Bonsoir, ou bonjour, ça dépend. Je suis vraiment désolée de vous avoir fait attendre aussi longtemps pour la suite, mais j'ai vraiment eu de mal à trouver une histoire avec une bouteille d'alcool et une médaille militaire. Mais voilà, ça y est. Je vous offre alors deux chapitre entier, le dernier de cette petite fiction arrivera rapidement normalement (ou en tout cas plus vite que ces deux chapitres)
- Bonjour Jane.
- Bonjour Lisbon.
L'homme resserra son emprise sur l'épaule de la jeune femme. Il voulait être sûr qu'elle ne partirait pas, il voulait être sûr qu'elle ait comprit qu'il ne partirait pas.
Ils étaient postés là, telles deux statues. Seules les feuilles de l'arbre bougeaient, tombaient et volaient dans les airs. Ils restèrent dans cette position durant plusieurs minutes, comme s'ils voulaient ralentir voire arrêter le temps. Puis, après ce silence, la jeune femme se décida à parler.
- Comment vous avez su où j'étais ?
Son regard était concentré sur le nom inscrit devant elle. Ses cheveux flottaient encore et toujours à la mesure du vent. Ils avaient des reflets châtains grâce au soleil, ce qui était assez rare. Cela faisait presque oublier les évènements présents, ce pour quoi ils étaient là.
- Je sais toujours où vous êtes.
Elle ferma les yeux et sourit. Elle connaissait Jane depuis longtemps maintenant, et elle aurait dû savoir qu'il serait venu la voir ce jour là, où qu'elle soit. Mais l'émotion du jour lui avait fait oublier la part de Patrick Jane qui aidait ses amis. Et pour une fois, elle lui était reconnaissante. Elle savait qu'elle aurait pu faire quelque chose de totalement stupide, d'irrationnel, mais non, elle n'avait rien fait de ces deux choses. Elle avait préférée se transformer en agacent mentaliste. Elle s'était demandée plus tôt dans la journée ce qu'il aurait fait en ce jour de deuil. Elle ne savait pas exactement ce qu'il faisait les jours « d'anniversaire de mort » de sa femme et de sa fille. Il n'était jamais avec eux, et personne n'était en mesure de dire où il était ni ce qu'il faisait. Et évidement, il n'en avait jamais parlé.
Lisbon était persuadée qu'il venait les voir, qu'il allait dans des lieux où lui et sa famille avaient l'habitude d'aller. Elle l'imaginait en train de se reposer dans le parc où sa file jouait et courrait dans les chemins entre la plan de fleurs en bordure de l'herbe fraichement coupé dont un panneau indiquait qu'il ne fallait pas aller dessus où elle demandait à chaque fois un glace, fraise et vanille, car c'était son parfum préféré, et qu'elle en voulait même en hiver ou quand il pleuvait où Charlotte-Anne faisait des tours de manège, descendait les toboggans et se balançait sur les balançoires où Angela et Patrick étaient loin de tout mais ensemble et en famille. Lisbon avait aussi pensé au fait qu'il puisse regarder quelques photos, admirer de nombreux dessins ou lire de petits mots qu'elles avaient pu lui écrire. Mais en fait, Térésa Lisbon ne savait rien de ce que faisait Patrick Jane ces jours là.
Alors elle avait décidé d'aller voir son ami décédé, plutôt que de se morfondre seule chez elle avec pour seul compagnie une bouteille de téquila. Mais elle avait finit par faire les deux, elle avait ramené la bouteille d'alcool qui était à présent à côté d'elle.
Lisbon s'installa plus confortablement et se mit en tailleur. Elle prit la bouteille et la porta à ses lèvres. Elle t'en pris pas immédiatement une gorgée. Elle regarda dans le vide, devant elle, comme s'il était là et qu'il lui disait quelque chose. Qu'il lui disait de ne pas boire, que cela n'était pas bien, qu'elle savait ce que cela pouvait provoquer et qu'elle ne pouvait pas toléré ce qu'elle pourrait faire. Si seulement l'alcool n'éxistait pas, cele aurait peut-être rendu les choses plus simples. Ou non. Car elle aurait du trouver quelque chose pour se guérir de ce mal qui était en elle. Mais la vision qu'elle avait de son ami décédé partit et elle plusieurs gorgées du liquide défendu qu'elle tenait à deux mains près de sa bouche. Lorsqu'elle décida de s'arrêter, elle secoua la tête de droite à gauche. Pourquoi, pourquoi avait-il fallu qu'elle fasse cela devant lui. D'autant plus qu'elle n'avait pas bu une goutte de la bouteille avant qu'il n'arrive. Mais c'était comme s'il était son protecteur, comme si elle savait qu'il serait là quoi qu'il se passe. Elle serra la bouteille dans ses mains et la plaça dans le creux de ses jambes, toujours en la tenant. Elle la regarda pendant un moment, la faisait légèrement basculé en avant ou sur le côté pour pouvoir l'observer du mieux possible, bien que ses pensées ne soient vraiment aptes à ça. Puis son regard regagna le nom marqué devant elle. Elle fit sauter légèrement la bouteille en l'air avant de la rattraper d'une main ferme. Toute cette scène s'était passée sous le regard attentif de Jane, toujours dernière elle. Il avait retiré la main de son épaule au moment où elle avait prit la première gorgée. Il l'avait laissé faire, étant bien conscient qu'il devait être là, mais qu'il ne devait pas juger. Il savait parfaitement ce qu'elle ne ferait rien de mal ou d'absurde, mais Lisbon était Lisbon, elle était aussi imprévisible que lui. Lisbon jeta un nouveau coup d'œil en direction de la bouteille, puis la leva vers Jane.
