Chapitre 10 – Quatrième jour

(4ème partie)

Encore une fois, un gros gros merci à tous mes fidèles lecteurs et surtout à toutes vos reviews qui me font un immense à plaisir à les découvrir et à les lire…

Voici le chapitre 10… Bonne lecture et n'oubliez pas mes petites reviews…

Libérant une de ses mains, Booth dégaina rapidement son arme.

- Si vous approchez, Baron, je serai obligé de faire usage de mon arme, grogna-t-il en pointant le canon sur le médecin.

- Papa, arrête, je t'en supplie! cria Kate en pleurant. C'est moi qui aie tué Harry et Karl. C'est MOI !!!

- Non, tu es folle, ce n'est pas toi, tu délires, c'est cette femme du FBI, je le sais !!!

Le cœur plein de rage, Booth maintenait toujours son arme braquée sur Baron. Ses doigts avaient blanchis sur la crosse et son index caressait la gâchette.

- Baron, je vous demande de bien vouloir reculer et de calmer cette foule en délire, je dois sortir.

- Non non, vous n'emmènerez pas ma fille, elle n'ira pas en prison! Jamais ! Je vais vous tuer, salopard !

Cette fois-ci, le médecin chargea sur lui comme un taureau, tout en sortant une arme de sa veste. Il pointa son flingue droit devant. Il allait tirer.

Kate cria quand elle entendit la détonation résonner à ces oreilles. Elle hurla quand elle vit son père tomber au sol, une balle dans l'épaule.

- PAPA !! PAPA !!!

Elle se précipita vers lui, entraînant Booth dans son sillage alors qu'il n'avait pas lâché les menottes. Il rangea son arme dans son holster d'épaule, puis sortit tout aussitôt son téléphone portable.

- Ici, l'agent spécial Seeley Booth ! Envoyez-moi tout de suite une ambulance au motel-café de Bellefleur. Blessure par balle au niveau de l'épaule pour un homme. Crise de nerfs pour une jeune fille enceinte. Suspectée de meurtre. Dépêchez-vous !

Il raccrocha et tira Kate pour la faire asseoir sur une chaise afin de l'attacher avec ses menottes. Puis il se dirigea vers Baron qui gémissait en se tenant l'épaule.

- Baron, je vous arrête pour tentative d'assassinat sur un agent fédéral et entrave à la justice. Tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous devant une cour de justice.

Il sortit une seconde paire de menottes et les glissa autour des poignets grassouillets du médecin qui grogna quand il les referma. Il se tourna vers la serveuse.

- Donnez-moi des serviettes ! cria-t-il à son intention.

La jeune femme se précipita vers lui avec quelques torchons propres qu'il appliqua aussitôt sur la blessure de l'homme. Celle-ci saignait abondamment, mais n'était pas mortelle. Il serait bon pour une opération et une immobilisation tout au plus. Puis il irait en prison, avec sa fille.

- Ne bougez pas, Baron, les secours arrivent.

- Je vous hais, agent Booth, vous et votre petite copine ! Vous avez détruit ma famille !

- Ca suffit, Baron, je n'ai pas détruit votre famille. Si vous aviez été à l'écoute de votre fille, tout ça ne serait pas arrivé.

Baron se mit à pleurer, accompagnant sa fille qui gémissait maintenant, le visage contre sa poitrine.

Booth sortit du café et la foule, tout à l'heure en délire, s'était tue et s'effaça pour le laisser passer. Il poussa un profond soupir de soulagement. L'affaire était terminée et Bones serait bientôt libre et lavée de tout soupçon. Ils pourraient enfin reprendre leurs vacances, cette fois-ci, encore plus méritées qu'auparavant.

Il sortit son portable et appela le shérif Baxter.

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Temperance avait fini par s'allonger sur le grabat, malgré les quelques cafards qui couraient sur la couverture. Elle les avait chassé d'une main lasse et s'était allongée, les yeux fixés au plafond, perdues dans des pensées confuses, voyant l'avenir en noir, dans une prison fédérale, avec d'autres femmes meurtrières.

Sauf que elle, elle n'était pas une meurtrière. Jamais elle ne l'avait été et jamais elle ne le serait.

Elle tenta de résister au sommeil, mais à chaque seconde qui passait, ses paupières se faisaient de plus en plus lourdes. Dans une dernière tentative d'échapper au sommeil, elle pensa à Booth qui avait disparu et qui ne donnait plus aucun signe de vie. Son partenaire qu'elle aimait. De tout son cœur et de toute son âme.

