s'était mis à table. Il préférerait quand la pièce était déserte, sans tous ces idiots bruyants et gêneurs. Il avait vraiment faim, même s'il ne l'avouerait pas. Après tout, il avait été nourri au pain sec et à l'eau pendant trop longtemps, sans compter les assauts répétés du vampire sur son organisme.

Alors qu'il se coupait du pain, une brusque douleur le transperça au pouce. Il jeta un regard angoissé à son doigt qui pulsait et ses yeux tombèrent sur une perle vermeille qui glissait jusqu'à son poignet. Il porta son pouce à ses lèvres, pour arrêter le saignement et jeta un coup d'œil au vampire.

Celui-ci s'était littéralement figé et son regard rouge ne lâchait pas le pouce capturé entre les lèvres. Draco déglutit. C'était de sa faute, il était entrain de provoquer délibérément le vampire. Pas possible d'être aussi con !

Il retira le doigt blessé de sa bouche et demanda d'une voix mal à l'aise :

-Tu, hum... Tu ne saurais pas où il y a un pansement ou quelque chose… ? »

Harry continuait de fixer la plaie, là où du sang commençait de nouveau à perler. L'odeur avait empli toute la pièce et appelait Harry plus fortement que jamais.

-Si.... » Coassa Harry en se rapprochant du blond, la raison le quittant peu à peu.

Malefoy se trouvait dans l'incapacité totale de faire le moindre geste. La couleur rouge des yeux du vampire semblait encore s'être intensifiée sous la tentation, et Draco frissonna à nouveau, incapable d'esquisser le moindre geste.

Harry avait pris la main de Draco dans la sienne et il porta le pouce jusqu'à ses lèvres. Son regard ne lâcha pas celui de Draco alors que sa bouche enveloppait le doigt coupé. Harry ferma les yeux alors qu'une explosion de sensation l'enivrait au goût de cette simple goutte. Incroyable.

Il aurait pu faire n'importe quoi pour plus. Il n'avait qu'à descendre un peu sur la main et alors il arriverait au niveau du poignet, là où le sang pulsait abondamment dans l'artère. Là où ce qu'il désirait tant se trouvait à portée de dent... Si facile...

Mais il avait promis.

Il lâcha la main du blond, avant de regarder ailleurs précipitamment tandis que Draco ramenait sa main à lui, mi-effrayé mi-émerveillé. Son pouce était parfaitement lisse et guéri à présent et il avait encore la sensation de son doigt dans la bouche du vampire. C'était....

Draco fronça les sourcils et jeta un regard meurtrier au vampire qui ne le regardait pourtant pas, avant de se remettre à table, prenant cette fois-ci bien garde à se pas se couper.

Quel idiot.

Draco était à peu près certain que si Potter l'avait approché davantage et s'était rapproché de son cou... Il n'aurait pas eu la présence d'esprit de le repousser. Il avait remarqué rapidement que le regard carmin avait un effet hypnotisant sur lui. C'était très désagréable. Draco maudit mentalement tous les dieux qui s'acharnaient sur lui.

Et encore... Si le vampire était son seul problème... Mais il y avait aussi son père... Son père qui était toujours à Azkaban...

La main de Draco se serra sur sa tranche de pain. Le Seigneur des ténèbres devait être hors de lui à l'heure qu'il était. Si sa pauvre mère avait été encore en vie, nul doute que le seigneur sombre l'aurait faite tuer sur le champ pour payer les trahisons multiples de la famille Malefoy.

Draco serra encore davantage les dents en pensant à quel point il était devenu le honte de sa noble famille déchue. Qu'allait dire son père si un jour il le voyait à nouveau ? Lui, à la botte de Potter, devenu moins que rien, qui se transformait en une espèce de loque dès que ce crétin de balafré qui avait ruiné sa vie posait son regard sang sur lui et...

-Malefoy ? »

Draco tourna le regard vers l'autre. Un regard inquiet et interrogateur se lisait sans peine sur son visage et Draco se souvint que Potter devait probablement lire ses émotions comme un livre ouvert à cause du lien qu'ils partageaient.

Ce fait l'énerva davantage, et il n'attendit pas d'autre occasion pour rejeter sa colère sur le brun:

-Fiche-moi la paix ! Arrête de toujours faire comme si mon sort t'intéressait ! Lâche-moi un peu ! » S'écria t-il en massacrant le vampire du regard.

-Et toi arrête de gueuler à chaque fois que je te parle ! » Répliqua Harry sur le même ton. « Je sais que cette situation n'est pas plaisante, mais essaye de grandir un peu et de faire avec ! »

-Me dis pas ce que je dois faire, Potter ! » L'avertit Draco d'une voix cassante avant de se retourner à nouveau vers son bol.

Se battre verbalement avec Potter était étrangement soulageant. Certainement pas pour le brun qui lui semblait furieux, mais à lui, cela lui donnait l'impression que tout était à nouveau normal. Comme à Poudlard, du temps où Harry était bien vivant, où ils ne partageaient aucun lien quel qu'il soit, où son père n'était pas en prison, du temps où tout n'avait pas commencé à aller de travers...

Harry sentit l'humeur dépressive de son calice refaire surface et il s'en voulu un peu de lui avoir crié dessus de la sorte. Malefoy avait sans doute besoin d'un exutoire à son mal-être et Harry était tout disposé à l'être...

Mais il était si exécrable. C'était vraiment difficile pour Harry de garder la tête froide. Vraiment difficile, avec Malefoy qui semblait tout faire pour le pousser à bout. Alors qu'il serait si facile de s'approcher, de le bloquer et de plonger la tête dans son cou... Il ne pourrait rien faire... Avec la force héritée de sa transformation, Malefoy n'aurait pas l'ombre d'une chance face à lui...

Harry se surprit à nouveau à fixer obstinément la jugulaire tentante du garçon. Il soupira avant de regarder encore une fois dans une autre direction. Malefoy allait sûrement finir par comprendre. Après tout ça n'était peut-être pas si mal qu'il ne s'abreuve pas tout de suite à sa gorge, tenta de se convaincre Harry. Draco était encore affaibli par ce séjour dans le cachot de Voldemort. Lui n'avait pas eu tant que ça à souffrir puisque qu'il buvait régulièrement, tandis que Malefoy avait besoin de récupérer.

De nouveau, la sensation étrange de ressentir les émotions d'un autre individu l'assaillit de plein fouet. Des émotions ternes et dépressives, qui donnaient à Harry une drôle d'envie de pleurer. En extérieur, Draco semblait certes assez morose, mais rien n'aurait permis à Harry de deviner que des pensées si sombres le rongeaient à l'instant même. Draco était vraiment très doué pour caché ses sentiments, réalisa Harry.

Il ignorait bien-sûr totalement la teneur de ces pensées, mais il pouvait s'en douter, ce n'était pas très dur à deviner. Pour Harry, les choses étaient peut-être difficiles, n'assume pas d'être vampire qui veut. Mais il se doutait que pour Malefoy elles devaient l'être encore moins, pour lui qui se retrouvait subitement entouré de personnes qu'il détestait, et lié jusqu'à sa mort avec son pire ennemi.

Sur ce dernier point ils étaient certes ex-æquo, mais la soif de sang de Harry aidait considérablement à l'acceptation du lien.

Harry regarda à nouveau Draco qui venait de terminer de manger. La journée allait être longue, mais Harry tiendrait bon. Son regard contempla un instant le doux battement du sang de la jugulaire du blond.

Il tiendrait. N'est-ce pas ?


À suivre...