Peter, de son côté, s'activait et la cuisine ressemblait à un vrai champs de bataille. Une pile de pancakes bien chaude reposait dans une assiette et il avait mit les couverts. Il but une gorgée de scotch et à ce moment, on cogna à la porte d'entrée.
Le jeune homme fronça les sourcils. Qui pouvait bien passer à cette heure chez Olivia ? Bien sûr, il ne connaissait pas tout de sa vie. Peut-être était-ce une amie ou, Peter en eut un pincement au coeur, un homme qu'elle fréquentait.
Il alla ouvrir, et un homme lui fit face. La cinquantaine, un regard noir pénétrant, une casquette visée sur la tête, mais tout de même bien vêtu, l'inconnu se tenait devant lui, un peu surpris. Peter l'était tout autant, ses craintes confirmées. Non seulement Olivia fréquentait quelqu'un, mais elle n'avait pas choisit le plus laid, ni le plus jeune. La remarque qui lui passa à l'esprit le fit presque rire, mais le jeune homme ne montra rien et attendit que l'inconnu en face de lui se présente.
« Euh, je crois que je me suis trompé d'appartement, bafouilla-t-il. Est-ce qu'une Olivia Dunham habite içi ? »
« Qu'est-ce qui se passe, Peter ? » Une voix retentit au bout du couloir et ce dernier se retourna pour regarder Olivia s'approcher lentement. Elle était vêtue de son t-shirt de Northwestern, de pantalon de survêtement et ramené ses cheveux en un chignon lâche sur sa nuque. Des mèches s'en étaient échappées et avaient bouclées à cause de l'humidité qui régnait dans la salle de bain.
Peter ne pouvait s'empêcher de la trouver extrêmement belle, et sexy plus que jamais, malgré le regard interrogatif qu'elle avait. Il allait répondre à sa question, mais la jeune femme dévisagea aussitôt celui qui était à la porte. Dès qu'il s'était retourné vers elle, Olivia avait eu une expression distante et furieuse. On aurait dit qu'elle l'avait reconnue.
« Qu'est-ce que tu fais içi ? » Sa voix était froide, lointaine, comme jamais Peter n'avait pu l'entendre. Quelque chose qui lui fit peur et lui fit regretter d'avoir ouvert cette porte. Olivia s'avança d'avantage et sa voix se fit plus pressante, plus menaçante. « Comment oses-tu te pointer içi après toutes ces années ? Qu'est-ce que tu veux ?»
Le jeune homme comprit vite que l'inconnu qu'il avait en face de lui n'était pas une fréquentation ou un amant, mais bien le beau-père d'Olivia. Peter fit un pas en sa direction et celui-ci lui lança un regard menaçant. Ses yeux se tournèrent vers la jeune femme et il prit enfin la parole.
- Je voulais justement te revoir après toutes ces années, affirma-t-il d'un ton caressant. Voir ce que tu étais devenue. Mes cartes d'anniversaire ont toujours été sincères, belle Olivia.
Sa voix ne fût qu'un cri « Ne m'appelle pas comme ça ! » Elle se rua vers son beau-père, mais Peter lui bloqua le chemin en se mettant entre les deux. Une fureur sourde monta dans tout son corps et le jeune homme attrapa le cinquantenaire par le collet de son manteau.
Celui-çi aperçut la rage intense à travers son regard et réussit, par la force du désespoir, à s'échapper de son emprise. Il ne tenta même pas de défier Peter et s'enfuit en courant. Le jeune homme se retourna vers Olivia pour la rassurer et dire qu'il était partit pour de bon, mais il se sentit propulser contre la porte et il n'eût le temps de voir que la silhouette de la jeune femme détaler en courant.
« Olivia, ça ne sert à rien de le poursuivre ! » Mais elle était déjà sortit de l'immeuble et il savait très bien qu'elle n'abandonnerait pas alors qu'il était si proche d'elle. Tout ce qu'il pensa était d'appeler Charlie. Il trouva son cellulaire dans le fond de sa poche et composa le numéro de l'agent. Il saurait probablement quoi faire.
Alors qu'il décrochait, Peter lui expliqua rapidement la situation tout en quittant l'immeuble à la recherche d'Olivia.
« Écoute Charlie, je n'ai pas beaucoup de temps. Le beau-père d'Olivia est revenu à son appartement et maintenant, elle est à sa poursuite dans les rues de Boston. Ils sont tous les deux à pieds, mais je m'inquiète d'avantage de ce qu'elle lui fera si elle le rattrape.
Peter les vit plus loin touner à gauche sur une artère peu fréquentée.
