Je l'aime et lui me hait
Auteur: Isaae
Rating: M
Pairing: SS/HP
Résumé: Harry Potter est fou amoureux de Severus Snape, qui lui le hait. Du moins c'est ce dont il est persuadé, peut-être et peut-être pas...
Chapitre 8
Je n'ai pas bougé de la nuit, je l'ai regardé pratiquemment tout le temps. Je me suis endormi vers 5 heures du matin.
Que s'est-il passé ? Que t'as t-on fait ? Surtout QUI ? Je ne comprends pourquoi je me sens aussi concerné... Pourquoi ça me met dans une telle rage ? Pourquoi Potter, pourquoi ?
OoOoO
Je me réveille doucement après un sommeil difficile. Je suis dans un lit que je ne connaîs pas, d'ailleurs je ne connais même pas l'endroit. Le lit est grand et confortable, les draps sont en satin noir et la chambre dans des tons clairs. Je vois Snape endormit dans un fauteuil, je suis donc chez lui. Ca me fait bizarre je ne m'attendais pas à une chambre aussi agréable. Je me renfonce dans les couvertures et me retourne dos à lui, je repense à la veille... A Malfoy et j'ai mal. Je me retiens de pleurer, ça ne changera rien.
Je ne suis pas en état de me venger et je risquerai de me faire attraper. Je ne peux pas le dire à Snape sinon il lui dira que je l'aime. Ron et Hermione sont déjà partis. J'ai mal, j'aurais tout pu supporter de sa part mais pas ça.
OoOoO
J'ai entendu un bruit de froissements de draps et je me suis réveillé. Harry s'était retourné et roulé en boule mais je savais qu'il était réveillé : il tremblait. Il semblait perdu dans ses pensées et ne faisait pas attention à moi. Il se mit à chuchoter précipitemment sans s'arrêter.
Pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi...
Il avait l'air complètement perdu, il risquait de sombrer dans une de ses crises. Je me levai rapidement et m'avancai vers lui. Je m'assit sur le lit et il se retourna vivement, surpris. Je le regardai simplement et posai ma main sur son front pour voir si il avait de la fièvre. Je ne me sentai pas capable de dire des mots de réconfort parce que ce n'est pas dans ma nature et que je ne savais pas de quoi j'étais censé le réconforter. Alors je ne disais rien. Il se calma doucement et me regarda de ses yeux émeraudes où je failli me perdre.
- Avez-vous faim ?
- Pas vraiment.
- Vous devez manger.
- Je ne veux pas.
- Que voulez-vous ?
- Me laver.
- Première porte à droite. En sortant vous mangerez quelque chose.
- Mais...
- Je ne vous demande pas votre avis.
Il se leva presque difficilement, il fit quelques pas puis finit par s'effondrer au sol avant d'avoir atteint la porte. Je le relevai et le gardai dans mes bras pour l'emmener dans la salle de bain. Il ne disait rien. Je lui fit couler un bain et y ajoutai une potion relaxante, lui jettait un regard pour savoir s'il serai capable d'entrer seul. Il me fit comprendre que oui et je sortai.
La cohabitation allait être compliquée mais pas pour les raisons que je pensais. J'étais obligé de me faire violence pour m'empêcher d'user d'occlumancie mais je préférai qu'il me dise ce que je voulais savoir.
Les deux premiers jours il ne se passa rien de notable. Harry vaquait à ses occupations et moi aux miennes. Il était silencieux la plupart du temps et je ne savais toujours pas ce qu'il s'était passé malgrè mes interrogations fréquentes. Ses nuits étaient toujours aussi agitées, il émettait parfois quelques sons mais ils n'avaient pas de sens. Il n'avait rien fait depuis qu'il était à l'infirmerie pour le jeu. On était au milieu de l'après-midi du troisième jour et Harry rattrapai son retard tant bien que mal. Il était très concentré et semblait rencontrer quelques difficultés de compréhension. Il finit par abandonner et reposa sa plume.
