Auteur: Elbée
Beta-lectrice: Tibre
Rating: M
Warning: Relation entre deux hommes (slash): malades du genre s'abstenir ^^. Lemon à venir.
Couple: HarryxDraco
(L'histoire se passe après le 6ème tome, Harry et Draco ont donc 17 ans. Tout les éléments du roman ne sont pas pris en compte cependant, et certains faits modifiés)
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Ouf le huitième chapitre est enfin là (pas trop tôt je sais ^^' ). Je crois bien n'avoir encore jamais été aussi longue que ça (mais rassurez-vous je ne compte plus jamais l'être ;). Pour tout vous dire, ce contre-temps vient du fait que ma beta, Tibre, a été très occupée dernièrement (mais il ne faut pas lui en vouloir, elle qui d'habitude est si rapide :)
Donc voilà, je vous présente mes plus plates excuses. Je compte bien me rattraper en publiant le prochain chapitre d'ici une période de temps très raisonnable =) Merci à tous d'avoir été si patients :)
Ah oui et aussi (certains d'entre vous me l'avaient fait remarquer), j'ai enfin pu faire retourner le rating de cette fic en 'M'. Je ne sais pas pourquoi il s'obstinait toujours à redescendre Lol. Même si le 'M' n'est toujours pas justifié, on s'en rapproche à grand pas ;) -pas d'inquiétude à ce sujet XD-
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Je remercie très très très fort chacun de vous qui avait bien voulu me laisser une grande ou petite review :) Vos impressions et encouragements me motivent plus que jamais ^^
Crépuscule
Chapitre 8
Harry se réveilla, le corps brûlant et couvert de sueur, tremblant de tous ses membres. Oh. Mon. Dieu.
Il commençait à peine à comprendre que les images de passion torride qu'il venait de vivre n'avaient été qu'un rêve, quand il réalisa qu'il avait agrippé son malheureux oreiller de plume et qu'il y avait planté ses crocs qu'il sentait extraordinairement longs.
Oh. Putain.
Il dégagea sa tête de l'oreiller, laissant deux petits trous dans la taie, pourtant incapable de redonner une taille décente à ses canines qu'il sentait sur sa lèvre inférieure. La passion de son rêve l'habitait encore. Il pouvait encore sentir la sensation de la peau pâle et brûlante du cou offert et consentant de... Malefoy.
Oh. Putain.
Il venait d'avoir un rêve chaud, brûlant, avec Malefoy dans le rôle principal. Oh.
Le simple rappel des bribes de sensations dues à la fertilité de son esprit suffirent à attiser à nouveau une certaine partie de son anatomie inassouvie et Harry rougit malgré lui, ne pouvant s'empêcher de ressentir un certain malaise.
Il n'était pas attiré par les hommes, bordel ! Et quand bien même, il n'aimait pas Malefoy ! Il ne l'appréciait même pas !
Harry tremblait toujours. La logique de son raisonnement lui disait que ce genre de fantasmes était tout à fait immoral, malsain et répugnant. Son instinct lui disait que la logique pouvait aller se faire voir.
Le simple souvenir du corps de Malefoy offert, de son cou, de son sang dans sa gorge brûlante et desséchée le força à étouffer un gémissement en mordant fortement sa lèvre inférieure. Ses crocs démesurés entamèrent sans remord sa lèvre, faisant couler une mince rigole vermeille le long de son menton.
Malefoy le privait trop. Ce n'était pas supportable. Il était en manque. Si la distance entre lui et son calice se traduisait par de la douleur pour Malefoy, alors pour lui c'était ça. L'envie de.... Eh bien de baiser Malefoy. Parce que, pour résumer simplement, c'était ça.
Harry ferma ses poings de toutes ses forces. Il se haïssait.
Pas parce qu'il pensait à faire ça avec Malefoy... Mais plutôt parce qu'il aurait dû trouver ça un minimum répugnant, et qu''il n'y parvenait pas !
Oh Seigneur, qu'était-il devenu ? Tout son corps réclamait la présence et le contact de son calice. Il avait besoin de lui, de son sang et de son corps. Bordel oui, il en avait foutrement besoin, et il ne pouvait même pas essayer de le nier, c'était si évident que ça en aurait été ridicule.
