Le soleil nocturne

Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas.

Résumé : UA Bella écrit un roman sur les vampires pour un éditeur exigeant et mystérieux. En parallèle, elle fait la connaissance du moqueur et séduisant Edward Cullen…

Note : Je me suis inspirée de la fic le mystère E. Masen pour cette histoire. Ainsi, elle est dédiée à Story13.

Merci pour vos reviews! Bonne lecture!

Chapitre six

Je regardai Tanya sans comprendre d'où venait cette hostilité. Edward venait de me la présenter comme sa cousine et pourtant, elle se comportait comme une petite amie jalouse. Pourquoi me sentais-je mal en la voyant ? Peut-être parce que deux êtres aussi superbes allaient très bien ensemble et je ne me sentais pas à ma place avec eux. J'avais beau trouver Edward arrogant et savoir que je n'avais rien à faire avec lui, cela me rendit triste. C'était idiot, mais c'était plus fort que moi.

Edward semblait contrarié par l'arrivée de Tanya. Si elle semblait flirter avec lui, il n'était visiblement pas désireux de se prêter au jeu.

-Maintenant que les présentations sont faites, et si tu t'en allais ?

Il était vraiment direct. Au moins, il n'y avait pas qu'avec moi qu'il était désagréable. Toutefois, Tanya sembla s'en amuser.

-Tu n'es pas gentil, gloussa-t-elle. J'ai envie de faire un peu connaissance avec Bella. Et si tu allais nous chercher à boire ?

Edward la fusilla du regard, comme si la perspective qu'on se retrouve toutes les deux l'alarmait.

-Hors de question que je te laisse seule avec elle.

Tanya gloussa.

-Allez, Edward. Je te promets que je ne lui ferai pas de mal.

Je décidai d'intervenir.

-Je suis là, vous savez. Et je n'ai rien à craindre de vous. Tu peux nous laisser seules, Edward.

Ils me dévisagèrent tous les deux. Edward d'un air surpris et Tanya avec plus d'intérêt que de malveillance. Edward se leva, à contrecoeur.

-Je reviens tout de suite, grommela-t-il.

Tanya arbora un sourire triomphant.

-Merci, Edward, pépia-t-elle. Tu es un ange !

Edward s'éloigna et Tanya plongea son regard dans le mien, d'un air soudain sérieux.

-Laisse tomber, petite, lâcha-t-elle.

Décidée à ne pas me laisser impressionner, j'affichai un air innocent. Après tout, je n'avais rien à me reprocher.

-Que veux tu dire ?

Mon attitude sembla l'agacer.

-Laisse tomber Edward. Lui et moi, nous sommes plus ou moins fiancés.

-Vous êtes cousins.

-Certes, mais ce n'est pas illégal.

-J'ai l'impression que tu as décidé de vos fiançailles toute seule.

À voir l'expression de Tanya, je crus avoir marqué un point. Pourtant, elle se recomposa un sourire suffisant.

-Regarde moi. Je suis belle et intelligente, je sais ce que je veux. Peu d'autres filles peuvent convenir à Edward.

Je tentai de masquer la tristesse que suscitaient ses paroles.

-Soit. Hé bien, cela tombe bien car Edward ne m'intéresse pas.

Tanya me lança un regard incrédule.

-Ne fais pas ta mijaurée. J'ai bien vu comment tu le regardais.

Une main se posa sur mon épaule.

-Fiche lui la paix.

Je me retournai et reconnus Alice. Tandis qu'elle défiait Tanya du regard, je ressentis de la gratitude envers ma cousine. Tanya parut surprise.

-Qui est tu ?

-Alice, la cousine de Bella et la sœur du petit ami de Rosalie. Je peux te dire plusieurs choses sur ma cousine.

Tanya parut intriguée.

-Je t'écoute.

-Premièrement, Bella est tout sauf une mijaurée.

Son ton ferme ne vint pas à bout de l'arrogance de Tanya.

-Pourtant, elle renie son attirance pour Edward.

Alice lui lança un regard de dédain.

-Bella n'a pas besoin d'un type comme Edward. Dans son lycée, plusieurs garçons lui tournent autour, dont un qui est bien plus baraqué que ton Edward. De plus, il est bien plus sexy que ton cousin qui semble avoir un balai dans le derrière.