- C'est sa bouteille préférée. Enfin, c'était. elle marqua un temps, Vous en voulez ?
- Non merci Lisbon, je ne bois pas.
- Tant mieux pour vous, c'est vraiment inutile.
Il ne jugea pas, comme il se l'était promis. Si Lisbon savait ce qu'il faisait lors de ces jours là, elle lui aurait fait la morale. Et s'était d'ailleurs pour cela que personne ne savait où il se trouvait. Elle reposa la bouteille au sol, elle n'avait pas vraiment d'utilité en fait.
- La bouteille, elle a une histoire n'est-ce pas ?
- Ou peut être que si justement.
- Oui Jane, elle a une histoire.
- Vous voulez bien me la raconter ?
- Au pont où on en est.
Elle ne voulait pas vraiment parler de ça, mais la présence de Jane à côté d'elle la décida rapidement. Il avait un don pour calmer les gens qu'il connaissait. Il arrivait à vous faire dire des choses que vous ignoriez, ou que vous cachiez au plus profond de vous pour vous faire comprendre certaines choses. Elle n'avait aucune idée où cette histoire pourrait la mener, mais elle lui faisait confiance.
- C'était il y a longtemps, un de mes premiers cas. J'avais été introduite dans son équipe pour l'enquête. Elle avait été particulièrement longue et compliquée. Étant une bleue à l'époque, je voulais tout faire pour qu'on me voie bien poste. J'ai passé plusieurs nuits à lire et relire le dossier. Et puis un soir, j'ai trouvé quelque chose. Ça a permit la fin de l'enquête avec les coupables en prison.
- Je vois que vous étiez déjà déterminée.
- Si je fais ce boulot, ce n'est pas pour rien. Enfin bref, Sam était mon chef, et moi ayant aidé à la résolution de l'affaire, j'ai eu droit à des félicitations. Et Sam, en bon chef, m'avait proposé un verre.
- Ce que vous avez accepté.
- Ce que j'ai accepté.
« Il était déjà avec sa femme, alors je n'imaginais rien, mais maintenant que je sais, j'aurais peut être dû. Il m'avait amenée dans un bar, un très bon bar … »
- Où vous avez bu un verre de cette téquila.
- Où nous avons bu un verre de cette téquila.
Il la surprenait toujours quand il faisait ça, quand il finissait ses phrases. Elle s'y était habituée avec le temps, mais il avait un don pour agir lorsque l'on s'y attendait le moins. Et à chaque fois, elle réagissait de la même façon elle souriait stupidement – même si elle ne le montrait pas tout le temps.
- Après le bar, il avait tenu à m'amener chez lui pour me montrer quelque chose.
- D'important à ses yeux, n'est-ce pas ?
- En effet, c'est important à ses yeux. C'était une médaille que son père avait eu quand il était dans l'armé. Je ne me souviens ce qu'elle signifiait, mais elle était vraiment importante. Sam m'a racontée qu'il l'avait reçu de son père le jour où il est entré dans la police car il était de lui. Il était fier du fait que son propre fils ait choisi la même voie que lui, celle de rendre justice.
Elle ne se rendait pas vraiment compte de ce qu'elle disait. Mais il semblait que sa conscience oui. A chaque fois qu'elle prononçait son prénom, une larme s'échappait de son corps.
- Dans la commode où se trouvait la médaille, il y avait une bouteille. La même que celle-là. C'était celle que lui avait offerte son grand père, ancien de la guerre.
- Donc cette bouteille est comme un héritage.
- Elle est même plus. C'est une histoire. Et pour en revenir à la médaille, je sais qu'il ne l'a jamais donné à un de ses fils.
- Mais vous savez aussi qu'elle n'est plus dans la commode.
Elle eut un léger rire. Le fait que Jane prononce ces mots la fit sourire. C'était ceux qu'elle allait dire. Des fois, elle se demandait s'il ne lisait pas vraiment dans les pensées.
- Si vous connaissez l'histoire, pourquoi me la demander ?
- Ce n'est pas la même chose venant de vous.
Il ne s'arrêtait pas seulement au fait de l'écouter, il la flattait. Cet homme était vraiment un mystère pour elle, et peut-être pour lui aussi. Après tout, nous ne savons jamais qui nous sommes réellement.
- Donc pour terminer, la médaille n'appartient plus à sa famille, puisqu'il me l'a donnée.
Elle sortit de sa poche une chaussette noire et grise. Un objet lourd était à l'intérieur. Lisbon enleva la chaussette pour pouvoir découvrir la médaille en or avec son ruban coloré. Elle se leva et la déposa au pied de la pierre.
- Je pense qu'elle doit revenir à son propriétaire. Il l'a mérite plus que moi.
