7 heures du matin, mardi.

* Pourquoi avons-nous inventé le réveil ? Ce petit objet qui fait tic et tac et qui à une certaine heure émet un bruit désagréable qui dérange nos oreilles endormies… ? *

C'est la question que je me pose depuis deux minutes, depuis que le réveil sonne en fait. Je pourrais bouger ma main (ainsi que mon bras d'ailleurs) pour couper ce bruit atroce, mais je n'en n'ai pas le courage… Trop fatiguée !

*Moi, Hermione Granger, 25 ans, célibataire (nan mais oh, pourquoi suis-je célibataire ?) et au caractère de cochon, Médicopsy par-dessus tout… L'une des femmes les plus respectées du Monde Magique, riche et ayant aidé dans la destruction de Voldevie, (A quoi bon l'appeler Voldemort à présent ? Lorsqu'il était vivant, on l'appelait déjà comme ça alors à quoi bon l'appeler comme ça mort ?), moi donc, je suis… Je ne suis rien en fait. Pas rien au sens de « Je suis pauvre, j'ai pas d'amis et pas de boulot stable » mais plutôt rien au sens que j'ai 25 ans, que j'ai beaucoup d' "amis", mais que ma vie se résume à me laver, aller au lit, manger, me réveiller, travailler (toujours !), parler au téléphone et lire. (En désordre car je ne vois pas l'utilité d'ordonner mes pensées) *

Bon, je me lève car sinon on va venir me chercher dans ma chambre. (C'est le problème, quand on habite à l'hôtel et qu'on est hyper connue pour descendre toujours à la même heure)
Sans même regarder l'heure, je sais qu'il est 7 heures 15, car je prends autant de temps à me lever tous les matins. Prochaines étapes ? La douche, le petit déjeuner, lire la gazette et aller bosser. Allez, let's go !

9 heures trente, toujours mardi, et toujours le matin.

Je suis au boulot depuis à peine une minute et un patient est déjà là, dans la salle d'attente, à m'attendre… Avec une heure d'avance !
C'est Mr Clemens, un homme marié, couchant un peu à gauche et à droite, qui a 45 ans, qui est riche et qui souffre d'on ne sait trop quoi, ce qui fait qu'il consulte le (enfin, la) psy –moi donc- depuis un mois… L'horreur quoi !

-Ah Mr Clemens, vous êtes en avance de… Je fais semblant de regarder ma montre, car je sais parfaitement l'heure qu'il est. …De 59 minutes ! Waw, vous êtes tombé de votre lit ?

Je dis ça avec un sourire, sur le ton de la plaisanterie, comme si le fait qu'il me pique une heure de mon temps libre –mes consultations ne commencent qu'à 10 heures 30, mais quand tu es aussi riche que Clarence Clemens, ce n'est qu'un détail- n'était en aucun cas grave.

-Haha, il rit, non miss Granger, je suis devenu insomniaque. Dit-il avec un grand sourire.

*Evidemment, si passer sa nuit à boire du café devant un livre aussi vieux que la terre en attendant qu'il soit huit heures trente pour pouvoir s'apprêter à me harceler c'est devenir insomniaque, alors effectivement, vous êtes insomniaque ! … Qui a dit qu'être Légilimens était mal ?*

-Oh non, quel dommage… Ton compatissant que sortent les psys de nos jours. Entrez donc, que l'on discute des raisons de votre insomnie…

Je sors mes clés et ouvre la porte, l'invitant à entrer avec un habituel faux sourire compatissant.

10 heures trente, dans mon bureau, en consultation.

-Et pourquoi croyez vous qu'elle vous regarde bizarrement ? Parce qu'elle a remarqué que vous avez changé de parfum ou simplement parce qu'elle a découvert que vous la trompiez ?

Je pose ces questions d'un ton qui essaye de ne pas paraître lassé… Le plus difficile avec Mr Clemens, c'est de ne pas s'endormir en l'écoutant.

-Mais je n'en sais rien moi, à vous de me le dire ! *Il a vraiment l'air de croire que je m'intéresse assez à sa vie pour essayer de deviner de quoi sa femme le suspecte.*

Le problème avec certains patients, c'est qu'ils ont l'air de croire que nous les Médicopsys, on a réponse à tout.

-Eh bien voilà, remettez votre ancien parfum et si elle vous regarde toujours bizarrement, c'est ou alors qu'elle doute de vous, ou alors que… *Trouve quelque chose, trouve quelque chose… Trouve quelque chose !* …Qu'elle trouve que votre comportement à changé !
Je me tais un moment, comme si je réfléchissais à la question, puis reprends la parole :

-Votre comportement a-t-il changé Mr. Clemens ?

-Heu … J'ai arrêté de coucher à gauche et à droite. Dit-il avec difficultés, comme si le fait qu'il ne passe la nuit qu'avec sa femme était le plus grand sacrifice du monde.

