Minashi : Le début était fait pour faire peur ! Et malheureusement, c'est bientôt la fin. J'ai fini (enfin) mon chapitre 18, et après celui-là, il n'y en aura plus qu'un seul. Bisous !
{- Que de moments émouvants ! Fais-je, sarcastique. Fleur t'appelle, je vais aller me moquer de toi avec Drago !
Je lui montre Fleur qui nous regarde avec insistance. Emma lui fait un faux sourire tandis que Fleur lui fait de petits gestes (gracieux en plus !) de la main.
- Oh non… Je vais lui piquer son mari, on va voir si elle continuera à m'appeler. Dit-elle, mauvaise.
- Vas-y, pique-lui son mari ! Sourie-je. Sans faire de mal à Harry hein ! Rajoutai-je.
- Evidemment que non. Les trios ! Les trios ! Me rappelle-t-elle.
- Ah oui… C'est vrai. Soupirai-je.
J'avais presque oublié que dans notre groupe, tout n'était qu'une histoire de trio (+2).}
* Pourquoi, pour une fois que je veux mettre la main sur Drago, je ne le trouve, pour ainsi dire, nulle part ? *
Ca fait exactement deux minutes – oui, pas une, mais deux ! – que je cherche Drago sans le trouver. Heureusement, en passant à côté de l'escalier, je le vois sortir des toilettes. Je sprinte (presque, parce que bon, n'exagérons rien, c'est une fête, je ne peux pas vraiment me mettre à courir) jusque là et me place devant lui :
- Qu'est-ce que tu fais là ? Je te cherchais partout !
- Tu tiens vraiment à avoir les détails de ce que je faisais aux toilettes ? Me demande-t-il, un sourire narquois apparaissant soudain sur ses lèvres.
* Heu… *
- Nan, évite. Fais-je en secouant la tête. Viens !
Je lui prends la main avant qu'il ne puisse protester et l'entraîne vers un grand fauteuil dans le salon où nous nous installons.
- Qu'y a-t-il ? Demande-t-il en retirant rapidement sa main tremblante de la mienne.
- Tu trembles. Lui dis-je en me tournant vers lui.
- Je sais, j'ai remarqué. Réplique-t-il avant de reprendre : Alors ?
- Regarde devant.Tu vois Emma ? Demandai-je en montrant Emmanuella qui est toujours assise avec Bill et sa famille.
- Thaha ! Elle a l'air de s'amuser. Dit-il avec un grand sourire moqueur.
- Elle a l'air, oui. Mais nous la connaissons assez bien pour savoir qu'elle n'en a que l'air. Sourie-je à mon tour.
- Tu veux quand même pas qu'on aille la sauver ? Demande-t-il, comme dégoûté par cette idée.
- Naaaaaan, n'exagérons rien. C'est pas Noël aujourd'hui hein. On va écouter les pensées de Bill et Fleur et de leurs gosses et on va se moquer d'elle !
- Certaines personnes improvisent des séances de shopping, toi tu improvises une séance de moqueries. J'aime ! J'adore ! J'adhère ! Dit-il, ravi.
* Quand on parle de se moquer, l'enthousiasme est loin d'être feint ! *
- J'ai eu d'excellents professeurs.
- Ouais, je sais, je sais.
Je suis sûre que vous vous souvenez d'Harry en MIB. Eh ben ça c'est Drago en MIB. Sauf que lui il est tout le temps en version 'je me la pète', mais ce n'est pas en délire parce qu'il se trouve vraiment beau, intelligent, et tout ça. Et en fait, il l'est. Il faut juste éviter de confirmer ça, parce que bon, ça peut vraiment devenir grave.
- Bon. Ecoutons. Fais-je pour couper court à la vague de prétention qui était sur le point de s'abattre sur nous.
- Thahahahahahaha ! Fleur adore Emma ! Eclate-t-il de rire. « Cette fille est juste parfaite ! Je la veux comme meilleure amie ! » Comment peut-on avoir des pensées aussi niaises ?!
