Chapitre 12 : Je t'abandonne au lit pour aller me laver.
Le mercredi 23 mars 2005, manoir de Drago, 7h du matin, dans la chambre de Simon.
Point de vue de Simon.
| De toi à moi : Plein de gens essaient de décrire l'amour alors que c'est juste impossible. Au début, les gens commencent par décrire le besoin d'être avec l'autre. L'envie constante de voir cette personne, de lui parler. Le cœur rate quelques battements, à chaque fois qu'on s'ennuie, on pense à l'autre. On est accro. Et on croit qu'on est amoureux, on met le mot " amour " sur ce sentiment ressenti, alors que l'amour c'est loin d'être aussi banal. On te demande pourquoi tu aimes l'autre et tu arrives à y répondre. Quand tu es vraiment amoureux, la réponse ne te vient pas. Tu cites toutes les qualités de l'autre, et même ça, ça n'explique pas pourquoi tu l'aimes. C'est juste une évidence. Le " pourquoi " reste sans réponse, le " pourquoi " restera toujours sans réponse. On aime et c'est tout. L'amour avec un grand A, est un sentiment trop énorme pour être décrit avec de simples mots. On ne décrit pas les sourires niais, parce qu'ils sont indescriptibles. On ne décrit pas la plénitude ressentie lorsque l'on aime. Parce que cette plénitude t'accompagne chaque jour, à chaque instant, même quand tu ne penses pas à la personne aimée, elle est là, quelque part dans ta tête. Et tu l'aimes, la question ne se pose même pas. L'amour, c'est être capable d'attendre, d'attendre longtemps, juste pour pouvoir ne serait-ce qu'apercevoir sa silhouette. L'amour, c'est les longues nuits où tu n'arrives pas à t'endormir parce qu'il / elle a capturé ton esprit. Les gens essaient de décrire l'amour, mais ils n'y arrivent pas. On peut en parler des heures, on peut en écrire des livres, des centaines de livres, mais même le livre le mieux écrit ne serait pas assez bien. Même les mots les plus beaux ne le seraient pas assez. L'amour c'est accepter de souffrir pour quelques moments de pur bonheur. L'amour c'est espérer même quand on sait qu'on ne doit pas, l'amour c'est passer à côté de tous les défauts, accepter la personne comme elle est parce qu'au final, tu aimes tout, les qualités, les défauts. L'amour c'est mieux que la drogue. Mieux que l'alcool. Mieux que la cigarette. Même mieux que ces trois-là ensemble. L'amour c'est con. L'amour c'est nul. L'amour ça abruti les gens & ça les rend niais. Mais merde, qu'est-ce que c'est beau. Plein de gens essaient de décrire l'amour, ils y mettent la sincérité nécessaire, ils utilisent les mots les plus beau qu'ils trouvent... Et c'est souvent lorsqu'ils se relisent qu'ils se rendent compte que c'est indescriptible. |
Assis, un coussin sous les fesses et un oreiller dans le dos, je la regarde dormir en lisant. Même après les quelques jours passés avec elle, jours où j'ai largement eu le temps de m'habituer à sa présence, je ne me lasse pas de la regarder dormir. Je suis bien conscient que j'ai l'air d'un idiot, à lever constamment le regard de mon livre pour la regarder, m'assurer qu'elle ne fait pas de cauchemars (parce que ça arrive souvent ces derniers temps), pour ensuite sourire et me remettre à lire. J'ai évidemment conscience que mon sourire est le sourire que seul les gens totalement amoureux (ou drogués) peuvent avoir. Et il est niais. Absolument niais. Parfaitement niais. Horriblement niais. Mais je m'en fiche. Je m'en fiche comme du temps qu'il fait à Rome ! (Quoique Rome est une ville magnifique… Mais il faut avouer que, dans mon lit, bien au chaud, je me fiche éperdument de savoir si quelqu'un à Rome est en train de crever de froid sous la pluie)
Ce qu'elle fait dans mon lit ? Eh bien à la base, on n'était pas censés venir chez Drago. Nous en avions parlé et nous trouvions que suite à ses retrouvailles avec sa mémoire, il valait mieux éviter de mettre le pied à l'endroit où tout était arrivé. Mais la miss nous a tenu tête, disant qu'on avait décidé de venir et qu'il fallait qu'on vienne. On a donc déménagé le jour d'après, puisqu'avec toutes les révélations, on avait perdu pas mal de temps chez moi, et Harry, à l'entrée, a dit à Hermione qu'il fallait qu'elle choisisse quelqu'un avec qui dormir. Parce qu'il lui avait promis de ne pas la laisser seule. Là-dessus Drago a dit : « Non mais franchement, tu nous fais perdre notre temps dans le hall, pour entendre Hermione dire qu'elle va dormir avec Simon ? » et sur ce, il a pris le reste du groupe pour la visite de son manoir. Nous abandonnant Hermione et moi, qui nous sommes souris vite fait avant de rattraper Drago. J'aurais pu ne pas y aller, puisque je connais son manoir aussi bien que le mien, vu que je passe autant de temps dans son manoir que dans le mien. Mais vu que lui a fait l'effort de suivre la visite de mon manoir (qu'il connaît aussi bien que le sien aussi, puisqu'il y a passé autant de temps que dans le sien), eh bien j'ai fait l'effort de suivre la visite du sien.
Tout ça pour en revenir à moi, dans ma chambre, sur mon coussin, avec mon oreiller dans le dos. Je regarde Hermione dormir et esquisse un sourire. Elle se réveille à ce moment-là.
- Je t'ai déjà dit d'arrêter de me regarder dormir ! Se plaint-elle les yeux à peine ouverts.
- Ta bonne humeur le matin est éblouissante. Ironisai-je.