Quand enfin ses yeux se fermèrent complètement, elle entendit une sonnerie de téléphone résonner quelque part, derrière la porte blindée, puis elle sombra dans le sommeil.

- Bones ! Bones ! Réveille-toi !

La voix douce parlait à son oreille tandis qu'une main ferme agitait son bras. Elle ouvrit lentement les yeux pour découvrir Booth, un grand sourire sur les lèvres.

Depuis combien de temps je ne l'ai pas vu sourire comme ça ? pensa-t-elle en émergeant lentement du sommeil.

- Booth, pourquoi souris-tu bêtement comme ça? Je sais que je suis toujours mal coiffée quand je me réveille. C'est pas une raison pour te fiche de moi.

Machinalement, elle glissa une main dans ses cheveux pour y remettre un peu d'ordre. Soudain, elle sursauta.

- Mais où est-ce que tu étais passé ? Le shérif t'a cherché partout, tu étais introuvable! Qu'est-ce que tu fichais, bon sang ?

- Je travaillais, chère partenaire. Qu'est-ce que tu t'ais imaginé ? Que je t'avais abandonné ?

- Non non… je ne sais pas… En fait, je n'ai pensé à rien en particulier. Simplement, je me suis demandé où tu étais, c'est tout. Alors ?

- Alors quoi ?

- T'étais où ?

- Je discutais avec la meurtrière de Harry Johnson et Karl Foster.

- Ah bon, oui, donc tu travaillais.

Puis réalisant soudain ce que venait de lui dire son partenaire.

- Quoi ? Tu as trouvé le meurtrier ? s'exclama-t-elle en se levant vivement de son grabat.

- Hé oui, fit-il tout fier de lui. Elle est sous les verrous et son père avec.

- Elle ?

- Oui, elle. La meurtrière qui t'a mis toute cette affaire sur le dos n'est autre que la fille de Steve Baron, Kate.

- La jeune fille que nous avons aperçue l'autre soir sur le parking ?

- Elle-même en personne.

- Qu'est-ce qui s'est passé exactement ?

- Oh, Bones, c'est une longue histoire et si tu veux bien, je te la raconterai plus tard, au coin du feu. Pour l'instant, tu es libre et on va sortir d'ici en quatrième vitesse, si tu vois ce que je veux dire.

- Je suis libre ?

Temperance avait dit ça comme si elle n'y croyait pas.

Libre? Je suis vraiment libre, libre de vivre enfin mes vacances ! Seigneur, que c'est bon d'entendre ça !

- Libre comme l'air. Alors, si tu veux bien te donner la peine…, dit-il avec un grand sourire tandis qu'il lui montrait la porte de sortie.

- Toute la peine que tu veux, dit-elle en souriant à son tour.

Ils sortirent sur le perron du poste de police et se trouvèrent nez à nez avec le shérif Baxter qui surveillait de près les allées et venues de ses hommes qui ramenaient les deux prisonniers.

En apercevant la jeune fille, Temperance ne put s'empêcher de l'interpeller.

- Mademoiselle, pourquoi avez-vous fait ça ? Tuer ces hommes et me faire porter leurs meurtres ?

Kate la fixa avec des yeux mouillés et écarquillés.

- Je… je suis désolée…

Ce fut tout ce qu'elle trouva à répondre à Temperance. Le policier la poussa en direction de la cellule que Temperance venait de quitter.

- Viens, dit Booth en posant une main sur son dos. Rentrons à l'hôtel. Nous n'avons plus rien à faire ici.

- Un instant!

Se retournant, ils découvrirent l'agent Scott qui se tenait là, les mains sur les hanches et les fixant d'un air ironique.

- Mlle Brennan, où partez-vous donc si vite ? Nous n'en avons pas terminé, tous les deux.

- Je…, commença Temperance, mais Booth l'arrêta aussitôt en posant une main sur son épaule.

- Laisse-moi faire, Bones, maintenant c'est entre lui et moi. Va m'attendre dans la voiture.

- Mais Booth, je…

- S'il te plaît, fais ce que je te dis. J'arrive tout de suite. Allez, va, dit-il avec un sourire.

- Je ne…

Il pencha la tête sur le côté en soulevant les sourcils, son petit sourire ne quittant pas ses lèvres.

- OK OK, j'y vais !

Après un dernier regard à Scott, elle tourna les talons et quitta le poste de police en poussant un gros soupir. Enfin, cette affaire était terminée. Elle allait pouvoir reprendre le cours de ses vacances.