* Bon, en même temps elle n'est pas censée savoir que deux jeunes personnes sont en train de l'écouter pour faire passer le temps. *
- A se demander ! Oh, écoute Florian ! « Si tata Ginny était aussi jolie, j'adorerais encore plus ses visites ! »
- Il a quel âge ce gamin ? Demande Drago, après qu'on se soit à moitié tordus de rire en examinant plus en détail les pensées du fils de Bill & Fleur.
- 7 ans. Ce qui rend, précisons-le, la chose encore plus drôle.
- Son cas n'est pas désespéré pour un Weasley. Je m'occuperai de son éducation ! Annonce-t-il, sincère, en plus.
* Pour son bienêtre mental, j'espère quand même que le pauvre garçon n'aura pas à subir ça. *
- Oh, et le grand mensonge ! Bill demande à Emma si on a trouvé une date pour l'anniversaire d'Harry – tu sais, l'anniversaire qui est déjà planifié depuis… Depuis son dernier anniversaire, haha. « Une date ? L'anni… ? Ah oui ! Ben non, on en a longuement parlé mais non, pas encore ! »
- Et… C'est drôle parce que… ?
Je lui raconte ce qu'il s'est dit avec Emma avant que je n'aille le chercher. Ou plutôt j'arrête d'utiliser l'Occlumencie et lui laisse l'accès à cette partie-là de mon esprit, ce qui fait qu'en fait, il a droit à toute la scène, de mes yeux. Une sorte de flash back mental, vous voyez ?
- Tu éprouvais vraiment le besoin de t'excuser ? Demande-t-il après la scène, et après que je me sois remise à utiliser l'Occlumencie. (Je me sens nue sans ça, comment que je suis accro à la Magie Noire)
- Vous craignez, vous les filles ! C'pas comme si tu lui avais dit que sa mère était une sal*pe qui avait couché avec notre père pour l'argent, quoi ! Poursuit-il en secouant la tête d'un air désolé.
- Parce que sa mère l'a fait pour l'argent ? Demandai-je en arrêtant d'écouter les pensées de Fleur, qui ne se rend vraiment compte de rien. *Si elle savait.*
- Je n'en ai absolument aucune idée, mais je lui ai déjà dit ça en tout cas, un jour pendant qu'on se disputait.
- Et elle t'a pardonné ça ? Demandai-je, incrédule. Moi je ne lui aurais sûrement pas pardonné une chose pareille aussi facilement (surtout si elle n'est même pas véridique). Parce que oui, elle lui a pardonné rapidement, sinon on aurait été au courant. (Les longues disputes ne restent jamais secrètes, entre nous)
- Je suis Drago Malefoy. Fait-il en haussant les épaules comme si ça expliquait tout. Et encore mieux – parce que oui, il y a mieux que ça – je suis son frère.
- Le fait que tu sois Drago Malefoy ne devrait pas suffire à ce qu'elle te pardonne comme ça !
- Tu m'as bien pardonné pour toutes ces années toi ! Dit-il, avec un nouveau haussement d'épaules.
- Oui, mais tu as changé. Ce qui vaut beaucoup plus que de simples excuses.
- Je ne lui ai pas présenté mes excuses, en fait. Fait-il en y repensant.
- Tu ne les as peut-être pas prononcées, mais tes yeux si. Tu m'as déjà fait le coup des excuses-que-je-n'arrive-pas-à-exprimer-avec-les-paroles-mais-juste-avec-les-yeux. Ce sont d'ailleurs les excuses les plus sincères, venant de toi !
- Aheum ! Ce qui veut dire 'Changeons de sujet, on parle trop de mes sentiments là.'. Regarde-la se toucher les cheveux pour faire passer le temps, éclater de rire quand il le faut, essayer de ne pas lever les yeux au ciel,…
- On dirait nous au Ministère ! Fais-je en riant.
- On est meilleurs acteurs que ça. Quoique, ils ne s'en rendent pas compte. Tu m'étonnes, ce sont des Weasleys…
- Tu recommences ! Fais-je en lui donnant une tape sur l'épaule.
- Mais non, mais non. Je ne les insulte pas. C'est pas de leur faute s'ils sont moins intel… Attentifs que nous !
