Je l'aime et lui me hait
Auteur: Isaae
Rating: M
Pairing: SS/HP
Résumé: Harry Potter est fou amoureux de Severus Snape, qui lui le hait. Du moins c'est ce dont il est persuadé, peut-être et peut-être pas...
Chapitre 14
Dans une semaine il devrait pouvoir sortir. Parfait. D'ici là je vais pouvoir faire quelques préparatifs pour mes appartements et Malfoy.
Je suis retourné dans mes appartements, m'assurant, avant, de démunir Potter de sa baguette et de tout objet susceptible d'être dangeureux à sa portée – en résumé je me suis débrouillé pour qu'il ne puisse pas sortir de son lit.
Maintenant je m'occupe de chaque pièce de mon antre pour vérifier tout objet et me débarasser de tout ce qui est coupant. Mais après réflexions, me démunir de mes couteaux, mes rasoirs et mon matériel de potion est un peu fort. Même pour Potter - pourquoi "même" ?. Alors je vais plutôt leur lancer un sort de propriété, comme ça Potter ne pourra même pas y toucher.
A présent, le problème de Malfoy... Comment m'occuper de son cas ? Que lui faire ? Nous vous inquiétez pas, je ne suis pas à court d'idée. Je cherche juste... La pire. De nombreuses trotures me traversent l'esprit mais il faut que je reste prudent pour ne pas me faire attraper. Marcher m'aide à réfléchir et puis il faut que je retourne voir Harry... Potter.
Tiens, voilà Malfoy. Mauvais idée de traîner dans les couloirs quand je suis dans les parages. Surtout pour lui, depuis peu.
- M.Malfoy !
- Tiens ! Professeur Snape ! Vous vous décidez à me reparler... Comme c'est intéressant...
- Oui... C'est fort intéressant comme vous dites. Nous verrons pour qui.
Pauvre imbécile... Si tu crois que tu vas t'en sortir comme ça...
- Vos sous-entendus m'intriguent, professeur... Que dois-je comprendre ?
Beaucoup de choses... Vraiment beaucoup de choses délicieuses pour moi mais beaucoup moins pour toi...
-Vous le saurez bien assez tôt. Je vous assure.
Oh oui... Tu regretteras même de le savoir...
- Je manque malheureusement de patience.
- L'attente ne rend le plaisir que plus grand...
Petit insecte répugnant que je me ferai un plaisir d'anéantir...
- Le... Plaisir ?
- Oui.
Vous pensez surement que le voir devrait faire bouillir mon sang dans mes veines mais je ne suis pas un Gryffondor, moi. Je suis un Serpentard, méticuleux, calculateur et perfide. Bien plus que Malfoy, qui s'en rendra rapidement compte.
J'ia trouvé ce que j'allais lui faire subir: Une destruction psychologique est plus intéressante q'une destruction physique et elle, elle ne laisse aucune preuve mais beaucoup de traces à l'intérieur... Et c'est exactement ce qu'il a fait à Harry. Je vais le détruire ce petit imbécile qui s'en prend à ce qui m'appartient. Reste à savoir comment.
- Au fait. Où allez-vous ?
- Euh... Nulle part précisément.
- Ah. Vous avez dû vous égarer alors, pour être sur le chemin de l'infirmerie.
- Euh... Oui ! Je... J'étais plongé dans mes pensées.
Il vaut probablement mieux pour toi que je ne saches pas lesquels.
- Faites attention, à être trop plongé dans vos pensées vous finirez par passer à côté de quelque chose.
Je le laissai planté, sur cette phrase sybilline et me rendait à l'infirmerie où je trouvais un Harr...Potter passablement énervé. La colère est une bonne chose. C'est un sentiment vivant et je veux qu'il vive.
- Bonjour M.Potter.
OoOoO
Je suis en proie à des sentiments contradictoires. Je suis heureux qu'il m'ait sauvé -dans le sens que ce soit lui qui l'a fait- mais qu'est-ce que cela va m'apporter ? Je suis toujours heureux à sa vue pourtant une boule d'angoisse reste accrochée à mes entrailles.
Il m'a sauvé, c'est tout. Il ne m'a rien promis, je n'ai donc rien à attendre de lui. La seule chose qu'il a dit est qu'il s'occuperai de moi durant ma convalescence le temps qu'elle durerait mais après ? -s'il y en a un pour moi- que va t-il se passer ? Je vais devoir retourner en cours comme après chacune de mes crises d'angoisse et attendre la prochaine ? En espérant que Malfoy ne me maltraite pas trop souvent ? Je ne veux pas de cette vie. Elle n'a aucun attrait pour moi.
Je n'ai pas de raison de rester en vie. Alors pourquoi s'acharne t-il à m'empêcher de mourir ? Il vient me voir tout les jours, aujourd'hui encore.
- ...
- Vous semblez en colère.
- Pourquoi est-on retourné au "vous" ? Et pourquoi il me cherche tout le temps ?
- Ne me faites pas croire que vous êtes muet.
- Qu'est-ce que vous voulez ?
- Vous sortez dans quelques jours.
- Je sais.
- Pour intégrer mes appartements.
- ... Je sais. Mais pour quelle raison ?
Je ne me suis pas encore tout à fait fait à l'idée que je vais réemménager chez lui pour une durée indéterminée.
- Vous ne le saurez pas.
Je lui lance un regard exaspéré qui le fait sourire - sourire version Snape s'entend.
- Professeur, laissez-moi... Je suis fatigué.
- Si c'est pour autre chose que dormir, il en est hors de question
- Pourquoi...?
