Titre: Cache cache
Auteur: Shini-cat
Couple: 1x2x1
Genre: Romance
Bêta: Bernie.
Disclamer:Y sont pas à moi... snif :(
NDA (1): Cette fic est la suite de "Amour sans retour" et de "Amour impossible" !
NDA (2): Je tiens à préciser que tout ce qui est dans cette fic est vrai!
Cache cache
Ecoute-moi
Heero vit le jeune homme se retourner lentement. Duo n'en croyait pas ses yeux ! Comment Heero avait-il bien pu arriver jusque chez lui et pourquoi, surtout !
Duo le regarda, éberlué par sa présence. Heero s'approcha de lui sans un mot. Puis soudain, Duo se reprit et s'exclama:
-Mais qu'est-ce que tu fous chez moi ! Duo fut extrêmement surpris par le ton dur et froid de sa voix. Il n'avait encore jamais parlé comme ça à quelqu'un !
-Je... Je voulais te voir... répondit Heero.
-Me voir ? Me... voir ? ! Et pourquoi?
-Je veux m'excuser de ce que je t'ai fait depuis l'année dernière ! Répondit Heero en baissant la tête, honteux.
Et là Duo fit quelque chose que Heero n'attendait pas du tout: Il éclata de rire, mais pas d'un rire joyeux, non, plutôt d'un rire hystérique.
Heero le regarda de travers. Il ne s'était pas attendu à une telle réaction. Il était tout d'un coup mal à l'aise en entendant ce rire.
-Me voir, Heero ! Tu ne m'as pas assez vu ! Après tout ce que tu m'as fait en deux ans, tu ne crois tout de même pas que parce que tu vas te ramener en pleurnichant et en me disant "Je veux me faire pardonner et être ton ami !" Que je vais effacer l'ardoise et que je ferai comme si rien ne s'était passé ? ! ! Tu me prends vraiment pour un con, Heero ! Et bien sache une chose, je suis loin de l'être ! J'ai beau en avoir l'air, comme on dit, mais j'en ai pas la chanson !
Et considérant la discussion comme close, il entra et ferma la porte au nez de l'Asiatique. Ce dernier resta stupidement sur le pas de la porte. Il avait reçu tout le venin du châtain en pleine figure en l'espace que quelques secondes.
Qu'il avait été stupide de croire que parce qu'il lui présentait ses excuses, il allait lui pardonner et faire comme s'il ne lui avait jamais rien fait!
Il retourna dans la voiture au moment où une autre se garait dans l'allée. Heero vit descendre une femme d'une quarantaine d'année, les cheveux châtain et coiffés en une queue de cheval qui lui descendait jusqu'au bas des reins.
Sûrement la mère de Duo ! Pensa-t-il.
Dans sa colère, Duo claqua la porte au nez de Heero. Il se dirigea vers le salon et se laissa choir sur le fauteuil.
Il ne comprenait plus rien ! Il y a 3 mois, Heero aurait tout fait pour lui nuire et lui faire du mal, maintenant, il se ramenait devant sa porte et lui demandait d'être son ami.
Il ne savait plus où il en était. Il tenta tant bien que mal de retenir les larmes qui lui montaient aux yeux, mais cette fois, l'émotion était trop forte, alors elles glissèrent lentement mais sûrement sur ses joues blanches.
Un gémissement de bête blessée franchit ses lèvres. Il porta la main à sa bouche pour le taire, mais d'autres plus forts et plus longs, résonnèrent dans la pièce. Il se calfeutra au fond du fauteuil et pleura tout son saoul. Ca faisait longtemps qu'il n'avait pas pleuré !
Finalement, il sortit du fauteuil et monta dans la salle de bain. Il ouvrit la porte du placard juste au-dessus du lavabo et en sortit une petite boîte blanche d'où il sortit une petite pilule. Il la mit dans sa bouche et ouvrit le robinet d'eau. Avec ses mains, il en récupéra, la porta à ses lèvres et la bu.
Il se dirigea vers sa chambre quand il entendit quelqu'un entrer. Sa mère sûrement !
Il se coucha sur son lit et se détendit. Mais la détente fut de courte durée, car il entendit quelqu'un monter les escaliers. Il ne reconnaissait pas le bruit des pas de sa mère... sûrement les calmants qui faisaient déjà effet.