*La fin du monde ! Il est devenu fidèle ?......... Et le Pape, eh bien il a des apôtres !*

J'affiche toujours cette curiosité polie, cet étonnement tout aussi poli, et essaye de ne pas le regarder avec des yeux ronds …

*Pourquoi est-ce à ce moment qu'il se décide à utiliser l'occlumencie ? Vieux Serpentard ! Vous avez le don de m'énerver… Hum, oui donc.*

-Ah bon ? Quelle est la raison de votre changement soudain ?

Je le regarde droit dans les yeux, utilisant toujours la légilimencie, une chance que Clarence Clemens ne soit qu'occlumens, sinon je me retrouverai à utiliser la légilimencie et l'occlumencie en même temps.

-C'est qu'en fait, à 45 ans, même si lorsque l'on est riche et que trouver quelqu'un avec qui passer sa nuit est facile, eh bien j'ai décidé de faire un pause ! D'une ou deux… *Années ? Non, c'est pas possible !* …Semaines ! Me dit-il, détournant les yeux par la même occasion.

*Evidemment, alors là tout devient plus clair… *

-Mais, insistais-je, pourquoi justement maintenant ? Evidemment, c'est bien d'arrêter de tromper votre femme mais… Que se passe-t-il ? *Elle le trompe aussi ? Elle a 35 ans, elle est hyper sexy la fille, ça m'étonnerait qu'elle ne passe ses nuits qu'avec lui*

-Je… Mais il ne se passe rien du tout, je veux juste passer du temps avec ma femme ! Est-ce si incroyable que ça que je renonce à mes autres conquêtes par amour pour ma femme ? Dit-il d'un ton qui était ou alors réellement indigné, ou alors qu'il essayait de faire sonner comme indigné.

-A quoi bon consulter une psy, si vous ne lui racontez pas toute la vérité ? Demandai-je calme.

Il n'a pas le temps de répondre car mon bipeur bipe; ce qui veut dire qu'il est 11 heures 30 et qu'un autre client vient d'arriver.

*Pourquoi bon Dieu, est-ce que tous les hommes sont à l'heure lorsqu'il s'agit de venir chez la psy ?*

Je me lève, et Clarence fait de même. Il est conscient que quand mon bipeur bipe, c'est que c'est l'heure de dire au revoir.
Pour la première fois depuis qu'il consulte, il me fait la bise, et je le regarde quitter son siège totalement étonnée.

-Au revoir miss Granger. Me dit-il avant de quitter mon bureau.

*D'accord… Il vient de me faire la bise, ça veut rien dire, c'est un ami.*

Haha, c'est ça, mais en fait c'est loin d'être un ami. Au pire on peut dire que c'est une connaissance, car il se confie à moi, mais ce n'est pas un ami pour autant.
Je me mets à rire nerveusement, car il faut être réaliste… Clarence Clemens vient de me faire la bise ! Sur le moment, j'aurai bien envie de crier, car il faut le dire, Clarence est trèèèès repoussant, et me faire embrasser par lui… Beurk ! Mais je ne peux pas crier, car Stephan Epstein (va savoir d'où sort son nom d'ailleurs) vient de toquer à la porte.

-ENTREZ ! *Et c'est partit pour une heure d'ennui total… Harry ! Ron ! Ginny ! Tous mes amis ! Appelez moi pour me faire perdre du teeemps…*

Car, la seule chose qu'il y a à faire lorsqu'un adolescent suicidaire particulièrement attirant vient vous confier sa vie pendant une heure, c'est de le regarder… Ce que je fais d'ailleurs.

45 minutes après, vers 12 h 15.

-Mais voyons Mr. Epst… Je commence à peine à parler que l'aut' mioche m'interrompt… *Nan mais ho ! Depuis quand je dis mioche moi ? Et le respect à ses aînés, on ne lui a jamais apprit ?*

-Stephan. Me corrige-t-il.

-Stephan donc, vous ne pensez… Il m'interrompt encore... Je commence petit à petit à perdre patience. *Encore une fois, et j'enrage…*

-Tu ne penses… Il vient encore une fois de me corriger… Et dire que je voulais être polie ! *Il cherche la guerre ? Il aura la gueguerre ! Dès que j'en ai le courage évidemment.*

-Oui, donc Stephan, tu ne penses pas qu'il serait temps de faire le deuil de ta petite amie ? Demandai-je d'un ton que je voulais à la fois compatissant et ferme.

*Cette fois, il ne me reprend pas. Au contraire, il s'enferme dans un silence qui en dit long sur son état d'esprit actuel…*

Ca y est, ma sensibilité prend le dessus sur ma raison ! Mais comment peut-il en être autrement dans ce genre de situation ?
Situation totalement différente (et encore quel euphémisme !) de celle de « Mr Clarence Clemens-qui-se-pose-des-pseudos-questions-existentielles-stupides » ! Non mais, dans quel monde vit-on ? D'un côté, un homme très (trop ?) repoussant qui ne cesse de tromper sa superbe épouse et se demande si c'est son nouveau parfum qui la fait le regarder étrangement et d'un autre côté, un ado superbe complètement détruit par la mort de sa petite amie !

-Stephan, tu devrais extérioriser ta…

Tut tut tut !

