Le soleil nocturne

Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas.

Résumé : UA Bella écrit un roman sur les vampires pour un éditeur exigeant et mystérieux. En parallèle, elle fait la connaissance du moqueur et séduisant Edward Cullen…

Note : Je me suis inspirée de la fic le mystère E. Masen pour cette histoire. Ainsi, elle est dédiée à Story13.

Et voici le premier chapitre! Merci à toutes pour vos reviews!

Chapitre un

Trois ans plus tard

Mon réveil sonna. J'ouvris doucement les yeux, m'étirai et quittai le lit pour prendre mon petit déjeuner en compagnie de Charlie et Renée. Je me servis un verre de jus d'orange pressé et remplis mon bol de céréales diététiques. Puis je m'assis et souris à mes parents.

-Bonjour papa. Bonjour maman.

Renée me sourit.

-Bonjour ma puce.

Charlie me gratifia d'un signe de tête.

-Bonjour Bella. Tu as bien dormi ?

J'acquiesçai.

-Très bien.

Il ne me demanda pas si j'avais fait un rêve intéressant. Depuis trois ans, je ne tentais même plus de me remémorer mes rêves. Renée me scruta, puis sourit.

-Tu as très bonne mine.

Je doutais qu'une personne aussi pâle que moi puisse prétendre avoir bonne mine. Je lisais aussi dans son regard que j'étais belle, plus que je ne l'étais en réalité.

-Merci, me contentai-je néanmoins de répondre.

Je mangeai lentement mes céréales et attaquai mon verre de jus d'orange, qui contribua à me réveiller complètement. Il était naturellement sucré, comme je l'aimais. Ensuite, je montai me préparer.

Je démêlai ma chevelure, qui m'arrivait dorénavant à la taille. Je reconnaissais que j'en étais fière. Elle était brune, brillante, épaisse et légèrement ondulée. C'était Alice qui m'avait appris à la mettre en valeur. Alice, qui avait beaucoup changé et était devenue extravertie, avait coupé ses cheveux et les avait ébouriffés comme ceux d'un lutin et avait abandonné son look gothique pour un style soigné et féminin. Au cours des trois ans passés dans ce lycée de mode, elle avait pris confiance en elle au point qu'elle en était devenue méconnaissable. Elle avait entrepris de me relooker moi aussi, m'exhortant à laisser pousser mes cheveux, m'emmenant chez le coiffeur, m'apprenant à me maquiller et m'offrant des vêtements taillés sur mesure qu'elle avait confectionnés elle-même. Grâce à elle, je me sentais plus jolie. J'avais moins honte de mon teint d'ivoire, qui contrastait joliment avec mes cheveux dont le brun évoquait du chocolat noir. Ils encadraient un visage en forme de cœur et mes yeux marron clair étaient bordés de longs cils noirs, mis en valeur par le mascara. Je me brossai les dents, me lavai le visage et me maquillai discrètement, comme Alice me l'avait enseigné. Ayant pris, comme de coutume, une douche la veille, j'allai directement m'habiller.

Dans la penderie, il y avait l'embarras du choix, ce grâce à Alice. Malgré la chaleur coutumière du climat, nous traversions une vague de froid. J'optai pour une jupe courte chocolat, un gilet marron clair et des bottes fourrées ainsi qu'une veste fourrée du même ton. Le marron était une couleur que j'appréciais beaucoup, car il s'agissait d'une couleur chaude, qui correspondait bien à la ville de Phoenix.

Fin prête, je descendis et croisait Renée. Elle m'adressa un regard approbateur.

-Tu es très mignonne, ma chérie.

J'esquissai un sourire modeste.

-Je suis comme d'habitude, maman.

Celle-ci m'adressa un sourire.

-C'est bien ce que je dis. Tu es toujours mignonne.

Elle m'embrassa sur la joue.

-Et tu sens bon.

Je mis cela sur le compte de mon gel douche à la fleur d'oranger, mon parfum préféré.

-Merci, maman.

-De rien. Ce n'est que la vérité.

Sur ces chaleureux compliments, je quittai la maison et montai dans ma voiture. Il s'agissait d'une chevrolet rouge que Jacob avait retapée. Jacob était le fils d'un vieil ami de mon père, Billy. Ils avaient longtemps vécu dans une réserve indienne Quileute et au décès de la mère de Jacob, étaient partis emménager à Phoenix. Jacob, en plus d'être joli garçon, était quelqu'un de très souriant et agréable. Il était rapidement devenu mon ami, puis mon meilleur ami. Il me semblait qu'il aurait bien aimé que les choses aillent plus loin entre nous, mais je ne me sentais pas prête. Il semblait prêt à attendre, ce qui m'arrangeait. D'ailleurs, il me semblait que si je devais avoir un petit ami un jour, ce serait lui. Dès que j'avais vu la chevrolet, cadeau de son père et lui, j'avais compris qu'il connaissait mes goûts et savait comment me faire plaisir Avoir une voiture gratuite, ne pas avoir à attendre le bus était un atout non négligeable.

