J'ai changé le rating de la fic, je ne sais pas si ça a marché ou non... d'ici à ce que ça devienne Mature... parce que oui, ça va le devenir, et c'est rien de très joyeux, je préviens.
Dans le chapitre, un petit invité spécial à cheveux argentés, tout droit sorti d'Advent Children... Je peux pas m'en empêcher! J'ai aussi mis plusieurs allusions à des choses qui se retrouvent dans le jeu et même dans sa mythologie, mais c'est pas trop évident, je l'accorde.
Quelques mois après mon adhésion aux Turks, Tseng m'accorda ma première mission en solo, suite à mes bons résultats en groupe.
-Je ne m'en fais pas trop pour toi, me dit Tseng. Je sais que tu vas te débrouiller seul, Raphaël.
Je fus donc parachuté à Ajit, la Cité des Anciens. Un chercheur indépendant, probablement originaire du Cosmo Canyon, y menait des recherches sans autorisation. Je devais le convaincre de partager ses informations, et s'il refusait, le chasser de là. Mais je devais néanmoins le protéger, l'escorter si nécessaire : ses informations étaient trop précieuses pour être perdues aussi bêtement. Il n'était pas encore criminel au point que la Shin-Ra en veuille à sa vie.
La cité en ruines était secouée par un vent fort, ce jour-là. Les herbes hautes et séchées par l'automne, parmi les pierres éboulées, crissaient et se laissaient arracher leurs feuilles rouge et or. Après avoir rangé mon parachute, j'ai escaladé un monticule de pierres et j'ai contemplé le spectacle qui s'offrait à mon regard. Les habitations, même si elles dataient d'une époque avant celle de la mémoire humaine, avaient une structure si particulière que la plupart étaient encore debout et d'apparence solide. « Une maison en spirale, ça doit donner le tournis… » pensai-je. Plus loin, une sorte de temple se dressait au flanc d'une montagne, creusé à même le roc, passé une petite forêt d'arbres blancs. Vraisemblablement, le chercheur devait se trouver là.
Je me suis donc rapidement dirigé vers le temple, au milieu du crissement des feuilles mortes et du son inquiétant du vent parmi les pierres. L'automne se hâtait dans cette région fraîche. Plus haut, pensais-je, il y a d'éternelles neiges et un monde prisonnier du froid… le Cratère…
Je finis par entrer silencieusement dans l'espèce de temple de la montagne. Me faufilant parmi les ombres, j'explorai l'endroit, et je finis par trouver l'homme que je cherchais. Il était penché à terre ; j'entendais un son de grattement, comme si on gravait la pierre. Il se trouvait sur une sorte d'autel circulaire au centre d'un gouffre. Je m'approchai, mes nunchakus levés, mais il dut sentir ma présence car il se tourna vers moi et me dévisagea. Je restai immobile.
Il était vieux, terriblement usé par des années de recherche. Sa barbe, longue et sale, ne parvenait pas à cacher la maigreur des traits de son visage. Ses vêtements étaient usés et ils semblaient ne jamais avoir été lavés. Il ouvrit la bouche en un rictus moqueur et me dit d'une vois étonnamment claire malgré sa vieillesse :
-Tu peux laisser tomber tes armes. Tu n'en auras pas besoin contre moi.
Je laissai tomber ma garde, tenant mon arme par la chaîne, et je fis le tour des espèces de gradins pour m'approcher de l'autel. Le vieil homme ne cessait de me regarder. Ses yeux semblaient être la seule chose qui n'était pas usée par le temps, en lui.
-Tu es là pour me chasser d'ici, n'est-ce pas, petit ?
-Oui. Je vois que vous savez déjà à quoi vous attendre.
Il se pencha, ramassant une à une ses feuilles couvertes d'une écriture indéchiffrable. Je me penchai à mon tour pour l'aider.
-J'espère ne pas interrompre une découverte importante, dis-je en ramassant une feuille couverte d'un étrange graphique à 10 points.
-Non. J'ai terminé. J'ai passé une vie à étudier ces vestiges, et je sais que nul ne pourra davantage s'approcher de la compréhension que moi. Et pourtant je demeure dans l'obscurité. Je n'ai pu qu'entrevoir les merveilles d'un monde perdu.
-Vous ne pensez pas qu'en partageant vos découvertes, ceux qui suivront pourront aller plus loin ?
-Évidemment, dit-il sèchement en m'arrachant ses feuilles des mains. Mais je ne partage pas avec la Shin-Ra. Je veux que mes connaissances servent la Planète, pas les intérêts de quelques uns.
-Et vous croyez autant que la Shin-Ra ne veut pas aider la Planète ?
-Vous épuisez la vie même de la Planète. À ce rythme, dans quelques décennies, il ne restera plus que des cendres.