Il avait besoin de...
Harry ferma à nouveau les paupières, fort, ses songes lui revenant aussitôt à l'esprit. Malefoy offert, Malefoy qui gémissait, son sang délicieux qui coulait dans sa gorge...
La main de Harry glissa d'une manière naturelle sous le drap, entamant de longs et lascifs va-et-vient sur son désir brûlant.
Il en avait tellement envie. Non, besoin. Il aurait pu en crever, c'était une torture trop cruelle. Il n'avait même plus assez de conscience pour pouvoir réaliser ce qu'il faisait, et encore moins pour se donner la volonté d'arrêter.
Ses hanches se mirent à tressauter rapidement, désespérément, de plus en plus vite.
Et juste de l'autre côté du mur... Draco.
Une seule minute suffit avant qu'une vague de plaisir ne l'emporte, le laissant néanmoins insatisfait, et lui donnant la désagréable impression d'être comme malade. Son corps était en feu, sa peau le brûlait. Sa gorge desséchée semblait se réduire en cendre devant l'absence de sang. Il avait soif. Si soif...
Il ferma à nouveau les paupières douloureusement et laissa retomber sa tête contre l'oreiller. Ce n'était pas ça qu'il voulait, non. Il savait parfaitement ce qu'il voulait. Ce qu'il voulait c'était...
Là, en ce moment même, tout de suite, il voulait se lever, boire et toucher Malefoy sous toutes les coutures. Oh, Merlin, oui.
Il s'en voulait tellement de ne pas se dégoûter lui-même, de ne pas se sentir révolté de désirer quelque chose d'aussi malsain. Il n'y arrivait pas. Une puissance instinctive, incontrôlable et bien plus forte que lui, lui hurlait que Malefoy était à lui. Que son sang lui appartenait, ainsi que son corps. Et qu'il devait le rejoindre. Que c'était idiot de refouler son instinct et que tôt ou tard, il finirait par perdre cette bataille livrée contre lui-même. Et Harry savait que c'était vrai. Et il détestait le savoir si parfaitement.
Le souffle toujours un peu court, il se leva. Il avait besoin de prendre une douche. Tout de suite. Une douche froide de préférence. Oh. Mon. Dieu.
Des bribes de son rêve lui revenaient sans cesse en mémoire.
Harry jeta un coup d'œil las au vieux coucou. Il faisait sombre, mais il n'avait aucun mal à distinguer la position des petites aiguilles sur le cadran. Il était cinq heures du matin. Probablement personne ne serait levé, et c'était tant mieux.
La veille au soir, Malefoy avait mangé tôt et tout deux s'étaient retirés hâtivement, avant même que les autres habitants de Square Grimmaurd ne rentre du chemin de traverse. Tant et si bien qu'ils n'avaient croisé personne de toute la journée. La maison avait été comme abandonnée. Et Harry avait en avait été soulagé quelque part.
Il avait été pressé de se coucher, se contrôlant de moins en moins devant Malefoy. Non seulement parce que la cohabitation avec lui était invivable, mais aussi et surtout parce que son cou pâle était devenu son pire tourmenteur. Son cou, ah... son cou...
Draco avait sans aucun doute ressenti la tension du vampire, et ils étaient allés s'isoler chacun de leur côté, évitant tout contact. Si bien qu'à présent Harry était en pleine forme.
Il sortit sans un bruit de sa chambre, presque émerveillé lui-même de son aptitude à se déplacer sans le moindre bruit. Ses pas étaient de velours et absolument rien ne trahissait son déplacement. Il referma doucement sa porte, et se figea lorsqu'il passa à proximité de celle de Malefoy.
Il sentait à travers le lien à quel point le blond était paisible, profondément endormi.
Ses crocs pointus lui faisaient mal, atteignant au moins deux centimètres à présent. Les vestiges de son rêve revinrent le harceler, lui chuchotant à l'oreille à quel point l'idée de tourner la poignée de la porte était bonne. Son corps conjugué à un puissant instinct le suppliait d'entrer. Maintenant. Tout de suite.