- « Nous » ? Pas juste « moi » ou « les Malefoys » ? Remarquai-je.
- Nan. T'as le droit d'être comptée dans le 'nous'. T'es un peu comme Mme Thomson, là. Explique-t-il.
- C'est vrai. Simon, il est aussi bien que toi, à tes yeux.
- Oh, il est mieux. J'évite juste de le lui dire. Il pourrait devenir prétentieux, ce ne serait pas bien pour lui. Déclare-t-il, très sérieux.
* Ben voyons ! *
- Et c'est toi qui dis ça ! Dis-je avec un sourire ironique sur les lèvres.
- Je ne suis pas prétentieux ! Je dis les choses telles qu'elles sont. Pourquoi je ne pourrais pas dire que je suis beau si je trouve – je sais – que je suis beau ? Alors que les gens trouveraient normal que je dise à quelqu'un d'autre que cette personne est belle.
* Pas faux en fait ! *
- Je pense que les gens voudraient que tu ne dises pas tout le temps que tu es beau, même si tu trouves – tu sais – que c'est le cas.
- Je ne le dis pas tout le temps. Si on me dit 'Tu es beau', je réponds 'Je sais'. Parce qu'enfin bon, c'est la réalité ! Je le sais ! Se défend-t-il.
- La personne attend plutôt un 'Merci'.
- Oui, mais c'est absurde. Je vais les remercier d'utiliser leurs yeux suffisamment bien pour remarquer que je suis beau ? Ou encore les remercier parce que moi je suis beau ? Et pourquoi ça ? C'est grâce à eux que je suis beau ? Ils devraient plutôt me remercier parce que grâce à moi, ils ne sont pas obligés de regarder le monstre de laideur qui aurait pu se retrouver à ma place !
- … Le pire c'est que t'as de bons arguments ! Dis-je, à moitié bouche bée.
- Je sais. Fait-il tout simplement, un haussement d'épaules aurait très bien accentué ses propos, mais non.
Et nous restons là, assis, à regarder Emma faire l'hypocrite et nous nous moquons d'elle et nous nous amusons comme des gamins de 15 ans et au fond nous ne sommes pas différents d'eux, nous avons juste dix ans, du vécu et des problèmes de plus. Et nous sommes proches comme nous ne l'avons pas été depuis un bail, parce que oui, on a déjà été proches, mais c'était il y a longtemps (du temps où ils jouaient les profs avec Simon) et puis c'était bizarre de m'entendre aussi bien avec Drago, de limite adorer ce garçon – cet homme, que j'étais censée détester. Alors on a fini par redevenir moins proches, normalement proches, à la limite du « je te déteste & je ne te pardonne pas » (or je lui avais déjà pardonné depuis longtemps), mais nous avons grandi. Et au fond, je sais que je l'adore toujours, et il le sait aussi. C'était juste bizarre de m'entendre aussi bien avec lui.
- Dis, Drago… Dis-je soudain, en repensant à mon rêve. Tu ne serais pas bi par hasard ?
Il tourne la tête et lève un sourcil avec une certaine classe. Qu'on se le dise, il est chiant, mais classe.
- Bi ? Moi ? Nan mais je suis Drago Malefoy ! Fait-il, à la limite de l'indignement.
- Contente-toi de répondre par oui ou non. Dis-je, irritée qu'il puisse se croire trop 'normal' pour être bi.
- Je suis hétéro ! Affirme-t-il en se retournant vers Emy.
- Okay. Il ne m'est pas difficile de le croire, ce n'était qu'un rêve. Désolée, j'ai fait un rêve bizarre.
- Oui, j'en ai entendu parler. Dit-il, moqueur.
* Ah, c'est vrai que rien ne reste secret entre nous. *
Et nous reportons notre attention sur Emma.
Manoir d'Harry, dans la salle à manger.