- J'arrive, Peter. Dis-moi dans quelle direction ils sont partis.
Le jeune homme donna le nom de la rue qu'ils venaient d'emprunter. «Je les suis de près, mais fait vite Charlie. »
Ils raccrochèrent et Peter sentit une décharge d'adrénaline. Il se mit à leur poursuite et courut aussi vite qu'il le put. Il tourna à gauche, au bout de la rue et ne mit pas bien longtemps à les aperçevoir plus loin. Olivia était pieds nus, sans manteau, mais courait à une vitesse impressionnante. Peter en riait presque « Tu ne sais pas ce qui t'attend, mon cher, se dit-il. Ta belle-fille est maintenant agent du FBI; tu vas y goûter ! » Bien sûr qu'il la laisserait lui foutre une raclée, mais il avait peur de ce qu'elle ferait ensuite. Son revolver était toujours avec elle et il pensait qu'elle ne se gênerait pas pour s'en servir. Même si ça devait lui coûter sa carrière.
C'était cela que Peter voulait éviter. Qu'elle perde son emploi, et même pire. Il la vit faire un dernier sprint surréaliste et se jeter sur le dos de son beau-père, les projetant tous les deux sur l'asphalte. Elle était sur lui, le retourna et ne prit pas la peine de débuter une argumentation. Il se débattait comme il le pouvait, mais elle lui offrit son meilleur crochet du droit. Puis, une multitude de coups s'ensuivit. Des bras et des jambes entremêlés, du sang et des grognements.
Peter arriva près d'eux et vit Olivia, sa belle Olivia, pure, humaine et sensible, transformée en un être de rage et de fureur. Elle n'était plus que ça. Il fut tétanisé pour un moment. Jamais il n'avait vu autant de colère dans ses yeux. Il devait l'arrêter. Jamais elle ne s'en remettrait sinon. Elle était déjà allée trop loin, trop profondément dans sa part d'ombre, il fallait qu'il l'arrête avant qu'elle n'atteigne le point de non retour. Il l'agrippa par derrière et l'attira à lui. Elle poussa un hurlement et se débattit, prenant peu à peu conscience de la réalité.
« Arrête 'Livia, c'est moi. C'est Peter. Laisse tomber. »
Il la relâcha et la poussa plus loin. Il se retourna vers son beau-père et ne put s'empêcher de lui donner quelques coups de pieds. Alors qu'il s'apprêtait à le frapper de nouveau, il vit plus loin la voiture de Charlie stationnée près d'un dépanneur, l'agent toujours à l'intérieur du véhicule, attendant. Peter se pencha vers le beau-père d'Olivia, lui mit un bon coup de poing dans le ventre et parla rapidement et à voix basse afin que la jeune femme n'entende pas. « Tu ferais aussi bien de partir au plus vite, et ne revient plus jamais. » L'homme hocha frénétiquement la tête, se releva péniblement et partit en courant.
« Hey, ne le laisse pas partir ! » Olivia passa devant Peter en courant et ce dernier la retint. Il avait ses deux bras comme un étau autour de sa taille, mais elle se débattait avec force. « Peter, arrête ! Qu'est-ce que tu fais ? Pourquoi tu le laisses filer ? » Sa voix n'était que colère, ressentiment et un sanglot traversa tout son corps. Elle lui donna des coups de poings dans la poitrine, les yeux noyés de larmes de rage. Le jeune homme pencha la tête vers elle, et enfouit son visage dans ses cheveux. Son étreinte se ressera autour d'elle et il supplia silencieusement qu'un jour elle puisse lui pardonner. Il espérait pouvoir la calmer et qu'ils retournent à son appartement.
« Laisse tomber, Olivia, lui chuchota-t-il à l'oreille. Ça ne servira à rien d'aller plus loin. Laisse-le partir. Il a déjà ce qu'il mérite. »
Olivia se recula et il aperçut toute l'amertume dans ses yeux. « Je croyais que tu étais de mon côté, Peter.
- Je le suis, justement, répondit-il, en caressant sa joue de son pouce. Je ne veux pas que tu ailles plus loin. »
Elle recula d'avantage, fuyant le contact physique, et il n'eût d'autre choix que de la ramener de force vers lui et de l'entraîner vers son domicile. Du coin de l'oeil, il put voir la voiture de Charlie faire demi-tour et partir dans la direction où s'était enfuit son beau-père.