Sa main se souleva, mais au moment où il allait poser ses doigts tremblants sur la poignée il la retira brusquement comme si un courant électrique invisible l'avait brûlé. S'il entrait maintenant, il ne serait plus maître de lui-même. Même à travers la porte il pouvait sentir l'odeur sucré que dégageait le blond. Et ça le rendait dingue.
Harry grinça des dents et sentit ses crocs aiguisés taillader sans remords sa propre langue. Il se tourna et prit la direction de la salle de bain. Il avait réellement besoin d'une douche immédiatement.
L'eau coulait abondamment sur son corps, ne parvenant cependant pas à le laver de ses fautes et de ses envies malsaines. Une partie de lui-même objectait que cela n'était en rien malsain, que c'était même juste et son droit, son devoir, de rejoindre son calice et de se lier à lui dans tous les sens du terme.
Sa raison le rappelait sévèrement à l'ordre quand il commençait un peu trop à croire que c'était vrai.
Harry passa ses deux mains dans ses cheveux. L'eau était glacée, mais Harry la sentait à peine. Comme son goût pour la nourriture humaine, beaucoup de choses le laissaient insensible depuis qu'il était devenu une créature de la nuit - et d'autres moins. Comme Malefoy.
L'eau froide avait tout de même eu le mérite de calmer sa passion et Harry se sentait à présent beaucoup plus raisonné.
L'eau crépitait violemment sur lui, lynchant sa peau et clapotant durement sur le carrelage blanc de la douche, qui était probablement le seul endroit de Square Grimmaurd à être totalement dépourvu de poussière. Harry leva la tête vers la pomme de douche, les paupières closes, et ouvrit la bouche. L'eau gelée coula dans sa gorge, sans parvenir à éteindre le feu de sa soif. Sa soif brûlante et inextinguible. Dont la seule chose pouvant l'assouvir lui était interdite.
Malefoy.
Harry maudit le blond. Il le détestait autant qu'il le désirait. Malefoy n'était qu'un petit con. Voilà ce qu'il était.
Alors que lui tenait coûte que coûte sa promesse, cet imbécile ne devait même pas se rendre compte à quel point c'était dur et douloureux pour lui. Non, lui, il dormait tranquillement dans son pieu. Il ne sentait pas cette douleur dans son être, ce feu dans sa gorge, ses poumons et son ventre qui le clouaient sur place, plus douloureux et incontrôlable que n'aurait su l'être le plus puissant des besoins humains.
Harry savait ce que Malefoy attendait. Qu'il craque. Qu'il le supplie. Qu'il lui montre à quel point il était dépendant de lui, cet imbécile. Mais il ne lui ferait pas ce plaisir. Oh, non. Il tiendrait bon. Il ne se mettrait pas à genoux.
Il se nourrissait de sang, c'était vrai, mais il n'était pas devenu une bête. Il lui montrerait, qu'il était encore capable d'être maître de lui-même.
Harry sentit ses poings ses serrer durement. Malefoy était probablement entrain de se marrer de tout ça, il n'en avait rien à foutre, lui.
Puis, Harry se rappela la tristesse qu'avait ressentie le blond, la veille. Et la peur aussi qui s'était emparée du Serpentard, quand Harry avait fait mine de vouloir boire son sang. Ses poings se desserrèrent, lentement, laissant les marques rouges et profondes de ses ongles dans sa paume.
Il soupira légèrement.
Il était énervé, et la soif erronait son jugement. Draco ne devait pas plus se marrer que lui. Il n'y avait rien de marrant.
Il tourna le robinet grinçant de la douche et les trombes d'eau froide cessèrent. Harry prit une serviette neuve. Elle était blanche, douce et moelleuse. C'était une serviette magique qui ne s'humidifiait jamais et se contentait d'absorber l'eau indéfiniment.
