Pov Bella

Lucius s'approcha de moi pour me couvrir tandis que je remarquai qu'en effet il y en avait beaucoup plus qu'au départ. Qui est ce qui m'a foutu une poisse pareille ? Très bonne question… Je regardai ces créatures à forme humaine et elles me rendirent mon regard. On était mal barrés. A qui le dis-tu ? A Lucius, bien sûr.

_ Lucius, dis-je avec conviction.

_ Humm…

_ Et si je te disais qu'on partage, tu me répondrais quoi ?

Il haussa un sourcil en ne quittant pas nos adversaires des yeux.

_ Je dirai « Plutôt oui que non, gente demoiselle ». C'est satisfaisant ?

Je souris.

_ Oh oui.

Et la bataille commença.

Dos à dos, Lucius et moi tournoyions au milieu de tous. Chaque attaque à notre encontre était parée et renvoyée au lanceur. Je combattais avec tout mon corps comme arme, en plus de ma magie. Le tout, en tuant sans magie. Non, je me contentai de me défendre magiquement, et d'attaquer tout autrement. J'étais en mode chasseuse, et je prenais mon pied. Mes mains déchiquetaient toute chair qui les rencontrait, et mon camarade en faisait autant. Un cri de guerre s'échappait de temps en temps d'entre mes lèvres qui, j'étais sûr, s'étiraient en un sourire sauvage. J'en étais à mon énième lorsque j'entendis un bruit de course. Je laissai s'échapper un juron d'entre mes lèvres et décidai de vite en terminer. Lucius me toucha le bras et je tournai la tête vers lui. Il me montra des doigts la direction du bruit et je haussai les épaules. Je brisai la nuque au dernier chasseur qui était à mes trousses, tandis que les Cullen pénétraient dans cette partie de la forêt.

_ Voyez-vous, cela. Des gentils vampires qui n'ont rien trouvé de mieux que de sortir de chez, un jour de soleil.

_ Humaine, grogna la blonde.

_ Raté, souris-je.

Ma langue lécha le sang qui goûtait sur ma joue. Sang qui ne m'appartenait pas, bien évidemment. Ces pauvres personnes n'auraient même pas pu rêver ne serait-ce que m'effleurer. Ce n'est pas ce que tu disais il y a quelques minutes. C'est pour créer un effet dramatique, tu sais bien. Mais oui… Je marchai vers la pauvre vampire qui avait décidé de grogner encore. Lucius laissa échapper un rire narquois lorsque son mari apparut devant moi. J'invoquai le feu et lui demandai de bruler les cadavres, sans cesser d'avancer.

_ Je ne suis pas humaine, vous voyez, dis-je leur montrant le feu.

Il grogna en retour et Rosalie me regarda, l'air supérieur. J'éclatai de rire. Elle était vraiment inconsciente.

_ Écoute-moi bien, vampirella. Dis à ton toutou de se mettre hors de mon chemin ou mon feu brulera deux sortes de cadavre, ce soir.

Et oui, la nuit était tombée. Pour ce que ça changeait… Le patriarche, un docteur à ce que j'avais entendu, avança les mains en l'air, en signe de paix.

_ Excuse-les, nous ne vous voulons aucun mal, ni à vous, ni à votre ami, dit-il d'une voix douce.

Dis, depuis quand les vamps deviennent docs ? Qu'est-ce que j'en sais, moi ? Et puis, c'est son problème, pas le mien. Ce n'était pas comme si j'incarnais le bien. Moi, tout ce que je voulais, c'était qu'on me laisse tranquille. No Comment. Tout à fait… Quoi qu'il en était, Carlisle attendait une réponse. Je haussai les épaules.

_ Que faîtes-vous, là ? demandai-je.

Alice, la petite brune apparut devant moi, à son tour, en souriant ?

_ On chassait, chantonna-t-elle. Lorsqu'on a entendu le bruit d'une batail. Alors, on est venu voir.

_ Ah…

Lucius marcha vers moi, puis me tapota les épaules. Je le regardai, l'air déstabilisé.

_ Je te comprends, dit-il.

_ Tu as vu ? Elle sourit. Et L'autre, c'est un doc.

Il hocha la tête avec compassion.

_ Mais où est-ce que je suis tombé ? m'écriai-je.

_ Ça, ce n'est pas de ma faute. C'est toi qui as choisi d'emménager dans ce trou perdu.

_ Mais, je voulais juste des vacances, moi.

Il m'attira dans ses bras, tout en tapotant sur mon dos.

_ Tu devrais savoir que les vacances, quand tu fais ce métier, sont presque impossibles.

Je relevai la tête vers lui et remarquai qu'il souriait. Je me dégageai et levai les yeux au ciel.

_ Est-ce de ma faute, si je suis née dans cette famille de fou ?

Il haussa les épaules, encore, comme le français qu'il était tandis que je le fusillais des yeux. Un raclement de gorge me fit me tourner et je croisai les yeux du blondinet qui avait toujours l'air de souffrir. Mais qu'est-ce qu'il a, lui ?