Il reste 5 minutes avant minuit. Nous sommes (presque) tous installés, attendant que Simon et les jumeaux se montrent. Les jumeaux font on ne sait quoi on ne sait où tandis que Simon termine de rédiger son rapport. Il a été convenu que nous les attendrons jusqu'à minuit, heure à laquelle ils se montreront. Mais comme je suis bien installée, on ne peut pas vraiment dire que Simon me manque. Evidemment que je suis bien installée, vous me direz, parce que c'est moi qui me suis occupée des places. Mais justement, tout le monde est bien installé. Les invités sont ensemble, les personnes 'compatibles' aussi, vraiment, tout a été planifié. En fait, il y a deux grandes tables qui accueillent chacune 30 personnes.
A la première table, la mienne, il y a tout notre groupe plus les amis du groupe. (Oui parce qu'on ne dirait pas comme ça, mais ils ont des collègues et tout, qui sont des amis à eux aussi.) A l'autre, c'est la famille, et les amis que la famille voulait inviter. Ma table, de gauche à droite, ça donne : Ron, Jason, Harry, Simon, Drago, Stephan, Neville, Anthony, Fred, George, Chace, Samuel, William, Dean et Damien. En face d'eux : Mary, Victoria, Emmanuella, moi, Elizabeth, Mahina, Luna, Ginny, Sandra, Abigail, Amanda, Amy, Olivia, Tania et Caitlin. A l'autre : Kingsley, Severus, Jack, Charlie, Valérie (oui, je sais, c'est une femme), Bill, Quentin, John, Andrew, Nicolas, Aurélien, Xian, Peter, Steve et Nathan. En face d'eux : Nymphadora, Andréa, Isabella, Sarah, Mina, Fleur, Cécile, Kelly, Hilary, Katherine, Diana, Natasha, Jessy, Angela et Urielle. Et puis quelque part dans le jardin, protégés par une bulle de protection invisible, il y a tous les enfants.
J'ai pris une heure à faire cette liste. Personne n'était décidé à m'aider, même pas Simon (oui parce qu'on pourrait croire que monsieur est le genre de petit ami qui fait ce genre de choses pour faire plaisir mais PAS DU TOUT), j'ai donc dû chercher qui viendrait avec qui, qui sortait avec qui, qui voulait que qui vienne, tout ça en faisant attention à ce que le nombre d'invités soit raisonnable, qu'on puisse encore appeler ça 'une petite fête d'anniversaires triples'. Et le pire, c'est d'appeler les personnes qui sont toujours émerveillées à l'idée de nous rencontrer, et ça c'est pas la famille ou les amis, non, c'est les amis des amis (qui sont censés être nos amis !) : « Bonjour, Hermione Granger à l'appareil. » - « Granger ? Comme la Granger de Ron Weasley d'Harry Potter ? » - « Granger comme Hermione Granger, oui. » - « Oh mon Dieu ! » - « Je vous appelle pour savoir si, suite à l'invitation, vous viendrez ? » - «… Hermione Granger, au téléphone… » - « Si l'envie vous prend de venir, vous pouvez me rappeler d'ici une heure au plus tard. » - « Oui oui, miss Granger… » Et là je raccroche, et quand la personne passe au-dessus du choc occasionné par… Ben moi, elle rappelle, et le pire c'est que souvent, cette personne est sympa, ou même intelligente, mais j'ai décidé de ne pas essayer de comprendre ce qu'il se passe dans la tête des gens autres que mes patients.
Bref. N'ayant personne en face de moi pour l'instant, je regarde les autres qui eux, ont quelqu'un en face d'eux (sauf Sandra et Abigail, respectivement les petites amies de Fred et George, qui elles non plus n'ont personne en face d'elles), et c'est à ce moment-là que je croise le regard de Drago. On se fait un demi-sourire imperceptible, le genre de sourire qui ressort seulement quand on a vécu une séance de moquerie ensemble, et il se remet à parler à Stephan. Ce qui, précisons-le, n'a rien de rassurant du tout.
- Drago, je suis sûre que tu as une influence horrible sur mon petit frère. Déclarai-je en les ayant regardés quelques secondes. Le sourire moqueur de Stephan, qui est d'habitude débordant d'innocence malgré la moquerie, ben il ressemble de plus en plus à celui de Drago.