Elle passa une main lasse sur son visage, puis l'offrit au soleil qui chauffait déjà l'atmosphère de ces doux rayons. Ca la changea de l'air humide de la cellule. Elle se dirigea vers le 4x4 de Booth et s'y installa, laissant décompresser son corps et son esprit.

Malgré tout, elle se remit à penser à la jeune fille qui avait tué ces deux hommes. Pourquoi avait-elle fait ça? Elle est si jeune. Elle avait toute la vie devant elle. Et pourquoi l'avait-elle fait accuser ?

C'était la question qui tarabustait le plus Temperance. Booth allait devoir lui expliquer tout ça en long en large et en travers. Elle ne retournerait pas à ses vacances sans une bonne explication. Après, son esprit serait complètement apaisé.

Elle ferma les yeux et se laissa prendre au bonheur de se sentir libre.

Dix minutes plus tard, elle entendit la portière conducteur s'ouvrir. Elle ouvrit les yeux et découvrit son partenaire qui la regardait en souriant.

- On fait une petite sieste, Bones ?

- Je ne dormais pas.

- Si, tu dormais.

- Non, je ne dormais pas.

- Si.

- Non.

Puis ils éclatèrent de rire tous les deux. Ca y est, ils reprenaient leurs querelles. Tout était revenu comme avant. Comme au bon vieux temps.

- Et Scott ? demanda Temperance.

- T'inquiète pas, je me suis expliqué avec lui, il ne t'ennuiera plus. Le shérif non plus. J'ai tout réglé. Cullen s'y est mis aussi.

- Alors, il m'aime un petit peu, ton chef ?

- Un petit peu, oui.

- Alors, cette fois-ci, c'est bien terminé ? Vraiment terminé ?

- Complètement terminé. Tu peux te relaxer.

- Merci.

- De quoi ?

- De ce que tu as fait.

- Je n'ai rien fait. Kate a avoué spontanément.

- Tu ne l'as pas aidé ?

- Non.

Temperance pencha la tête en le fixant et en soulevant un sourcil.

- Bon, d'accord, je l'ai un peu poussé, mais gentiment, tu me connais.

- Oui, je te connais et je te crois. Tu sais être très persuasif.

- Ouais. Quoiqu'il en soit, tu dois oublier tout ça et reprendre le cours de ta vie et de ton travail. Et pour commencer, de tes vacances.

- Une dernière chose pourtant.

- Quoi? dit-il en soupirant.

- Qu'est-ce que t'as raconté Kate ?

- Bones… Cette affaire est réglée, oublie-là.

- Je veux savoir pourquoi elle m'a fait porter les meurtres.

- C'est une longue histoire.

- J'ai tout mon temps, je suis en vacances, Booth. Et toi aussi. Nous avons maintenant du temps libre, tous les deux.

- Ca veut dire que tu veux continuer tes vacances… avec moi ? demanda-t-il en se tournant vers elle.

Elle lui sourit.

- A ton avis? Je te dois bien ça, et puis je me suis habituée à ta présence.

- Vraiment ? Tu m'en vois ravi. Merci.

- De rien, c'est sincère. Maintenant, ramène-moi à l'hôtel, j'ai envie de prendre un long bain moussant, de me laver de tout ça ! Et après, je t'invite au restaurant ! «Le Petit Cabanon» sert toujours des gambas grillées ?

- Je veux, oui. Alors c'est parti. Accroche-toi, ça va déménager. Le Petit Cabanon, nous voilà !

Tandis que son partenaire se faufilait adroitement dans la circulation et qu'il tentait de battre les records de vitesse, Temperance repensa à la découverte de ses sentiments pour lui.

Devait-elle lui en parler ou, au contraire, se taire et continuer comme si de rien n'était ?

Elle était partagée entre les deux dilemmes.

Lui avouer ? Et si lui ne ressentait rien pour elle? S'il la voyait simplement comme une partenaire et rien d'autre? S'il se mettait à rire devant elle ? Elle serait mortifiée et vexée au plus profond d'elle-même et leur amitié ainsi que leur partenariat en prendraient un sacré coup.

Et si elle ne lui avouait rien, comment continuerait-elle à se comporter normalement face à lui ? Comment résisterait-elle ? Face à son sourire charmeur, à ses yeux sombres qui savaient la sonder jusqu'à son cœur, face à son allure sexy, face à ses lèvres, face à…

Si Angela était là, elle saurait la conseiller.

Angela… qu'est-ce que je dois faire ? Fais-moi un signe…

A suivre…

A votre bon cœur, un petit clic là, juste en bas… Bises