Je l'aime et lui me hait
Auteur: Isaae
Rating: M
Pairing: SS/HP
Résumé: Harry Potter est fou amoureux de Severus Snape, qui lui le hait. Du moins c'est ce dont il est persuadé, peut-être et peut-être pas...
Mot de l'auteur: Je n'avais pas fait attention mais dans le chapitre précédent je vous ai mis un paragraphe très/trop long, légèrement imbuvable. Je suis désolée :/. J'ai fait attention à ne pas recommencer. Bonne lecture et merci pour vos reviews qui me font vraiment très plaisir.
Chapitre 10
Ce qu'il se produisit juste après ? J'en en ai pas la moindre idée. Tout ce que je peux vous dire c'est que je me suis réveillé à l'infirmerie. Encore. Et dans un état encore pire que la fois précédente. Si c'est possible. Alors que dire ? J'aurais pu me comparer à une boule de nerfs. Tous mes muscles étaient cripés. Tous. Résultat douleur insupportable dans tout le corps sans faire le moindre mouvement, ce qui est assez fou, il faut l'avouer. Mais comment ne pas être fou dans cette situation ?
Je me sentais vide. Complètement. Je n'arrivais pas à pleurer, je pense que je ne réagissais plus, pour rien. Après autant de déboires sentimentaux, c'était presque agréable de se sentir loin. Loin de moi-même, pour ce qu'il en restai. Malheureusement cet état ne s'était pas vraiment attardé. J'avais retrouvé toutes mes émotions et mes soucis au bout de quelques heures. Au moins j'avais eu quelques heures de pause. Mais depuis que ça avait recommencé, j'avais l'impression d'être encore plus tendu qu'auparavant.
Evidemment je n'allais pas en cours. Alors j'avais tout le temps d'y penser. Comme c'était stupide. On me disait de me détendre et de me reposer mais là il me laissai plutôt me morfondre dans mes idées noires. Ron et Hermione étaient inquiets, ils venaient me voir dès qu'ils pouvaient mais je n'arrivai pas à leur en parler. Ni de l'un ni de l'autre. Je ne pouvais plus les nommer même dans mon esprit, c'était trop douloureux. Mais je n'arrivais pas à penser à autre chose. Quand je ne me morfondais pas pour l'un, je paniquais pour l'autre et Pomfresh n'avait de cesse de me réprimander pour mon état de stress qui augmentais au lieu de diminuer.
- Harry... Détendez-vous...
Mais comment voulez-vous que je fasse ?!
- Ce n'est pas si grave.
Savez-vous seulement de quoi vous parlez ?
- Vous devez parvenir à vous détendre de vous même. Vous ne pouvez pas vous habituer aux potions.
De toute façon, je n'en ai pas eu le temps.
- Harry, voulez-vous en parlez ?
Pitié mais êtes-vous stupide ? Bien sûr que non et surtout pas à vous.
- Le monologue est assez agaçant à la longue...
Navré.
- Je vais vous laisser.
Tout de même.
Et voilà... alors si je compte bien ça faisait... 3 jours, 2 heures et quelques minutes que je suis là. A rien faire. A attendre la déluge peut-être... Je ne sais pas. Je sentais que j'allais péter un câble dans cette ambiance douceureuse dans laquelle je faisais tâche.
Au bout de 5 jours, je retrouvais une vague mobilité. De quoi me lever et me rasseoir quoi. Hermione venait chaque soir me faire un résumé des cours et me donner mes devoirs. Malgrè mon absence prolongée, je rendais tous mes devoirs à temps et en plus mes notes augmentaient. Avec toute l'énergie – pour le peu que j'avais- que je passais à me changer les idées en me concentrant sur mes études, il y avait de quoi. Même en potions. Enfin pour être plus précis surtout en potions. Je savais très bien ce que je voulais même si je n'osais pas me l'avouer. Je voulais qu'il me fasse un compliment sur mes améliorations même via la copie. Mais, suis-je bête, il s'agit de Snape ce mot il ne connait pas.