Évidement, elle se débattait, lui lança quelques coups, essaya de le gifler, le mordre, de lui donner des coups de pieds, de le griffer, hurla toutes les insultes possibles, mais rien n'y fit. Peter la tenait fermement et avançait jusqu'à son appartement. Heureusement, il était tard et les rues étaient désertes. Le jeune homme ne voulait pas lui faire de mal, mais sa prise était solide et jamais il ne la lâcha pendant le court trajet.
Ils entrèrent dans l'appartement et il l'installa sur le canapé. Sans un mot, il partit en direction de la salle de bain, espérant qu'elle serait toujours au même endroit lorsqu'il reviendrait. Il fouilla un peu dans les tiroirs et le placard et revint au salon, alors qu'elle était toujours là. Comme une statue, elle était assise, le regard vide, grelottante et des larmes coulant silencieusement sur ses joues. Il l'enveloppa d'une couverture chaude et s'assit par terre, en face d'elle. Elle avait les pieds meurtris, sanglants et Peter entreprit de nettoyer et désinfecter les blessures.
« J'aurais pu enfin l'avoir » C'était dit dans un souffle, un murmure rauque et fragile.
Le jeune homme désinfecta la dernière plaie avant de s'attaquer au visage d'Olivia. Aucune blessure ne valait une visite chez le médecin, mais maintenant à la lueur de la lampe, il voyait quelques hématomes apparaître déjà et du sang couler de son nez. Elle avait la lèvre enflée, une coupure à l'arcade sourcillière et probablement que demain son oeil sera tuméfié.
Leurs visages n'étaient plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Il nettoya la plaie à son sourcil et posa des bandes de rapprochement.
« Je n'aurais pas voulu que ce soit une autre épreuve de plus et que ça devienne un poids supplémentaire sur tes épaules. Tu as assez souffert dans ta vie. »
Olivia pouvait sentir son souffle sur son visage et elle dût fermer les yeux pour ne pas fondre en larmes. Elle ne voulait pas s'effondrer. Mais il était si tendre et doux et elle ne voyait que des images de mort, de sang et de vengeance. Il essuya le sang qui coulait toujours de son nez et prit son menton entre ses doigts pour la regarder dans les yeux.
« Comment peux-tu être certaine que l'avoir tué à 9 ans aurait été la meilleure solution ? Une enfant de cet âge ne devrait pas avoir à prendre ce genre de décision. Elle était où celle qui devait te protéger ? »
Peter savait que de parler de sa mère était relativement délicat et il ne voulait pas la heurter. Mais cette question et beaucoup d'autres l'avaient hantées pendant la journée entière. Il avait peur qu'elle le rejette, le frappe ou l'insulte de parler ainsi en mal de sa mère, mais la réaction qu'elle eût fut tout autre.
Elle éclata en sanglots et s'agrippa à son chandail comme à une bouée. Elle enfouit son visage dans son cou, des gémissements de douleur s'échappant de sa bouche, et ses mains toujours accrochées à lui. Le jeune homme fut totalement anéanti par sa réaction. Comment pouvait-il la faire souffrir ainsi ? Il comprit cependant que sa question n'avait été que le déclencheur de quelque chose de beaucoup plus profond, enfoui en elle. Elle réalisait probablement maintenant, peut-être pour la première fois, qu'elle avait toujours été seule, et que sa mère l'avait abandonnée, en quelque sorte.
Il s'approcha d'avantage et effaça pour de bon l'espace qui restait entre elle et lui. Il l'enlaça plus étroitement et il eut le coeur brisé de la sentir trembler violemment entre ses bras. Il lui murmurait des paroles réconfortantes, mais aucun mot ne pourrait la soulager, il en était conscient. Ses larmes avaient cessées, mais ce tremblement ne semblait pas vouloir quitter son corps.
« Je n'ai jamais pensé que ma mère devait me protéger, marmonna-t-elle, le visage toujours au creux de son cou. C'était plutôt l'inverse, en fait.
Peter mit un peu de distance entre eux, appuyant son front contre le sien afin de mieux l'entendre parler. Il ne put retenir une question qui lui brûlait les lèvres.
- Est-ce qu'il a déjà porté la main sur toi ?
Elle soupira, se pinça les lèvres.
- C'est moi qui protégeait ma mère. Oui, j'ai pris quelques coups à sa place. Et d'autres fois, il levait la main sur moi pour atteindre ma mère de cette façon. Ou pour avoir ce qu'il désirait.
Le jeune homme serra les dents et inspira profondément.
