Je l'aime et lui me hait

Auteur: Isaae

Rating: M

Pairing: SS/HP

Résumé: Harry Potter est fou amoureux de Severus Snape, qui lui le hait. Du moins c'est ce dont il est persuadé, peut-être et peut-être pas...

Chapitre 15

Je refermai le tiroir et le regardai droit dans les yeux, sans dire un mot. Il soutint mon regard sans ciller pour me signifier que malgré ma volonté de le garder en vie, il n'en avait que faire.

- Allons petit-déjeuner.

Il sembla surpris que je ne dise rien de plus à propos de ce qu'il venait de faire, enfin d'essayer. Je n'avais pas envie et je ne voyais pas l'utilité de lui hurler dessus à part le braquer un peu plus. Nous mangèrent en silence de nouveau. J'aime le silence mais celui-ci est lourd de dangers pour lui.

- Quel est l'intérêt de ne pas dire un mot ?

- ...

- Vous savez très bien que votre carapace s'est fissurée à notre dernier repas par votre réaction quelque peu brusque...

- ...

- Qu'est-ce que vous voulez vraiment ?

- ... Que vous me laissiez tranquille.

Entendre à nouveau sa voix déclencha une étrange réaction chez moi. J'eus presque envie de sourire niaisement. Presque.

- Je ne vous crois pas.

- Vous voulez savoir ce dont j'ai vraiment besoin ?

- Oui.

- Pourquoi ?

- Pour voir ce que je peux faire.

- Alors ce n'est pas la peine. Vous ne voulez pas me le donner. Ou ne pouvez pas. Au choix.

- Vous me voulez moi.

- Oui.

Il l'a dit sans hésiter, sans réfléchir. Comme une évidence. Et moi je reste là, à la regarder sans réactions. Il me regarde quelques instants puis, ne voyant aucun changement dans mon expression, il soupire et baisse les yeux sur son repas.

- Vous n'avez jamais aimé mon cours.

- Ce n'est pas vraiment cela.

- Qu'est-ce que c'est alors ?

- Hé bien, dès le premier cours vous avez cherché à m'humilier et me rabaisser. Pourtant je ne suis pas mon père.

- Je sais. Je n'aurais pas dû. Mais faire des potions en soi ?

- Ca ne me gêne pas spécialement. Je ne suis juste pas doué.

- Ce n'est pas faux.

- J'apprécie le compliment.

- J'ai une potion à faire aujourd'hui. Vous pouvez rester à me regarder faire ou faire autre chose.

- Je vais vous regarder alors.

OoOoO

Sa proposition m'a étonné. En cours de potions, après que j'ai découvert et accepté mes sentiments pour lui, j'étais littéralement hypnotisé quand je pouvais le voir en préparer une. Il semblait si proche de nous physiquement mais si loin dans son esprit. C'était un spectacle purement fascinant. Dans ces instants-là, j'étais pris d'une furieux envie de l'embrasser mais ça ne servait pas à grand chose.

Aujourd'hui il me proposait une séance privée, je n'allais tout de même pas refuser.

OoOoO

- Quelle potion devez-vous préparer ?

- Une potion anti-douleur pour le réserve de Pomfresh.

- C'est compliqué ?

- Ca dépend pour qui.

Un léger sourire est apparu sur son visage

- Pas pour vous.

- Non.

Son sourire se dessine plus franchement. J'aime beaucoup cette lueur dans ses iris vertes.

- Un elfe de maison viendra débarrasser la table. Je vais prendre une douche.

Avant d'y aller je le regarde droit dans les yeux pour qu'il sache que je ne suis pas dupe et qu'il n'a aucun intérêt à refaire quelque chose du même genre que tout à l'heure.

Je ne sais pas si c'est une bonne idée d'y aller mais je ne vais pas me priver de douche jusqu'à ce qu'il aille mieux. Et puis j'en ai besoin, je me sens tendu.