À ce moment-là, une autre voix, une voix d'enfant semblant sortir du néant, répliqua au vieux chercheur :
-C'est tout ce qu'elle mérite, cette Planète !
Une petite forme sombre sauta sur l'autel. Je vis l'éclat d'un sabre, puis un éclaboussement de sang. Le corps du chercheur tomba dans le gouffre. Ses notes illisibles volaient dans les airs, le suivant dans l'abîme.
Je ne comprenais plus rien.
-Les humains ne méritent pas un tel savoir, marmonna la forme sombre en se redressant.
Les deux lames de son sabre dégouttaient de sang. Je finis par réaliser que cet enfant, un simple enfant aux cheveux clairs, venait de tuer celui que j'aurais dû protéger. Je repris mes nunchakus en main et je voulus frapper l'enfant à la tête, pour l'assommer et l'arrêter, mais il perçut mon mouvement et il esquiva, vif comme un serpent, avant de me donner au ventre un coup de pied d'une puissance démesurée. Je tombai moi aussi de l'autel. Je ne vis qu'un sourire malfaisant sur les lèvres de l'enfant avant de basculer dans le vide.
La chute était cruelle, mais elle s'arrêta plus tôt que je le pensais, lorsque je plongeai tête première dans de l'eau glacée. Je remontai rapidement pour reprendre mon souffle. Le vieux chercheur flottait à quelques mètres de moi. Je le traînai en nageant jusqu'à la rive. Il était déjà mort, et ses notes étaient immergées. Tout était perdu.
OoOoO
Lorsque je remis le rapport de mon échec à Tseng, celui-ci fronça les sourcils. Il ne mit pas cet échec dans mon dossier, mais il fit venir un scientifique – Hojo, le chef du département. Celui-ci me posa des dizaines de questions sur l'enfant mystérieux, sans jamais répondre aux miennes. Puis il me fit jurer de n'en parler à personne et de faire comme si je ne l'avais jamais vu. Je jurai, et je décidai d'oublier.
Mais je ne pouvais oublier que j'avais failli mourir.
Quelle était la valeur de ma vie ? Celle d'un Turk tueur de l'ombre, celle de Raphaël fils du Président de la Compagnie Internationale d'acier.
Une poussière sur une planète condamnée aux cendres.
Mais ce monde était aussi en moi, reflété par la pupille de mes yeux. Et j'aimais cette vie, j'aimais ce que j'en faisais. J'avais fait mon choix. Tout n'était pas sans regret, mais je refusais de revenir en arrière.
Je crois que j'ai perdu une partie de ma pureté lorsque j'ai appris que ce monde était condamné par la faute de la Shin-Ra. Mais je portais toujours en moi cet espoir, cette volonté de faire mieux.
À cause de mon échec, je dus néanmoins rester en arrière pour quelques temps. Ainsi eut lieu la chute de plusieurs chefs d'AVALANCHE. Je savais qu'ils ne pourraient plus produire des montres, mais ils étaient encore là. Je me doutais bien qu'ils reviendraient avec un nouveau chef, mais je n'arrivais pas encore à imaginer l'importance qu'ils prendraient dans les prochains mois.
Il y eut aussi des événements moins importants, auxquels je ne pus participer à cause de mon confinement forcé : des descentes dans des bars, des enlèvements de gens pouvant devenir des SOLDIERs, une certaine évasion de spécimens de recherche d'un laboratoire niché dans un village perdu dans les montagnes… bref, le quotidien toujours changeant, loin de moi.
OoOoO
Alors que le travail de bureau commençait à me sortir par les oreilles et que je me demandais si je n'étais pas devenu un secrétaire à mon insu, je reçus finalement une nouvelle mission. J'en avais assez de m'entraîner au gymnase, je voulais me dégourdir enfin…
La mission, en équipe avec Shotgun et Lydia, aurait lieu au Wall Market, plus précisément chez Don Cornéo. Apparemment insatisfait de son trafic habituel de prostituées et autres amuseuses du Honey Bee Inn, il aurait récemment pris la mauvaise habitude de kidnapper les jolies filles passant un peu trop près des portes de son repaire. Il faudrait donc lui faire passer cette mauvaise habitude…
Le plus difficile était d'entrer dans le repaire du Don, bien gardé et avec peu d'issues. Le plan le plus sûr, fit remarquer Lydia, était probablement de se faire kidnapper en tant qu'innocentes, jeunes et jolies filles. Au moins, dit-elle, comme ça on est certains de voir Cornéo et de ne pas être arrêtés en chemin…
-Mais… euh…
-Ça veut dire qu'on doit travestir Raphaël ? demanda Shotgun en esquissant un sourire diabolique.
-Mais !
-T'en fais pas, ça t'ira très bien, m'assura Lydia en esquissant un de ses rares sourires.
-C'est certain avec un joli petit minois comme le tien ! ajouta Shotgun un me pinçant les joues.
-Aïe ! Mais !