Dès leur première rencontre, il avait été foudroyé par son regard qu'il avait tout de suite deviné hanté. Bien sûr, il croyait que c'était à cause de John Scott. Et ce l'était, en partie. Évidement qu'elle était inquiète et qu'elle devait sentir la peur l'étouffer constamment. Peur de le perdre, peur de ne pas être à la hauteur. Mais Peter sentait qu'il y avait quelque chose de plus profond, dans sa vie ou son passé, pour que son regard soit si obscur parfois.
Au fil des jours passés en sa compagnie, il ne pouvait que constater qu'elle portait dans les yeux l'éclat d'un malheur dont elle aurait oublié le détail, mais gardé le fardeau. Maintenant, il savait. Maintenant, il pouvait dire qu'elle en avait oublié aucun détail. Elle avait, il en était sûr, ces images intolérables qui la pourchassaient sans cesse. Celles d'elle, enfant, tenant une arme devant son beau-père. Et toutes celles où il avait pu être odieux avec elle. Comment arrivait-elle à survivre ? Il ne pouvait qu'être infiniment inspiré devant une telle résistance, une telle résilience. Une incroyable force de vivre la maintenait la tête hors de l'eau. Elle avait même su être heureuse, l'instant de John Scott.
Aujourd'hui il comprenait que c'était la rage qui la poussait à agir et qui réussisait à la faire respirer à chaque seconde. Une admiration mêlée de tristesse l'emplit à cet instant.
Et il osa même une question qu'il s'était juré de taire.
- Est-ce qu'il a déjà tenté... de... Est-ce qu'il a osé...
Olivia le fit taire en posant un doigt sur ses lèvres.
- Arrête, Peter. Ça ne sert à rien de ressasser ces souvenirs-là.
En évitant la question, elle y répondait sans équivoque.
Ce fût au tour de Peter d'enfouir son visage dans le cou de la jeune femme. Il crispa les poings de rage et ferma les yeux. Elle l'enlaça et lui frictionna le dos. Comment pouvait-il la laisser le réconforter alors que c'est elle qui devait en avoir le plus besoin ?Le jeune homme ne pouvait pas être celui qui flanchait, alors qu'Olivia était si forte. Il l'embrassa sur la joue, dans un geste absolument tendre.
« Tu devrais aller dormir, Olivia, lui chuchota-t-il, en caressant sa joue de son pouce et de l'autre main, plaça quelques mèches de cheveux derrière son oreille. Tu dois être épuisée. »
Elle frissonait toujours, et n'eût qu'un faible hochement de tête en guise de réponse. Peter se dit qu'elle devait être au bout de ses forces et qu'elle n'avait même plus la capacité de refuser ou d'argumenter.
Il passa un bras sous les genoux de la jeune femme, l'autre dans son dos et la transporta jusqu'à sa chambre à coucher. Elle déposa sa tête sur son épaules et ne protesta pas. Lorsqu'ils passèrent devant la cuisine, il entendit faiblement sa question.
- Qu'est-ce que tu me préparais à manger avant qu'on ne soit interrompu ?
Peter eut un rire et regarda la cuisine en désordre.
- Des pancakes. C'était mon plat préféré lorsque j'étais enfant. J'imagine que ce sera pour une autre fois.
Elle leva la tête pour le regarder et un mince sourire apparut au coin de ses lèvres « Je l'espère bien. »
Il entra dans sa chambre et la déposa sur le lit. Elle attrapa sa main et Peter fut détruit de voir son beau visage ravagé par la peur et la douleur.
- S'il te plaît, reste avoir moi. Ne me laisse pas toute seule, Peter.
Ses yeux étaient suppliants et sa voix se brisa sur les derniers mots. Il se pencha, déposa un baiser dans ses cheveux et fit un effort surhumain pour répondre, sans qu'une larme ne s'échappe.
- Tout ce que tu voudras, 'Livia.
Il l'aida à passer sous les draps et alla fermer les rideaux de la fenêtre. Il fit un rapide détour par la salle de bain, où il trouva des somnifères « Tiens, prend ça. Ça t'aidera à te détendre et à mieux dormir. » Elle avala les comprimés sans discuter.
Olivia ressemblait à une enfant, ainsi enfouie sous les couvertures et Peter eut une fort sentiment de protection envers elle. Il la rejoignit sur le lit, mais sans entrer sous les draps. Il ne voulait pas aller trop loin ou la brusquer. Mais il la borda, entoura sa taille de son bras et la ramena plus près de lui. Ils étaient maintenant face à face, à quelques centimètre l'un de l'autre. Il l'embrassa sur le front et il sentit les épaules et le dos de la jeune femme se détendre complètement et relâcher la tension. Il hésita, puis embrassa doucement, tendrement sa tempe, sa joue, son oeil, son front, sa mâchoire. Il y avait tant de douceur dans ce geste qu'Olivia ne protesta pas et murmura un faible « Merci ».
