Chapitre 6 :
Au dîner, James a tenté de faire des lasagnes mais, il avait oublié de mettre la sauce blanche… Ça ressemblait plus à une expérience scientifique qu'à mon plat préféré… Du coup, nous sommes allés au restaurant. Enfin, restaurant, c'est plus un taudis qu'autre chose. Petite explication : c'est un bâtiment situé au cœur du centre-ville, entre deux immenses tours de bureaux assez modernes. Il est totalement délabré, ou les travaux ne sont pas finis avec tous ces trous dans le toit… Remarquez, cela va bien avec son nom : « A la belle étoile »… Je me demande comment il fait pour attirer de la clientèle. Hein ? Oui mais non, nous, c'est pas comme si on avait voulu DELIBEREMENT être ici. Non non, et je vais vous expliquer pourquoi.
Une heure plus tôt :
« Pierre…
- Feuille…
- CISEAUX !
- Gagné ! dit James joyeusement, c'est moi qui choisit le resto ! Aller hop, c'est parti ! »
Dans la voiture :
« Bon, tu n'as rien oublié ? Papiers ?
- J'ai.
- Lunettes ?
- Sur le nez.
- Blouson ?
- Sur le siège arrière.
- Mouchoirs ?
- Usagés ou non ?
- Haha, très drôle. Tu en as ?
- Oui, dans la poche.
- Et ton portefeuille ?
- Au lycée… Euh…
- Madre de Dios… Bon, on passe au lycée avant alors… Il me regarde d'un air embêté, oui ?
- Je n'ai… pas les clés du lycée… me dit-il, les yeux larmoyants avec plein d'étoiles dedans, comme un petit enfant qui sait qui va se prendre une raclée.
- J'ai dû faire quelque chose d'horrible dans une vie antérieure pour mériter un frère pareil… »
Du coup, j'ai dû faire mes poches et je n'ai trouvé que 10€… C'est pas beaucoup, je sais, mais ça aurait pu être pire ! Pourquoi ne sommes-nous pas retourné à la maison pour récupérer mes économies ? Tout simplement parce que celle qui écrit cette histoire adore m'en faire voir de toutes les couleurs !
Dieu : Même pas vrai d'abord ! C'est pas de ma faute si ton frère a oublié de faire le plein d'essence et ce n'est toujours pas de ma faute si vous êtes tombés en panne devant CE restaurant ! Et continue à te plaindre, tu vas voir ce qui t'attends à la fin de cette histoire, hu hu hu…
Euuuh, je reprends donc mon explication. James n'a effectivement pas fait le plein et nous sommes atterrit devant ce truc miteux aux prix abordables.
Bref, revenons au repas. La serveuse… heu, le serveur ? Difficile à dire, cette personne a la carrure d'un rugbyman, de la poitrine, a de la moustache mais porte du rouge à lèvre ainsi que du mascara, parle avec une voix aigüe et a des mimiques de filles des années 50 comme mettre le revers de sa main quand elle crie – à cause d'une souris, pauvre bête, elle a du avoir plus peur qu'elle, euh, lui ?
« [i]Bonsoir mes petits chéris ! Que puis-je… Oh ! Grands Dieux ! Mais quel joli spécimen que voilà ![/i] dit-elle/il, en dévorant James des yeux, d'ailleurs celui-ci tremble de tous ses membres. [i]Je reviens tout de suite mes Amours ![i] »
Puis elle/il est parti en courant vers les toilettes des hommes… Il n'y a pas que son physique qui me perturbe… James me dit, blême :
« Tu penses à la même chose que moi ?
- Euh, qu'en rentrant tu vas me rembourser avec les intérêts ? Disons… 30€ ?
- Crève ! Seulement tes 10€. Je voulais dire, la personne qui est venue prendre notre commande…
- La serveuse ?
- Je ne serais pas aussi sûr que toi à ce sujet, ça m'a plutôt l'air d'être un… un… enfin, tu sais !
- Bah non puisque tu ne finis pas ta phrase ! J'ai le ventre vide, je suis fatiguée, je suis mal installée sur ma chaise, il est 21h50, j'ai des devoirs qui m'attendent, je me suis faite agressée au lycée en sport, alors tu…
- C'est Nathaniel qui t'a agressée ? J'y crois pas, un mec aussi exemplaire que lui ? Tu vas voir, je vais aller lui casser la…
- NON ! Bien sûr que non ! Il est parfait ! Trop pour m'être accessible en tout cas…
- Attention, tu penses à haute voix… Bon, tu m'expliques ? »
Je lui ai alors raconté ce qu'il s'était passé en cours de sports. À aucun moment il n'a souri ou rigolé, ne m'a traité de folle ou de cinglée. Rien de cela. Et ça m'effraie un petit peu. À la fin de mon récit, il a soupiré puis, a explosé de rire… Celui-là alors !