Je me déshabille rapidement, impatient de sentir le jet d'eau détendre me muscles et me parcourir. L'eau chaude me fait beaucoup de bien. J'ai envie de ne plus en sortir. Pourtant quelque chose me dérange, comme sî il y avait un problème. Mon instinct animal sent quelque chose d'anormal. Je tend l'oreille pour savoir si j'entends quelque chose d'inhabituel mais je n'entends rien de spécial.

Je vais pour retourner à ma douche quand j'entends un bruit sourd dans le séjour. Comme si quelque chose était tombé.

Paniqué, je prends à peine le temps de mettre une serviette autour de ma taille et j'accours, sans couper l'eau.

Je ne le vois nulle part. La table est renversée, tout ce qu'il y avait dessus est au sol. Je contourne la table pour voir où il est. C'est là que je le trouve au sol, tremblant et le souffle court.

Je me met à genoux et le prend dans mes bras pour voir ce qu'il a.

Il fait une crise d'angoisse. Encore.

Je prends un sac en papier et le fait respirer dedans pour qu'il retrouve son souffle. Sa respiration se régularise et mon coeur arrête de battre furieusement de panique. Sa crise semble s'arrêter et il reste sans forces dans mes bras, les yeux à peine ouverts.

- Ca va mieux ?

- Oui.

Après un silence, il a reprit la parole et a dit quelque chose que je n'aurais jamais voulu entendre.

- Vous voyez ? Même si je ne tente pas intentionnellement de me tuer, mon corps cherche à le faire de lui-même alors à quoi bon perdre votre temps ?

- Ne dis pas ça. Je ne crois pas perdre mon temps.

- Mais qu'est-ce que vous croyez ?

- Je crois pouvoir t'aider.

- Vous ne pouvez pas ! Je vous l'ai déjà dit !

- Et moi je n'ai pas envie de t'écouter.

- Mais merde à la fin ! Je suis amoureux de vous ! AMOUREUX ! Vous comprenez ?! Ca me tue de vivre avec vous 24 heures sur 24 alors que vous ne voulez pas de moi.

- Ce n'est pas que je ne veux pas de vous...

- Vous êtes là à côté de moi sans cesse et moi je ne peux rien faire pour vous avoir ! Ca me tue de savoir que vous dormez dans le lit d'à côté ! Ca me tue de vous voir manger en face de moi sans pouvoir dire ce que j'ai vraiment envie de dire ! Ca me tue de vous savoir sous la douche et d'en être réduit à être jaloux des gouttes d'eau qui ont le droit de vous parcourir ! Ca me tue d'être dans vos bras et de devoir me retenir ! De savoir que vous ne le faites pas parce que vous en avez envie ! De savoir que vous me relâcherez bientôt et que vous vous sentirez soulagé d'un poids ! Ca me tue de ne sentir de votre part que de la pitié à mon égard ! Je ne veux pas de ça ! Je ne veux pas de cette vie !

- Tu ne sais rien de moi ! Ce n'est pas de la pitié qu'il y a à voir dans mes yeux ! Ca me tue aussi de savoir que tu vas quitter mes bras !

- Mais alors je suis censé voir quoi ?!

- Je ne sais pas !

- Vous ne savez jamais ! Moi, je ne peux pas tenir avec des "je ne sais pas" ou des "peut-être" ! Je ne peux pas m'en contenter ! C'est trop mince ! Moi je vous aime ! Pourquoi vous ne comprenez pas ce que ça me fait de pouvoir vous voir mais c'est tout ?! Et puis vous vous foutez de ma gueule à me serrer dans vos bras avec juste une serviette autour des hanches ?

- Non mais hé ! Ca va aller oui ?! J'allais quand même pas prendre le temps de faire toute ma garde robe pour trouver une tenue pendant que tu t'étouffais !

- Bah si ! Au moins j'aurais eu le temps de finir de m'étouffer et mon calvaire serait terminé !