_ Dis, tu as quoi ? lui demandai-je.

_ Moi ?

Il avait l'air surpris que je m'adresse à lui.

_ Oui. Tu as toujours l'air de souffrir, dis-je simplement.

_ C'est que tu sens bon…

Je fronçai les sourcils.

_ Oui, mais les autres n'ont aucun mal à… Oh… d'accord, compris-je finalement.

Je reniflai l'air et me tournai vers Lucius.

_ Il est empâte.

Encore un hoquet. Je regardai Jasper cligner des yeux. Je souris en le voyant perdre ses moyens. Je sens que je vais adorer la suite de la discussion.

_ Tu ne trouves pas qu'il est mignon, demandai-je à mon compagnon.

_ Oui, et ses cicatrices ajoutent à son charme, répliqua-t-il.

_ Tout à fait, me récriai-je. Dis, Jasper. Quel était la couleur de tes yeux quand tu étais humain ?

Il cligna des yeux, encore. J'eus un sourire suffisant. Dis donc, tu adores tourmenter les gens, femme cruelle. Hey, protestai-je. Jasper n'est pas un gens. Ah, oui ? Oui, c'est un vamp. Ah…

_ Gris, dit-il finalement.

Je rejetai la tête en arrière en demandant :

_ Comme ce ciel ?

Il m'imita puis secoua la tête.

_ Translucides…

J'applaudis, l'air excité.

_ Oh… ça devait être beau, n'est-pas, Lucius ?

_ Parfaitement, Bella.

Je sentis les regards de tous les vampires sur moi mais décidai de tourner la tête vers la personne avec qui je n'avais pas encore parlé.

_ Dis, pourquoi Alice n'a pas l'air jaloux ?

Esmé me sourit et me répondit d'une voix douce, elle aussi :

_ Parce qu'elle a confiance en son mari.

_ Ah… Dommage, c'aurait été marrant de la tourmenter, un peu.

_ Pourquoi parles-tu de moi comme si je n'étais pas là ? demanda Alice, toujours souriante.

Elle osa même venir m'enlacer en me disant qu'on serait bonnes amies ? Je haussai les épaules, en bonne imitation de Lucius et tournai les talents.

_ Au revoir, Jasper, souris-je.

Rosalie paraissait perplexe et son mari souriait. Carlisle et Esmé avaient l'air bienveillant. Alice me souriait toujours et Jasper ne savait que faire. Je m'arrêtai et croisai les bras devant ma poitrine.

_ Pourquoi tu ne réponds pas ?

_ Au revoir ?

_ Tu voix que tu peux y arriver…

Qui aurait cru que j'aurai sympathisé avec des vamps ? Personne. Et pourtant… Enfin, Lucius et moi partîmes, laissant les Cullen, comment dire, déstabilisés.

Pov Alice

Je la regardai partir en me demandant pour quelle raison elle me paraissait si familière. Pourquoi savais-je qu'elle et Edward seraient ensemble ? Et pourquoi étais-je intéressée par ce fait ? Peut-être était-ce parce que je peinais à la voir nettement ? Parce qu'elle était floue… Je haussai les épaules et me tournai vers ma famille en ressentant toujours cet étrange manque. En soupirant, j'entrepris de me diriger vers la Villa, Jasper à mes côtés, entrain de ruminer. Je souris d'avantage et me retins d'applaudir. Cette fille avait réussi à lui faire perdre son sang froid. Elle avait réussi à le faire se comporter comme avec moi. Je l'adorais déjà. Et puis, elle avait tenu tête à Rosalie, qui en était stupéfaite. Mm, elle sera bonne pour notre famille.

_ 'Lice, murmura-t-il à mon oreille.

_ Humm ?

_ Tu es encore plus pleine d'énergie que d'habitude…

Je tournai la tête vers lui et m'avançai, l'acculant contre un arbre.

_ Dites donc, mon Major. Vous venez de trouver un nouveau partenaire de jeu, que ressentez-vous ?

Il m'envoya une vague de joie, d'incompréhension et d'impatience. Je souris juste avant de l'embrasser tendrement, en lui envoyant une vague d'amour et de désir. Il gémit doucement et releva la tête, me regardant dans les yeux.

_ Savez-vous, Mrs Withlock, que vous m'avez extrêmement manqué, ces dernières heures ?

_ Et qu'allez-vous faire pour y remédier ? souris-je.