- Professeur...
- Oui ?
- Je voudrai aller faire un tour.
- Je me vois dans l'obligation de vous accompagner.
- ...
Nous avons marché pendant une bonne heure puis nous sommes rentrés. Nous n'avions pas échangé le moindre mot. Il allait se remettre au travail quand je le retins par le bras.
- Qu'y a t-il ? Demanda t-il sans me regarder.
- Parle moi.
Le fait que je le tutoie sembla le déstabiliser.
- Je ne peux pas.
- Pourquoi ?
- Je prendrai un trop gros risque.
- Lequel ?
- Celui de...
- Pourquoi ne fini tu jamais tes phrases, c'est agaçant !
- Parce que je ne peux pas les finir, je n'en ai pas le droit.
- Qu'est-ce qui te retiens ? Je suis là pour te guérir mais tu dois m'y aider.
- Pourquoi voulez vous tant le savoir ?
- Parce que tu semble totalement perdu depuis que je t'ai ramené ici.
- Je suis perdu, professeur.
- Alors parle -moi !
- Ca ne servirai à rien de bon.
- Qu'en sais tu ?
- Il me l'a dit !
- Qui ?
- Lui !
- Que t'as t-il dit ?
- Que je ne devais pas !
L'exaspération commença à monter en moi. La discussion tournait en rond.
- Que s'est il passé, bon sang ?!
- Je ne peux pas vous le dire !
- Pourquoi ?
- PARCE QUE CE SERAIT RISQUER DE VOUS PERDRE !
- Quoi ?
Il sembla regretter ses paroles et baissa la tête.
- Lâchez-moi s'il vous plaît.
- Parle-moi.
- POUR DIRE QUOI ?!
- Ce qu'il s'est passé !
- Je ne peux pas ! Je vous l'ai déjà dit !
- Tu te ronge de l'intérieur, tu te perds toi-même. Tu n'es plus le même. Le matin tu te lève parce qu'il faut que tu te lève. Tu manges parce que tu dois manger. Tu te lave parce que tu dois te laver. Tu vis parce que tu dois vivre mais TU N'EN A PAS ENVIE ! Alors parle-moi ! Sors de ce goufre...
- Mais qu'est-ce que vous voulez entendre ?! Que je ne vais pas bien ? Et alors ? Que j'ai peur ? Et après ? Que j'ai mal ? La belle affaire ! Que je veux juste oublier ? Vous vous en moquez !
- C'est faux !
- Je n'ai pas le moindre interêt à vos yeux ! Vous voulez que je vous parle pour passer pour un bon professeur aux yeux du corps enseignant une fois que je serai, soit- disant, rétabli.
- Non, je veux te comprendre. Je veux t'aider parce que tu en as besoin.
- On a toujours besoin d'aide à un moment ou à un autre pourtant personne n'est là quand il faut, professeur. Je ne veux pas de votre aide.
- Que veux tu entendre pour que tu te confie ENFIN à moi ?
- Avez-vous besoin d'aide?
La question me pris au dépourvu et je répondit sans réfléchir.
- Oui.
- Pourquoi ? Quel est votre problème ?
- Je ne suis pas humain et je suis seul.
Ses yeux s'agrandirent d'étonnement.
- Pas humain ?
- Non, pas vraiment.
Il semblait se calmer.
- Qu'entendez- vous par là ?
- Pourquoi voudrais-je de ton aide si tu refuse la mienne ?
- Vous ne voulez pas entendre ce que j'ai à dire.
- Qu'en sais-tu ?
- Vous ne me regarderez plus comme avant.
- Me regarde tu comme avant maintenant que tu sais que je suis une bête ?
- C'est différent, je vous comprends.
- Je n'en suis pas si sûr.
- J'avais remarqué votre côté sauvage. Vous avez des attitudes un peu bestiales mais je n'avais pas pensé que vous le soyez vraiment. Je m'en moque, vous êtes quand même Severus Snape.