Je laissai échapper un petit rire. Il avait été provoqué par le fait que je savais qu'Alice avait fait allusion à Jacob et à l'expression de Tanya quand Alice avait qualifié ainsi son cousin. Elle devait avoir l'habitude que les filles tombent en pâmoison devant lui.

-Maintenant, soit tu te calmes, soit tu dégages.

Tanya, qui semblait furieuse, se pencha vers moi.

-J'ai à faire. Mais on se reverra très bientôt, Bella.

Sur ce, elle m'adressa un sourire hypocrite et se leva, puis s'éloigna. Si son visage avait conservé son arrogance, je voyais à sa démarche qu'elle était troublée. Alice éclata de rire.

-Merci d'avoir pris ma défense, dis-je.

Alice gloussa.

-J'ai fait d'une pierre deux coups. J'ai remis cette garce à sa place et grâce à elle, Edward saura que tu es très convoitée.

Je fronçai les sourcils.

-Qu'est ce que cela peut faire ?

-Hé bien, il va sûrement t'accorder le respect que tu mérites.

-Comment ça ?

Je ne lui avais pas dit que nous nous étions déjà rencontrés et qu'il avait adopté une attitude moqueuse et méprisante à mon égard. Alice l'avait-t-elle vu ?

-Emmett et moi n'avons pas aimé la façon dont il te regardait.

À ce moment là, Jasper se joignit à nous. Alice lui adressa un sourire éclatant.

-J'ai vu que ma cousine était venue vous voir. Elle ne s'est pas montrée incorrecte ?

Une lueur d'inquiétude brillait dans son regard.

-Pour être honnête, je l'ai remise à sa place.

Le franc parler d'Alice m'arracha un sourire. Cela sembla être du goût de Jasper également.

-Vous avez bien fait.

Me sentant en confiance, je me penchai vers Jasper.

-Merci d'avoir préservé mon secret.

Jasper sourit.

-Je vous en prie. Notre éditeur crée lui aussi le mystère autour de son identité.

-Vraiment ?

Jasper acquiesça.

-Oui. Les auteurs ne communiquent avec lui que par mails et courrier. Il se fait connaître sous le nom d'Anthony Masen.

-Et…ce n'est pas son vrai nom ?

Jasper sourit de nouveau.

-Oui et non.

Intriguée, je m'apprêtais à lui demander ce qu'il entendait par là quand Edward arriva, deux verres remplis dans les mains. Il nous regarda d'un air interrogateur.

-Où est passée Tanya ?

-Elle est partie.

Edward parut soulagé. Peut-être était ce pour cette raison que lorsqu'il me tendit mon verre, il semblait à nouveau s'amuser à mes dépens.

-Merci, dis-je poliment en prenant le verre.

Edward leva le sien.

-Au talent.

Je le défiai du regard et levai mon verre à mon tour.

-Au tact et à la modestie.

Edward parut surpris, mais ne répondit rien. On aurait dit que je venais de lui clouer le bec. Jasper avait suivi attentivement notre échange et semblait beaucoup s'amuser, comme si il en savait plus qu'il ne le prétendait.

Minuit eu à peine sonné et nous nous souhaitâmes tout juste la bonne année qu'Edward prit congé de nous, prétextant qu'il était fatigué. Je ressentis du soulagement mais aussi une certaine déception. Il représentait pour moi une véritable énigme. Quand nous rentrâmes à notre tour, Alice me prit à part. Elle semblait grisée par l'alcool et Jasper, qu'elle n'avait pas quitté d'une semelle, mais ses intentions étaient claires. Elle avait une question à me poser.

-Que s'est-il passé, entre Edward et toi ?

Je me sentis rougir.

-Que veux tu dire ?

Alice poussa un soupir exaspéré.

-Je t'en prie, Bella. J'ai vu les regards que vous vous lanciez et la façon dont vous trinquiez. Vous vous connaissiez déjà ?

-C'est toi, la voyante. Tu ne connais pas la réponse ?

-Je ne suis pas omnisciente, Bella. Mais je compte bien en savoir le plus possible.

Sachant qu'elle finirait par obtenir ce qu'elle voulait et étant fatiguée, je capitulai.

-Tu as gagné. Oui, je l'ai déjà rencontré.

-Raconte.

J'entrepris de lui révéler qu'Edward n'était autre que celui qui m'avait poussée à arrêter d'écrire et que je l'avais revu quelques jours avant Noël, là où il avait adopté la même attitude narquoise et m'avait fait comprendre qu'il se souvenait de notre première rencontre. Quand j'eus terminé, Alice était stupéfaite.

