Salut tout le monde ! Voici donc le premier chapitre !
Merci à Fresh 501, ma beta !
Disclamer : cette histoire m'appartient mais Twilight appartient à Stephenie Meyer
Les liens vers les chansons, photos des lieux, tenues sont postés sur mon profil !
Enjoy !
Certaines personnes vous diront qu'être strip-teaseuse est un métier dégradant. D'autres vous diront que c'est un métier artistique. Pour moi, il paye les factures ; ce qui est déjà un excellent point.
J'attache une importance particulière à prendre soin de mon corps. Si je dois en vivre et l'exhiber toute la soirée, autant qu'il soit agréable à regarder.
J'applique une couche de baume hydratant sur mes jambes, attache mes cheveux et attrape mon sac. Je me maquillerai et m'habillerai une fois au club. C'est toujours plus confortable et plus discret. Personne ne connait mon activité dans l'immeuble et il est hors de question que ça change.
Cela fait deux ans que j'ai emménagé dans ce petit appartement. Rien de bien extraordinaire. Deux pièces : un salon avec un coin cuisine et un bar, et une chambre. La salle de bain est assez grande pour ma personne et la douche avec ses plusieurs jets est un avantage non négligeable. Je l'ai meublé petit à petit avec mon salaire du club et je dois dire que j'en suis plutôt fière. Ma chambre est violette foncée et les meubles sont noirs. J'ai un lit à baldaquins, parce que j'ai toujours voulu en avoir un. Comme les princesses. Une coiffeuse est installée à côté de la fenêtre et un grand miroir ovale est accroché au mur au dessus pour que je puisse me préparer. Des bijoux sont pendus, posés, accrochés un peu partout et mon maquillage traîne bien souvent au milieu.
Je ferme la porte à clé derrière moi et file dans le métro.
Les gens qui me connaissaient adolescente ne vous croiraient pas si vous leur disiez que vous m'avez vu accrochée à une barre de pole dance. J'étais plutôt réservée, timide et même effacée au lycée. La fille qui passe son temps dans les bouquins et qui ne sort pas trop. Aujourd'hui, j'ai appris à dépasser mes complexes et ma timidité. J'ai compris que, oui, je plaisais. Tout du moins, Isabella la strip-teaseuse plait. Bella, la jeune fille simple et banale de 21 ans, je ne sais pas. Je dois être l'une des rares filles à ne pas avoir eu besoin de trouver un nom de scène. À croire qu'Isabella, le nom choisit par mes parents, transpire le sexe ou hurle au strip-tease. En tous cas, ça fonctionne. Mais Isabella n'est qu'un rôle, un métier. Dans la vie de tous les jours, je suis simplement Bella. Je suis brune et mes cheveux sont longs. Les cheveux longs sont un des grands fantasmes des hommes. Pourquoi ? Allez savoir. Mais ça marche. J'ai toujours eu les cheveux longs, et je ne me vois pas les couper. Fantasme ou pas, ils font partie de la personnalité de Bella, avant de faire partie de celle d'Isabella.
Une fois dans ma loge, j'enfile le négligé chic que j'ai choisi pour la soirée. J'ai été demandé pour un enterrement de vie de garçon. Rien d'exceptionnel. Sauf que le frère du futur marié m'a payé pour une heure de danse privée. Ce qui veut dire que cette soirée sera financièrement une très bonne soirée. Il n'y a plus qu'à espérer que le futur marié n'aura ni les mains trop baladeuse, ni la tête du monstre du Loch Ness. Ce n'est pas très professionnel mais il faut quand même avouer que danser et enlever ses vêtements pour un homme attirant est toujours plus facile. Mais un client est un client. L'important est qu'il quitte le club heureux. Et excité.
Il y a une chose qu'il est important de préciser. J'enlève mes vêtements, certes, mais je ne couche pas. Aucun acte sexuel ne doit être engagé. Le client n'a généralement pas le droit de toucher. Monsieur Whitlock, le propriétaire du club et donc mon patron, a lourdement insisté. Nous ne devons pas coucher avec le client. Il tient un club, pas une maison close. Monsieur Whitlock prend toujours soin de ses danseuses. Il vient d'un état du Sud, je ne sais pas lequel exactement mais il a été élevé comme un vrai gentleman. Il est respectueux et très soucieux de notre sécurité.
L'ensemble est sexy sans pour autant être vulgaire. Vulgaire n'est pas vraiment le genre de l'établissement mais là c'est... Beau. Le corset bleu foncé est orné de dentelle, tout comme le porte-jarretelle et le shorty. J'enfile mes talons noirs, applique un rouge à lèvres vif qui va avec mon vernis à ongles et me parfume. Je passe une main dans mes cheveux pour leur donner du volume et me regarde dans le miroir. Bye-bye Bella, welcome Isabella. Ma poitrine, qui n'est pas si généreuse que ça, est remontée par le corset et je dois dire que... J'ai l'air attirante. Satisfaite de mon allure, je sais qu'il est temps de me mettre au travail.