- Arghmpf. (Ceci est censé être un grognement, si si.)
- Très féminine, cette manière que tu as de grogner. Toujours dans l'ironie.
- J'vais te tuer à coup d'oreillers, on va voir si c'est très féminin. Réplique-t-elle en se relevant.
Ses cheveux ne ressemblent à rien. Ses yeux, même à moitié fermés à cause de la fatigue sont magnifiques. Je continuerais bien à vous la décrire, mais si je continue à la regarder, elle va me tuer.
- Tu vas être en retard. Fais-je remarquer, plus pour éviter de me faire attaquer à coup de coussins que parce que ça a vraiment une importance à mes yeux.
Elle lève la tête vers son réveil, réveil dont elle n'a plus besoin puisqu'en fait, c'est moi qui la réveille en ce moment. Elle me lance ensuite un regard accusateur.
- A qui la faute, hein ?
- Pas à moi. Je t'ai jamais demandé de t'en prendre à moi parce que je te regarde dormir. Non mais c'est quoi ces femmes qui mettent toujours la faute sur les hommes ?
- T'en connais beaucoup ? Demande-t-elle en se tournant vers moi.
- Le trois quart de mes ex. Réponds-je après réflexion.
- Parce qu'il y en a eu beaucoup ? Insiste-t-elle.
- Pas autant que Drago… Fais-je, évasif.
- Et Drago il en a eu beaucoup ?
* Je rêve ou ça l'intéresse vraiment beaucoup ça ? *
- Ben… De vraies ex ? Pas des histoires d'une nuit ? Heu…78, d'après mes dernières informations. Si on compte celle qu'il a plaquée lundi.
- Parce qu'il y a des fausses ex ? Demande-t-elle, décidément très intéressée.
* Oh Gosh, le point positif est qu'on ne parle plus de mes ex. Le point moyen est qu'on parle de celles de mon meilleur ami. Le point négatif est que j'ai la désagréable impression – et mes impressions sont toujours vraies, que je m'enfonce. *
- Oui, il y a des fausses ex. Les histoires d'une nuit. Hm… Celles qu'il a jetées au bout de quelques heures. Celles qu'il n'a jamais mises dans son lit aussi. En gros ce sont les " fausses ex ". Expliquai-je.
- Il a eu beaucoup de fausses ex ?
- Si on compte celle d'hier soir, il doit y en avoir 523, un truc du genre.
- Donc si tu sors deux mois avec une fille, mais tu ne couches pas avec, c'est une fausse ex ?
- Ouais.
- Tu as eu beaucoup de fausses ex ? Enchaîne-t-elle.
- Tu vas être en retard. Me défilai-je.
- Plus ou moins que lui ? Insiste-t-elle, ignorant ma remarque.
- Tu vas être en retard. Répétai-je.
- Plus ou moins que de vraies ex ? Continue-t-elle d'insister.
- Plus. Cédai-je.
- Plus ou moins que Drago ? Répète-t-elle.
- Tu vas être en retard. Répétai-je, encore.
- Merde, t'as raison ! Dit-elle en levant enfin les yeux vers l'horloge qui se trouve bien en évidence dans la chambre, sur le mur juste en face du lit. Elle me lance un regard noir avant d'aller vers sa valise, de prendre des habits et de se diriger vers la salle de bains de la chambre ensuite, au semi pas de course. N'ayant rien à faire avant 13 heures, heure où je prends service chez les Oubliators, je transplane dans la chambre de Drago. (Et je sais que je vais probablement le réveiller, mais elle n'avait qu'à pas m'abandonner dans mon lit pour aller se laver)
Mercredi, 07h32, chambre de Drago.
Point de vue de Drago.
| De toi à moi : L'amour. Je serais tenté de vous dire que c'est pour les faibles, pour les personnes qui, n'ayant pas eu la chance d'être comme moi – et de pouvoir donc s'aimer soi-même, ont été obligées de trouver une autre personne à aimer. Mais je vais me retenir, parce que je suis la preuve vivante qu'on peut s'aimer & aimer en même temps. Je ne vais pas prétendre être fou amoureux. Être comme Simon, aimer pendant des années, sans jamais flancher, aimer sincèrement et tout ça, très peu pour moi. Mais là, je me l'avoue, de ma manière à moi, je pense que j'aime. Je l'aime lui. Je l'aime elle. Je les aime tous les deux et je n'y peux rien. Je ne suis pas capable d'être comme Simon, je ne suis pas capable d'être heureux de cet amour. Je ne vais pas en pleurer non plus. Je vais juste vivre avec. Je suis bi. Okay. Je suis tombé amoureux d'Harry Potter. Okay. Je suis tombé amoureux d'Hermione Granger. Okay. Je ne suis pas faible. Je suis fort. Oui, évidemment, je suis Drago Malefoy. Mais je suis fort parce que je vis avec cet amour pour protéger mon meilleur ami. Et ma sœur. Et je continuerai à ne rien dire, tant que l'un aimera Hermione et l'autre Harry. Je ne suis pas faible. Je suis la force même. Et l'amour m'est tombé dessus. Sentiment extraordinaire, sourires niais, papillons dans le ventre, pensées hantées ? Vous déconnez ? Vous m'avez bien regardé ? Non ! Moi, je n'ai que des battements ratés. Manquerait plus que des bestioles squattent mon ventre, tiens. |
Je tourne d'un mouvement très élégant ma tête vers mon meilleur ami qui vient de se plonger dans mes couvertures. Ce n'est pas comme si c'était la première fois, mais depuis que monsieur dort avec Hermione, il ne passe plus. Il ferait presque passer sa mêmepasencorepetiteamie avant moi, Drago Malefoy. Avant quelqu'un d'autre, okay, mais avant moi ?! In-com-pré-hen-si-ble. Bof, de toute manière c'est lui qui perd des instants magnifiques avec moi.