Les doigts de Peter se promenaient dans ses longs cheveux blonds, alors que ses pensées dérivaient vers les révélations qu'elle lui avait faites plus tôt.
Comment un homme pouvait frapper une enfant ? Il pouvait l'imaginer gamine, fragile et frêle devant cet homme imposant qu'elle défiait. Elle avait su être plus forte que sa propre mère. Olivia avait été une enfant courageuse, voulant protéger sa famille et elle en avait payé de leurs erreurs. Elle avait payé pour ce qu'ils avaient fait... ou n'avaient pas fait.
À la seule pensée de ce salop la battant ou osant poser la main sur elle, il avait le goût de vomir et une puissante rage qu'il n'avait jamais ressentie avant le submergeait. Elle était là, dans ses bras, maintenant endormie et il se fit la promesse de ne jamais fléchir en sa compagnie. Il voulait être là pour elle aussi longtemps qu'elle le voudrait.
Peter sentit presqu'imperceptiblement son cellulaire vibrer dans la poche de son jeans. Il se sentait un peu ensommeillé, mais sortit son téléphone, lut le texto de Charlie et aussitôt il eut les idées plus claires. Il se pencha vers Olivia et posa délicatement un baiser sur ses lèvres « Dors, mon ange. Je veilles sur toi cette nuit, je te le promets. » Il sortit de la chambre sur la pointe des pieds et s'éclipsa dans la nuit noire.
Dans une ruelle sombre de Boston, un coup de feu se fit entendre. Le passé horrible d'Olivia Dunham venait d'être effacé de la face du monde et un dernier souffle mourut sur les lèvres de l'homme.
C'est d'abord l'odeur de café qui réveilla Olivia. Elle tourna la tête vers l'autre côté du lit, où il n'y avait personne. Elle s'étira un peu, mais se reprit aussitôt, sentant que certaines parties de son corps étaient endolories. Elle avait réussit à dormir comme un bébé, grâce aux somnifères que Peter lui avait donné. Elle se sentait reposée et plus calme, mais gardait toutefois en souvenir ce qui s'était produit la nuit passée.
Il avait filé et elle n'avait pu régler son compte une bonne fois pour toute. Il y avait une certaine rancoeur en elle, mais elle savait qu'elle ne pourrait rien n'y faire. Peut-être que si elle faisait quelques recherches au Bureau, elle trouverait où il se cache, mais elle en doutait fortement. Après ce qui s'était passé, il avait probablement quitté la ville depuis un moment déjà.
Elle soupira et se leva avec peine. Pourtant, une phrase lui revenait sans cesse en mémoire, comme une ritournelle. C'était réconfortant, mais elle ne savait pas du tout d'où elle provenait.
Elle secoua la tête, essayant de dissiper les restes de sommeil embrouillé dans son esprit et décida plutôt de suivre l'odeur alléchante de nourriture qui émanait dans tout son appartement.
Avant qu'elle ne le voie, elle l'entendit. Il chantait une vieille chanson rock des années 70 et s'accompagnait en faisant également les voix des choristes. Elle retint un rire et entra dans la cuisine. Il avait mis un tablier et s'affairait devant la cuisinière. Deux grands verres de jus attendaient sur la table avec une assiette pleine de fruits divers, du café, des viennoiseries et du fromage.
Peter se retourna vers elle dès qu'il l'entendit et eut un immense sourire « Alors, on les mange ces pancakes ? Je suis en train de faire une nouvelle fournée ! »
Olivia cligna plusieurs fois des yeux devant ce spectacle matinal inattendu. L'aisance qu'il avait dans sa cuisine, le ton chaleureux et tendre qu'il lui témoignait, comme si tout cela était normal et routinier. Comme si cela arrivait fréquement et promettait de durer éternellement.
Et puis la phrase, la ritournelle prit un sens. Elle sut d'où elle provenait. C'était la voix de Peter qui lui murmurait « Je veilles sur toi » et Olivia qui ne pouvait maintenant qu'accepter ce miracle pour le reste de sa vie.
Je ne suis pas complètement satisfaite de la fin, mais j'espère que mon LONG One-Shot vous aura plu. :) J'ai eu beaucoup de plaisir à l'écrire, même si cela signifiait de torturer mentalement Olivia – comme si elle en avait pas eu assez dans sa vie !
Laissez vos commentaires s'il vous plaît, j'aimerais savoir si vous avez apprécier. :)