- Eh bien dis-lui ! Réplique-t-il en se tournant vers moi.
N'ayant pas envie de crier pour que Stephan puisse m'entendre, je tapote l'épaule d'Elizabeth.
- Dis Liz', tu veux bien dire à Stephan que je suis sûre que Drago a une mauvaise influence sur lui ? Demandai-je, interrompant très poliment sa conversation avec Mahina qui de toute manière commençait à reporter son attention sur le visage (tellement parfait, avouons-le) de Stephan.
- Stephan, Hermione me dit de te dire que ton voisin de gauche a une mauvaise influence sur toi.
Stephan tourne la tête vers moi, avant de dire quelque chose à Drago que Drago me transmet ensuite :
- Le mioche (Stephan le frappe) te demande si en plus de ne pas pouvoir parler aux inconnus avec des sucettes, il ne faut pas parler non plus au meilleur ami du petit ami de sa grande sœur.
Liz', qui suit notre conversation avec attention (précisons qu'elle n'a pas le choix, puisque Stephan et Drago sont 'à fond dedans', et que Mahina a été interpelée par Luna), est déjà prête à rejouer le hibou :
- Hermione dit qu'il faut éviter les inconnus aux sucettes et les jeunes Serpentard de 25 ans aussi pervers que ces inconnus !
Drago me regarde à moitié indigné tandis que Stephan et Lizzie éclatent de rire.
- Tu viens de me blesser au plus profond de moi-même. Dit-il, très sérieux.
- Tu veux dire à la place où aurait dû se trouver ton cœur si t'en avais un ? Répliquai-je.
- Va te… !
Et il est interrompu par une coupure de courant. Ou ce qui ressemble à une coupure, parce que les lumières se rallument rapidement. Et s'éteignent à nouveau. Et se rallument. Et se ré-éteignent. Et se rallument. Comme ça jusqu'à ce que Bill dise :
- Frérots, c'est quand que vous grandirez enfin ?
Et là on se rend tous compte que les jumeaux sont en effet en train de s'éclater avec les lumières, et qu'ils ne s'arrêtent d'ailleurs pas pour déclarer :
- Disons à 30 ans. En attendant, vous devez supporter cet acte puéril encore 37 secondes avant qu'il ne soit minuit.
Et je me rends compte que c'est Simon qui rallume tout le temps les lumières, sûrement conscient que s'il ne le fait pas, un des deux jumeaux le fera quand même pour que l'autre puisse continuer à les éteindre. Alors nous tous, de 17 à je ne sais pas quel âge a Severus (je m'habitue à l'appeler par son prénom), restons assis à regarder les lumières, les gens capables de lever un seul sourcil le font, les autres se contentent de lancer le regard qui accompagne si bien le sourcil levé, et nous attendons qu'ils arrêtent. Et moi je compte le nombre de fois qu'ils éteignent les lumières (exactement 88 fois), et à deux secondes de minuit, je transplane à côté de Simon et l'embrasse à minuit pile, acte à la fois beau et très niais, qui fait que nous restons tous dans le noir puisque Simon est trop occupé pour rallumer les lumières.
- Allez vous payer une chambre ! Fait Severus comme répugné lorsqu'un des jumeaux rallume les lumières.
- J'allais dire exactement la même chose ! Dit Drago en regardant son parrain. Et là ils échangent le regard : Je suis trop fier de t'avoir comme parrain/filleul, qui, s'il ne venait pas d'eux, serait au moins aussi niais que mon acte. Oui, seulement s'il ne venait pas d'eux, parce que je vous assure, Drago peut dire/faire n'importe quoi, il ne débordera jamais de niaiserie. Et Severus ? N'en parlons pas. C'est injuste. C'est un truc que Drago aurait dû m'apprendre quand il jouait les profs !
- C'est mon anniversaire ! Argumente Simon.
- Oui, c'est son anniversaire ! Répétai-je, parce que c'est un excellent argument.
- Joyeux anniversaire, mon BF. Tu sais que je t'aime. Plus que moi-même, même. Vous voyez ! Pas une seule trace de niaiserie ! Maintenant, allez dans une chambre quoi.