- T'as retrouvé le chemin de mon lit ! On fête quoi ? Ironisai-je.
Il ignore magnifiquement mon ironie (comme si mon ironie était le genre d'ironie qu'on ignore, franchement) et dit :
- Elle veut savoir combien d'ex j'ai eu.
Et là, je me tais. Quelques secondes, certes, mais quand je lui fais remarquer (très subtilement, quand même), qu'il m'a abandonné, seul, dans mon lit (nous ne sommes pas gays, on ne dirait pas comme ça, mais on n'est pas gays), il ne peut pas attaquer directement avec ses problèmes. OUI, je suis son meilleur ami. OUI, c'est normal que ce soit à moi qu'il en parle. NON, il n'a pas le droit de me faire taire comme ça.
- Oh. Première réaction de surprise. Ben. Temps de réflexion. 16 ce n'est pas beaucoup, si ?
* Enfin si on compare à 78… *
- Je lui ai justement parlé de tes 78 ex…
Je lève le sourcil. Le gauche. Avec beaucoup de classe. Dans une expression qui veut dire « Hein ? Quoi ? Pourquoi ? ».
- Juste au cas où elle trouve que 16 c'est beaucoup.
- Tu m'fais vachement chier quand même.
- Ben vas aux toilettes.
Minute de silence pour la vanne pourrie. Dans ces moments-là, je le regarde dans l'air 'Tu attends que je rie ?', et on s'observe pendant quelques minutes jusqu'à ce que l'un éclate de rire. Parce qu'il y a ces personnes qui ont ce don. Le don de faire des vannes tellement pas drôles que tu ne peux qu'en rire. Et là, tu ne ris pas pour la blague, - moi, Drago, je ne ris pas pour des absurdités pareilles -, mais tu ris parce que la personne a un humour qui est encore pire que le tien (quoique mon humour à moi, il est très drôle.).
- Et les fausses ex ? Demandai-je après quelques minutes. Je suis sûr que tu lui as parlé de mes fausses ex en oubliant de mentionner les tiennes.
- Tout à fait probable, oui. Admet-il, me faisant soupirer.
Je me détourne de lui pour regarder mon plafond gris. Magnifiquement gris, comme mes yeux.
- Et tu vas lui dire ça comment ? « Hermione… J'ai… Le triple des fausses ex de Drago. » ? Ironisai-je.
- Pas le triple ! Juste un bon millier. Réplique-t-il.
- Comme si 1245 c'était rien. Fais-je, sarcastique.
Précisons que, même si je suis extrêmement fier de la liste des conquêtes de Simon, je trouve aussi que 1245 filles, c'est énorme.
- J'ai 25 ans, dans une année il y a maximum 366 jours, et donc 366 nuits. J'y peux rien. Et j'ai pas touché à une fille depuis le soir où Hermione a appris.
- Et je peux t'assurer que je te respecte pour ça !
A son tour de soupirer.
- Dans Les Frères Scott, Haley voulait que Nathan lui dise qu'il l'aimait et que les précédentes ne comptaient pas. Dis-je.
- Tu regardes Les Frères Scott ?
On ne se regarde pas (puisque je regarde mon plafond & qu'il fait sûrement de même), mais j'imagine déjà le regard qu'il m'aurait lancé si on avait été face à face.
- Ginny, Luna et Stephan adorent et ces derniers temps, je leur fais cadeau de ma présence.
- Pourquoi ? Demande-t-il, comme si il était inconcevable que je puisse faire cadeau de ma présence à quelqu'un.
- Parce que toi et Hermione êtes collés ensemble, un peu comme si vous vous étiez rendus compte que la colle forte existait. Parce qu'Emy & Harry sont tout le temps ensemble depuis qu'on les a réconciliés, lundi. Parce que Neville bosse toujours. Et parce que les jumeaux ont décidé que cette semaine, ils allaient sortir tous les soirs non-stop pour trouver une petite amie à Ron et que je ne suis pas d'humeur à remonter le moral de Ron.
- Ah. Et qu'est-ce que Stephan faisait ici ? Enchaîne-t-il.
- Luna l'a invité… Pour apprendre à connaître son petit frère, comme elle dit. Et puis on a découvert qu'en fait, c'était sympa d'être à quatre. Même si c'est un gamin et qu'en plus il est sang de… fils de moldu, et que pour couronner le tout il est Gryffondor, ben il est sympa Stephan. Il pourrait devenir mon meilleur ami quand tu iras faire ta petite famille avec Hermione, t'en penses quoi ?
- Je m'excuse.
* Je m'étais attendu à ce que ces mots me fassent me sentir mieux. Mon Dieu, moi, Drago Malefoy, me suis trompé. *
- Pas besoin. Je comprends. C'est Hermione, j'vais pas te demander de ne pas me laisser tomber pour elle.
- Je ne te laisse pas tomber. Contredit-il faiblement.
- Haha, non, évidemment. Ironie. C'est la première vraie conversation qu'on a depuis trois jours. Et on vit sous le même toit. Et par 'vraie conversation', j'entends une conversation qui ne soit pas portée sur Hermione uniquement. Secondes de silence. Oh mais non, attends. Encore quelques secondes. Ce n'est pas notre première vraie conversation parce qu'elle porte sur Hermione aussi !
- Drago, arrête. Tu sais bien que je… Que je… Il perd ses mots. Ce qui arrive très peu à Simon, précisons.