Il sourit à son tour et me susurra :

_ Beaucoup de choses, beaucoup…

Pov Bella

Je me jetai sur mon lit après m'être dénudée. Je soufflai un bon coup et bondis vers la salle de bain. J'entrai dans le douche et laissai l'au chaude couler sur mon corps, en fermant les yeux. Je savais d'expérience que l'eau d'abord rouge, se diluerait peu à peu pour redevenir pure, tout comme mon corps. Je soupirai d'aise et me laissai aller contre le mur. Une demi-heure plus tard, j'en ressortis lavée et sentant le chocolat. ? Et quoi ? J'avais le droit de me laver avec le savon que je voulais. Et toc, elle était sans voix. Je m'entourai d'une serviette et entrepris une danse de la victoire. Après quelques secondes pendant lesquelles je me sentis très ridicule, je revêtis un bikini qui cachait plus ou moins mon corps et me dirigeai vers la piscine extérieure.

_ Tu vas nager.

_ Oh, tu l'as remarqué, raillai-je.

Il eut un petit rire et s'avança vers moi. Il posa un doigt sur la ficelle de mon haut et commença à jouer avec. Je haussai un sourcil interrogateur.

_ On va jouer au strip-vérité. Je te poserai quelques questions, et soit tu réponds, soit tu te dépouilles de tes vêtements. Je te laisse le choix.

_ Et je peux savoir pour quelle raison, j'accepterai de jouer avec toi ?

Un sourire sournois se dessina sur ses lèvres.

_ Parce que sinon, j'irai venger l'honneur que ton « humain » a froissé. Et crois-moi, là je ne me retiendrai pas.

Je clignai des yeux. Waw. Je secouai la tête devant tant de bêtises. Mais j'acceptai quand même.

_ Quel est ta relation avec lui ?

J'ouvris la bouche et la refermai, plusieurs fois de suite. Quiconque m'aurait contemplé aurait vu ma ressemblance frappante avec un poisson rouge tout à fait idiot. Non, tu crois ? Une fois que j'eus recouvert un peu de maitrise, et la parole, je répondis :

_ Inexistante.

Son doigt descendit vers le bas de mon sein droit, en une caresse lente… douloureuse de par cette même lenteur. Je rejetai la tête en arrière en pensant que j'étais fichue. Il empoigna le tissu et me regarda outrageusement.

_ Il me semble que j'ai oublié, de te dire que si ta réponse était insatisfaisante, elle serait comme inexistante, se moqua-t-il.

_ Lucius, dis-je outrée.

_ Par quoi devrai-je commencer ? Par cette jolie culotte qui n'a de « culotte » que le nom…

Son doigt descendit encore jusqu'à toucher mon intimité à travers le tissus - je hoquetai- pour remonter vers mes seins.

_ … ou par ce bout de tissus qui couvre à peine ta peau.

J'écarquillai les yeux en regardant Lucius comme si c'était la première fois que je le voyais. Je l'empoignai par les épaules et le plaquai contre le mur le plus proche.

_ Qui es-tu ?

_ Mais voyons, tu ne me reconnais pas ? Je suis Victor.

_ Victor ?

Quelqu'un fit du bruit derrière moi. Je me retournai pour croiser des yeux bleu de glace.

_ Lucius ? m' écriai-je. Que… ?

Je tournai la tête vers la personne que j'avais plaquée contre le mur puis la retournai vers Lucius. Mais qu'est-ce qui se passait, bon dieu ? Tu crois vraiment qu'il va te répondre ? Oh, c'est bon. Méchante.

_ Tu viens de rencontrer mon frère jumeau à ce que je vois, soupira-t-il.

_ Ton… quoi ?

_ Frère jumeau, compléta-t-il.

_ Tu as un frère jumeau. Mais… pourquoi ?

Il écarta les mains, paumes vers le ciel, puis haussa les épaules, encore.

_ Lorsque tu rencontreras Dieu, au cas où tu le ferais, demande-le lui.

Je soupirai longuement et laissai tomber mes bras, juste avant de faire se rencontrer mon poing et le visage de « Victor ». Je souriais niaisement pendant que son sang coulait. Et beaucoup moins, lorsque le sang se tarit et que la blessure disparut.

_ Dommage que ça n'a pas duré plus longtemps.

Victor sourit et parvint même à s'esclaffer. Hein ? Et pourquoi est-ce qu'il rit alors que je viens de lui envoyer un poing de toutes mes forces ? Euh… presque toutes mes forces. Bon Dieu, pourquoi moi ? Tu devrais te faire une raison. Il ne te répondra pas. Je soupirai en secouant la tête. Il fallait vraiment que je pense à consulter. Oh, oui. Fais-ça. Je ne veux plus être coincée dans ta tête, c'est trop effrayant là-dedans. Dis donc. Je dis ça, je ne dis rien… Je préfère ça.

_ Bells ? Tout va bien ?

_ Non, et puis comment cet imbécile qui te sert de frère, a-t-il su ce qui c'était passé alors qu'il n'était pas là ?

_ Nos esprits sont plus ou moins reliés, sauf quand j'arrive à protéger le mien. Ce que je n'arrive pas à faire quand je suis tout concentré à autre chose…

_ Ah…

Je regardai Victor qui m'envoya un baiser volant. Mon dieu, ce que ma vie craint. Oh, ça tu peux le dire.