Je l'aime et lui me hait

Auteur: Isaae

Rating: M

Pairing: SS/HP

Résumé: Harry Potter est fou amoureux de Severus Snape, qui lui le hait. Du moins c'est ce dont il est persuadé, peut-être et peut-être pas...

Apparemment j'ai mal exprimé quelque chose :),merci de me l'avoir fait remarquer grispoils:

Le sort que Draco a lancé à Harry opère dès l'instant où Draco donne un ordre à Harry, c'est pour ça que je parlais "d'étau qui me saisit le cou" dans le chapitre précédent. Draco lui a ordonné de le regarder alors son cou est bloqué pour l'obliger à regarder dans sa direction. Il est toujours sous l'emprise du sortilège, il n'y a pas besoin de formule.

Chapitre 12

Cette torpeur délicieuse me manque terriblement. C'était tellement mieux quand je ne ressentais rien. Je sortirais probablement dans quelques jours de l'infirmerie. Jusque là il va encore falloir faire semblant. Semblant de tout comme toujours.

Tout mes proches -ou vaguement proches- se succèdent à mon chevet soit en larmes ou inquiet ou agacé de me voir à nouveau ici. Pourtant toutes ces visites ne me font rien. Je crois que j'ai laissé mon coeur entre les mains de Snape qui l'a pulvérisé en me croyant l'amant de Malfoy alors les lamres de crocodile très peu pour moi.

Plus d'une semaine est passée et mon état ne s'est pas vraiment amélioré pourtant je me traîne tant bien que mal dehors pour aller en direction du lac, histoire de me changer les idées et de tout bien préparer. D'après Mme Pomfresh elle me laissera peut-être sortir dans trois, quatre jours. D'ici là je dois tout préparer.

Aucun des deux n'est venu me voir. Malfoy je ne sais pas pourquoi et je ne veux pas savoir. Mais Snape je sais pourquoi et j'aurais aimé qu'il vienne me voir avant. C'est dommage, apparemment il veut continuer à piétiner mon coeur jusqu'au bout, mais tant pis.

OoOoO

Je crois que les voir tous les deux m'a blessé bien plus que je ne l'aurais cru.

L'aveu encore très récent d'Harry m'avait déboussolé même si je m'en doutais un peu. Mais moi ? Je vois quoi en lui ? Une proie ? Un homme ? Un amant ? Un élève ? Je vois quoi et je veux voir quoi ?

Il a besoin d'aide et c'est la mienne qu'il veut mais je n'ai pas la force de la lui donner. D'autant plus depuis que je les ait vus. Je me demandais pourquoi Potter arpentait les couloirs sans sa cape d'invisibilité alors j'étais allé voir vers son dortoir et de les voir l'un contre l'autre m'avait griffé le coeur. Un sentiment de déception profond avait pris possession de mon corps rejettant profondément ma nature sauvage. Je lui avait lancé ce regard et lui me regardait suppliant. Je n'ai pas écouté ou compris ce qu'il vouait me dire mais pour quoi faire ? Il aurait sûrement trouvé une excuse que je ne voulais pas entendre. Pourquoi chercher à l'écouter ?

A présent, il est à nouveau à l'infirmerie. Encore... C'est une habitude chez lui ? Même si je ne le veux pas je m'inquiète pour lui. Cependant je refuse de m'abaisser à lui rendre visite.

Je ne saurais définir le sentiment qui m'habite et me décontenace quand je pense à lui. Un mélange de déception, de frustration, de désir et peut-être même de tendresse aussi. J'ai très envie de le prendre dans mes bras – c'est peut-être aussi pour ça que j'évite d'aller le voir- et en même temps je ne peux m'empêcher de me sentir mal. En parlant de ça mes élèves y ont eu droit ces derniers temps. Avant je me savais désagréable mais là... Seulement si je ne fais pas ça, je risque de céder à la tentation d'aller voir Potter pas forcément pour de bonnes raisons.

OoOoO

Les jours passent encore lentement et ma motivation grandit pour arriver à cette solution. Nous somme à la veille de ma sortie de l'infirmerie et j'écris. J'ai écris beaucoup ces derniers temps. Pour différentes personne qui ne s'en rendront compte qu'après coup et pourront lire. Mais j'écris une dernière chose, la plus importante et je tente de parvenir au résultat qui me trotte dans la tête. J'ai du mal à exprimer comme je veux et exactement ce que je veux avex des mots. Pourtant je dois y arriver avant demain. Demain sera trop tard. Je finis tard de l'écrire enfin tôt pendant l'aube du jour de ma sortie.