- J'ai raison et tu le sais. Quand Pansy m'a plaqué, c'est parce que je passais trop de temps avec toi. Limite, je m'en foutais, parce que Pansy je ne l'aimais pas. Mais quand Alexandra m'a plaqué, c'était pour la même raison. Tu comptais beaucoup trop, d'après elle. Et je l'aimais, elle. Mais je n'ai même pas cherché à la reconquérir, parce que je savais qu'elle me demanderait de te laisser tomber. Et j'ai préféré la laisser passer plutôt que de te laisser tomber.
- Je ne sais pas quoi te dire.
- Ne dis rien.
Je vais me laver, l'abandonnant dans mon lit.
Mercredi, 08h22, chambre de Ron.
Point de vue de Ron.
| De toi à moi : Je l'ai aimée à en mourir. Quand mes parents sont morts, elle a été ma lumière. Elle m'a aidé à tenir le coup comme personne. Elle a été ma raison de vivre. Ma raison de respirer… De me lever le matin. De me battre sans jamais abandonner. Alors je l'ai aimée. Je l'ai aimée quand on est sorti ensemble, ignorants, innocents, la dernière année à Poudlard. Je l'ai aimée quand ils l'ont enlevée et qu'elle est tombée enceinte de ce salaud. Je l'ai même aimée quand elle tombait amoureuse de Simon. Je l'ai aimée, je lui ai tenu la main quand elle a avorté. Je l'ai rattrapée quand elle s'est évanouie après qu'on lui ait effacé la mémoire. Alors je ne vais pas prétendre que je ne l'aime plus. Je n'ai pas rompu avec elle parce que je ne l'aimais plus. Je voulais son bonheur. Bonheur que je ne pouvais lui procurer. Alors j'ai rompu. Pour moi l'amour, c'est bien plus qu'aimer et être aimé. L'amour c'est être capable d'être lucide pour le bonheur de l'autre. C'est savoir abandonner pour le bonheur de l'autre. L'amour c'est accepter de souffrir et de partir pour l'autre. Pour moi c'est ça l'amour. Et c'est la plus belle preuve qu'on puisse faire à quelqu'un. Maintenant… Il faut que je recommence à vivre. Sans elle. Plus pour elle. Pour moi. Parce que l'amour, c'est aussi vivre pour l'autre. Dépendre de l'autre. Tenir plus à la vie de l'autre qu'à la sienne. Parce qu'au fond, on est rien sans l'autre. Elle est là, quelque part. Elle vit quelque part. Elle est heureuse quelque part. Quelque part dans une chambre à quelques mètres de moi. Je ne suis rien sans elle. Mais je vais me reconstruire. Et ça ira. |
Réveil. Mal de tête… Il me faut quelques secondes pour me souvenir de la raison de ce mal de tête. Alcool. Un peu. Beaucoup. Trop. Elle. Ou plutôt… Elles. Je me relève difficilement, ayant l'impression très désagréable que ma tête va exploser. Et là, je l'entends.
- Qu'est-ce que je fais ici ?
Première réaction : tourner la tête et voir qui se trouve à côté de moi. Deuxième réaction : remarquer que ce n'est ni Hermione, ni Harry, ni aucune des personnes avec qui je cohabite. Troisième réaction :
- AHHHHHHHHHHHHHHH !
La fille (son nom ne me vient pas, là, de suite), se relève à son tour, prenant la précaution de se cacher avec un drap.
- Hey du calme ! Je sais que le matin je ne ressemble pas à grand-chose mais quand même !
* Jane, Bridget, Jessica, Sandra, Camilla, Sandrine, Amanda, Julia, Lory, Juliette, … Non… Victoria, Elizabeth, Mahina, Mary… Ahhh, Mary. *
- Mary ! (C'est juste pour l'effet, histoire de lui montrer que je me souviens de son nom)
- Je sais comment je m'appelle, merci.
* Apparemment, elle se souvient de son nom aussi. … … Situation embarrassante. *
Je l'observe. Elle est blonde. Blonde foncé. Fausse blonde foncé. (Oui, avec Harry on a apprit à faire la différence. On est sortis dans la rue, là, comme d'habitude, toutes les filles se sont retournées sur notre chemin, on en a pris une, deux, trois, dix en fait, dix blondes, et on leur a demandé de nous expliquer comment différencier une blonde d'une fausse blonde. Et elles l'ont fait !) Et elle est métisse.
- Fini de me reluquer ? Demande-t-elle, amusée.
- Ouaip'. Pas la moindre gêne. Je retombe sur mon oreiller. Tu heu… Es la sœur de Victoria, Elizabeth et Mahina, c'est ça ?
Je vous explique (en espérant y comprendre quelque chose par la même occasion, car précisons que je suis totalement à l'ouest) : Hier mes frères m'ont encore fait sortir, à la recherche de la nouvelle star perle rare. Il se trouve qu'on est tombés sur les quadruplées Windsor. On a parlé… Victoria me disait vaguement quelque chose. Je crois que c'est l'une des ex de Simon mais on s'en fout un peu, ça n'a rien à voir avec mon histoire. On a donc bien sympathisé. Et bu aussi. On a beaucoup bu. Peut-être trop, vu le résultat. Les sœurs Windsor, on les différencie par leurs yeux. Et pour Mary, par ses cheveux aussi, parce que c'est la seule qui ne les a pas bruns. Okay… Alors… J'ai Mary dans mon lit. Je crois qu'on a décidément beaucoup trop bu.
- Ouaip'. A son tour de retomber sur son oreiller. Enfin c'est le mien mais elle a dormi dessus donc on peut dire que… Bref.
* Ca fait une fausse ex de plus, ça, non ? *
- C'est le moment où je suis censée transplaner chez moi là, non ?
Je tourne la tête vers elle.
- Je crois. Mais heu… Tu peux petit-déjeuner ici si tu veux.