« Castiel t'a donné des trucs pas net, hein ? Aller, avoues ! Ha ha ! Une femme-araignée ? Tu as du rêver ma petite, c'est sans doute le malaise d'hier soir qui te travailles encore. Ne t'en fais pas ! Tant que je serais là, personne ne toucheras à ma petite sœur !
- Merci, finalement, t'es pas si mal comme grand-frère.
- T'en doutais ?
*Snif**Sanglots*
- C'est toi Cilinna qui fait ces bruits-là ?
- Non… On dirait que ça vient… D'en dessous la table.
On soulève la nappe et on voit…
- VOUS ? Mais… Mais…
-[i]Oh pardon mes petits choux à la crème,[/i] hé oui c'était la serveuse,[i]vous aurais-je surpris ?[/i]
- Un peu quand même ! Vous avez l'habitude d'espionner la conversation de vos clients sous leur table ? M'écriais-je.
-[i]Seulement ceux qui sont mignons, dommage, une rareté pareille doit être déjà prise…[/i]
- Pas du tout ! Il est célibataire, James, 21 ans, 1m93, belle musculature –juste ce qu'il faut là où il faut- des poils au niveau du bas du ventre mais le top du top, se sont ses cheveux noirs qui contrastent beaucoup avec ses yeux en amandes de couleur bleu/gris.
- T'es amoureuse de moi ou quoi toi ?
- Je te vends aux clients, nuance !
-[i] Je crois que je suis tombé amoureux de lui dès le premier regard ![/i]
- Amou… AMOUREUX ? s'égosille James. Vous êtes…
-[i]Un homme oui, mais ne t'en fais pas mon cœur, je me suis fait opéré pour.[/i]
Je chuchote à James :
- On va pouvoir manger gratis, dis-je avec un regard sadique… hu hu hu…
- Je ne me sens … pas très bien… On va devoir rentrer Cilinna.
-[i]Tiens mon choupinet, mon numéro de téléphone et si tu n'arrives pas à te lever, j'habite juste au-dessus.
- Non merci ! Ça va aller ! s'enquit-il. Aller, bonne soirée !
- Au revoir !
-[i] Adieu mon beau brun ténébreux ! Je penserais à toi tous les jours ![/i]
- J'ai… vraiment envie de vomir…
- Aller papy, ça va aller, lui dis-je doucement.
- N'as-tu pas honte de profiter de ma faiblesse alors que j'agonise ?
- Si t'as la force de râler, c'est que tout va bien.
- Gnagnagna, nos deux estomac gargouillent en même temps, euh avec toute cette histoire, on n'a rien mangé et on ne peut pas utiliser la voiture… Que faire ? »
À ce moment précis, un carrosse doré plein de cœurs roses avec une bannière « Just married » se gare devant nous…
Devinez qui est le cocher ?
« [i]Mon petit James chéri ![/i] dit-il[i]J'ai cru comprendre que votre moyen de locomotion était en panne, alors je me suis dit que je pourrais vous raccompagner.[/i]
- Pas la peine, on va march, je plaque ma main sur la bouche de James, mhh ? Mhh gnammrf !
- C'est très aimable à vous, merci beaucoup de votre aide ! Je ne sais pas comment nous aurions fait sans vous !
-[i]Il n'y a pas de quoi ma Belle, aller, montez ![/i] »
Une fois à l'intérieur, le cocher démarra, et James tomba dans les pommes car l'intérieur de la cabine était pleine de photos de lui… Wahou, il perd pas de temps ! Pas grave, il ne vomira pas comme ça. J'en profite pour regarder par la fenêtre. Il faisait noir dehors. Nous traversons le parc central, un raccourcis. Il y avait de la brume, tout avait l'air sinistre. J'aperçois une silhouette au loin, elle me montre du doigt puis le dirige vers le lycée. Je regarde dans la direction du bâtiment et je vois… Un château ?
« … Franchement, t'abuses !
- Tu vois le château là-bas ?
- Hein ? Non, ça va ?
- Euh oui, fatiguée… Tu disais?
- Nous aurions pu rentrer à pied, ça m'aurais éviter de tomber dans les vappes…
- Jamais content… Pff, maman me manque.
- A moi aussi. Tu crois qu'ils sont heureux en Amérique ?
- Plus ils sont loin de moi, mieux je me sens. Depuis que ce connard a épousé cette peau de vache, ce n'est plus le même…
- Hey, t'inquiètes pas, je suis avec toi et tu resteras avec moi, ne t'en fais pas pour ça.
- Désolée de t'embêter… Aïeuh ! Pas la peine de me frapper !
La calèche s'arrête.
-[i]Voilà mes petits loups ! N'hésitez pas à m'appeler si vous avez besoin de quoique se soit ! Tchaô ![/i] »
Et il est repartit en agitant un mouchoir… Ne pas se poser de questions, ne pas se poser de questions.
À peine rentré, James me dit bonne nuit et s'excuse pour le repas avant de filer direct dans sa chambre. J'en fis de même.