Je démarrai ma voiture et roulai jusqu'au lycée. On m'avait toujours dit que j'étais une très bonne conductrice, prudente et à l'aise au volant. J'avais obtenu mon permis du premier coup et j'en tirais une certaine fierté. Cela compensait un peu ma maladresse. En effet, si mon apparence s'était améliorée, ce n'était pas le cas de ma maladresse. D'après les autres, cela ajoutait à mon charme mais cette idée me laissait sceptique.

Quand j'arrivai au lycée, je rejoignis mes amis devant la grille. C'était un lieu grouillant de lycéens, le fréquenter prouvait que j'avais beaucoup progressé en matière de relations sociales. D'ailleurs, je ne fréquentais plus seulement Angela, qui avait troqué ses lunettes contre des lentilles, avait laissé pousser ses cheveux et les avait dégradés et était très appréciée pour son apparence, sa gentillesse et sa discrétion, mais aussi des personnes très populaires, telles que Mike et Jessica. Il y avait bien sûr Jacob, et Lauren, mais cette dernière ne m'appréciait pas beaucoup. Il me semblait que c'était parce que Jacob ne la laissait pas indifférente et que son ex petit ami Mike m'appréciait un peu trop. Pourtant, elle n'avait rien à m'envier, avec sa silhouette de mannequin, ses cheveux d'un blond pâle et ses yeux bleu glacier.

-Bonjour, tout le monde, dis-je avec un léger sourire.

Jacob fut le premier à me saluer.

-Salut, ma belle.

Il m'ébouriffa affectueusement les cheveux, ce qui ne sembla pas être du goût de Mike. Ce dernier s'approcha de moi et me fis une bise sur la joue, et je me sentis rougir de gêne.

-Bonjour, Bella.

Physiquement et moralement, ils étaient très différents. Mike était blond aux yeux bleus, le visage poupin, sociable et d'une politesse parfois excessive, surtout envers moi. C'était l'archétype du garçon blond sportif et populaire auprès des filles mais je ne l'appréciais que lorsqu'il se comportait en ami avec moi et ne cherchait pas à aller plus loin, ce qui arrivait hélas trop souvent. Quant à Jacob, c'était un autre combat. Il était très grand, musclé et élancé, avait une jolie peau cuivrée, des yeux noirs rieurs bordés de longs cils, un sourire éclatant et un joli visage ovale. S'il était facile à vivre, il était direct et disait ce qu'il pensait, ce qui n'était pas toujours du gout de Mike.

Angela me salua d'un sourire, ainsi que son petit ami Ben. Jessica me gratifia d'effusions. Elle avait des cheveux bruns bouclés, était très bavarde et amoureuse de Mike. Si je savais qu'elle me jalousait, elle ne m'avait jamais manqué de respect, du moins pas ouvertement. Si j'avais peu d'affinités avec elle, elle semblait tout de même me trouver sympathique et n'appuyait pas Lauren dans ses sarcasmes.

-Bella, ma chérie ! Je ne suis pas du tout inspirée par la dissertation de littérature. Tu pourrais m'aider ?

Elle avait toujours été plutôt opportuniste et intéressée, mais tant qu'il s'agissait juste de lui donner des conseils, des pistes et non de la laisser tricher et recopier ma dissertation, je n'y voyais pas d'inconvénient.

-On a deux heures d'études après le cours d'anglais. Je vais te donner des pistes, tu vas la rédiger et je la relirai.

Le visage de Jessica s'éclaira.

-Merci Bella ! Tu es géniale !

Jacob esquissa un sourire amusé.

-Bien sûr qu'elle l'est.

J'esquissai un sourire modeste.

-Pas vraiment.

Jacob leva les yeux au ciel.

-Bon dieu, Bella ! Accepte un peu les compliments !

Sa réaction me fit sourire.

Je passai une demi-heure à donner des pistes à Jessica, l'autre à l'aider à bâtir son plan. Ensuite, elle consacra près d'une heure à rédiger sa dissertation et je pris dix minutes pour la corriger, tout en lui faisant des remarques encourageantes.

-Merci mille fois, Bella ! S'exclama-t-elle. Pour te remercier, je t'invite au cinéma, on choisira le film que tu veux.

Je souris de nouveau.

-Merci.