Voilà, je sors une nouvelle fois de l'infirmerie avec la ferme intention de ne plus y retourner – remarque je ne compte retourner nulle part – plus maintenant.

J'ai cours de potions aujourd'hui. Au moins je le verrais, ça me console un peu par rapport à ce qu'il pense de moi.

OoOoO

J'ai donné un cours aux cinquièmes années aujourd'hui. Il était là. Pâle comme un mort à me regarder longuement sans rien dire, sans avoir la moindre réaction. Il ne semblait pas avoir la moindre réaction pour quoi que ce soit d'ailleurs. Il avait l'air absent quand il me regardait ou quand qui que ce soit lui parlait.

Je ne savais pas trop comment j'étais censé réagir quand je l'ai vu attendre que tout le monde sorte. J'ai préféré m'asseoir à mon bureau et me donner une contenance en corrigeant des copies.

Il est resté un moment l'air de rien, à ranger ses affaires. Il mettait peu à peu ses affaires dans son sac pourtant à un moment donné je l'ai vu faire le mouvement inverse et mettre quelque chose dans le tiroir de sa table. J'étais intrigué mais je n'ai rien dit.

OoOoO

Le cours est passé, il m'a à peine regardé. Ca me rend triste mais sans plus. Je crois que toutes mes sensations s'éloignent au fur et à mesure que je m'habitue à l'idée. J'ai déposé ce que j'avais écrit pour lui dans la table en espérant qu'il le voit mais pas tout de suite et je me suis résolu à sortir. C'était la fin de la journée, j'avais prétexté un contrôle chez Pomfresh pour que Ron et Hermione partent devant moi et que je les rejoignent à dîner. Du moins c'est ce que j'avais dit.

OoOoO

Il est sorti de ma classe et je me suis refusé à aller voir ce qu'il avait mis dans cette table. Pauvre imbécile que j'étais.

OoOoO

J'ai tout sur moi, dans mon sac. Je sais ce que je m'apprête à faire et je n'ai pas peur. Non, une impatience fébrile me tiraille. Je marche sans trop de hâte vers les étages supérieurs. Je dépose les lettres puis me ravise finalement. Je décide que je le ferais plus tard, dans la nuit. Je rejoignais mes amis au dîner et pour une fois depuis longtemps y faisait joyeusement honneur et passait un bon moment en leur compagnie.

On dit que les derniers moments sont les plus beaux. Apparemment.

OoOoO

Il était là assis à sa table, semblant apaisé pourtant... Quelque chose me gênait et ce qu'il avait laissé dans ma classe me taraudait l'esprit.

Ce soir-là, j'avais une réunion avec les Préfets-en-Chef de ma maison pour avoir un bilan trimestriel. Je me disait que j'irais voir ce qu'il y avait dedans après. Histoire de me faire patienter et de m'éclaircir les idées à son sujet.

La réunion se finit tard, vraiment tard. J'en extrayais un bout de parchemin soigneusement plié où était écritSeverus Snape. Que faire ? Pourquoi le lire ? Pourquoi ne pas le lire ?

OoOoO

Tout le monde dort, apaisé. Ron et Hermione semblait de très bonne humeur à me voir si apaisé alors que j'étais écrasé par l'angoisse depuis des semaines. Je regarde Ron dormir un instant? J'écoute ses ronflements une denière fois puis je répète le geste que j'avais eu avant d'aller dîner. Sans hésiter cette fois. Je dépose toutes les lettres sur sa table de nuit et m'eclipse doucement du dortoir.

Je cherche une salle d'eau abandonnée dans le château pour pouvoir m'installer. Une fois trouvée, je sors tout ce que j'avais apporté et plus particulièrement les deux lames de rasoir moldu -indétectables par rapport à un sort de tranformation qui aurait été remarqué tout de suite à cette heure de la nuit.

OoOoO

Je suis dans mon bureau et je regarde ce bout de parchemin qui m'inspire de l'envie et de la méfiance. Dois-je la lire? Mes instincts en bataillet habituellement semble d'accord pour une fois : je l'ouvre doucement, il y a plusieurs feuilles et je lis.

Plus je lis et plus je me sens mal. Mes mains tremblent, j'ai mal , je me sens stupide.

Mon amour,
(Pardonnez moi de vous appeler ainsi sans votre accord mais je voulais le faire au moins une fois)

Par où commencer ? Pour terminer où ?

Depuis plusieurs mois mon existence se résume à de la souffrance de vous voir si loin de moi en vous désirant si proche.

Je vous aime.

