Le soleil nocturne

Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas.

Résumé : UA Bella écrit un roman sur les vampires pour un éditeur exigeant et mystérieux. En parallèle, elle fait la connaissance du moqueur et séduisant Edward Cullen…

Note : Je me suis inspirée de la fic le mystère E. Masen pour cette histoire. Ainsi, elle est dédiée à Story13.

Merci pour vos reviews! En réponse à certaines remarques, je suis consciente d'aller un peu vite mais je m'étais fixée l'objectif d'écrire cette histoire en un mois. Quand j'aurais du temps, je me pencherai sans doute sur mon histoire pour la retravailler.

Chapitre sept

Son baiser ne dura que quelques secondes, frôlant mes lèvres avec la douceur d'une plume et pourtant, il m'électrifia. Je regardai Edward. Il parut aussi troublé que moi par ce baiser, puis se reprit et esquissa un sourire amusé.

-J'ai fait quelque chose de bizarre ?

Edward parut surpris.

-Toi ? Non.

-Alors pourquoi tu souris ?

Edward sourit de plus belle.

-Parce que tu es si jolie.

Je rosis de plaisir et sans réfléchir, l'embrassai furtivement sur la bouche. Cela sembla être du goût d'Edward.

-Puis je en déduire que tu acceptes qu'on soit plus qu'amis ?

J'émis un sourire timide.

-Oui.

Comment aurais je pu lui faire une réponse différente ? Il était fascinant et j'accordais de l'importance à son regard. De plus, il venait de me montrer une facette positive de lui. Il s'était livré à moi, m'avait fait confiance. Moi aussi, j'avais envie de lui faire confiance, d'autant plus que depuis qu'il était arrivé, après que l'inconnu m'eut importunée, je m'étais immédiatement sentie en sécurité. Ce sentiment de confiance était encore plus puissant que celui que suscitait Jasper, ce qui n'était pas peu dire.

-Et si nous rentrions ?

La perspective de rentrer chez moi, de prendre congé de lui et de me réveiller le lendemain en réalisant que j'avais rêvé ne m'enchantait guère.

-Oui, répondis-je néanmoins.

Je ne tenais pas à lui montrer combien mon addiction était forte au seuil même de notre relation.

Quand nous fûmes arrivés devant chez moi, il esquissa un sourire en coin.

-Je passe te prendre demain après les cours ?

J'eus envie d'accepter mais je devais avancer dans l'écriture de mon roman.

-Je suis désolée, j'ai du travail. Je n'aurai pas de temps à te consacrer.

Edward ne se départit pas de son sourire .

-Pas de problème. Je voulais juste te raccompagner chez toi.

-Oh.

-Tu es d'accord ?

Son regard trahissait de la prière.

-Et Tanya ? Comment va-t-elle réagir ?

Edward m'adressa un sourire rassurant.

-J'ai déjà mis les choses au clair avec elle. À mon âge, je n'ai plus à avoir peur d'elle. Alors ?

-C'est d'accord.

Edward m'adressa un sourire étincelant.

-Merveilleux. Dans ce cas, je te souhaite une bonne soirée.

Sur ces mots, il se pencha vers moi et m'offrit un baiser aussi innocent que les précédents. Il semblait être un gentleman, ce qui me plaisait.

Je rentrai chez moi sur un petit nuage. J'avais un petit ami. Incroyablement beau, et son intelligence semblait rivaliser avec sa beauté. De plus, moi qui avais souffert de son mépris apparent, je me réjouissais de voir que son attitude avait totalement changé. J'espérais que ce ne serait pas éphémère. Aussi, désirais-je être déjà au moment de nos retrouvailles, tout en le redoutant. En m'installant devant mon ordinateur, j'espérais être capable de me concentrer. Par bonheur, ce fut le cas. William le vampire avait des faux airs d'Edward, j'en étais consciente.

Comme promis, le lendemain soir, Edward vint me chercher, ce qui ne fut pas du goût de Jacob. Je m'étais abstenue de lui relater mon agression de la veille, ce qui l'aurait rendu furieux et coupable. J'avais présenté Edward comme un ami, car nous nous étions mis d'accord pour prendre le temps de nous connaître avant d'officialiser notre relation. Chaque soir, nous ne nous lassions pas de découvrir de nouvelles choses l'un sur l'autre.