Ma première sortie entre filles avait constitué pour moi une promotion sociale et si j'aimais toujours la solitude, j'y avais pris goût. Cette perspective d'aller voir un film que j'aimais accompagnée me fit donc plaisir.

À midi, alors que je déjeunais avec les autres, Renée m'appela.

-Bonjour maman.

- Excuse-moi de te déranger, ma chérie. J'espère que tes amis ne se moquent pas de la mère poule que je suis.

Je m'esclaffai.

-Ce n'est rien, maman.

-Tant mieux. Je voulais juste te prévenir qu'une surprise t'attend ce soir.

-Une bonne ou une mauvaise ?

Ce fut au tour de Renée de s'esclaffer.

-Une bonne, bien sûr ! Allez, je raccroche avant de cracher le morceau.

Sur ces mots, elle raccrocha. J'étais intriguée, mais la perspective d'avoir cours de gym ensuite et de me ridiculiser me fit oublier mes questions.

Nous pratiquions le volley. Mike fit équipe avec moi et je songeai qu'il devait vraiment beaucoup m'apprécier pour se dévouer à chaque fois. Ses encouragements me réconfortaient, ainsi que l'hilarité de Jacob qui ne se lassait pas de me regarder jouer. Au moins, je faisais rire quelqu'un. En cela, il me rappelait mon cousin Emmett, le frère d'Alice. En effet, je déclenchais toujours ses rires tonitruants. Peut-être était ce pour cela qu'il s'entendait bien avec Jacob.

Le soir, je rentrai chez moi, endolorie par les coups de ballon que j'avais reçus. Quelle ne fut pas ma surprise, en franchissant la porte, de voir Alice dévaler l'escalier et courir vers moi.

-Alice ! M'exclamai-je.

Celle-ci souriait jusqu'aux oreilles.

-Salut cousine !

Sur ces mots, elle me serra dans ses bras. Son étreinte était agréable et son parfum délicieux. Elle se mit à renifler mon cou.

-Fleur d'oranger ? Devina-t-elle.

J'acquiesçai.

-Bingo.

Elle s'écarta de moi avec un sourire approbateur.

-Très bon choix.

Elle fit un pas en arrière et me détailla de la tête aux pieds.

-Très bien, la tenue. Tu as eu raison de mettre une jupe, tu as des jambes si fines.

Le compliment me fit rosir de plaisir.

-Merci.

Elle-même, plus petite et menue que moi, portait une courte robe rose bouffante avec des collants résilles noirs et des bottes. Elle scruta mes cheveux.

-En revanche, tes cheveux auraient besoin d'un petit coup de peigne.

-Oh.

Je portai ma main à mes cheveux.

-C'est parce que j'ai eu cours de gym. Cela a tendance à les décoiffer.

Alice esquissa un sourire rieur.

-Je compatis.

Je savais qu'elle faisait là allusion à la catastrophe ambulante que j'étais en sport.

-Emmett est-il avec toi ? M'enquis-je.

Alice secoua la tête.

-Non. Il a une compétition de sport.

-Je me disais, aussi…

Alice et moi échangeâmes un sourire. Nous savions toutes les deux que s'il avait été présent, il se serait déjà rué sur moi pour m'attraper dans ses bras et me faire tournoyer dans les airs, comme si j'étais une petite fille. C'est ce que je semblais être, par rapport à lui, si grand, si massif. Tout comme Alice, il était brun, mais avait les yeux bleus et les cheveux ondulés. Il était très grand et très musclé. Son physique faisait tourner les têtes. Si je n'avais pas été si heureuse de retrouver Alice, j'aurais regretté son absence. Il me manquait.

Alice parut deviner mes pensées.

-Il t'embrasse très fort. Tu sais qu'il t'adore.

Je souris.

-C'est réciproque.

Alice fit la moue.

-Et moi, alors ?

-La question ne se pose même pas.

Aussitôt, sa moue disparut pour faire place à un sourire radieux. Comment un être aussi introverti avait pu changer autant en trois ans ? Moi, j'étais restée plus ou moins la même. D'un côté, je l'enviais. J'aurais aimé être aussi vive, joyeuse et pétillante qu'elle. Elle était devenue irrésistible. Selon elle, j'étais moi-même dotée d'un charme mystérieux. Si je savais que j'étais devenue plus jolie et savais me mettre en valeur, grâce à ses bons conseils, je doutais de rivaliser avec elle.

Alice me prit par le bras et m'entraîna dans l'atelier de Renée.

-Bella est arrivée, tante Renée ! Claironna-t-elle.

Renée se tourna vers nous et nous sourit.

-Bonsoir, Bella. Ta surprise te plaît ?

Je désignai Alice d'un signe de tête.

-Je suppose que c'est elle, la surprise ?

Renée gloussa.