Un peu plus tard dans la nuit, quand tout le monde était bien endormis…
« Hi hi hi ! » *BAAM BAAAMM*
Hmm ? C'est quoi ce boucan ?
« James ? Qu'est-ce que tu fous ? Grommelais-je d'une voix pâteuse.
- Cilinna ! Reste dans ta chambre !
J'entends des bruits étouffés de lutte.
-James ? Qu'est-ce qu'il se passe bon sang ?
- Hi hi hi, on dirait la voix d'un enfant, tu pourras pas la protéger bien longtemps ! Non non non, jamais tu n'arriveras à la protéger toute ta vie ! Hihihi !
- Ta gueule saloperie !
-AÏEUH !
- Ah merde excuse ! »
Mais purée, c'est quoi ce bordel ? Je vais voir ce qu'il se passe. Au moment où j'allais ouvrir la porte, celle-ci vibra frénétiquement. Je sens un souffle froid et fétide dans mon cou. Je me retourne doucement, en gardant les yeux baissé. Mon cœur va exploser tellement il bat vite et fort. Je les lève. Rien. Personne. Rien d'anormal, pas de femme-araignée. Bon, j'ouvre ma porte d'un coup sec.
« Cili… WAÏEUH !
- Hein ? Alexandre ? Mais qu'est-ce que tu fous ici ?
- Nous sommes le vendredi 13 novembre, et vu que tu étais en plein déménagement pendant les vacances d'octobre, je me rattrape pour Halloween maintenant ! Me dit-il, tout content de sa connerie.
- Ça ne répond pas à ma question ! Que fais-tu ici dans cette ville ?
- Oh, James ne t'a rien dit ?
Je me retourne vers cet être vil et malsain qui essayait de se faire la malle. Je le retiens par l'épaule.
-Oulà mon bonhomme, où croyais-tu aller comme ça ? Viens ici, faut qu'on cause tous les deux…
- Mais pas du tout ! Je voulais te le dire pendant le repas mais j'ai été trop perturbé par Charles-Antoinette…
-Charles-Antoinette ?
- Le serveur… Il m'a glissé sa carte de visite dans ma poche arrière de pantalon quand on s'est arrêté pour que je puisse vomir, PAR PITIE NE ME TAPES PAS !
- Ça va pour cette fois, mais juste pour cette fois !
-Merci votre Majesté ! Bwaaaaaaahhh… Je suis crevé moi, j'vous laisse ! Bonne nuit !
- Tût tût tût… Tu ne vas nulle part ! Tu vas me dire ce qu'il se passe dans cette maison !
- Heum, hm, heu… Fait chaud d'un seul coup… Ermh…
- James ?
- Oui oui ! Bon, je ne vais pas passer par quatre chemins, il inspire profondément, Alex et Maiinou vont vivre avec nous.
- Pardon ?
- On cherche un appart pour éviter de déranger mais en raison de problèmes administratifs, on ne pourra y habiter que l'année prochaine, pardon de vous déranger.
- Ne t'excuses pas, il y a largement la place pour quatre personnes ici ! s'exclame James
- Mais, où c'est qu'elle est Maiinou ?
A ces mots, un bruit de chasse d'eau se fit entendre dans toute la maison suivie d'une voix mélodieuse :
- WAHOU JAMES ! J'ADORE TES CHIOTTES ! Ils sont chauffants. Ça fait du bien en hiver !
- Tu savais qu'il s'était brûlé ses petites fesses ? lançais-je.
- M'étonnes pas de lui ! Ma petite Cilinna, comment vas-tu depuis tout ce temps ?
- Ça ne fait que trois jours qu'on ne s'est pas vus ! Mais il s'est passé plein de trucs ! Viens dans ma chambre, je vais t'expliquer…
- Aller Alex, je vais te montrer la chambre d'ami, James prend Alexandre par le bras.
- Bonne nuit ! dire-t-on en chœurs. »
Nous sommes entré dans ma chambre et j'ai commencé à lui parler de mon nouveau quotidien, de Castiel, de Chiharu, Anzo, Aurore et surtout, de Nathaniel.
« Et tu ne t'es pas jeté dessus quand tu l'as soigné ? s'écrit-elle
- Mais bien sûr que non ! Pour qui tu me prends ? J'étais morte d'inquiétude pour lui ! Il saignait je te rappelle !
- Rho c'est trop choupy. T'es toute mimie quand tu t'emportes, haha !
- Et vas-y que tu continues à négocier en reprenant la phrase qu'il m'a dite hier…
-Hé, je te taquine, tu ne me connais pas encore ?
- Désolée, en ce moment je manque de sommeil.
- Couches-toi plus tôt.
- Je me couches à 20h. Je fais des cauchemards très agité et je me réveille toutes les 5 minutes. Aujourd'hui, en cours de sport, un truc assez zarbi m'est arrivé. »
C'est ainsi que je lui ai tout raconté… Sa réaction ?