Ainsi, un soir, alors que je regardais avec curiosité le CD qu'Edward choisissait, appréciant toujours la musique que nous écoutions, j'eus la surprise de reconnaître le compositeur.

-Debussy ?

Edward parut tout aussi étonné que moi.

-Tu connais ?

J'acquiesçai avec un sourire.

-Clair de Lune est mon préféré.

Edward semblait agréablement surpris.

-Peu de personnes de ton âge le connaissent.

-Ma mère raffole de ce compositeur.

Je m'autorisai un petit rire.

-Et toi ?

-Moi ?

-Oui. C'est quoi ton excuse ? Tu n'es pas beaucoup plus vieux que moi.

Il m'avait révélé qu'il avait vingt ans. Alors qu'il s'apprêtait à répondre, je l'interrompis.

-Attends, je sais ! Tu m'as dit que tu voulais enseigner dans un conservatoire de musique. Tu ne peux donc que connaître ces classiques.

Edward esquissa un sourire approbateur.

-C'est ce que j'allais te répondre. Impressionnant. Tu ne l'as pas oublié.

Je rosis de plaisir.

-En fait, je m'en suis rappelée juste à temps.

Edward s'esclaffa.

-Tout de même. Je suis impressionné.

Edward me posait beaucoup de questions sur mes passions, mes goûts, de ma couleur préférée jusqu'à mon rêve le plus fou. Je lui répondais sincèrement à chaque fois, éludant uniquement le sujet de l'écriture. Avec lui, je n'avais plus honte, guérie du traumatisme qu'avait suscité sa critique acerbe. Non, je le lui cachais pour lui faire la surprise le jour où mon livre serait publié. Je lui dirais que c'était grâce à lui que j'étais exigeante sur la qualité de mes écrits. En revanche, je ne lui rappellerais pas que j'avais renoncé à l'écriture pendant des années à cause de lui, ne voulant pas le faire culpabiliser. Par ailleurs, je souhaitais me concentrer sur le côté positif des choses.

Les vacances approchèrent. Nous souhaitions attendre la rentrée pour déclarer que nous étions ensemble. Quant à mon roman, j'approchais de sa fin. Je savais déjà en quoi elle consisterait. Après avoir traversé des épreuves difficiles avec William, Lila avait décidé de devenir un vampire, afin de rester avec lui pour l'éternité. En effet, elle était sûre d'elle. De plus, les vampires étant figés dans le temps, ses sentiments resteraient les mêmes quel que soit le temps qui passerait. Toutefois, William refusait de s'y résoudre, répugnant à damner celle qu'il aimait pour l'éternité.

Ce serait la fin du premier tome. Le premier. Je réalisais que je n'étais pas en train d'écrire un roman unique, mais une saga en plusieurs tomes. Je n'en revenais pas. Moi qui n'aurais pas pensé écrire un roman jusqu'à son terme, j'étais prête à en écrire encore deux ou trois. Toutefois, il y avait une ombre au tableau. Jasper m'avait demandé un roman, pas une saga. Comment allais je faire ? J'aurais pu m'en tenir à la fin prévue initialement, un épilogue montrant Lila, mariée à William et devenue un vampire. Cependant, cela ne me semblait pas juste. William ne pouvait pas accepter aussi facilement de la transformer. De plus, il restait bien des choses à développer. Les épreuves qui attendaient Lila avant sa transformation en vampire, sa renaissance. Je pouvais facilement en faire une tétralogie. Ce n'était pas cette perspective qui m'effrayait, mais la réaction de l'éditeur. Je savais ce qu'il me restait à faire.

Je ne pris pas la peine d'appeler Alice. Je savais exactement ce qu'elle me dirait, il était donc inutile de perdre du temps. Je composai alors le numéro de Jasper.

-Oui ?

-Jasper ? C'est Bella.

-Bella ! Vous allez bien ?

Sa voix douce et agréable apaisa mon trac.

-Oui, merci. Mais je voulais vous parler d'un problème.