* Ca se fait ça ? Laisser une fausse ex petit-déjeuner chez soi ? Et d'ailleurs, c'est une fausse ex si elle est encore dans mon lit ? *
- Petit-déjeuner. Elle sourit. C'est un verbe, ça ?
* Ben oui, c'est un verbe. … … Non ? Je petit-déjeune, tu petit-déjeunes, il petit-déjeune… Peut-être pas en fait… *
- Dans mon dictionnaire, oui.
* Voilà, dans mon dico j'ai le droit d'inventer plein de trucs qui ne veulent rien dire, personne ne pourra rien dire parce que c'est mon dico et dans mon dico il y a plein de fautes, et le verbe petit-déjeuner ça existe et… Ohhh, elle rit. Elle a un rire magnifique. *
Et effectivement, Mary est en train de rire. Un rire léger, du genre « hihi ». D'habitude dans les films les jeunes femmes mettent leur main devant leur bouche, en faisant « hihi ». Mais si Mary met sa main devant sa bouche, elle risque de lâcher le drap qu'elle a toujours autour d'elle pour se cacher. Vous me direz que c'est inutile parce qu'elle est couchée, elle n'a donc pas besoin de tenir son drap pour qu'il reste en place, mais allez comprendre la pudeur des jeunes femmes pudiques !
- Je vais me laver. Je dois bosser à dix heures. * Je ne suis pas sûr que ça l'intéresse, ce genre de détail… * Tu peux en profiter pour partir… Ou attendre pour prendre ta douche aussi.
* Situation décidément très embarrassante. *
Ce n'est pas ma première 'histoire d'une nuit'. Mais d'habitude, le réveil ne se produit pas au même moment. D'habitude, elle (ou j'ai) a le temps de partir avant le réveil de l'autre. La question de la douche et du petit-déjeuner ne se pose donc pas.
- Okay.
Elle ne précise pas si elle reste ou pas, je la laisse donc là, et j'emporte ma couverture avec moi (parce qu'elle a le drap). Parce que nous ne sommes pas dans les films ! Dans les films, le mec se réveille, il se lève et il porte déjà un boxer (ouais parce que dans les films ils portent tous un boxer, j'ai remarqué), ou alors (deuxième possibilité, aussi remarqué avec mon œil de Lynx) il y a toujours deux draps. Non mais normalement il y a le drap sur lequel tu dors et le drap qui te couvre. Ben dans les films, ils ont deux draps qui te couvrent parce que la femme s'enfuit avec un drap et l'homme avec l'autre. Bref, nous ne sommes donc pas dans un film, et je suis obligé de prendre la couverture pour me cacher. Parce que oui, j'ai un soupçon de pudeur aussi. Et l'abandonnant dans mon lit, je vais me laver.
Sous la douche, j'en profite pour réfléchir. (Ca m'arrive de réfléchir, si si) Je ne me souviens pas trop de la nuit dernière. Je me souviens d'avoir bu (on ne répètera jamais assez la raison de cette heu… nuit), je me souviens vaguement que George, Fred & moi on a invité les quadruplées chez nous. Enfin chez Drago. Mais c'est pareil puisqu'on est ici pour une semaine. Breeef. Chez nous donc. Où on a continué à boire. Et là, ça a dû arriver. Mary n'est pas celle qui me plaît le plus. Elles se ressemblent toutes, certes, mais Victoria me fait penser à 'Mione. Par son caractère, son air sérieux, son regard…
* Ouh là, on arrête direct. *
Oui, on arrête parce que bon hein, 'Mio…Hermione, c'est fini. Et elles sont où les sœurs de Mary alors ? Les trois sœurs de Mary ? Avec mes deux frères ?
* Oh mon Dieu, non, c'est bizarre de les imaginer à 5. *
Je chasse cette pensée pour le moins perverse de mon esprit en m'essuyant. Parce que oui, entre-temps, j'ai eu le temps de me laver. Et je sors de la douche, l'éternel boxer comme seul habit, les cheveux mouillés, mon corps d'athlète sous les feux des… Non, je deviens comme Drago là. Je sors donc de la salle de bains de ma chambre où Mary m'attend en écoutant de la musique. (Ne me demandez pas d'où sort son iPod) En me voyant, elle me reluque à son tour (mais je l'ai mérité là), sans aucune gêne, avant de se lever pour se diriger vers la salle de bains sans dire un mot, avec ses habits dans une main, tandis que l'autre retient toujours le drap. Je ne trouve rien d'autre à faire que d'aller m'écrouler sur mon lit. Et c'est ainsi que moi aussi, je suis abandonné au lit alors qu'elle va prendre sa douche.
Chambre de Ginny, 8h50, toujours mercredi, toujours chez Drago.
Point de vue de Stephan.
| Je ne suis pas amoureux d'Hermione. Non mais on ne dirait vraiment pas comme ça, vu que ça m'a fait un peu mal de la voir embrasser Simon, tout ça. Mais je ne suis pas amoureux d'elle. J'ai aimé Clémentine. Je l'ai aimée pendant 7 ans. Jusqu'à ce qu'elle meure. Période très difficile, d'ailleurs. Et c'est là qu'Hermione est entrée dans ma vie et qu'elle a tout changé. Je ne suis pas amoureux d'Hermione, parce que l'amour, le vrai, mon amour, mon vrai, c'est Clémentine. Rien à voir avec les battements ratés, les sourires niais, et tout ça. Loin de là. Avec elle ce n'était pas facile. Déjà parce qu'elle était une fille compliquée, ensuite parce qu'une relation de couple c'est jamais facile. Les gens en parlent, décrivent le sentiment tellement profond, tellement 'cool', tellement fort, ressenti. On pourrait presque croire que l'amour c'est tout beau tout rose. Et ils n'en parlent pas, de ces nuits passées à pleurer parce que l'autre n'est pas là depuis trop longtemps. Ils ne parlent pas, de la souffrance quand l'autre se fait rouler dessus. Non, les gens ils sont cons et ils parlent de l'amour comme si c'était une histoire à la Barbie & Ken. Clémentine, j'aurais pu crever pour elle. Je pouvais vivre pour elle. Je vivais pour elle. L'amour, c'était qu'un mot parmi tant d'autre qui ne pouvait certainement pas décrire, à lui tout seul, ce que je ressentais pour elle. Donc non, je ne suis pas amoureux d'Hermione. Parce que je suis loin de ressentir ça pour elle. Parce qu'elle n'est pas elle, tout simplement. Mais à part ça, elle a un sourire magnifique. |
- Glace ? Demandai-je.