-Bien sûr ! Qui d'autre ?

Je souris.

-Hé bien oui, cela me fait très plaisir.

Après avoir ri joyeusement avec elles, je revins à la réalité.

-Je dois préparer le repas, déclarai-je. Il est l'heure.

Alors que je commençais déjà à remonter mes manches et quitter l'atelier, Renée m'arrêta d'un geste.

-Ne t'occupe pas de ça. J'ai tout prévu.

-Tu vas…cuisiner ?

Renée sembla percevoir mon inquiétude, ce qui me fit culpabiliser. Néanmoins, elle sourit.

-Non. J'ai commandé des pizzas.

Alice se mit à sautiller sur place.

-À Domino's pizza ? S'écria-t-elle.

Renée esquissa un nouveau sourire.

-Exactement.

Alice se mit à danser, triomphante. Elle adorait ces pizzas et Renée connaissait ses goûts. Nous avions la chance, Alice et moi, de rester mince tout en mangeant ce genre de choses. Toutefois, nous n'en abusions pas, elle comme moi.

Peu de temps après, Charlie rentra. Alice se jeta à son cou. S'il n'imita pas son enthousiasme, il se laissa faire avec un sourire. Il aimait beaucoup Alice, qu'il trouvait merveilleuse. Cela faisait encore un point commun entre Charlie et moi.

Une demi-heure plus tard, les pizzas arrivèrent. En dessert, Alice avait pris une glace Ben &Jerry Vanille cookies, Renée la même chose et Charlie et moi avions opté pour un moelleux au chocolat. Le tout était délicieux. La pâte des pizzas était moelleuse et épaisse à souhait, le moelleux au chocolat exquis. Alice me fit goûter à sa glace, crémeuse et sucrée à souhait. Nous nous installâmes devant la télé et regardâmes des épisodes de Desperate Housewives, la série préférée de Renée, et rîmes aux éclats en les regardant. Ainsi, nous passâmes un agréable moment.

Ensuite, Alice et moi allâmes prendre une douche. Une fois dans ma chambre, Alice et moi nous installâmes sur mon lit. Alice se pencha vers moi avec un air conspirateur.

-À quoi penses-tu ? M'enquis-je.

Un sentiment méfiant s'était emparé de moi. Quand Alice affichait cet air, cela signifiait qu'elle avait une idée en tête et on pouvait s'attendre au meilleur comme au pire.

Alice esquissa un sourire.

-J'ai eu une idée géniale. Pour toi.

-Là, j'ai peur, dis-je, mi figue, mi raisin.

Le sourire d'Alice s'élargit.

-Cela ne va pas de plaire, en effet. Du moins pas tout de suite. Mais je le fais pour ton bien.

Je fronçai les sourcils.

-Je t'écoute.

-Je t'ai inscrite à un concours de nouvelles.

Je frémis.

-Je crois que j'ai mal entendu.

Alice me lança un regard exaspéré.

-Tu as très bien entendu.

Je la fusillai du regard.

-Il n'en est pas question.

Alice avait prévu cette réaction.

-Si tu refuses, je brûle tous tes pantalons et je les remplace par des mini-jupes.

Je tressaillis. Je savais qu'elle en était capable.

-Tu ne ferais pas ça.

Devant mon air terrifié, plus dû à la perspective d'écrire que de voir tous mes pantalons brûler, son visage s'adoucit.

-Bella, pourquoi as-tu arrêté d'écrire ? Tu ne me l'as jamais dit, même à moi.

Je soupirai. Visiblement, je n'avais pas le choix. J'entrepris de lui raconter ce qui s'était passé avec l'inconnu qui avait critiqué acerbement le conte que j'avais écrit. Ce souvenir, que j'avais refoulé, était toujours aussi douloureux qu'à l'époque. Je me sentis honteuse d'avoir si peu évolué.

Quand j'eus terminé, Alice parut scandalisé.

-Quel mufle, ce type ! Ne me dis pas que c'est à cause de cela que tu as cessé d'écrire ?

Je hochai la tête.

-Si. Ses critiques étaient fondées.

-Ce n'était pas une raison pour renoncer ! Tu aurais dû le défier en t'améliorant, au contraire ! Les meilleurs auteurs ont droit à des critiques destructrices.

-C'est vrai. Mais cela m'a complètement bloquée.

Alice m'adressa un sourire indulgent.

-D'accord. Hé bien, il n'est pas trop tard pour surmonter ce blocage. Je te propose un marché. Participe à ce concours. Si tu perds, je te laisserai tranquille. Si tu gagnes, tu te remettras à écrire.

Je ne répondis pas tout de suite. Finalement, je serrai la main qu'elle me tendit.

-D'accord. Marché conclu.