- Tu dis me comprendre, alors pourquoi serai-je dans l'incapacité de te comprendre ?
- Arrêtez...
- Non.
- Pourquoi vous faites ça ? Je vous en prie... Laissez-moi. Je n'ai rien à vous dire.
- Je pense que si. Pourquoi ne me parle tu pas ?!
- Je ne peux pas. Arrêtez de me torutrer... Arrêtez !
- Pas tant que tu ne m'auras pas parlé.
- MAIS QU'EST-CE QUE VOUS VOULEZ ENTENDRE A LA FIN ? Qu'on m'a embrassé contre mon gré ?! Qu'on m'a déshabillé contre mon gré ?! Qu'on ma soumis à l'Impérium pour que je réponde aux pulsions de cette personne ?! Que cela m'a dégouté ?! Que j'en avais envie de vomir et que je ne pouvais rien faire ?! Qu'il m'a touché et que malgrè mon dégout j'ai réagi et qu'il m'a masturbé ?! Que j'ai été humilié ?! Que j'aurais pu le SUPPLIER pour qu'il arrête ?! Que ça lui a plu de me faire ça ?! Que si vous n'étiez pas arrivé il serait allé encore plus loin ?! Que j'en ai pleuré ?! Parce que je voulais que ce soit VOUS mon premier ?! C'est CA que vous voulez entendre ?! MAINTENANT C'EST FAIT ALORS LAISSEZ-MOI !
Je suis abasourdi par ce qu'il vient de dire. Je lui lâche le bras et il part s'isoler en courant. Une rage profonde brûle dans mes veines. Je risque de perdre le contrôle, je dois aller le voir pour me calmer et le calmer.
OoOoO
Je n'ai pas le droit de sortir de ses apartements sans lui alors je me suis isolé dans la première pièce à ma portée et malheureusement c'est la chambre. Je tombe sur le sol dans un coin de la pièce et me remet à pleurer.
C'est trop tard, c'est fini. Il ne voudra plus de moi... C'est une bête... Qu'est-ce que ça veut dire exactement ? Normalement il devrait m'expliquer puisque je suis censé l'aider... Mais maintenant c'est terminé...
Je suis fatigué... Je voudrais dormir ou... mourir... Je ne sais pas, je veux juste que tout ça s'arrête.
Il entre dans la chambre, je ne peux pas lui échapper, il bloque le seuil de l'entrée.
- Laissez-moi...
- Harry... Ecoute-moi...
- Qu'est-ce que vous voulez encore ?
Il s'aproche doucement et s'agenouille à côte de moi. Il me prend dans ses bras et je niche mon nez dans son, c'est presque devenu un réflexe.
- Excuse-moi...
Je sursaute en entendant le mot "excuse" sortir de la bouche de Snape.
- De quoi ? Vous avez agi normalement. C'est ce qu'il s'est passé qui n'est pas normal.
- Qui t'a fait ça ?
- Si je vous le dit il vous dira quelque chose que je ne veux pas qu'il vous le dise.
- Dans ce cas dis le moi, toi.
- Je suis désolé... Ce n'est pas possible.
- Harry...
- Expliquez moi cette histoire de semi-humanité... Si'l vous plaît.
- Hum... D'accord. C'est comme si j'avais deux personnalités, ma mère a eu un problème pendant qu'elle était enceinte de moi . Elle était malade, elle allait mourir. Elle a préféré me sauver en me faisant naître prématurément en m'ajoutant des gènes animales pour ce qu'il me restait de croissance. C'est pour ça que je ne suis qu'à moitié humain. Depuis j'ai grandis et j'apprends à contenir cette nature du mieux que je peux. Qui Harry, qui ?
- ...
Je ne réponds pas et reserre ma prise, je relève la tête et le regarde droit dans les yeux. Je pose doucement mes lèvres sur les siennes.
- S'il vous plaît... Faites moi oublier...