Il vit un rai de lumière sur le mur, signe que l'on ouvrait la porte. Il poussa un grognement, et s'apprêta à demander à sa mère de le laisser tranquille quand l'ombre lui renvoya une coiffure ébouriffée et non une queue de cheval, comme sa mère. Il se releva et regarda en direction de la porte pour y découvrir Heero.
Quand Heero vit la femme se diriger vers la porte après être restée quelques minutes dans la voiture, il se précipita vers elle. Elle sursauta lorsque Heero l'interpella:
-Madame !
-Heu... oui, que puis-je pour toi, jeune homme ? Répondit-elle avec un sourire.
-Et bien, êtes-vous la mère de Duo ? Demanda-t-il.
-Oui !
-Et bien, j'aimerais savoir si je peux le voir ?
-Je suppose que oui ! Suis-moi ! Répondit-elle.
Heero l'accompagna et entra dans la maison du natté. Heero entendit une porte se refermer à l'étage; peut-être Duo.
-Monte les escaliers, c'est la deuxième porte à droite ! Lui indiqua la femme.
Heero la remercia avec un hochement de tête. Il se dirigea vers lesdits escaliers, son estomac s'était transformé en un nœud qui allait être difficile de défaire! Pensa Heero.
Arrivé en haut des escaliers, il prit une grande inspiration et se posta devant la porte de la chambre du natté. Sur la porte avait été dessiné un ange aux ailes noires. Un seul oeil était visible derrière les mèches qui lui tombaient devant les yeux et il était Améthyste, un léger filet de sang coulait de ses lèvres entrouvertes et courbées en un petit sourire canaille, mesquin. Les cheveux châtains étaient coiffés en une tresse qui se terminait à la mi-longueur. Heero fixa quelques secondes le dessin. Il était aussi grand que lui et montrait une étrange ressemblance avec Duo.
Détournant les yeux du démon, il frappa à la porte et entra sans attendre la réponse.
Dans la pénombre de la pièce, il vit une ombre bouger. Au bout de quelques secondes et grâce à la lumière du couloir, il distingua nettement la chambre et trouva Duo sur son lit, le fixant avec des yeux écarquillés.
Les yeux dans les yeux, les deux jeunes hommes ne dirent rien.
Ce fut finalement Duo qui réagit en premier, une fois encore. Il se leva d'un bond et lui asséna une gifle. Le bruit retentit dans la chambre. D'une voix froide, il siffla entre ses dents:
-Il me semble pourtant t'avoir dit qu'il était hors de question que je te pardonne ! ! Alors sort d'ici et ne m'approche plus jamais !
Pendant une fraction de seconde, Heero vit dans les yeux de Duo la même lueur démoniaque que dans ceux du dessin sur la porte. Faisant fit de cette impression, il ouvrit la bouche pour s'expliquer, mais Duo ne lui en laissa pas le temps:
-J'ai dit: DEHORS ! ! ! Tu es sourd ? ! Répéta Duo.
-Duo, laisse-moi parler ! Supplia Heero.
-Y'a rien à expliquer ! Tu m'as pris pour un con et bien retourne du côté de ceux qui t'ont fourré ça dans le crâne et fous-moi la paix !
-Duo, s'il te plaît ! Je reconnais que j'ai choisi la facilité pour me faire des amis, mais maintenant, je veux te connaître ! S'exclama Heero.
-Me connaître? Et connaître quoi? Je ne suis plus rien ! Vous m'avez complètement détruit ! Je ne suis plus que l'ombre de moi-même ! Je n'ai plus envie de rien, juste dormir, mes calmants me font oublier tout ce qui se passe dans ma vie ! Ca fait trois mois que je prends des anti-dépresseurs et trois mois pratiquement effacés de ma mémoire ! ! ! Tu veux connaître quoi Heero ? Dis-moi ? J'ai plus rien, à cause de vous ! ! ! Te faire pardonner, tu pourras pas ! Parce que tu ne peux pas me rendre le sourire et la joie que j'avais !
Duo était désormais en pleurs. Il le vit peu à peu se mettre à trembler et retomber sur son lit, allongé. Les larmes roulant toutes seules sur ses joues. Heero eut la vague impression qu'il était comme vidé de toutes ses forces. Il s'approcha lentement de lui. Il ne vit aucune réaction. Il s'assit sur le rebord du lit, levant une main pour frôler la joue humide du natté.
De son côté, Duo ne prenait plus conscience de ce qui l'entourait, de la main sur sa joue. Le souffle légèrement saccadé, il ne prit même pas la peine de tenter de respirer correctement. Il se sentait comme un poisson dans l'eau ! Il tourna la tête vers la personne au-dessus de lui. Puis ferma les yeux.