-À quel sujet ?

-Au sujet de mon roman.

-Je vous écoute.

Je lui exposai le problème, sans trop de gêne. Je me sentais en confiance avec lui.

-Je vois. Vous désirez écrire une saga au lieu d'un roman unique.

-C'est ça.

Je croisai les doigts en attendant son verdict.

-Cela peut être une bonne idée, en effet.

La joie s'empara de moi.

-C'est vrai ?

Je devinai le sourire de Jasper à l'autre bout du fil.

-Mais oui. La plupart des romans à succès connaissent une suite. Cela dépendra donc du potentiel de succès que représentera votre roman. Envoyez le nous quand vous aurez terminé, et nous aviserons.

-D'accord.

J'avais tout intérêt à faire en sorte que mon roman soit le meilleur possible, en le relisant et le retravaillant.

-Bella ?

-Oui ?

-Il est impressionnant que vous ayez écrit presque entièrement un roman en si peu de temps. J'espère que je ne serai pas déçu.

-Je l'espère aussi. Je fais de mon mieux.

Je raccrochai, soulagée. Si mon histoire était à la hauteur, je pourrais la mener comme je l'entendais. Ma seule crainte était de décevoir Jasper et Anthony Masen.

Ainsi, alors que je terminais le dernier chapitre, Edward m'appela.

-Bonjour, Edward.

Un sourire s'était dessiné sur mes lèvres dès que j'avais décroché.

-Bonjour, douce Bella. Je voulais savoir si tu avais quelque chose de prévu, le premier week end des vacances ?

-Non, pourquoi ?

-Je t'emmène dans un endroit spécial.

Mon sourire s'élargit. Je m'étais habituée à sa présence, tous les soirs. Je redoutais ainsi qu'il s'absente pendant les vacances et que je ne puisse pas le voir. De plus, c'était la première fois que nous allions passer un week end ensemble. Si j'avais été une fille normalement constituée, peut-être aurais-je redouté qu'il en profite pour passer à la vitesse supérieure et ne se contente plus de baisers innocents, mais il n'en était rien. Je me sentais en totale confiance avec lui, bien qu'il m'ait terrorisée lors de notre première rencontre. De plus, je le désirais physiquement, ce qui rendait la perspective de perdre ma virginité moins terrifiante.

Comme j'étais perdue dans mes pensées, Edward prit mon mutisme pour un refus.

-Tu ne veux pas ?

Sa voix déçue et peinée me ramena à la réalité.

-Si, si ! Excuse moi, j'étais ailleurs.

Edward éclata de rire -le plus beau son qu'il m'ait été donné d'entendre- et lorsqu'il reprit la parole, sa voix était soulagée.

-Dieu soit loué. Ce petit côté rêveur fait partie de ton charme.

Son compliment me fit rosir.

-Tu m'emmènes où ?

-C'est une surprise.

Le mystère dont-il m'entourait cesserait-il un jour de me faire un tel effet ?

-Oh. D'accord.

Edward ne répondit pas tout de suite.

-C'est tout ? S'étonna-t-il finalement.

-Qu'attendais tu ?

-La plupart des filles auraient été curieuses et m'auraient cuisiné pour me faire cracher le morceau. Tu n'es décidément pas contrariante.

Son aptitude à me valoriser me faisait autant de bien que ses anciennes critiques avaient été destructrices.

-En fait, j'aime bien les surprises.

Je ne précisai pas que je parlais des surprises le concernant lui, du moment qu'elles étaient agréables.

-J'en suis heureux. Hé bien, ta conversation est un plaisir mais je dois te laisser. J'ai du travail.

-Pas de problème. Moi aussi.

-Bonne soirée, Bella. Dors bien. Il me tarde d'être aux vacances.

Une fois qu'il eut raccroché, j'envoyai mon manuscrit par mail au Papillon noir, à l'adresse d'Anthony Masen et de Jasper Cullen, joint au message suivant.