- A la vanille. Répond Ginny.
- Tu déconnes ? La fraise c'est la meilleure !
- Moi la mienne c'est celle au citron. Répond Luna, un peu en retard.
- Ahh. Celle au citron est bonne aussi. Approuvai-je avec un sourire.
Vous êtes perdus ? Eh ben continuez à ne pas comprendre. (Je deviens sadique, j'adore)
- Dans mes braaaas. Me fait celle qui est à présent ma grande sœur aussi.
On se saute presque dessus. Enfin non, on roule sur Ginny pour finir dans les bras l'un de l'autre. Je m'explique ! ('faut pas être trop sadique trop longtemps) Nous sommes sur le lit de Ginny, en train de nous poser mutuellement des questions pour apprendre à se connaître. (Ouais, on fait des jeux du genre à 8h50 du mat') Ce que je fais là ? Eh bien j'ai découché. Où j'ai dormi ? Dans l'une des nombreuses chambres d'amis. Pourquoi j'ai… Ah ben oui, la question est de savoir pourquoi on roule sur Ginny. Donc c'est parce que Ginny est entre nous deux. Donc il faut ou se lever & faire le tour du lit pour se câliner, ou être flemmard & laisser Luna rouler sur Ginny pour prendre sa place. Je suis flemmard. Je m'aime.
* Ahhhhhhhh. Drago a déteint sur moi. *
- Drago fini par déteindre sur plein de monde, c'est une épidémie. Dit Luna.
- Ne parle pas de moi comme si j'étais une maladie. Intervient Drago.
- Ahhh t'es encore vivant ! Ironise Ginny.
- Je t'ai déjà dit d'arrêter d'écouter mes pensées ! Fais-je à Luna, en même temps que Ginny.
- Personne ne peut me tuer, je suis invincible, et même une… Drago cherche le mot.
- Dispute ? Propose Ginny.
- Oui, même une dispute ne peut pas me tuer. Termine Drago.
- Et je t'ai déjà dit d'arrêter de penser ! Réplique Luna, en même temps que Drago.
- Stop, stop, stop. On se pige même plus. Fais-je en élevant la voix, comme si j'étais la personne la plus intelligente de la pièce, celle qui dit aux autres de se taire parce que c'est la seule personne qui remarque qu'on ne se comprend plus. Bref, on en oublierait presque que c'est moi le plus jeune, l'incruste.
- J'arrête de parler quand je veux. Fait Drago sur le même ton.
- Ouh lah, tu perds ton sang-froid. Fais-je remarquer.
- Je ne t'ai jamais vu perdre ton sang-froid. Remarque Luna.
- Je perds mon sang-froid quand je veux. Dit Drago, plus calme.
- Ce n'est qu'une dispute. Regarde, moi je n'ai pas parlé longtemps à Hermione depuis une semaine. Dit Ginny, essayant d'être réconfortante.
- Ouais mais on peut pas comparer votre amitié et celle qui me lie avec Simon, tu vois.
- Et pourquoi pas ? Interviens-je. Ce n'est pas la même chose mais t'en parles comme si la leur comptait moins que la votre, alors que…
- Elle compte moins. Interrompt-il.
- Tu sais, chaque amitié compte autant. Je veux dire… Elles ont vécu des choses différentes que vous. Et peut-être qu'elles se connaissent depuis moins longtemps. Mais vos deux amitiés comptent autant l'une que l'autre. Parce qu'au fond, Ginny est là pour Hermione et inversement, tout comme toi et Simon. Et c'est ça l'amitié. Peu importe le fait que vous ayez vécu plus de choses ensemble, peu importe que vous vous aimiez plus ou pas. Vous êtes meilleurs amis. Elles sont meilleures amies. Et si elles sont au stade de meilleures amies, c'est que leur amitié compte à leurs yeux. Alors non, elle ne compte pas moins. Elle compte autant.
- Le gamin, arrête de faire des speechs à 9h du mat' pour me contredire. J'ai dit qu'elle compte moins, alors elle compte moins. C'est tout. Réplique Drago, au bout de quelques secondes.
- Mais merde petit frère, ça te sort d'où ce genre de speechs ? Demande Luna, comme choquée.
- De la bouche. Réponds-je.
- Stephan, moi, Drago Malefoy…
* On a pas oublié qui tu étais, t'inquiète pas *
- … N'accepte pas que tu aies le même genre d'humour pas drôle que Simon.
- Drago, moi, Stephan Epstein…
Une pensée sonne dans ma tête, exactement la même que celle que j'ai pensée quelques minutes auparavant mais avec la voix de Drago à la place, et là, je me tais presque. Presque, hein. Parce qu'il faut que je termine ma phrase d'une très grande importance ('tention !) :
- … Me fiche totalement de ce que tu acceptes ou pas. Terminai-je. J'attends quelques secondes pour que ma réplique fasse effet, - les filles rient, et je dis :
- Maintenant tu m'expliques comment j'ai eu TA pensée, dans MA tête.