Nous levons les yeux au ciel, je retransplane à ma place, tandis que les jumeaux et Simon se retrouvent quelque part au milieu de la salle, et tout le monde se met à chanter, vous savez bien, « Happy birthday to youuuuuuuuuuuu, happy birthday to youuuuuuu, happy birthday to Simon, Fred & George…» (Essayez de prononcer ça !) «…happy birthday to youuuuuuu ! » et ensuite les trois hommes vont s'asseoir.
- Alors ? Je t'ai manqué ? Me demande-t-il.
- Ah, le but était que tu me manques ? Sourie-je.
- Tss ! Fait-il avant de demander : Bon, c'est quand qu'on mange ?
* Oh, t'es tout comme Ron ! *
- Ouais, je me posais exactement la même question ! Approuve son meilleur ami.
Je regarde ma montre avant de dire :
- Maintenant.
Et les plats apparaissent sur les tables, vous savez, comme à Poudlard, et les hommes regardent la nourriture comme si c'était la femme de leur vie, et les femmes se retiennent de faire de même, et se moquent des hommes d'ailleurs, dans le genre « Estomac sur pattes ! » alors qu'elles ne sont pas mieux, et moi je me retiens de rire, avant de me servir à mon tour, parce que oui, moi aussi j'ai faim !
Un quart d'heure plus tard, toujours dans le manoir d'Harry, dans la salle à manger.
- Drago ? Appelle Simon.
- Oui ? Répond le blond en continuant de manger.
- Tu me passes la salade ?
Oui, parce que les sportifs mangent de la salade !
- Tiens. Fait l'ex-Serpentard en lui tendant la salade, sans regarder Simon.
- Regarde-moi. Demande mon petit ami en cherchant le regard de son meilleur ami.
Je dois être la seule à entendre cette conversation, tout le monde étant occupé à parler, manger, boire.
Drago se tourne vers Simon avec une expression interrogatrice.
- Dans les yeux. Précise l'ex-Serdaigle. Arrête de fuir mes yeux.
Et je lève la tête (tête qui était baissée sur mon assiette) à temps pour voir le gris magnifique de Drago se plonger dans le bleu profond et sublime de Simon. Les deux couleurs se mélangent, le reflet des yeux de Drago est dans ceux de Simon et inversement. Et à ce moment-là, ils ont l'air d'âme-sœurs. Difficile à expliquer, en fait. On voit à quel point ils comptent l'un pour l'autre. Tout ce qu'ils représentent l'un pour l'autre. Ils ne font presque qu'un. Et là, je me dis que ce qu'il y a entre Simon et moi doit être minime face à eux. J'en suis presque jalouse.
- Tu me caches quelque chose. Déclare Simon après quelques secondes.
- En effet. Confirme Drago en tournant les yeux.
- Pourquoi ? Depuis quand ?
Une personne normale aurait demandé « Quoi ? », mais je remarque à l'expression indifférente qui vient de faire son apparition sur son visage que rien que de savoir Drago lui cache quelque chose suffit à le blesser. Ginny m'a raconté la réaction de Drago quand il s'est disputé avec Simon, le fait que Drago ait dit que leur amitié comptait plus que la nôtre. Et je me rends compte que c'est peut-être vrai ; si Harry me cachait quelque chose, ça ne me ferait pas mal, et Harry & moi nous sommes déjà proches à un point ! Mais Simon ne sourit plus, il est là, impassible, pas froid parce que ça se remarquerait, et ses yeux bleus sont… Eh bien je ne les vois pas, je ne fais que les imaginer.
- Pas mal de temps. Répond Drago, finalement.
- Pourquoi ? Répète Simon.
- Parce que. Le Malefoy n'essaie même pas de répondre.
- Stephan le sait ?
- Non.
- Tu allais ou vas lui dire ?
- Oui.
- Tu avais l'intention de me le dire ?
- Non.