Mon téléphone sonne, et je vois avec effarement et désespoir le nom de Clarence Clemens s'afficher sur le compteur. Mais que peut bien encore me vouloir cet abruti ? Faudrait-il que j'augmente encore le prix de ses consultations ?

-Excuse moi Stephan, mais heu… *Je te ferai pas payer ces quelques minutes*

Il me sourit, et me fait signe de répondre, du genre de « C'est pas grave, j'tiendrai le coup sans tes conseils » alors bon, je prends mon portable et je réponds.

- Allô ? Je pose cette question en observant le suicidaire qui n'a pas bougé de son siège et qui n'a pas l'air de vouloir me laisser dans mon intimité… Il n'a même pas l'air de se rendre compte qu'autour de lui, le monde tourne toujours… C'est pour cela que j'essaye d'attirer son attention pour qu'il sorte.

- Oh, excusez-moi… Dit-il après s'être rendu compte qu'il devait sortir de la pièce. …De toute manière, je dois y aller, il est bientôt trente. Au revoir Melle Granger. Et il sort après un vague geste de la main.

*Et pourquoi les beaux mecs ils ne m'embrassent pas eux ?*

Enfin, je débattrai sur la question lorsque j'aurai raccroché, car Clemens a repris la parole.

- « Je pensais justement à vous… » Dit la voix au bout du téléphone.

*Ah ? Dieu, Merlin… Et même Harry, le sauveur de l'univers, le héros de la terre… HELP ! *

- Ah bon ? Je me contente de cet étonnement poli, c'est quand même un de mes 'meilleurs' clients… *C'est quand que j'augmente le prix des consultations ?*

-« Oui, voyez vous ma femme est sortie… Je suis seul à la maison, et j'ai un excellent Champagne… »

*Ouais, eh bien allez voir dans les cuvettes des toilettes si j'y suis… Heu, je commence sérieusement à dire des trucs pas normaux*

J'essaye de me reprendre, il faut penser à l'argent : Clemens = Beaucoup d'argent. Mais ça n'aide pas, je ne suis pas quelqu'un qui pense beaucoup à l'argent… En plus si vous voyez mon compte bancaire moldu ou encore chez Gringotts…

- Ah ? Et vous avez besoin de moi pour trouver une femme avec qui le boire ?

*Trouver une excuse pour ne pas y aller… Trouver une excuse !*

- « En fait, je pensais que vous pourriez venir ? » Dit-il un peu exaspéré que je n'ai pas comprit plus tôt qu'il m'invitait à aller chez lui.

-Heu… C'est qu'en fait monsieur Clemens… Je n'ai toujours pas choisi entre lui mentir, et décliner poliment l'invitation. *Bon, retrouvons le courage perdu quelques années plus tôt* … Eh bien je suis désolée, mais notre relation doit rester purement professionnelle. Vous comprenez, vous êtes marié, et vous avez deux enfants, et vous pourriez être mon père quand même ! *Heu ouais, il a comprit je crois…*

-« Oh… Mais je ne pensais pas du tout à cela !... » *C'est ça ouais, et moi j'ai pas 25 ans* « …C'est pour continuer la séance interrompue de tout à l'heure. » *Et tu as réfléchi combien de temps avant de trouver cette excuse?*

Sa voix sonne faussement indignée, non mais oh, c'est moi qui devrais être indignée… Dîner avec quelqu'un de 20 ans mon aîné ? Quelqu'un de terriblement repoussant ? D'égoïstement égoïste ? *Bah on peut difficilement être généreusement égoïste mais bon*

- Bon, monsieur Clemens, je suis prise là, j'ai un rendez-vous avec Harry Potter pour déjeuner, vous savez bien, celui qui a détruit Voldemort… C'est quelqu'un de très important, je ne puis le faire attendre. Mens-je.

C'est le seul mensonge qui m'est venu à l'esprit sur le moment, ce n'est pas si gros que ça, presque tout le monde sait qu'on est meilleurs amis Harry et moi.

- « Vous êtes aussi quelqu'un de très important non ? J'imagine qu'il ne dira rien, j'ai entendu dire que… » Commence-t-il, avant que je ne l'interrompe.

- Que je devais y aller ? Oui, c'est le cas. Au revoir, et à demain. Je raccroche avant qu'il n'ait pût répliquer, avant qu'il n'ait pût m'énerver.

Mais en fait, la situation n'est pas énervante, elle est même sûrement drôle d'un autre point de vue que le mien. Du mien, elle n'est pas drôle, elle est amusante.
Je soupire, et je souris en même temps, repensant au mensonge énorme… Harry, je ne le reverrai sûrement pas avant quelque temps, on est très pris tous les deux, moi à cause de ma carrière de Médicopsy et lui à cause de ses carrières, au pluriel.

*Ouais bon, rester avec un portable à la main devant son bureau sans rien faire, c'est pas très normal non plus.*

Je décide donc de me bouger un peu… Direction ? Le resto le plus chic de Londres… Qu'est-ce que ça peut être agréable parfois d'être riche.
Je précise tout de même que je vais très rarement au restaurant pour le déjeuner, mais Clemens me rend décidemment folle.