-C'est fou ! Vous étiez destinés à vous trouver et vous retrouver !

Je grimaçai.

-Je m'en serais bien passée.

-En tout cas, cela explique son attitude. Tu as dû le marquer.

Je ne répondis rien. Une chose était sûre, je ne l'avais pas marqué autant qu'il m'avait marquée lui. Soudain, Alice éclata de rire.

-Tu te rends compte de la situation ? Son frère va te publier et lui l'ignore.

Je hochai la tête.

-Oui, et je préfère que les choses restent ainsi. Du moins jusqu'à ce que je publie mon roman.

Alice parut réfléchir.

-Tu as raison. C'est sûrement plus rigolo ainsi, même s'il est frustrant de ne pas cracher le morceau.

J'étais soulagée qu'elle n'émette pas d'objections.

-Je compte sur toi.

Alice sourit.

-Ne t'en fais pas !

Elle me raccompagna chez moi et me souhaita une bonne nuit. Je pris une douche et m'endormis aussitôt.

La rentrée eut lieu. Je me réjouis de retrouver mes amis, en particulier Jacob et Angela. Pourtant, il m'était frustrant de ne plus pouvoir passer mes journées à écrire. Cependant, en m'organisant, en faisant mes devoirs sur le temps de midi, j'arrivais à écrire la moitié d'un chapitre par jour. Je m'y mettais le soir, dès que je rentrais chez moi. J'écrivais de plus en plus vite. Au fur et à mesure que j'avançais dans l'histoire, mon désir de continuer augmentait. J'étais ensorcelée par l'histoire. Jamais auparavant je n'avais ressenti une telle frénésie d'écrire. De plus, j'éprouvais un souci de perfection et me relisais consciencieusement. J'étais arrivée au moment où Lila révélait à William qu'elle avait découvert sa vraie nature et ils décidaient de rester ensemble. J'approchais à grands pas de la scène de la clairière. Autrement dit, j'étais presque arrivée à la moitié du livre.

Ma voiture ayant eu des ratés, Jacob devait la réparer. En attendant, il me raccompagnait tous les soirs. Il faisait froid, mais marcher nous réchauffait et discuter ensemble était agréable, Jacob n'étant pas quelqu'un de compliqué. Avec lui, mon seul souci était d'éviter les plaques de verglas car glisser et trébucher aurait provoqué son hilarité. En cela, il se différenciait de Mike, qui m'aurait rattrapée et aidée à me relever en m'enlaçant d'un peu trop près.

Un soir, Jacob ne put pas me raccompagner, car il était malade. Très résistant au froid, il ne s'était pas enrhumé, mais il avait attrapé une gastro. Ainsi, une fois n'est pas coutume, je rentrai seule. La nuit était tombée et les rues étaient désertes, ce qui n'était guère rassurant. Je pressai le pas et décidai de prendre un raccourci en coupant par la bibliothèque. Dans mon empressement, je me heurtai à quelqu'un.

-Désolée.

Je tentai de reculer mais le type me retint par le bras. Il était brun et son regard semblait malsain.

-Très jolie ! Tu es pressée ?

-Oui, rétorquai-je en réussissant à me dégager.

Je voulus le contourner, mais il se posta devant moi, trop rapide.

-Donne moi ton numéro et je te laisse tranquille. Pour l'instant.

Je réfléchis rapidement.

-D'accord.

Je fouillai dans mon sac, en sortis un livre et sans qu'il ait pu réagir, l'assenai d'un grand coup sur sa tête. Il cligna des yeux, vacilla et s'écroula. J'étais stupéfaite d'avoir réussi mon coup. Là, j'entendis des applaudissements. Je me retournai et vis Edward.

-Bien joué, me dit-il de sa voix veloutée.

Je le regardai, les yeux écarquillés.

-Edward ? Qu'est ce que tu fais là ?

Il s'approcha de moi.

-Je sortais de la bibliothèque et j'ai vu ce type s'en prendre à toi. J'ai décidé d'intervenir, mais tu as été trop rapide.

-Cela m'a surprise moi-même.

Je réalisai que je tremblais. Edward se pencha vers moi.

-Est-ce que ça va ?