8 jours, je pouvais enfin me déplacer librement. 8 jours que je n'avais vu ni l'un ni l'autre, même si l'un me manquai ça me faisait du bien quand même. Je me promenais près du lac en bordure de la Forêt Interdite "Sortez faire un tour, Harry, ça vous fera du bien !" Pomfresh m'avait presque jeté hors de l'infirmerie. Je n'avais pas réagi sur le coup et puis finalement je m'était dit que c'était une bonne idée. Je ne savais pas combien de temps cela faisait que je marchai mais ça me faisais un bien fou de bouger. 8 jours sans faire plus de 15 mètres, à devenir fou. Surtout moi qui ne tenait jamais en place.
Le vent me caressait déliceusement le visage, mes larmes coulaient sans que je ne les retienne. Depuis une semaine je ne m'étais pas permis la moinde larme. Elles coulaient librement, liberatrices emportées par le vent qui me berçais doucement. Je me sentai presque bien en cet instant. Juste calme. La pieuvre du lac sorti une de ses tentacules et la replongea aussitôt m'envoyant une gerbe d'eau qui me fit sourire. Elle recommenca et cette fois j'éclatais franchement de rire. Je ne savais pas pourquoi je riais mais je riais encore et encore à en avoir mal aux côtes et à m'en décrocher la machoire. Cela me faisait beaucoup de bien. J'étais retourné en enfance, jeune garçon qui rit quand on l'arrose. Un peu névrosé quoi.
OoOoO
Il était parti en courant de mon bureau et j'avais cru l'entendre pleurer mais je n'avais pas bougé. J'étais resté assis dans mon fauteuil à savourer le goût si particulier et ennivrant de ses lèvres encore présent sur les miennes. Mes deux natures se livraient un combat acharné. Encore. L'une, humaine, me hurlait de lui courir après, de m'excuser. L'autre, sauvage, de ne pas bouger, de rester là car ce jeu l'avait finalement déçue ayant permis à l'autre instinct de prendre le dessus alors qu'elle n'aurait pas du en avoir la possibilité. Les sentiments humains n'étaient vraiment pas sa tasse thé, même elle s'était sentie désarçonnée par le garçon mais voilà elle avait repris ses esprits et le dessus durant l'entretien et on voyait le résultat.
Comment réparer ça ? Et même devais-je réparer ça ? Je savais qu'il allait mal. Je savais qu'il avait besoin de quelqu'un sinon il allait sombrer mais qu'il m'ait choisi pour l'aider me faisait peur. Ce n'était pas vraiment mon genre.
J'avais remarqué son absence, à mon cours deux jours plus tard. Alors j'avais fait un commentaire tout ce qu'il y a de plus snapien mais je ne le pensais pas vraiment.
- Notre Potter national ne se sentirait-il pas apte à assister à mon cours? Serait-ce trop simple pour lui peut-être?
- Il est à l'infirmerie, professeur a répondu Miss Je-Sais-Tout.
J'ai accusé le coup et n'ai rien dit, je crois que bon nombre de Serpentards ne s'en sont pas encore remis.
Dire que je n'étais pas inquiet serait mentir seulement mon côté sauvage faisait tout ce qu'il pouvait pour me le faire oublier. Je n'osais pas me rendre à l'infirmerie étant donné le résultat de notre dernier tête à tête. Mais mes oreilles traînaient -étrangement souvent- près des conversations de ces stupides gryffondors.
Une semaine passa ainsi, sans nouvelles. Rien. Je me morfondais tout seul et passai mes nerfs sur mes élèves troublés par mon animosité – pourtant ils devraient y être habitués.
OoOoO
Je riais tant et plus que j'en tombai au sol tandis que l'eau continuait de me tremper jusqu'aux os. Mes muscles se détendaient un par un. C'était comme si chaque blocage explosait en même temps. Je réapprenais ce que voulais dire sourire et rire. Heureusement personne ne passait par là. Ils se seraient demandés qui était le fou qui riait tout seul, devant le lac, trempé. Mon rire s'apaisa un peu et je fus pris d'une espèce de crise de nerfs carabinée à une crise de fou rire car je me suis mis à rire et à pleurer en même temps. Sans pouvoir m'arrêter. Evidemment.