Silence. Souffrance. Des deux côtés. Ca fait autant mal à Drago de répondre qu'à Simon d'entendre la réponse. Et je le sais, parce qu'ils masquent. Ils m'ont appris à masquer alors je sais quand ils masquent. Et je sais quels sentiments ils masquent. Et je n'aime pas ça. Je remarque que les gens ont presque fini de manger, ce qui permettra – Hallelujah – de mettre fin à cette conversation. Les deux hommes se sont remis à manger. Le « Quoi ? » est sûrement pour plus tard, en privé. Et je me demande ce que Drago cache à Simon. Ca doit être quelque chose d'important. Quelque chose de si fort que Simon pouvait en percevoir l'existence (sans arriver à savoir ce que c'est) rien qu'en le regardant dans les yeux. Quelque chose de grave, sûrement. Assez grave pour que le Serpentard brise une de leurs promesses 'On se dira toujours tout'. On dirait un vieux couple. Ils sont un vieux couple. Et Drago n'a pas tenu sa promesse.
- Simon, c'est ton anniversaire ! Lui dis-je pour le sortir de ses pensées.
- Je sais. Sourit-il faiblement. Juste sa bouche. Pas ses yeux. Et mon meilleur ami me cache des choses.
- Harry me cache sûrement des choses aussi ! Affirmai-je avant de chercher confirmation : Harry ?
- Oui ? Répond celui-ci.
- Tu me caches plein de trucs, non ?
- Plein… C'est vite dit ! Fait-il, songeur.
- Mais ce que tu lui caches, ce sont des trucs de mec ou de couple, non ? Demande Simon. Pas des choses importantes sur toi ?
- Juste des trucs de mec, en fait. Elle aurait droit aux détails de ma vie de couple si elle voulait ! Sourit mon meilleur ami.
Il ne demande même pas pourquoi on lui pose des questions pareilles. C'est ça quand on vit avec Luna ; les questions bizarres sortent de nulle part et on trouve ça quasi normal.
- Voilà. Soupire Simon en se tournant vers moi tandis qu'Harry poursuit sa conversation avec Victoria. Juste des trucs de mec.
- Peut-être que Drago ne te cache pas quelque chose d'important… ? Essayai-je de le calmer.
- Oh, oui. Il a eu un vilain bouton sur le menton hier soir et comme il ne voulait pas que je le sache, il m'a évité du regard toute la soirée, et lorsque je lui ai demandé de me regarder, il a sorti toutes ses défenses mentales avant de me regarder dans les yeux. Ironise-t-il.
- Je n'ai jamais de boutons. Et je n'ai pas eu le temps de sortir toutes mes défenses, si ça avait été le cas, tu n'aurais même pas su qu'il y avait quelque chose. Contredit Drago. On avait oublié qu'il était juste à droite de son… meilleur ami.
- Eh ben la prochaine fois que tu veux cacher quelque chose, fais-le, mets toutes tes défenses. Au moins tu seras bien protégé de moi, de cette promesse débile – qui était ton idée – de tout se dire. La prochaine fois, fais-le bien au moins. Réplique Simon d'un ton sec et d'une voix basse.
- Ce n'est pas un choix ! Se défend son voisin de droite.
- Ah ? Quelqu'un te retient enfermé avec une baguette pointée sur toi pour que tu ne puisses pas parler ? Non attends… T'es juste à côté de moi et tu me parles !
Je sais que ce n'est pas le bon moment pour y penser, mais Simon est quand même bon en ironie, franchement !
- Tu vas me piquer une crise parce que je ne t'ai pas dit une chose sur moi ? Demande Drago, sarcastique.
- Je vais te faire une crise pare que tu oses me reprocher de te laisser tomber alors que tu ne me racontes pas des choses que je suis censé savoir.
- Je te protège, Simon. Dit le blond, très sérieux tout d'un coup.
- Eh bien arrête.
- D'accord. Murmure-t-il avant de regarder Simon dans les yeux.
Et les masques disparaissent. Les expressions changent, de la peur dans le regard de Drago, un étonnement sincère s'installe sur le visage de Simon. Suivi par de la tristesse. Ensuite l'impassibilité refait son apparition sur les deux visages. Et mon petit ami murmure choqué, alors que tout le monde commence à se lever pour danser :
- Oh Drago…