Un rapide passage dans le bureau de Monsieur Whitlock pour savoir si mon rendez-vous de ce soir est arrivé et je file en salle, prête à m'occuper d'un homme appelé Edward Cullen.
Table 22. J'arrive sur le côté et vois trois hommes en train de fumer leur cigare, et j'ai presque envie de lever les yeux au ciel. Classique.
«Edward ?»
Un homme en costume se retourne en entendant son nom. Mais rien n'est classique chez Edward Cullen. Même dans la pénombre de la pièce, je peux voir son regard se poser sur moi et ses yeux s'agrandir de surprise. Ses cheveux pointent dans tous les sens. On peut voir qu'il a tenté de maitriser la bête mais c'est peine perdue. Et … Oh ! Comme je vais me faire un plaisir de passer mes mains dans ces cheveux, dès que nous serons dans la salle privée ! Je n'arrive pas à distinguer leur couleur, ni celle de ses yeux mais j'espère pouvoir résoudre cette énigme un peu plus tard. Il porte un costume foncé, une cravate qui a l'air foncée elle aussi et une chemise blanche. Son cigare pend tristement au bout de ses doigts. J'imagine qu'il aime ma tenue.
Je souris intérieurement avant de parler :
« Je crois que nous avons rendez-vous... »
Mon ton se veut séducteur mais je ne suis pas sur d'y être parvenue. Son regard est toujours fixé sur moi mais pour la première fois depuis très longtemps, il ne fixe pas mon corps. Ses yeux ne sont ni sur mes seins, pourtant largement exposés par le corset, ni sur mes cuisses, mais sur mon visage. Je suis mal maquillée ? J'ai une sale tête ? Nos yeux se rencontrent et je ne sais plus quoi faire. Il est comme... Comme une tornade. Et pour l'une des premières fois depuis que je fais ce métier là, je me sens rougir devant un client. Bella rougit. Isabella jamais. Une espèce de géant brun lui tape sur l'épaule en riant et en parlant fort :
« Putain mec, si Rosie n'était pas si jalouse, j'irais volontiers à ta place ! Tu as une sacré chance mon couillon !»
Je crois que je le vois rougir. Edward, pas le géant.
Le troisième homme, blond, légèrement plus âgé, lève les yeux au ciel :
« Emmett ! Un peu de tenue voyons ! »
Puis il porte son regard vers moi et me sourit aimablement.
« Excusez-le Mademoiselle, il ne réfléchit jamais avant de parler.
- Ouais ben c'est toi qui m'as élevé vieil homme ! » Dit le géant en tirant sur son cigare.
Mes yeux s'écarquillent. Le blond est donc le père du géant ? Et bien on peut dire qu'il ne fait pas son âge lui ! Il tend sa main vers moi en s'introduisant :
« Je suis Carlisle Cullen, enchanté. ». Un sourire en coin apparaît, charmeur. Je serre sa main en souriant aussi.
« Isabella. ». Dis-je.
Mon regard se porte sur le géant et sur Edward, du moins je suppose que c'est bien Edward, puisqu'il n'a pas ouvert la bouche depuis que je suis arrivée. Je lui tends la main, mais d'une façon moins formelle, plus douce.
« Edward c'est ça ? »
Il déglutit difficilement et hoche la tête. Sa main serre la mienne et il n'y a rien de formel là dedans. C'est doux, tendre. Timide, touchant.
« Venez avec moi. »
Je ne lui laisse pas le temps de répondre et tire légèrement sur sa main. Je n'ai pas besoin de tirer très fort puisqu'il se lève. Il est grand, plus grand que moi. Et putain... il est beau. Il n'ose pas me regarder, ce n'est pas très grave, la confiance viendra par la suite, quand...
La voix forte du géant interrompt mes pensées :
« Et moi c'est Emmett ! »
Je ris doucement, Carlisle secoue la tête et je suis presque sûre d'entendre Edward grogner. Oui : grogner. Ne me demandez pas pourquoi, mais j'aime ça. Beaucoup. Je lance rapidement un regard à Edward avant de sourire à son frère :
« Enchantée Emmett !
- Prenez bien soin d'Eddie hein ! Il le mérite ! Faites un peu de votre magie, que ça lui fasse un peu du bien parce que si vous saviez ce qu'il va...
- Emmett ! Ça suffit !»
Oh, il parle ! Pour la première fois, depuis que je suis à leur table, j'entends la voix d'Edward. Douce et dure à la fois. Profonde. Sexy.
Wow, on va se calmer Bella hein ! Ce n'est vraiment pas le moment !
Ouais mais ça serait quand même dommage de gâcher une belle œuvre d'art comme ça...
Œuvre d'art ?
Oh ta gueule et profite !
« Et bien messieurs, Edward et moi avons... à faire ! Profitez du club et du spectacle, je vous le ramène dans une heure !»