OoOoO
Je ne tenais plus en place dans mes appartements. Je devais avoir l'air d'un lion en cage -pour un serpentard ce n'est vraiment pas un compliment- je décidai de sortir me calmer dehors avant d'exploser et de tout ravager. Je parvins tout de même à infliger six heures de retenue, à des élèves qui avaient eu la mauvaise idée de me croiser, avant d'atteindre la sortie.
L'extérieur était désert, la plupart des élèves se consacraient à leurs devoirs ce dont je fus ravi. Je marchais sans réfléchir à où j'allais quand j'entendis un rire. Un rire splendide, cristallin, envoûtant. Mes pas me guidèrent donc dans cette direction. Je m'arrêtais à une bonne distance et hors de vue de ce rire et je reconnu Harry.
Il était sur le sol à taper du poing à force de rire. Je me cachai derrière un arbre de la Forêt pour continuer à l'écouter ce qui me détendait énormément. Il finit par se calmer se releva et parti dans une étrange crise où j'avais du mal à savoir s'il pleurait ou s'il riait. Je penchais pourtant pour les pleurs, mais à nouveau je n'avais pas bougé. Je ne m'étais pas levé, je ne m'étais pas dirigé vers lui, je ne l'avais pas pris dans mes bras et je ne l'avais pas réconforté. Non, je n'avais rien fait. Rien. Pire, j'avais fui mais je n'étais pas un serpentard pour rien. Il avait besoin de quelqu'un, en l'occurence moi, mais je n'y étais pas allé, je l'avais abandonné, j'avais fui. Et je m'en voulais. J'aurais dû y aller. Mais j'avais peur, je ne me sentais pas de taille à m'occuper de lui. Je m'en sentais incapable. Pourtant je l'avais déjà fait une fois, mais je ressentai comme un problème, un blocage en moi qui m'avais fait reculé au lieu d'avancer.
Le garçon éveillait trop de choses en même temps en moi et en demandait trop pour que je le supporte. J'aurais aimé pouvoir l'aider, mais j'étais Severus Snape et lui Harry Potter, et rien que cela changeait toute la donne.
OoOoO
Ces crises de larmes, de rire et de rire-larmes successives m'avait épuisé mais je me sentai un peu moins lourd. Pas extraordinairement mieux mais bon... C'était toujours mieux que rien.
Malheureusement pour moi j'étais maudit. Dès l'instant où mon état s'améliorait ne serait-ce qu'un peu, il fallait qu'il m'en arrive une.
A mon arrivée à l'infirmerie, Mme Pomfresh m'annonça une visite impromptue. Intrigué, j'entrai sereinement et regrettai amèrement de l'avoir fait. J'aurais mieux fait de m'enfuir en courant. De toute façon le "impromptue" m'avait paru étrange.
OoOoO
Avoir fui m'avait pesé et je l'avais regretté. Alors j'avais décidé de lui rendre une petite visite. Ce que je regrettais aussitôt dès son arrivée. A ma vue il marqua une légère pause à l'entrée, les yeux en soucoupe. Assez drôle remarquez.
Il s'était avancé. Pomfresh à ses côtés.
- Bonjour, professeur.
Il avait bien insisté sur le "professeur" mais je ne parvenait pas à déterminé si il était moqueur ou accusateur.
- Bonjour.
- Que me vaut le plaisir ?
J'entendis plus le mot "déplaisir" sonner à mes oreilles.
- Votre état s'est-il amélioré ?
- Je suppose.
- Vous pensez avoir besoin d'une potion quelconque ?
- Je... Ne sais pas.
Pomfresh fut appelée ailleurs. Et elle nous laissa seuls. Malheureusement ou heureusement, difficile à déterminer.
- Ce n'est pas de cela dont j'ai besoin.
- Et de quoi avez-vous besoin ?
- De quelque chose que j'ai perdu récemment.
- Vous semblez apprécier de tourner autour du pot.
- Pas spécialement. Mais le choc pourrait être rude.
- Inutile de vous en préoccuper.
- Vous pensez qu'un sortilège d'oubliettes me serait utile ?
- Pour ?
- Oublier, professeur, évidemment.
