Je l'aime et lui me hait

Auteur: Isaae

Rating: M

Pairing: SS/HP

Résumé: Harry Potter est fou amoureux de Severus Snape, qui lui le hait. Du moins c'est ce dont il est persuadé, peut-être et peut-être pas...

Chapitre 1

Et que pourrais-je faire pour attirer son attention sans ridicule ? Vous vous demandez surement quoi, peut-être même que vous supposez que j'ai déjà une petite idée que je m'escrime à vous cacher ainsi en cas de catastrophe vous ne sauriez rien. Hé bien, je vais être franc, je ne vous cache rien du tout. Comment attirer l'attention d'un homme qui vous déteste de façon à ce qu'il vous aime ? Je n'en ai pas la moindre idée et c'est bien ce qui me gêne.

Au cours suivant, évidemment, je suis complètement ailleurs. En même temps c'est Défense contre les Forces du Mal avec le professeur Ombrage – si on peut apeller ça un professeur -, c'est déjà ennuyeux à mourir mais si en plus vous m'ajouter un cours de Severus Snape juste avant ne comptez pas sur moi pour suivre ou lire quoi que ce soit. Je suis bien trop occupé à rêvasser.

Je regarde le bout de parchemin qu'il m'a remis et je fixe sa belle écriture fine et pointue comme une multitude de petites aiguilles prêtes à vous piquer... sauvages. Je le relis encore et encore et finis par le connaître par coeur. Après-demain... Comme c'est loin... Je sort un morceau de parchemin et une plume et me met à réfléchir en écrivant une suite de nombres qui à première vue ne signifient rien :16,14, 24+22, 46, 2760, 165600... Vous vous demandez probablement ce que tout cela veut dire... Je compte, je compte les heures, les minutes, les secondes, qui me sépare de cette retenue – vous voyez à quoi j'en suis réduit ? – et j'en suis arrivé là : 46 heures soit 2760 minutes soit 165600 secondes. Autrement dit tout un tas de nombres bien trop grands à mon goût qui servent juste à me dire que c'est très loin, trop loin.

Je ne tiendrai jamais il faut absolument que je le revois avant, il y a le dîner mais je ne peux pas le regarder assez longtemps. C'est agaçant de toujours devoir tout cacher, surtout à mes soit-disants « meilleurs amis » qui ne comprendraient pas ce que je ressent si je le leur expliquaient. C'est à ça que ça sert l'amitié ? Hé bé... Je m'attendais à mieux, mais bon j'ai l'habitude d'être déçu, peut-être trop justement.

Alors... Que pourrais-je faire pour le croiser avant le dîner ? Sans avoir l'air de le chercher, bien entendu. Le problème c'est que je ne peux pas sortir la carte du maraudeur ici, avec l'autre vieille peau qui me surveille ! Ou encore y aller avec la cape d'invisibilité... Mais il faut que je m'esquive discrètement à cause de Ron et Hermione. C'est décourageant de devoir autant se creuser la tête pour croiser une seule personne ! Mais comme c'est lui je vais bien finir par trouver une solution. Je me suis bien creusé la tête pendant tout le cours – le bon côté du truc c'est que Ombrage a cru que c'était pour elle que je réfléchissais – et j'ai finalement décidé que le mieux c'était la cape d'invisibilité. Le tout c'était d'accéder jusqu'à elle sans que personne me voit. Ca c'était une autre paire de manches. Je fis passer un mot à Ron "dsl Ron je dois sortir vite à la fin j'ai quelque chose à faire, m'attendez pas." La réponse arriva vite, accompagnée d'un regard interrogateur de mon ami "Ok, mais c'est quoi ?". Sa curiosité naturelle m'horripilait quand il s'agissait de Severus. "Je t'expliquerai plus tard". La sonnerie retentit et je m'esquivai avant qu'il ait pu me poser la moindre question après lecture du parchemin.

Je courai presque dans les couloirs – en fait je courais tout court -. J'avalai les marches comme si de rien était – il paraît que l'amour donne des ailes... - et me retrouvai en un rien de temps dans le dortoir à plonger sous le lit pour en extirper ma cape et la carte du maraudeur et m'empressai de repérer où se trouvait l'homme que je chérissai. Je m'en drapai à la hâte en entendant des pas se rapprocher. Je fonçai vers la porte et descendait les escaliers aussi vite que mes jambes et ma cape me le permettait. Arrivé au bas des marches, dans la salle commune, je surpris un bout de conversation entre Ron et Hermione qui venaient d'arriver.

- ... Je t'assure Hermione ! Je le trouve vraiment étrange en ce moment, je dirais même que ça fait un moment que ça dure !

- Tu te fais des idées Ron ! Harry doit juste être un peu préoccupé mais c'est normal.