Heero regarda Duo. Se demandant ce qu'il pouvait bien se passer dans sa tête.
Soudain quelqu'un frappa à la porte. Heero vit entrer la mère de Duo.
-Que se passe-t-il ? Je vous ai entendu crier et puis plus rien ? Demanda-t-elle.
-Je sais pas, justement ! Il m'a crié dessus et puis, il est devenu tout bizarre...
-Il a sûrement pris des calmants ! Dit Mme Maxwell.
-Possible !
-Bien, tu vas devoir partir, ça ne sert à rien de rester, tu ne pourras pas lui parler, je suis désolée ! Il a dû avoir une dure journée encore ! Soupira-t-elle.
Heero regarda une dernière fois Duo et partit. Il savait qu'il ne le reverrait que demain, maintenant. Il sortit en remerciant la mère de Duo. Cette dernière lui fit un tendre sourire avant de demander:
-Tu es un ami de Duo ?
Heero ne répondit pas tout de suite. Oui, il voulait l'être, mais ça n'allait pas être aussi simple. Il voulait l'être du plus profond de son cœur. Mais la bête blessée qu'il voulait approcher ne se laisserait pas faire, de peur qu'autre chose ne le fasse souffrir. Au final, il était sur le territoire de Duo, donc, c'est à lui de tenir les rennes de leur relation, si tant est qu'une relation se tisse entre eux !
Mais il n'avait pas non plus rêvé les regards et les sourires que le châtain lui avait adressés quand ils se croisaient avant. Il savait, il était presque sûr, que le refus du natté était dû à la douleur qu'il ressentait par rapport à ce que tout le monde lui avait dit.
Il répondit finalement:
-Je ne sais pas ...
Il tourna les talons et regagna la voiture qui attendait toujours. En ouvrant la portière de la voiture, il leva les yeux vers la chambre du natté.
Il monta dans la voiture avec un soupir.
Il allait devoir s'armer de courage car Duo n'avait pas l'air de lui avoir pardonné ces deux années. Mais en y réfléchissant, si les rôles avaient été inversé, comment lui aurait réagi face aux moqueries des autres et de la personne qu'il aime ?
Sa mère le regarda, voyant qu'il était perdu dans ses pensées, elle ne dit rien et mit le contact.
Dans le rétroviseur, Heero regarda la maison s'éloigner doucement.
Dans la chambre, Duo restait sur son lit, sans bouger. Il n'en avait pas envie. Il entendit pour la quatrième fois la porte s'ouvrir et vit sa mère entrer. Il se releva et prit le bol qu'elle lui tendait. Il le but lentement. Il ne se souvenait pas pourquoi il avait les joues humides ou plutôt, il ne cherchait pas à se souvenir. Il rendit le bol à sa mère et se recoucha. Elle le regarda quelques instants, avant de se pencher et de l'embrasser sur la tempe.
Duo ne réagit pas, amorphe. Comme à chaque fois, il repassa les deux dernières années dans sa vie en mémoire, mais aucune émotion ne le prit à la gorge. Avec un sourire, il s'endormit, enfin en paix. Même si demain, tout recommencerait.
Heero ne dormit pas de la nuit, trop préoccupé par ce que Duo lui avait dit ...ou plutôt crier. Il ne pouvait pas croire qu'il lui avait fait tant de mal ! Il était complètement fou amoureux de lui et il lui avait fait du mal. Il s'était rendu compte de son amour pour Duo pendant son absence prolongée, alors il n'était pas à blâmer, n'est ce pas ?
Il ne savait pas, il ne savait plus ! Il voulait simplement que Duo lui pardonne !
C'est avec difficulté qu'il se leva, la fatigue se faisant ressentir. Heero avait peur que Duo ne vienne pas au collège à cause de ce qui s'était passé entre eux. Peut-être penserait-il qu'il se moquerait de lui, qu'il irait se vanter d'avoir réussi à le faire pleurer. Mais jamais Heero n'irait faire une chose pareille.
En descendant du car, il regarda autour de lui, dans l'espoir d'apercevoir Duo. Mais le jeune homme resta invisible. Il pouvait aussi être déjà entré dans l'enceinte du collège, son car étant déjà garé à l'autre bout du parking. Il se glissa dans les couloirs, cherchant le jeune homme. Quand il fut de retour dans la cour, il vit la porte de la bâtisse d'en face se refermer sur une longue natte.