Emmett fait un clin d'œil tout sauf discret à Edward et Carlisle reprend son cigare. Je tiens toujours Edward par la main et en profite pour le guider vers une des salles privées.
Deux canapés blancs en cuir formant un L et une table basse trônent au centre de la pièce blanche. Les murs sont faits de toiles blanches tendues. Des arabesques sont projetées sur la toile et des guirlandes en argent cascadent au milieu de la pièce. La lumière se reflète sur les pièces de métal et projette une douce lueur dans la pièce. J'entraîne Edward vers le canapé et lui fait signe de s'assoir. Je mets en route la musique et souris quand j'entends Paradise Circus de Massive Attack sortir des enceintes.
Je m'approche lentement, sensuellement d'Edward et pour la première fois, je le vois regarder mon corps. Il déglutit et j'ai l'impression de le voir rougir. Je m'assieds à côté de lui, sur le canapé. Il a l'air vraiment mal à l'aise et par conséquent, je le suis aussi. S'il ne veut pas être là, je ne peux pas le forcer. Peut-être a-t-il peur que sa fiancée ne l'apprenne ? Ça arrive souvent. J'essaye de le détendre en lui demandant s'il veut boire quelque chose.
Il met du temps à me regarder dans les yeux mais quand il le fait, je vois que ses yeux sont verts. Profonds et intenses. Je voudrais m'y perdre.
« Est-ce qu'on peut se tutoyer ? Demande-t-il.
- Bien sur ! » M'exclamais-je.
Il a la décence de demander. Or beaucoup de clients partent du principe qu'ils sont rois, et même s'ils n'ont pas tort, ils ont ensuite tendance à oublier les bonnes manières. Je répète ma question en le tutoyant :
« Alors ? Tu veux quelque chose à boire ? »
Il hoche la tête. Je me lève, lui sert un verre de champagne et m'éloigne un peu du canapé. Je lui tourne le dos et commence à danser doucement. Je passe mes mains dans mes cheveux alors que mes hanches naviguent au rythme de la musique. Après plusieurs minutes à danser en lui tournant le dos, j'estime qu'il a eu le temps de se mettre à l'aise. Je me retourne et avance. Je m'assieds sur lui, mes genoux plantés de chaque côté de ses cuisses. Je sens son corps se raidir, mal à l'aise.
« Est-ce que tu veux que j'arrête ? » Dis-je.
Alors que je m'attends à ce qu'il dise oui, il fait non de la tête. Je n'arrive plus à comprendre. Est-ce qu'il veut profiter de l'heure ou pas ? Est-ce qu'il a envie d'être là ? Mon devoir est de le mettre à l'aise. Doucement, mes doigts caressent sa cravate en soie. Oui la politique du « on ne touche pas » vaut pour le client. La fille a le droit de toucher. Un peu. Tant que ça ne devient pas...
« Tu as l'air mal à l'aise... » Dis-je ; Essayant tant bien que mal de le détendre un peu, de le faire s'habituer à moi.
Il passe une main dans ses cheveux. Mais j'ai toujours du mal à deviner leur couleur dans la pénombre. Il a l'air brun. Ou peut-être roux. Ou les deux.
« Je n'ai pas l'habitude de... Enfin c'est la première fois. Mon père et mon frère ont insisté mais... Je ne voulais pas venir. » Dit-il.
Devrais-je être vexée parce qu'il n'a pas envie d'être là ? Pas vraiment. Il a l'air plus timide que dégoûté.
« Si tu veux, on arrête et tu rejoins ton père et ton frère... »
De nouveau, il fait non de la tête et plonge ses yeux dans les miens.
« Tu es... Magnifique. »
Sa voix est douce, presque un murmure et pour la première fois depuis des mois, j'ai des frissons. Il va pour toucher ma joue mais je me relève rapidement.
Il ne peut pas me toucher. Non pas parce qu'il n'en a pas le droit selon le règlement, enfin si mais pas que. Parce que si j'en juge par l'effet qu'a sa voix sur moi, je n'imagine même pas l'effet que pourrait avoir un contact.
J'entends Girl I Love You de Massive Attack débuter et me remet à danser. Je reste loin de lui pendant un moment, pour remettre mon masque en place. Bella doit rester cachée, étouffée. Isabella est en charge et va faire son travail. Peu importe si Bella trouve ce client touchant, c'est Isabella qui danse et qui se dénude devant des inconnus. C'est Isabella qui contrôle. Et elle ne mélange jamais travail et vie privée. Jamais. Une fois sûre de moi et à nouveau complètement professionnelle, je peux me rapprocher de lui. Qu'il profite mieux du spectacle.
Cette nuit là, lorsque ma tête rencontre enfin mon oreiller et que je parviens à m'endormir, je rêve d'Edward Cullen. C'est la première fois que je rêve d'un client. Je crois même que c'est la première fois que je rêve d'un homme.
