Je remets la fic en M, parce que ce chapitre barde pas mal, et c'est franchement pas joyeux. Je vous aurai prévenus!!
C'est drôle, publier cette fic écrite il y a un bout de temps m'a redonné le goût d'écrire... et comme ces temps-ci j'adore Guilty Gear, ça risque probablement d'être là-dessus... enfin, on verra bien... (Gaaaaaah... au moment où j'écris ceci, j'écoute le thème du Holy Order... la musique de GG est vraiment trop bien...)
(Les petits blonds aux yeux bleus existent pour être travestis. Les bishônens existent pour être travestis. Travestir Cloud était un moment jouissif de FF7. Voilà mon opinion finale et définitive sur la question.)
Malgré mes protestations, ce plan fut approuvé par Verdot. Je n'eus donc pas le choix et je fus affublé de sous-vêtements rembourrés, de rallonges pour mes cheveux, de talons hauts et d'une robe rose et soyeuse… Je reçus un jet de parfum de la part de Shotgun qui ricanait, alors que Lydia me maquillait avec application. « Il n'y a pas trop de travail à faire de ce côté-là, tu as des traits si... délicats… » Pas la peine de faire semblant ou de tourner autour du pot, je sais que j'ai l'air d'une fille.
Finalement, une fois que Shotgun et Lydia se furent préparées de leur côté – Lydia portant une légère robe bleu ciel et Shotgun une robe punk noire assez courte – nous sommes allés au Wall Market, séparément. Comme prévu, nous avons tous (toutes ?) été approchés par des hommes de Don Cornéo et avons été plus ou moins forcés de les suivre dans leur repaire.
Après une attente dans le hall décoré avec le plus mauvais goût, on nous a introduits auprès du Don en personne. Quel homme ridicule. Il nous expliqua qu'il se choisirait une « épouse » pour la nuit entre nous trois. La méthode manquait totalement de subtilité et de goût.
Ainsi on nous aligna devant lui et il nous jugea, l'une après l'autre.
-Celle-là est jolie, dit-il en s'arrêtant devant Lydia, mais elle n'a pas l'air très joyeux... les filles sérieuses sont ennuyeuses.
Puis il s'arrêta devant moi. Je détournai mon regard pour ne pas voir le sien qui ne jugeait aussi vulgairement.
-Très mignonne, mais elle manque de poitrine…
Il passa ainsi à Shotgun. Je poussai un petit soupir de soulagement.
-Ah, celle-là m'a l'air pleine d'énergie ! Tu serais capable de me faire rêver toute la nuit ?
-Je n'ai pas l'intention de rêver, ni même de me reposer, si vous voyez ce que je veux dire, Don, répondit Shotgun en lui faisant un clin d'œil provocateur.
Don Cornéo sauta par-dessus son bureau (mais avec son poids, où trouve-t-il cette agilité ?) et prit Shotgun par le bras, l'entraînant dans la chambre cachée par des rideaux, juste derrière son bureau. Il prit seulement le temps de dire à ses hommes qu'ils pouvaient s'occuper des deux autres, avant de disparaître avec Shotgun.
Je fus donc séparé de Lydia et entraîné dans une pièce sombre grouillant des hommes de Cornéo, au moins à moitié aussi pervers et libidineux que lui. Ne supportant plus toutes ces mains farfouillant sur mon corps, j'ai sorti mes nunchakus de sous mes jupes et j'ai engagé le combat.
Je crois que si j'ai gagné facilement, c'est tout simplement parce qu'ils ne s'attendaient pas à autant de résistance de la part d'une petite blondinette à robe rose… J'ai donc pu assommer tous mes assaillants. J'en ai profité pour prendre la chemise de l'un d'eux. Je pus donc couvrir cette foutue robe rose, et ainsi je sortis de la pièce, me dirigeant vers les escaliers où j'avais vu Lydia être entraînée.
À peine avais-je posé le pied sur la première marche que, simultanément, j'entendis un coup de feu derrière moi et je sentis une vive douleur dans mon épaule droite. Perdant soudainement toutes mes forces, je tombai dans l'escalier.
-Petite salope, fit une voix derrière moi.
On me jeta en bas de l'escalier. Je m'écrasai sur le sol de pierre et je me redressai, tremblant de douleur. Ce que je vis alors m'horrifia.
Il y avait deux cadavres au sol, troués de balles. Un mètre plus loin à peine, des hommes violaient Lydia attachée sur une sorte de table de torture. Avant d'avoir eu le temps d'observer tous les détails de l'horrible scène, on m'agrippa par le bras droit. Je poussai un râle de douleur en sentant les muscles de mon épaule se déchirer autour de mon épaule blessée. Je sentis à peine qu'on m'enlevait mes vêtements mais je sentis très bien lorsqu'on me rejeta par terre.
-C'est même pas une femme !
-Regarde-le, c'est pas comme si ça faisait une grosse différence…
Je fus donc attaché et roué de coups. On me viola à quelques reprises, et à un certain moment je me demandai s'il existait en ce monde autre chose que la souffrance. En entendant les cris de Lydia un peu plus loin, je fus convaincu que non.
Les humains étaient horribles.
Ce monde ne valait pas la peine d'être sauvé.
J'entendis des voix qui me semblaient lointaines. Le sens des mots m'apparaissait bien après qu'ils aient été prononcés. Le monde m'était si douloureux qu'il en devenait flou, vague, oublieux.
-J'en ai assez de l'entendre râler avec cette voix…
-C'est chiant, ça serait tellement mieux une jolie voix de fille !