Les battements de son cœur redoublant, il partit en quatrième vitesse en direction du bâtiment. Il monta les marches en quatrième vitesse et entra dans la bibliothèque. Assis dans un fauteuil, Duo lisait tranquillement son livre. Quand il leva les yeux vers lui, c'est avec joie qu'il croisa les pupilles violines du natté.
Duo se réveilla tout groggy. Il ne fit pas attention à ce qui se passait autour de lui pendant qu'il buvait son chocolat chaud. Il ne vit donc, pas le regard triste de sa mère.
Dans le car, il resta insensible à ce que les autres lui disaient. Il tourna simplement la tête une fois, regardant l'objet que l'un d'entre eux avait lancé et retourna la tête. Devant son manque de réaction, les autres le laissèrent tranquille et il put regarder le paysage défiler devant ses yeux.
En descendant, il ne fit pas attention à se faire discret, il se dirigea directement vers les toilettes ou il resta quelques minutes le temps de se rafraîchir un peu. Puis il se dirigea vers la bibliothèque. Il voulait rester tranquille, avant de devoir affronter ses gentils camarades de classe.
Il entendit la porte se refermer lentement derrière lui, atténuant le bruit qui régnait à l'extérieur.
Installer confortablement sur un fauteuil du coin lecture, il était plongé dans son livre quand quelqu'un ouvrit brutalement la porte.
Malgré les calmants qui lui brouillaient l'esprit, il ne put empêcher une vague de peur lui broyer l'estomac.
Cette fois, Heero ne laissa pas le temps au natté de parler:
Il le prit par le bras et le traîna en dehors du local. Quand il fut au bout du couloir, il se retourna et regarda Duo droit dans les yeux.
-Maintenant, tu m'écoutes, d'accord ? S'exclama Heero, déterminé.
Duo hocha la tête, un peu effrayé par la lueur colérique qui brillait au fond des prunelles cobalt.
-Bien, merci ! Duo, je suis parfaitement conscient de ce que je t'ai fait, mais je tiens à me faire pardonner ! Je ne savais pas que ce que je te faisais te touchait autant ! Je sais que tu me détestes, mais s'il te plaît, laisse-moi une chance ! Laisse-moi te prouver que je ne suis pas aussi méchant que tu peux le croire ! Je sais aussi que tu mettras du temps à me considérer comme un ami, mais...s'il te plaît, laisse-moi une chance... finit pitoyablement Heero.
Duo l'observa quelques secondes, stoïque. Il n'était pas du tout touché... non, il essayait juste de toutes ses forces de ne pas sauter au cou d'Heero et de l'embrasser ! Duo n'en croyait pas ses oreilles. Il avait peur que ses médicaments lui jouent un tour, une hallucination.
Il savait que la réaction qu'il avait eu la veille était disproportionnée, mais la vague de douleur avait été si forte, qu'il avait tout fait pour éloigner le jeune homme de lui.
Il ne savait pas quoi répondre. Il aurait voulu lui répondre qu'il lui donnait une chance, mais ce qu'il avait dit la veille était toujours d'actualité: il ne pouvait pas effacer tout ce qu'il lui avait fait en quelques secondes sous prétexte qu'il voulait devenir son ami et que lui-même l'aimait. L'amour a ses limites, et Heero les avait franchies. Il lui avait fait et dit des choses que l'on ne pardonne pas sur demande. Il gardera toujours une part de répulsion vis à vis de Heero.
Il plongea son regard dans celui du brun.
- Je veux bien croire que tu veux devenir mon ami, mais ne vient pas dire, que tu sais ce que j'ai enduré pendant deux ans ! C'est pas vrai, tu ne sais pas ! Tu ne peux pas connaître, puisque c'est grâce à moi que tu es apprécié de tout le monde ! Tu as voulu être apprécié, je ne te le reproche pas, mais moi j'avais rien demandé, juste qu'on me laisse tranquille. Mais toi, tu n'as pas vu... tu n'as rien vu...
Heero le regarda.
Duo sentit les barrières qu'il s'était faites contre les autres, diminuer. N'y tenant plus il se jeta dans ses bras et ses sanglots redoublèrent d'intensité.
Heero, d'abord surpris, ne bougea pas, mais finit par passer ses bras autour des épaules du natté et de lui caresser doucement les cheveux. Il ne s'était pas du tout attendu à un tel geste de la part de Duo, lui qui tentait pratiquement désespérément de le repousser, maintenant, il se jetait littéralement dans ses bras.