- Drago Malefoy peut tout faire. Disent Drago & Ginny au même moment. Sauf que Ginny se fout de sa gueule.
- Il m'a fait le même coup. S'explique-t-elle lorsque je la regarde en levant le sourcil comme ma grande sœur sait si bien le faire.
- Ah bon. Je regarde le plafond orange de Ginny. C'est ta couleur préférée ?
- Ouaip'. Répond-t-elle.
- Moi c'est le vert. Dit Drago.
- Et moi le… Non, pas le bleu parce que je suis Serdaigle. Je suis un peu plus originale que ces deux-là. Moi c'est le gris. Dit Luna à son tour.
- Hey ! Hey ! Je suis original aussi ! C'est le blanc la mienne. Me vantai-je. (Ben oui, je me vante d'être original.)
- Dans mes braaaas, encore ! Dit Luna.
- Bon, Neville n'est pas souvent là, tu dois être en manque de câlins, je comprends, mais moi je dois rentrer chez moi et faire semblant de ne pas avoir découché.
Et sur ce, je pousse Drago (qui était assis dans un fauteuil) dans le lit, et les abandonne en transplanant devant mon manoir, pour ensuite prendre mon balai (si bien caché quelque part sur le coin de ma maison) et voler jusqu'à ma fenêtre, que j'ouvre facilement avec un sort, avant d'aller sous la douche. En gros, je les abandonne tous au lit pour aller me laver.
Toujours mercredi, toujours chez Drago, à 20h19, chambre de Simon.
Point de vue d'Hermione.
* Pourquoi, même quand on sait qu'on va s'en remettre, on a l'impression que ça ne passera jamais ? *
C'est la question qui me hante depuis ce matin. Lorsque j'ai appris pour…Tout ça, j'allais mal. Ron et Harry étaient là, j'avais le soutien de mes autres amis. Meilleurs amis. Mais ça n'allait pas. Ca fait trois jours, et ça va déjà mieux. Je ne prétends pas que je me suis remise, je ne prétends pas que je ne suis plus d'une faiblesse qui m'écœure, je fais toujours des cauchemars la nuit (et souvent, je me réveille dans les bras de Simon d'ailleurs) et parfois, j'ai des envies de pleurer qui sortent de nulle part. Mais ça va mieux. Je me remets. Je n'ai pas franchement le choix, ils m'ont appris à être forte. A me relever. Alors je me relève. Avec leur aide à tous.
Je sursaute. Simon vient d'entrer. On ne s'est pas vus depuis ce matin. Et je n'ai toujours pas oublié le fait qu'il doit me dire le nombre d'ex qu'il a eues. Et le nombre de fausses ex. Pour les fausses, je m'inquiète, d'ailleurs. C'est normal ?
* Et dire qu'on n'est même pas encore ensemble. … Pas encore. Ahhh mon Dieu, j'ai dit… pensé… Roh c'est pareil ! J'ai dit « pas encore » ! *
- J'ai trois choses à te dire. Attaque-t-il tout de suite.
- Bonsoir à toi aussi. Oui, ma journée a été excellente, CC m'a encore harcelée. Sinon ton meilleur ami m'a lancé un regard qui m'a foutu des frissons dans le dos tout à l'heure. Et toi ? Comment était ta journée ? Lançai-je, sarcastique.
- Bien, bien. Mon meilleur ami m'a évité quand on s'est croisés dans les couloirs du ministère. Ce qui me mène à ce que j'ai à te dire.
Je me tais, assise bien sagement sur le fauteuil, j'attends qu'il vienne prendre place à mes côtés. Chose qu'il fait avant de me dire ce qu'il a à me dire :
- J'ai eu 16 ex, dont une que Ron et ses frères ont rencontrée hier soir et qui se trouve à présent dans le salon.
* 16… Okay. Dans le salon… Okay. Okay. C'est pas beaucoup 16. C'est un chiffre pair en plus. J'aime pas les chiffres pairs. Mais si mais si, ils sont bien les chiffre pairs. *
- Laquelle ? La seule question qui me vient.
- Victoria.
- Pourquoi vous avez rompu ?
- Parce que je suis tombé amoureux de toi. Répond-t-il tout simplement.
- D'accord.
* D'accord ? Mon Dieu, je ne trouve rien d'autre à dire que « D'accord » ? Tu m'étonnes qu'on n'est pas encore ensemble, avec mes réactions ! *
- Ensuite… J'ai eu 1245 fausses ex. Continue-t-il.
* Mille deux cent quoi ?! *
- Heu attends, je crois que j'ai eu une sorte d'hallucination où je t'entendais me dire que t'avais eu plus de 1000 fausses ex.
- Tu n'as pas halluciné.
- Ah. Choc. Eh bien heum… * Trouve quelque chose à dire pour faire genre c'est pas grave ! * Je me disais aussi que je n'hallucinais pas souvent.
Il rit avant de dire, sans le faire exprès je pense :
- Je t'aime.
Et là, choc. Non, je veux dire, le deuxième choc de la journée quoi. De l'heure. Des dernières minutes. Mon cœur il bat un peu trop vite à mon goût. Un sourire niais essaie de prendre place sur mon visage, et là, attention, là, mon cœur parle, sans qu'on lui demande rien à ce con, mais bref hein :
- Je suis perdue. Ca ne me paraît pas vrai. Tu ne peux pas m'aimer. Tu es... Tu es parfait. Riche. Jeune. Célibataire. Tu es beau en plus. Et gentil. Et attentionné. Et intelligent. Tu sais danser... Et joueur professionnel de Quidditch. Et moi je suis... La 17e sur la liste. Et pas la dernière.