Toute trace de moquerie ou de méchanceté avait disparu de ses yeux. Il semblait inquiet…et attentionné.

J'émis un rire nerveux.

-Je crois que ça ira mieux quand je serai rentrée chez moi.

Edward acquiesça.

-D'accord. Je te raccompagne.

-Merci.

Nous nous empressâmes de quitter les lieux. Ensuite, Edward reprit la parole.

-Comment se fait-il qu'une fille comme toi rentre seule ?

Je m'empressai de lui expliquer que ma voiture était hors service et que Jacob, qui devait me raccompagner, était malade. Une lueur de curiosité brilla dans les yeux d'Edward.

-Jacob ? Est-ce ton petit ami ?

Je secouai la tête en rougissant jusqu'à la racine des cheveux.

-Non. C'est mon meilleur ami.

Edward sourit.

-Tanya m'a dit que d'après Alice, beaucoup de garçons te faisaient la cour. En fait-il partie ?

Je rougis de nouveau en songeant que le plan d'Alice avait fonctionné.

-En fait, je crois qu'il aimerait bien que cela aille plus loin entre nous, mais il ne veut pas me forcer à quoi que ce soit.

Edward hocha la tête, songeur.

-Je vois.

Je fronçai les sourcils.

-Pourquoi me demandes tu ça ?

Edward esquissa un sourire.

-Pourquoi pas ?

Riait-il de nouveau à mes dépens ? Il n'y avait pourtant pas de méchanceté dans son regard, mais ce qui ressemblait à…de la gentillesse.

-Je veux dire…en quoi cela t'intéresse ?

-Je ne le sais pas vraiment. Sans doute parce que tu es une fille intéressante.

À nouveau, je me demandai s'il plaisantait, mais il n'y avait aucune trace d'ironie dans son attitude.

-Tu le penses ?

-Oui. Jamais quelqu'un ne m'avait autant intéressé.

Sa confession m'embrasa les joues et me fit un peu trop plaisir.

-Pourquoi ce revirement ?

-Qu'entends tu par là ?

-N'est ce pas évident ? Tu avais l'air de me mépriser. Tu ne te montres pas gentil avec moi parce que j'ai failli me faire agresser, au moins ?

La souffrance se peignit sur ses traits.

-Je ne te méprise pas. Je suis désolé.

Il semblait si sincère que j'avais envie de lui pardonner sans condition, mais j'avais besoin d'explications.

-Peux tu m'expliquer ton précédent comportement, dans ce cas ?

Edward s'assombrit.

-Encore une fois, je suis désolé. Assieds toi, je vais t'expliquer.

J'obtempérai et il prit place à côté de moi sur un banc qui se trouvait sur le chemin.

-Tanya est amoureuse de moi depuis notre plus tendre enfance. Comme je n'ai jamais répondu à ses sentiments, elle m'a juré de s'en prendre à toutes les filles que je regarderais. Ainsi, j'ai décidé d'ignorer toutes les filles qui me tournaient autour. Ce n'était pas difficile, car aucune d'entre elles n'a retenu mon attention. Sauf toi. Tu es…spéciale. Comme je redoutais ma cousine, et que je n'ai jamais appris à être gentil avec les filles, je t'ai provoquée. C'était une façon stupide de manifester mon intérêt pour toi.

J'étais sans voix. Moi, il me trouvait intéressante ? Etait ce déjà le cas quand je n'étais qu'une petite collégienne ? J'étais si pâle, maladroite. Lui, si beau, si brillant. Ce genre de relations entre deux opposés ne se nouaient que dans les films et les séries télévisées. J'avais beau être rêveuse, je ne croyais plus à ces contes de fée. Je songeai avec amusement que notre relation était semblable à celle qui unissait Lila à William, dans mon roman. D'ailleurs, je n'avais jamais rencontré Edward que la nuit, et il n'était pas sans rappeler les vampires de mon roman. Je finis par retrouver l'usage de la parole et lui posai la question qui me brûlait les lèvres.

-Ce que tu m'as dit sur mon manque de talent, tu ne le pensais pas ?

-Les critiques que j'ai faites étaient vraies, mais j'ai tut la partie positive de mon avis, qui était pourtant non négligeables. M'en veux tu ?

-Plus maintenant. Alors, on peut…être amis ?

-J'aimerais qu'on soit plus que cela, chuchota-t-il.

Sur ces mots, il déposa un baiser sur mes lèvres.