Le berçant doucement, il sursauta quand la sonnerie retentit.
Gentiment, Heero lui demanda s'il voulait bien revenir à la récré pour qu'ils puissent parler tous les deux.
Duo voulut refuser. Ce n'est pas parce qu'il s'était jeté dans ses bras, qu'il allait lui pardonner. Il allait refuser, mais quand il ouvrit la bouche, ce n'est pas la réponse qu'il avait voulu donner.
-D'accord !
Duo sentit des frissons lui parcourir le corps. Lentement, il posa son regard sur les salles de classes opposées. Il trouva dans la salle d'arts plastiques un jeune homme brun le fixant. Duo fronçât les sourcils, il trouvait que leurs regards se croisaient souvent ses deux derniers jours.
Comme à chaque fois se fut Heero qui détourna le premier le regard, retournant à son cours.
Malgré lui, ses yeux continuèrent de rester fixés sur le Japonais. Ne pouvant les détacher. Il avait juré de ne pas plier devant Heero ! Mais plus les minutes passaient et plus l'envie de voir Heero, de le toucher, se faisait ressentir !
Il allait céder sans rien avoir pu faire.
Son regard fixé sur Heero, semblait laisser ce dernier indifférent.
Heero, même s'il ne laissait rien transparaître, sentait parfaitement les yeux de Duo posés sur lui. Il ne voulait pas tourner la tête. Il voulait encore sentir les petits frissons qui lui chatouillaient la nuque.
Mais quand le regard devint trop intense, il tourna la tête et regarda dans les yeux le jeune homme à travers la fenêtre ouverte. Il lui sourit.
Duo prit soudainement des couleurs et reporta son attention sur son professeur.
Secouant la tête, Heero fit de même. Il fut surpris de constater que le temps était passé plus rapidement qu'il l'aurait cru !
Quand la sonnerie donna la permission aux élèves de sortir, Heero fut le premier à franchir la porte de la salle de cours.
Duo lui, prit tout son temps pour ranger ses affaires. Les mains moites, il mit son sac sur son dos et sortit. Il ne savait pas ce que Heero lui voulait au juste pour vouloir être soudainement son ami, mais il le saurait !
Heero bouscula tous ce qui se trouvait sur son passage et courut à l'autre bout de la cour. Arrivé, il s'assit sur les marches et attendit, espérant que Duo ne lui pose pas un lapin !
Il souffla de soulagement quand, après quelques minutes d'attente, il vit la silhouette de Duo se dessiner à travers la porte vitrée. Il se leva et l'accueillit avec un sourire chaleureux.
Avant d'aller rejoindre Heero, Duo fut obligé d'aller boire un peu d'eau, son estomac était une fois de plus broyé par la peur et l'appréhension.
En face de lui, Heero le fixait avec un sourire... chaleureux ? ? ?
-Alors, que voulais-tu me dire ? Demanda Duo.
-Rien, je voulais juste être avec toi, c'est tout ! Mais si tu ne veux pas, ce n'est pas grave ! Je peux comprendre !
-J'accepte de te donner une seconde chance, mais explique-moi pourquoi tu veux être mon ami, alors qu'il n'y a pas quatre mois, tu aurais tout fait pour me faire du mal ! ? Demanda Duo.
Heero ne répondit pas. Il ne pouvait pas lui dire que c'était parce qu'il s'était rendu compte qu'il était tombé amoureux de lui ?
-Je... Je peux pas te le dire...
-Heero ! Je te laisse une chance, tu pourrais au moins faire un effort et me dire ce qui te pousse à faire copain-copain avec moi après tout ce que tu m'as fait ! Je veux bien en faire, mais si toi, de ton côté, tu n'en fais pas, ça ne sert à rien ! S'exclama Duo, en colère.
Heero voulait être son ami, mais il ne fallait surtout pas qu'il sache le pourquoi du comment, et Duo lui, devait faire des efforts? Et bien là, ça n'allait pas passer comme ça ! Duo était gentil et lui laissait une chance, mais si Heero ne voulait pas répondre à sa question, il ne pouvait pas savoir ce qui l'avait poussé à faire ça. Duo ne lui demandait pas la lune !