Harry resta un long moment dans la salle de bain, puis revêtit les vêtements propres qu'il avait pris dans l'armoire. Il s'observa aussi un long moment dans la glace, constatant avec lassitude à quel point son apparence avait changé en si peu de temps. Il se reconnaissait à peine. Plus de lunettes, les dents inhumainement longues, et les pupilles plus rouges que jamais. Rouges comme celles de Voldemort, pensa avec dégoût Harry.
Il devait probablement être aux alentours de six heures maintenant. Mieux valait qu'il retourne dans sa chambre. Les premiers allaient commencer à se lever pour partir travailler, et pour rien au monde Harry n'aurait voulu être aperçu dans cet état. Complètement assoiffé, à présent bien plus vampire qu'être humain.
Doucement, et toujours avec autant de souplesse malgré les courbatures lancinantes qui n'avaient de cesse de lui vriller le corps, il sortit de la salle de bain et regagna sa propre chambre, dédaignant avec toute la volonté qui lui subsistait celle de Draco qui le narguait.
Dehors, le soleil était déjà levé depuis un bon moment, mais Harry gardait les rideaux fermés. Il se souvint de cette année où la canicule avait été terrible, et cela suffit à le faire frissonner. Il avait toujours cru que ces histoires de vampires craignant la lumière n'étaient que des balivernes de Moldus, mais finalement il devait y avoir une part de vérité.
Il se laissa tomber sur son lit et resta ainsi durant un long moment. Son regard fixé sur le mur blanc en face de lui, et ses pensées dirigées sur un seul et unique sujet, cause de sa douleur. Il ne sut combien de temps il resta de la sorte, mais ce fut quelques coups frappés à la porte qui le sortirent de sa torpeur.
Brusquement saisi de panique, il s'allongea immédiatement, et tira une couverture à lui, faisant mine d'être endormi. A peine avait-il remonté la couverture jusqu'à son menton que la porte s'ouvrit. Harry vit sur le mur la silhouette d'une jeune femme se découper.
-Harry ? » Fit la voix d'Hermione, à la fois inquiète et douce.
Harry ferma les yeux, comme si ce geste le rendait véritablement endormi. Pour rien au monde il n'aurait voulu qu'elle le voie dans cet état. Pas quand elle semblait penser qu'il était finalement assez humain.
-Harry, tu dors ? » Fit Hermione en pénétrant davantage dans la chambre.
Hermione savait qu'il ne dormait pas, et qu'il avait probablement les yeux grands ouverts. Il lui tournait le dos, mais elle savait qu'il était totalement impossible qu'un vampire soit encore endormi avec le bruit qu'elle avait fait en entrant, sans compter l'odeur humaine qu'elle devait dégager.
Cependant, elle comprenait, et était prête à respecter son choix.
-Hier, au chemin de traverse, j'ai acheté ça pour toi. Je pense qu'il pourrait t'être utile... » Fit Hermione.
Il y eut le bruit sourd d'un objet volumineux et lourd qu'on dépose sur la commode. Harry devina sans peine qu'il s'agissait d'un livre et grimaça un sourire. Tout à fait Hermione.
-Il est de Carmen Hortense, tu verras... Enfin... » Dit-elle en touchant la reliure en cuir du livre. « Bon, et bien... Dors bien, alors. »
Harry l'entendit sortir et les bruits de sa démarche s'estompèrent peu à peu alors qu'elle s'éloignait dans le couloir.
Pâle comme un linge, Malefoy n'en menait pas large. Seul dans la chambre, le masque de supériorité qu'il n'oubliait jamais d'afficher était tombé.
Ce qui lui arrivait était certainement la plus horrible chose qui ne lui soit jamais advenue. Il avait la perpétuelle impression qu'un malheur imminent allait se produire, et qu'il en serait immanquablement la cible.
Ça aurait pu être drôle tellement ça semblait ridicule, mais malgré le fait de se le répéter, rien n'y faisait, il se sentait mal. Vraiment très, très mal.
Pourquoi ? Il n'en savait strictement rien, mais une conscience illogique et désespérée lui criait que s'il cessait d'être fier et idiot et qu'il se résolvait à rejoindre son vampire, le fardeau lourd et douloureux de son angoisse fondrait comme neige au soleil.