-Aussi bien qu'il n'en ait pas du tout !
On me saisit par les épaules et on m'adossa contre un mur. Des doigts entrèrent dans ma bouche, et j'étais même trop las pour chercher à les mordre. En voyant la lame du couteau, j'ai simplement fermé les yeux.
Le sang de ma langue tranchée net envahissait ma bouche, et pourtant, je ne pouvais hurler ma douleur comme je l'aurais voulu. De ma gorge ne sortait qu'un son faible, gargouillant et insignifiant.
Comme je crachais le sang, on me fit un bandage rudimentaire et on me poussa dans une cellule. Les hommes du Don s'éloignèrent en riant et en me promettant de revenir. Je n'y portais même plus attention.
Il me sembla attendre là une éternité. Le sang de ma bouche – je ne le goûtais pas, et cette sensation était probablement la plus étrange – cessa de couler, j'avais froid. Je m'enveloppai dans les lambeaux de la chemise que j'avais récupérée et je me laissai enfin aller à pleurer. Mes larmes se mêlèrent au sang sur la pierre froide.
Au bout d'un long moment, je me calmai et je repris peu à peu conscience de ma position. J'étais entre les mains de l'ennemi, sans arme, blessé et dans l'incapacité de communiquer. Lydia se trouvait dans une position guère meilleure, qui m'était inconnue depuis un certain temps – elle aurait bien pu avoir été tuée. Celle de Shotgun était totalement inconnue. J'osai espérer qu'elle s'en était mieux tirée que nous, puisqu'elle n'avait eu affaire qu'à un seul gros bonhomme, mais l'espoir véritable m'avait abandonné.
Pourtant, au bout de deux heures environ, la porte de ma cellule s'ouvrit sur le visage pressé de Shotgun. Tetsuyo était derrière elle, la lame de son katana rougie par le sang.
-Par Shiva… Raphaël, ça va ? fit-il en se précipitant vers moi.
Je lui lançai un regard hargneux. Comme si ça pouvait aller dans cette situation !
Shotgun s'approcha à son tour et me tendit quelques Potions que je regardai sans les prendre.
-Tu… tu dois reprendre mes forces, marmonna-t-elle.
J'enlevai les bandages sur mon visage et dans ma bouche et je pris les bouteilles, les arrachant des mains de Shotgun qui avait soudain un air épouvanté en voyant quelle était exactement la nature de ma blessure. J'avalai les Potions une à une, m'étouffant d'abord, puis m'habituant à boire sans langue. Tetsuyo prépara de nouveaux bandages et du désinfectant pour mon épaule alors que Shotgun alla monter la garde, m'expliquant brièvement la situation.
-Désolée pour le retard, vraiment désolée… le Don m'a envoyée dans les égouts par une trappe, et là il y avait un monstre, je suis passée à ça de me faire bouffer. Et là, le temps de sortir et d'appeler les renforts…
Je hochai la tête, sombrement, et je laissai Tetsuyo achever son bandage. Les Potions m'avaient redonné des forces, je voulais partir. Je pris une dose de soma dans la trousse, pour me mettre dans l'esprit du combat, puis je pointai la veste de Tetsuyo. Il me la laissa volontiers.
-Tu sais où est Lydia ? demanda Shotgun alors que nous quittions enfin la cellule.
Je fis non de la tête. Nous partîmes donc à sa recherche, tuant à vue tous les gardes sur notre chemin. Je pris la matraque de l'un d'eux : je n'étais pas aussi habile au bâton qu'aux nunchakus, mais c'était toujours mieux que rien.
Finalement, nous avons remarqué des traces de sang frais dans l'escalier de la salle de torture. Il fallait remonter, et s'exposer à tous les dangers. Nous hésitions, jusqu'au moment où nous avons entendu des coups de feu.
Lydia se dressait sur la mezzanine, debout, couverte de sang, nue et magnifique dans sa souillure. Elle pointait un revolver vers le bas, tirant vers des gardes de Don Cornéo. Elle était complètement exposée.
Elle souriait.
Le revolver tomba de ses mains. Elle avait déjà tiré toutes les balles. Elle se tourna vers nous, l'air tranquille. Son regard s'était posé sur Shotgun qui semblait furieuse.
–Tu prendras soin d'Elena, d'accord ?
-J'te déteste ! hurla Shotgun en se précipitant sur elle.
Les hommes de Cornéo tirèrent une grêle de balles. Tetsuyo me retint en arrière et ainsi, nous nous sommes contentés d'assister, impuissants spectateurs, au sacrifice de Lydia. Son corps nu troué de balles tomba dans les bras de Shotgun qui chuta et fut ainsi sauvée des balles.
Soudain, il y eut une explosion qui fit éclater le plafond. Le son d'un hélicoptère emplit mes oreilles.
-C'est Tseng et Cheny, me dit fortement Tetsuyo pour couvrir le tapage.
Une échelle de corde nous fut jetée. Je tirai Shotgun de son hébétement et je la fis escalader devant moi malgré mes blessures. Tetsuyo me suivit, portant sur l'épaule le corps de Lydia. Une fois dans l'hélicoptère, toute l'adrénaline qui avait guidé mon corps et éclairci mes esprits retomba depuis que Shotgun et Tetsuyo m'avaient libéré retomba, et je m'écroulai sur le premier siège venu, perdant mes moyens et presque toute ma conscience. Je restai là, légume, secoué par les cahots de l'hélicoptère, sans plus rien ressentir.