Je vous l'ai déjà dit, je le sais mais je tenais à le redire une nouvelle et dernière fois. Je ne vous ment pas quand je le dis. Je ne m'attends pas à ce que vous ressentiez quoi que ce soit pour moi. A présent ce serait inutile et du gâchis.

Je vous ai observé longtemps. Vous et votre beauté sauvage. Vous et votre inaccessiblité. Vous et votre masque de fer. Vous et votre mépris. Vous et votre haine envers moi...

Je me consolais dans le fait que même, si je ne vous avais pas, j'espérais que personne ne pouvait vous avoir. Mais j'ai déchanté lorsque j'ai appris pour vous et Malfoy. J'ai eu si mal. C'était la nuit où vous m'avez ramené dans ma chambre. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé cette nuit-là mais j'en garde une impression de plénitude qui me manquait cruellement et me manque encore.

Puis il y a eu le jeu... De bons souvenirs qui ont tout de même été la cause de ma première crise d'angoisse. J'avais votre corps et votre accord mais ce que je voulais c'était votre amour. Je suis faible, je sais.

Il est alors intervenu pour me briser, me faisant ce que je vous ait déjà raconté sous prétexte de me voler à vous. Encore aurait-il fallu que je soit à vous. Ce que je désirais tellement.

Ces vacances où vous m'avez pris dans vos bras et avez pris soin de moi furent un vrai bonheur. J'y repensait le soir quand vous m'oubliiez et moi pas.

Puis la seconde... Vous m'avez éloigné de vous et il est à nouveau entré en scène, ça je ne vous l'avait pas dit. Malheureusement pour moi je ne sais même pas ce qu'il m'a fait, emporté par mon manque de souffle. Il m'a lancé un sort pour garder un contrôle permanent sur moi, ça non plus je ne vous l'avait pas dit.

Vous nous avez trouvé la nuit dernière... Vous ne m'avez pas laissé le temps de m'expliquer. J'aurais aimé mais vos yeux m'accusaient de tant de choses... Les mots sont restés bloqués dans ma gorge pourtant... Je vous ai dit que c'était lui mais vous n'avez pas compris l'allusion. Je voulais simplement dire que c'est lui qui à chaque fois est intervenu dans ma vie pour la briser. Votre élève chéri...

Il y aurait eu tant à dire... Mais je n'ai plus beaucoup de temps pour moi.

Je vous demande de ne pas juger le geste que j'aurais fait. J'ai choisi une belle mise en scène tragique. Le Survivant se doit de mourir de façon grandiose !

J'espère que vous saurez l'apprécier...

Je vous aime et vous me haïssez.
Adieu mon amour,
Harry James Potter

Je tremble, j'ai peur, j'ai mal. Je ne sais pas quoi faire. Je sors en trombe de mon bureau et lance un sort de traçage pour le retrouver au plus vite. Avant. Avant qu'il ne fasse ce qu'il a prévu de faire.

OoOoO

Un peu de lumière tamisée pour l'ambiance et je réfléchis quelques secondes, debout.

Je repense à cet homme que j'aime et qui me hait.

Je me console en sachant que même après ma mort, il saura la vérité.

Je dénude mes avant-bras pâles dans la lumière des bougies. Une belle veine bleue apparaît clairement sur chaque poignet. Je regarde mon reflet une dernière fois dans la glace. Mes yeux verts brillent d'une lueur étrange. Je repose mon regard sur l'un de mes poignets, la lame à la main.

Je n'ai pas peur, je ne tréssaille même pas.

OoOoO

Je cours encore et encore toujours plus vite en suivant cette lumière verte qui m'indique par où il est passé. J'ai peur, j'ai l'impression d'entendre un compte à rebours.

OoOoO

J'y vais d'un coup sec presque machinal. La douleur me traverse, fulgurante mais j'ai vécu pire, bien pire... Je regarde le flot de sang couler, fasciné par ce spectacle pourpre. Je me sens faiblir. Je change la lame de main mais la voyant pleine de sang, je prend la seconde. J'ai mal à bouger mon poignet ensanglanté. Je tranche la seconde veine de la même manière. La douleur redouble mais la paix est à la clé.

Je sens la vie me quitter doucement, mes forces disparaissent et je finie par tomber au sol. Une flaque de sang se répand autour de moi. Je pense à lui, ses longs cheveux noirs, ses lèvres douces, son regard envoûtant, son odeur dévorante...

J'entends un brusque fracas contre la porte. Mes yeux commencent à se fermer pourtant je le reconnais. Mon amour est là. Je tente d'esquisser un sourire. Il s'agenouille à côté de moi, les yeux troublés. Pourquoi ?

- Adieu mon amour, je t'aime.

Je ferme les yeux sur son visage si beau.