S'ajoutait à cela d'étranges frissons, et l'impression qu'il lui manquait quelque chose. Le plus frustrant étant bien sûr de n'avoir aucune idée de ce que pouvait être le quelque chose en question.
En ce moment, il était assis sur son lit, les genoux ramenés à sa poitrine, dans une position fœtale qui ne parvenait pas à le rassurer. Si tu allais dans la pièce d'à côté, tout irait tellement mieux...
Draco serra les poings, tentant de faire entrer une once de logique dans cette absurdité. C'était complètement idiot. Pourquoi tout irait mieux ? Qu'est-ce qu'un balafré suceur de sang -de son sang- pourrait lui faire à part le vider de son liquide vital ?
Au moment où il eut cette pensée, Draco réalisa que c'était justement ce qu'il voulait.
Juste après avoir réalisé cela, il se dit qu'il était devenu fou. Complètement fou.
Mais que pouvait-il y faire ? A travers le lien, Draco sentait la souffrance aiguë du vampire. Sa soif, et son désir de le boire qui commençait à se muer peu à peu en une douce folie obsessionnelle.
Il se sentait si mal. C'était étrange mais il ne s'en préoccupait presque pas, trop accaparé par les sentiments fiévreux et maladifs qui le rongeaient.
Il se leva lentement, complètement incertain quant à ce qu'il s'apprêtait à faire.
Il jeta un coup d'œil à l'assiette encore à moitié pleine que Mme Weasley lui avait gentiment portée. Ces gens n'était ni méchants ni complètement stupides, comme Draco l'avait longtemps pensé. En fait il se sentait vraiment mal à l'aise vis à vis de cette gentillesse injustifiée à son égard, à lui, fils de la famille Malefoy qui les avait toujours dédaignés.
Après tout la mère Weasley n'avait pas à lui apporter quoi que ce soit à manger si elle ne le voulait pas. Potter n'avait pas montré signe de vie de toute la journée, et par conséquent, Draco était incapable de descendre. Néanmoins, il avait remarqué que la force de leur lien, probablement ultra-sensible uniquement les premiers temps, avait diminué en intensité. Il avait pu même aller prendre une douche sans presque ressentir les effets du lien, et pourtant la salle de bain se trouvait à l'autre bout du palier.
Quoi qu'il en soit, Draco se doutait plus ou moins des raisons pour lesquelles le brun s'était reclus dans sa chambre. Déjà hier, la soif avait rendu rouges ses pupilles naturellement vertes, et Draco se doutait qu'il ne devait guère être réjoui à l'idée de les exhiber aux gens chers à ses yeux.
Draco inspira légèrement, se leva et marcha jusqu'à la porte de sa chambre. Il tourna la poignée, sortit, puis referma doucement la porte derrière lui. Il attendit un instant. Tout le monde mangeait en bas. Ils étaient déjà aux alentours de dix-neuf heures. Peut-être même un peu plus. Il fit quelques pas dans le couloir.
Comment Harry avait-il pu tenir si longtemps ?
Sa bêtise lui apparut alors toute entière, le giflant subitement. Potter devait être complètement affamé, peut-être rendu à l'état de bête, incapable de se raisonner, de se stopper avant de le vider de son sang...
Et lui allait se présenter à sa porte, comme si de rien n'était. Pour mourir, comme la chose complètement sans volonté qu'il était devenu face au vampire.
L'idée de retourner dans sa chambre l'effleura avant de repartir d'où elle venait. Le simple fait d'avoir fait quelques pas qui le rapprochaient du vampire le soulageait déjà. Impossible pour lui de retourner en arrière. S'il le faisait, c'était comme s'il choisissait délibérément de se jeter dans un gouffre invisible, promesse d'une mort lente et douloureuse, bref quelque chose d'affreux.
Son inconscient en était certain.
Un peu résolu, il continua à pas hésitants, et s'arrêta devant la porte jumelle de la sienne. Celle de Potter. Celle qu'il mourrait d'envie d'ouvrir et à la fois de fuir.
Il prit son courage à deux mains, inspira et tourna la poignée, sa main tremblant légèrement
À suivre...