Monsieur,

Voici ci-joint mon manuscrit, Le soleil nocturne, premier tome d'une saga qui en comportera probablement quatre. Le synopsis est le suivant :

Lila, jeune fille timide et solitaire, emménage chez son père dans la petite ville pluvieuse de Forks. Là bas, elle fait la connaissance de William, jeune homme d'une beauté surnaturelle et inquiétante. Bien qu'il semble dangereux, elle ne peut s'empêcher d'être fascinée par lui et veut savoir ce qu'il est vraiment. Lui, de son côté, semble irrésistiblement attiré par elle. Et si les vampires existaient ? Et si Lila, qui s'est toujours perçue comme banale, exerçait un pouvoir d'attraction exceptionnel pour les vampires de par son sang ?

En espérant qu'il vous plaise,

La fille de la nuit

On disait souvent qu'il était difficile pour un auteur de résumer ses romans. Ici, j'avais pris beaucoup de temps pour rédiger ces quelques phrases, m'interrogeant sur ce que je devais dire et ne pas dire, de façon à ce que l'éditeur sache de quoi cela parlait sans tout dévoiler, de façon à lui donner envie de le lire. J'avais donc tourné mes phrases avec soin, réécrivant les mots, les agençant du mieux possible. Ce synopsis devait refléter ma manière d'écrire.

Le lendemain soir, je consultai fébrilement ma boîte mail, tout en sachant que les éditeurs mettraient sans doute bien plus de temps pour me répondre. Ainsi, mon pouls s'accéléra quand je vis qu'Anthony Masen m'avait répondu. Je fermai les yeux, respirai lentement pour m'exhorter au calme. Ensuite, je les rouvris, pris mon courage à deux mains et ouvris le mail

Mademoiselle la fille de la nuit,

J'ai bien reçu votre manuscrit et je vous en remercie. Une fois n'est pas coutume, j'ai décidé de l'étudier personnellement et non de le confier à un de mes éditeurs. Libre à vous de considérer cela comme une bénédiction, dans la mesure où je suis le meilleur critique qui soit, ou comme une malédiction, car je suis impitoyable et exigeant. J'ai lu le tiers de votre roman et j'ai déjà établi la critique du premier chapitre. En effet, je suis partisan de l'analyse détaillée et progressive. Voici donc mon avis :

Concernant la forme, le style est très soigné, riche mais parfois trop compliqué pour des adolescents. Le registre est trop soutenu et certaines expressions ampoulées frisent le ridicule.

Quant au fond, le scénario est prometteur. Les personnages sont très attachants et donnent envie de mieux les connaître en poursuivant le récit. L'intrigue est entourée de mystère et soulève le questionnement. Cependant, l'histoire semble un peu trop axée sur un public féminin, j'ose donc espérer qu'il y aura des scènes d'action par la suite.

Suivait ensuite une analyse qui s'attaquait pratiquement à chaque paragraphe et chaque expression qu'il trouvait « ampoulée », pour reprendre ses termes, était relevée et il m'en suggérait une autre. Il me proposait également d'alléger mes descriptions.

J'étais stupéfaite. Cet Anthony Masen semblait arrogant, de par sa manière de se désigner comme le meilleur, mais ayant lu beaucoup de livres des éditions du Papillon noir, je savais qu'il pouvait se le permettre. De plus, il ne manquait pas d'humour. Ses phrases étaient gorgées de bons mots et de réflexions spirituelles. Quant à ses remarques, elles étaient toutes très pertinentes et je les approuvais pour la plupart, même si elles supposaient que si le premier jet du roman était arrivé à son terme, je n'en avais pas fini avec lui et j'avais encore du travail devant moi.

Quoi qu'il en soit, j'étais sous le charme. Ce Masen devait être quelqu'un de très intelligent et charismatique. Le genre de personne devant laquelle je me serais ratatinée sur place. Ainsi, j'étais soulagée de ne communiquer que par mail avec lui et qu'à l'instar des super héros, il garde sa véritable identité secrète. De toute façon, je pouvais communiquer directement avec Jasper, qui avait le don de me mettre à l'aise. Je décidai de répondre au mail.