Heero baissa les yeux. Il ne pouvait vraiment pas lui dire ses sentiments. S'il lui disait, il allait se moquer de lui, et ne voudrait sans doute plus jamais le voir. Mais s'il ne lui disait rien, il ne voudrait pas de lui comme ami ! Dans les deux cas, il allait perdre Duo. Mais en même temps, il ne pouvait pas savoir la réaction de Duo tant qu'il ne lui aurait pas dit ses sentiments. Et s'il réagissait favorablement ? Il s'en voudrait de laisser passer une chance d'être avec Duo.
En face de lui, Duo interpréta mal son silence et s'exclama soudainement:
-Tu mens ! Tu ne veux pas devenir mon ami, tu as simplement fait un pari avec tes amis et tout ce que tu veux, c'est me faire dire des trucs que je tiens à garder secrets pour aller le répéter à tout le monde ! Si tu me crois assez con pour tomber dans le piège, tu te trompes !
Duo s'éloigna de lui et le regarda avec méfiance.
Heero le fixa, éberlué, se demandant où son vis à vis était allé pêcher une telle idée !
-Ce n'est pas la peine de chercher une excuse valable Heero ! Tu n'en trouveras pas ! Allez, je me casse ! Tu es bien comme avant !
Duo tourna les talons et sortit...
-DUO, ATTEND ! ! !
L'interpellé se retourna et le fixa, une lueur interrogative au fond des yeux.
-Duo, je veux bien te le dire, mais pas ici, pas au collège ! Et je veux que tu me promettes de ne pas te moquer de moi ? Demanda Heero, gêné.
Duo haussa un sourcil.
-Tu t'es bien moqué du fait que je lisais des romans "à l'eau de rose" ! Fit remarquer Duo en imitant les guillemets avec ses doigts.
-Oui, je sais, mais moi aussi, j'en lis. Bredouilla Heero, de plus en plus gêné.
Le sourcil de Duo s'arqua un peu plus. Sa mère lui avait appris à ne pas faire aux autres, ce que l'on ne voulait pas que les autres nous fassent.
Il n'avait pas la prétention de juger les sentiments, les rêves, et les goûts des autres.
Heero pouvait être homosexuel, être tombé amoureux du pape, et vouloir faire l'amour sur le sommet du Mont Blanc, ça ne le regardait pas !
-Alors, tu veux bien que je vienne chez toi ?
-Pourquoi tu demandes puisque quand même je ne t'ais pas invité, tu viens ! Répondit narquoisement Duo.
Heero rougit. Duo rigola, comme s'il n'en voulait pas à Heero. Comme s'il avait oublié avoir soupçonné Heero de lui tendre un piège ! Peut-être que c'était le cas, finalement !
Le rire est contagieux, car Heero le suivit dans son fou rire.
Quand ils se calmèrent, Heero sourit tendrement à Duo. Ce dernier essuyait les larmes de rire qui coulaient sur ses joues et perlaient à ses yeux.
Il s'approcha de Duo et posa ses mains sur ses épaules. Ce dernier le regarda dans les yeux, surpris.
-Duo, ce que tu viens de dire est stupide ! Jamais je ne ferais une chose aussi méchante ! J'avoue le mal que j'ai pu te faire, mais maintenant, certaines choses ont changé depuis ces trois derniers mois ! Je ne veux plus écouter les autres !
Duo détourna les yeux, incertain. Devait-il faire confiance à Heero et le laisser devenir son ami ou bien le repousser et rester de nouveau seul ? Il ne savait pas, il n'arrivait pas à réaliser ce que Heero lui demandait ! Lui qui avait toujours était seul et avait toujours voulu UN ami, maintenant que quelqu'un venait vers lui, il le repoussait !
Que devait-il faire ?
Heero regarda le jeune homme perdu dans ses pensées. Heero se rendit compte qu'il était la première personne qui voulait être ami avec Duo, alors il comprit son hésitation et ses doutes. Et par la même, il comprit la réaction de Duo. Il n'avait jamais eu d'ami et là tout d'un coup, y'a un mec qui se ramène et qui lui balance "hey, j'suis désolé de t'avoir insulté, tu veux pas devenir mon copain ? " C'est vrai que ça avait de quoi déstabiliser. Duo n'était pas à l'aise avec d'autres personnes, ayant toujours été seul, il ne savait tous simplement pas comment réagir.
Il resserra sa prise sur ses épaules et lui sourit. Duo poussa un soupir.
-D'accord, mais jure-moi que tu ne cherche pas à me faire du mal ! Demanda Duo.
-Juré !
A Suivre