- Tu es la seule que j'aie vraiment aimée.
Et là, encore, choc. Non, je veux dire, le troisième choc de la journée quoi. Ah ben je vous l'ai déjà faite, celle-là ?
- Je suis sûre que tu as dit ça à toutes les précédentes aussi !
- Non. Je ne dis jamais " Je t'aime " sans le penser. Je ne l'ai dit qu'à la première et la première était... Mon premier amour. Evidemment que je l'ai aimée. Pas comme je t'aime, non. Je n'ai jamais autant aimé quelqu'un. Qu'est-ce que tu veux que je te dise, franchement ? Les déclarations niaises, je les trouve justement trop niaises. Je n'ai pas l'intention de te répéter que je t'aime un million de fois, parce que je ne t'aime pas, c'est plus. Au début c'était de l'amour, mais au bout de quelques mois, l'amour n'est rien comparé au sentiment ressenti. Je n'ai pas l'intention de te répéter que je t'aime un million de fois parce que ce serait trop faux. Et si tu ne comprends pas pourquoi, dis-toi que moi non plus. Tu me hantes. Et c'est pas faute d'avoir essayé de t'oublier. D'en aimer une qui m'aime aussi. Mais tu me hantes...
Ceci n'est pas un film. C'est une sorte de conte de fées. Ce n'est pas un rêve, dites-moi que ce n'est pas un rêve. Je change. Le cynisme ne me vient pas. Je n'arrive pas à balancer de phrases ironiques, j'ai juste envie de lui crier " Je t'aime aussi ! Je t'aime ! " mais ces mots ne sortent plus... Plus en amour. J'ai à nouveau 17 ans et je tombe de plus en plus amoureuse. J'ai à nouveau 17 ans et j'ai peur d'être brisée par l'amour. C'est Ron qui est devant moi et je n'arrive pas à lui dire " Je t'aime " non plus. Et soudain j'ai 25 ans et Simon est devant moi. Je me plonge dans son regard et ne trouvant pas la force de lui dire que je l'aime, je trouve celle de coller mes lèvres contre les siennes. La suite est… La suite. Le premier vrai baiser. Du moins le premier impulsif. Timide d'abord, passionné ensuite. Incompréhensible ce qu'on peut faire passer par un baiser. Parce que là je me sens aimée. Comme si jamais je ne serai plus en sécurité que là, dans ses bras. J'en oublie le viol et la torture, le bébé et l'avortement, les pleurs et la souffrance. Je me sens bien. Je suis bien.
- Je t'... Vague essai de déclaration.
Un doigt sur mes lèvres, il me murmure :
- Je sais.
On est riches, jeunes... Et ensemble ? Mais comme il faut que quelque chose gâche tout ça : choc. Encore, oui, encore. Il y a ces choses qui ont l'art de débarquer d'on ne sait où au mauvais moment. Eh bien moi, c'est cette pensée qui me traverse :
* Il devait me dire trois choses. Ca fait deux. *
- Ah oui. La troisième chose, c'est Drago. Il m'a sauvé la vie. On avait douze ans, et je venais de perdre le contrôle de mon balai quand il est passé. Et il m'a sauvé la vie. On a fini par sympathiser. Ca a prit du temps tu sais ? Enormément. Son père, au bout d'un moment, a été au courant. Il n'a rien dit parce que j'ai un sang pur, que je suis riche. Et que mes parents étaient mangemorts. Ensuite vint le moment où… Tu sais, Drago s'est rapproché de vous. J'ai été la seule personne au courant. Parce que j'étais la seule personne à qui il faisait confiance. Et puis… Il nous a présentés. Normalement, j'étais censé être comme lui. Tu sais, faire semblant de vous haïr et tout ça. Parce que mes parents n'auraient jamais accepté que je sympathise avec vous. Mais je leur ai tenu tête. Chose que Drago n'osait pas. Je ne l'en n'ai pas blâmé. Mais un jour, il a élevé la voix en parlant à son père. Et pour le punir, il nous a enlevé tous les deux. Tu te souviens, là-bas, je n'avais aucun espoir. Parce que je savais que Drago ne ferait jamais une chose pareille. Désobéir à son père comme ça, venir nous sauver. Mais il l'a fait. Et je suis conscient que c'est pour moi. Et je suis conscient aussi que si je n'avais pas été là, si je n'avais pas si bien intégré votre groupe, nous ne serions pas ici. On s'est promis, juste après le sauvetage, justement, qu'on ne se laisserait jamais tomber. Et c'est à ce moment-là qu'on a fait l'enchantement, qu'on a mélangé nos sangs et tout ça. Il y a des choses dans la vie qui sont éphémères. Mais tu sais, Best Friends For Life, ça n'a jamais été aussi vrai qu'entre nous deux. Alors je voulais juste te le dire. Je t'aime. Tu n'imagines pas à quel point. Mais je ne le laisserai jamais. Je ne l'abandonnerai jamais. Même si il faut que je renonce à toi pour lui. Je me suis dit que tu devais le savoir.
J'en ai presque les larmes aux yeux. Presque, attendez, manquerait plus que je me remette à pleurer.
- Je ne pense pas être la personne qui ait besoin de savoir ça. Sourie-je. Il y a un blond quelque part dans le salon qui va massacrer mes meilleurs amis, ton ex, et ses sœurs.
Je viens à peine de terminer ma phrase qu'il me prend la main pour transplaner dans le salon. Là, je vais m'installer entre Luna et Harry, tandis que Simon prend Drago à part. Et ça me fait sourire. Et j'en oublie presque qu'en face de moi, il y a Victoria. Et là, d'un coup, je ne vais pas « mieux ». Mais entourée par eux, je vais bien. Juste bien.