Monsieur Masen,

Merci beaucoup pour toutes vos remarques , toutes sans exception. Je vais en tenir compte et faire de mon mieux. Concernant mon style trop ampoulé, c'est malheureusement ma manière d'écrire habituelle, et je vais faire de mon mieux pour y remédier. Quant au fait que je vise un public féminin, votre collègue Jasper Cullen m'avait encouragée dans cette direction et je supposais moi-même que ce n'était pas un problème dans la mesure où les filles sont de très bonnes lectrices. Je vous propose d'ajouter certaines scènes d'action où William sauve Lila de dangers qui la menacent. Cela permettrait de montrer la force surhumaine de William, ce qui pousserait Lila à s'interroger sur sa véritable nature, plus que son charme surnaturel. De plus, le fait qu'il la sauve expliquerait aussi le fait qu'elle lui fasse confiance bien qu'il se présente lui-même comme un danger.

En ce qui vous concerne, je fais le choix de vous considérer comme une bénédiction, mais si j'échoue dans mes études parce que je m'investis trop dans mon roman, je vous tiendrai pour personnellement responsable.

Bien à vous,

La fille de la nuit

J'étais consciente d'avoir fait preuve d'audace, mais je savais d'expérience que les gens qui faisaient de l'humour aimaient qu'on leur offre une réponse adéquate. Cela n'empêcha pas mon cœur de palpiter en attendant avec appréhension la réponse d'Anthony Masen. Je décidai alors d'appliquer les corrections de style qu'il m'avait dit de faire au premier chapitre. Lorsque j'eus terminé, je risquai un coup d'œil à ma boite mail et découvris qu'il m'avait déjà répondu.

Chère Mademoiselle,

Étant quelqu'un qui aime tyranniser ses auteurs, cela me fait du mal de l'admettre, mais je suis tout à fait d'accord avec vos suggestions au sujet des scènes d'action. Cependant, ces modifications ne viendront que dans les chapitres suivants, l'action n'était pas nécessaire dans le premier chapitre qui présente une ouverture. Sur ce, je vous suggère d'aller sans plus tarder vous coucher. En effet, si vous manquiez de sommeil et que vos études en pâtissaient, j'en serais responsable, comme vous me l'avez si bien fait remarquer. De plus, je ne voudrais pas que vos yeux, que j'imagine jolis, soient maquillés de vilaines cernes.

Bonne nuit,

Anthony Masen

J'écarquillai les yeux. En lisant son « chère mademoiselle », mon cœur avait fait un bond dans ma poitrine. Pourquoi diable étais je si émotive ? Son côté attentionné qu'il avait dévoilé dans la dernière partie du mail n'avait fait qu'augmenter mon trouble, et sa supposition selon laquelle mes yeux étaient jolis avait été le coup de grâce. Tentait-il de flirter avec moi ? Je devais me montrer prudente. En effet, il était sans aucun doute plus âgé que moi et savait que j'étais une adolescente. Peut-être était ce cela qui l'attirait. Mon intuition me soufflait le contraire, d'autant plus que j'étais séduite par son esprit, mais je me devais d'être rationnelle. Je pourrais peut-être en parler à Jasper, qui était le plus à même de me rassurer, ou bien à Alice, qui pouvait anticiper les ennuis et me mettre en garde en cas de besoin. En attendant, je décidai de suivre les conseils d'Anthony Masen et me glissai dans mon lit, en lisant quelques chapitres d'un livre pour me distraire et me remettre de mes émotions.

À partir de ce jour là, chaque soir, je reçus un mail d'Anthony Masen, qui commentait mes chapitres. Bien qu'il soit exigeant, les corriger et les modifier était plus rapide et facile que je ne le pensais. En deux jours, il avait terminé la lecture du roman. Cela coïncidait avec le commencement des vacances, aussi me suggéra-t-il de faire une pause pendant quelques jours. Pour quelqu'un qui prétendait être le pire cauchemar des auteurs, je le trouvais bien conciliant.

Le vendredi soir, Edward me raccompagna chez moi. Je me changeai, soignai ma tenue et mon maquillage plus que de coutume, mis mes affaires dans une petite valise et retrouvai Edward devant la porte de la maison. Galamment, il prit mes bagages et me regarda avec son sourire en coin habituel.

- Prête ? L'avion nous attend.