- Ce n'est pas mon avis !

- Ne me dis pas que c'est l'intuition masculine ?

- Et pourquoi pas ?

- Tu es mignon quand tu te fâches ! Dis Hermione en riant tandis que Ron croisait les bras avec un air renfrogné.

Je ne les écoutais pas plus longtemps et profitait d'une ouverture du tableau de la grosse dame pour me faufiler à l'extérieur. Je marchais très vite en vérifiant la carte du maraudeur et m'aperçu que Severus Snape avait bougé. Je dû changer de trajectoire et repartir dans la directoin opposée. Une fois à proximité, je remarquai quelque chose qui ne me plaisait pas beaucoup : Malefoy était avec lui. Ils étaient devant l'entrée d'une salle de classe et semblaient discuter, le ton monta rapidement. Je m'approchai davantage pour entendre de quoi ils discutaient.

- Severus...

Depuis quand il l'apelle par son prénom lui ? Ca me plait pas du tout ça !

- M.Malefoy, je vous ai déjà expliqué que j'étais votre professeur et vous mon élève !

- Mais Severus... Tu ne...

- Je vous ais déjà dit de ne plus me tutoyer !

"plus" pourquoi "plus" ? Il le tutoie depuis quand celui-là ?

- Ce n'est pas ce que tu... Vous disiez il n'y a pas si longtemps.

- C'était une erreur ! Cela ne se reproduira pas !

Qu'est-ce qui ne se reproduira pas ? Une colère sans borne s'empara de mes entrailles, une jalousie dévorante commençait à prendre possession de tout mon être. Malefoy fit un pas en avant en essayant d'attraper les hanches de Severus Snape qui se dérobe. Ce geste intime me griffa le coeur, qu'est-ce qu'il y a entre eux ?

- Vous n'auriez pas fait ça la dernière fois. De la tendresse vous en réclamiez encore et encore pour combler le vide causé par votre nature. N'aurais-je pas su vous la donnez ? Ajouta Malefoy en approchant sa main du visage du maitre des potions qui la repoussa sans ménagement.

- Malefoy, cessez ce petit jeu ! Je vous interdis de révéler quoi que ce soit de ce que vous savez sur moi ! Je suis le directeur de votre maison, je vous conseille de m'obéir !

- Etre le directeur de ma maison ne vous a pourtant pas arrêté cette nuit-là !

"Cette nuit-là" mon coeur saigne, j'ai l'impression qu'on me l'arrache sans pitié et qu'on le piétine. Je ne devine que trop ce qu'ils ont bien pu faire cette nuit-là. Le fait que personne ne l'ait m'aidait à supporter de ne pas l'avoir à moi mais là... J'ai envie de sauter au visage de Malefoy, de le défigurer de le...tuer.

- Il suffit Malefoy ! Je ne veux plus jamais vous entendre parler de ce... moment d'égarement.

Malefoy parti, la colère se lisait dans ses yeux. Je suis resté là, à le regarder se passer la main sur le visage en signe d'exaspération, soupirer de lassitude. Il semblait plonger dans ses pensées et moi j'imaginais cette fameuse nuit pour me plonger encore plus loin dans mon désespoir, pour souffrir l'agonie, pour me frapper encore moi-même alors que j'étais déjà à terre. Je repasse encore cette conversation en le regardant. Il ne bougai toujours pas, semble désemparé. Je senti mon col mouillé, je le touchai et passai la main sur mes joues me rendant compte que je pleurai depuis un bon moment. Pourtant je continue à échaffauder les scénarios les plus cruels pour moi, pour me fair toujours plus mal.

Vous me croyez fou n'est-ce pas ? Mais détrompez vous, je ne le suis pas. Je vous accorde que je suis peut-être trop amoureux de lui mais pas que je suis fou. Je plonge plus profond dans mon désespoir pour me rapprocher de lui, pour le connaître un peu en dehors de son emploi. Il a couché ou peut-être même fait l'amour – je retourne le couteau dans la plaie, me provoquant une délicieuse douleur qui me relie d'autant plus à lui -, Malefoy lui a offert de la tendresse... Je suis sûr que je pourrais lui offrir d'autant plus si seulement il voulait bien de moi. Mais je ne me risquerai pas à lui demander. J'ai mal à cause de lui et cela me rapproche de lui. Il tourne la tête et regarde dans ma direction, mais ce n'est pas moi qu'il fixe, c'est un point dans le vide derrière moi. Son regard semble perdu, comme s'il était partagé entre le retenir et le laisser partir... Un autre supplice que je m'inflige moi-même alors que je ne sais même pas ce qu'il pense réellement. Mais quoi que ce soit, ce n'est pas fait pour me réchauffer le coeur...

A suivre...