- Parce que je refuse de revoir vos yeux se fermer pour ne pas se rouvrir.
- Quoi vous avez eu peur d'avoir des problèmes ? Rallai-je.
- Non. Ne vous en faites pas pour moi. Ce n'est pas vous qui me causerez des problèmes.
- Alors quoi ?
Alors la mort vous sied mal.
- ... Je ne suis pas persuadé que ce soit à vous d'en juger.
- Pourtant moi si. Cette mise en scène n'était-elle pas pour moi ?
- ... C'est bas.
- Je suis un serpentard.
- Il aurait suffi de quelques secondes supplémentaires...
- ...
- J'aurai pu arrêter cette triste comédie.
- Je n'aime pas quand de tels propos sortent de vos lèvres.
- Mais enfin ! Pourquoi m'avoir sauvé s'il n'y avait aucune raison précise pour cela ?
- Je ne sais pas pourquoi je l'ai fait mais je m'en voudrait si je ne l'avais pas fait.
- Severus Snape saurait-il ce qu'est la culpabilité ?
- Vous devenez insolent M. Potter...
- Si ça peut vous aider à me lâcher.
- N'y comptez pas. Tenez buvez cela. Dit-il en me tendant une fiole. Ca vous aidera à dormir.
Je la pris et bu sans rien dire avant de m'endormir doucement.
OoOoO
La semaine est passée bien plus vite que je ne le pensais. Je vais le chercher dans quelques minutes. J'ai revu tous les préparatifs pour vérifier que tout était en ordre.
Je suis arrivé à l'infirmerie, il m'a regardé, n'a pas dit un seul mot, a pris sa valise et est sorti de l'infirmerie. Seulement sa tentative de maîtrise de lui a échouée. Il a manqué de tomber à genoux sous la faiblesse de ses jambes. Je l'ai retenu à temps, il m'a regardé le regard dénué d'expression. Toute lueur de colère, ou de quoi que ce soit d'ailleurs, a disparu. Ca m'inquiète. Il a l'air... Déconnecté. Une fois arrivé, je lui ai dit qu'il pouvait s'asseoir si il se sentait fatigué.
J'ai l'impression qu'Har...Potter est devenu vraiment muet. Il est arrivé depuis deux heures, il n'a pas bougé de la place où il s'est posé et n'a pas dit un mot. On dirait presque une statue.
Je savais que la cohabitation avec Harr...Potter – et puis merde !- Harry n'était pas si difficile que cela parce qu'il était quand même remarquablement silencieux mais là... C'est pareil que quand je suis seul. J'aurais pris un animal domestique il aurait été plus bavard.
- Vous préférez dîner dans la Grande Salle ou ici ?
- ...
- On va dire que c'est ici.
J'apellai un elfe pour qu'il nous serve à dîner, ne demandant pas à Harry ce qu'il voulait, ne m'attendant pas à obtenir un réponse.
Nous mangeons en silence. Il me lance un regard de temps en temps mais rien de plus. Je me demande à quel moment il s'est décidé à ne plus parler. Dans l'idée de m'agacer ? Si il ne veux pas parler, je ne vais pas le forcer. Je l'aurai autrement.
- Au fait, vous dormirez avec moi.
Il relève la tête brusquement, une question muette dans les yeux. Muette, certes mais question quand même. Pas si amorphe que ça le garçon.
- Dans un autre lit.
Un éclair de compréhension traverse ses iris et il baisse à nouveau la tête. Mais j'ai gagné... Il le sait.
La soirée se déroule tranquilement. Il lit des cours que Granger lui a apporté à l'infirmerie et moi je lis un livre. Nous sommes assis l'un à côté de l'autre sur le canapé et il n'a toujours rien dit. J'ai l'impression qu'il manque quelque chose mais je ne parviens pas à mettre le doigt dessus.
Totalement plongé dans ma lecture, je ne remarque pas l'heure qu'il est et n'entend pas les feuilles que tenait Harry lui glisser des mains. Ce que je senti par contre c'est sa tête aller contre mon épaule. Je sursaute légèrement puis lui lance un regard. Il dort. Je vais finir mon chapitre puis je l'emmenerai se coucher. C'est étrange mais l'impression qu'il me manquait quelque chose a disparu.
Je mis mes pensées à exécution et le portai avec précautions vers la chambre, réalisant à quel point il était léger. Trop pour un adolescent de 16 ans. Depuis quand se laissait-il dépérir ainsi ?
Je le déposai délicatement sur son lit et ne résistant pas à l'envie déposai doucement mes lèvres sur les siennes. Me détachant à regrets, j'allai me coucher également. Je m'endormis difficilement, attentif à son sommeil et méfiant à l'idée qu'il pourrait tenter quelque chose pendant que je dors. Pourtant je finis par sombrer, épuisé.
Le soleil me tira doucement de mon sommeil. J'ouvris les yeux et vit quelque chose que je ne voulais pas voir. Potter n'était plus dans son lit.
Je me relevai brusquement, et sortai en courant de la chambre, vêtu d'un bas de pyjama. La salle de bain fut la première pièce que j'inspectai. Personne.
Je le trouvai dans la cuisine à tenter de se saisir d'un couteau mais, grâce à mon sort de propriété, ne pas y parvenir. J'étais bouillant de colère et reconnaissant envers moi-même d'avoir pensé à ce sort.
- C'est inutile d'essayer d'attraper un objet tranchant. Vous ne pourrez pas.
Il saursauta semblant ne pas avoir remarqué ma présence. Il me lança un regard toujours sans expression.
Aujourd'hui, il n'a pas réussi mais il trouvera autre chose, je le sais.