Là, le ton était franchement moqueur. Un froncement de sourcils se dessina sur mon visage mais il ne cilla même pas.
- Et oublier quoi exactement ?
- Vous le savez parfaitement. Vous en faites même partie.
- Si vous parlez de notre dernière entrevue, je...
Il ne me laissa pas finir, il me coupa avant même que ma phrase ait commencé.
- C'est inutile. Contrairement à ce que vous semblez croire, je ne suis pas tupide, j'ai parfaitement saisi le message.
Harry n'avait toujours pas atteint son lit. Il s'en approcha et se mit de l'autre côté de sorte qu'il nous séparait.
- C'était la meilleure chose à faire.
- ...
- Mr Potter...
- Si vous le dites.
Je remarquai une chose étrange, il avait saisi ses draps d'une main et les serraient à s'en blanchir les jointures.
- Que vous arrive t-il ?
- ... Rien.
- Vous ne savez pas mentir.
Son souffle était saccadé. De pire en pire. Il diminuait à mesure que les secondes passaient et bien sûr Pomfresh avait disparu. Je me levai de ma chaise et contournai le lit. Il me regarda faire avec appréhension. Je n'écoutais plus qui que ce soit qui se bataillait en moi. Je m'en moquai, ce que je voyais c'était ses prunelles émeraudes qui semblaient perdues et cela me suffisait. Je m'étais arrêté à côté de lui et je l'avais regardé comme pour lui demander la permission. Alors j'avais ouvert les bras, il n'avait pas semblé hésiter une seule seconde et s'y était blotti. J'avais fait tout ce que j'avais pu pour le détendre avec cette étreinte. Je lui avais caressé les cheveux, le dos dans un geste que j'espérai rassurant – ce n'était pas vraiment mon fort – et je surveillai sa respiration qui semblait s'apaiser.
- Ne vous faites surtout pas d'idées. Je ne tiens juste pas à ce qu'on m'accuse d'avoir tué le Sauveur.
- ...
- Harry... Calme-toi. Il faut que tu me comprenne, je ne peux pas faire comme tu le désire.
- Vous ne savez pas ce que je désire.
- Je ne peux pas te donner ce que je n'ai pas.
- Alors laissez-moi avoir ce que j'avais.
Dit-il en relevant la tête vers moi, les yeux pleins de larmes qui menacaient de déborder.
- Ce n'est pas possible.
- Pourquoi l'avoir donné à Malfoy alors ?
Je me raidis à cette remarque.
- C'est différent.
- En quoi ?
- J'étais soûl cette fois-là.
- Alors avec moi c'était... Voulu.
- ... Oui.
Un sourire apparu sur son visage aux traits tirés.
- Mais à présent c'est terminé.
Le splendide sourire qui avait manqué de me faire craquer disparu.
- Pourquoi me prenez-vous dans vos bras alors ?
- Je... Je ne sais pas.
- C'est cruel, vous savez. Vous me dites que je ne peux pas avoir ce que je veux, ensuite vous me prenez dans vos bras et vous allez partir.
J'esquissai un mouvement de recul à cette remarque mais il me retins en s'agrippant fermement à mes manches. Je le gardai encore un peu contre moi.
- Je suis désolé mais... Je ne peux pas.
Sur ces mots je me détachai doucement de lui, cette fois, il ne fit rien. Je le regardai puis je parti doucement, comme si j'attendais quelque chose de sa part.
- Professeur...
Je m'arrêtais en chemin mais ne le regardais pas, le dos tourné.
- Oui ?
- Vous ne voulez pas, c'est différent.
Je ne répondis rien. Depuis qu'il avait quitté mes bras je me sentai vide. Je repris mon chemin.
- Professeur.
- ...
- Je vous aime.
Sous le coup de la surprise, je me retournai et eut la mauvaise idée de croiser ses iris si ennivrantes et hypnotisantes. Il me lança un regard de défi de ses splendides yeux. Je mis quelques secondes à retrouver mes moyens et à partir. Sans avoir rien dit.
OoOoO
Ca y est. Je lui ai dit. Maintenant c'est officiel mes crises m'ont fait péter un câble.