- Tu deviens agaçant à toujours radoter la même chose !

Je ne comprenais plus rien. Nous étions en train de nous engueuler comme un vieux couple alors qu'il venait de manquer de s'étouffer.

La situation était même très étrange. Il était sur le sol en pyjama et moi je le tenait contre moi vêtu en tout et pour tout d'une serviette sur les hanches qui ne tenait pas vraiment bien.

- J'en ai marre de m'engueuler avec vous !

- Je ne te lâcherais pas.

- Ne me lâchez pas alors.

- Tu n'es pas contrariant ce matin.

- Vous voulez que je vous contrarie ?

- Pas spécialement.

- Moi j'en ai envie.

Il m'a poussé au sol, s'est installé entre mes jambes et s'est emparé furieusement de mes lèvres. Il ne m'embrasse pas, il me dévore, il m'enivre, il cherche à me dominer. Je dois dire que je m'attendais un peu à ce qu'il m'embrasse. Je le voulais aussi, je sais. Pas la peine de me le rappeler. A mon grand désarroi je me sens durcir à son contact et lui aussi. Ca risque d'être difficile de lui dire qu'il ne m'intéresse pas. Ca va déjà être dur de dire non. Si je le dis...

OoOoO

Je me suis senti pris par une vague de pur désir en sentant sa peau mouillée contre moi, même à travers le tissu de mon vêtement. Ma colère le renforçant, je ne me contrôlais pas et le submergeais pour tenter d'évacuer ma frustration.

OoOoO

J'en ai envie autant que lui et il le sait – il le sent surtout. Pourtant... Pourtant... Je ne dois pas le faire comme ça parce que ça risquerai de le briser encore plus si c'est possible.

Il commence à me dévorer le cou. Je ne crois pas que ce soit de baiser vite fait sur le sol dont il ait besoin. Je me sens vraiment au paradis sous ses caresses mais je ne peux pas lui faire ça. Je tiens trop à lui. Oui, je l'admets ! On avance, non ?

- Harry...

- ...

- S'il te plaît Harry...

- Quoi ? dit-il de mauvaise grâce.

- Ce n'est pas une bonne idée.

- Ne dites pas que vous n'avez pas envie... Je ne vous croirais pas.

- Je ne le dis pas.

- Alors où est le problème ?

- Je ne crois pas que ce soit ce que tu veux vraiment.

- Je vous veux vraiment !

- Vite fait sur le sol ?

- Mais voulez-vous de moi dans un lit ? Dit-il désespéré. Voulez-vous de moi vous faisant l'amour longuement sur un vrai lit avec tout ce que cela implique ?

- Je suis ton professeur.

- Vous ne me l'aviez jamais faite celle-là. Je suppose qu'on avance. Ou peut-être qu'on recule, je ne sais pas.

- Le cynisme te va mal.

- C'est pourtant tout ce qu'il me reste.

Il se pencha à nouveau pour m'embrasser, j'eus un mouvement de recul sans conviction.

- Je vous contrarie encore un peu et je vous laisse tranquille. S'il vous plaît.

- Comme si je pouvais dire non, marmonnai-je vaguement dans ma barbe inexistante.

Cette fois il m'embrassai doucement, avec tendresse et amour aussi. J'y répondais lentement pour le faire durer même si je savais qu'il le ferait durer jusqu'à ce qu'il n'ait plus de souffle. Je me sens bien à cet instant. Je ne veux rien d'autre que le poids merveilleux de son corps sur le mien. Je n'ai as envie de m'en séparer. Je crois même que je ne peux pas.

Severus Snape serait-il amoureux ? D'Harry Potter ? Elle est drôle celle-là. Mais elle est vrai. Je sais pourquoi je refuse qu'il meure et pourquoi j'en veux autant à la petite fouine répugnante : je suis amoureux d'Harry Potter.

Quand je vous disais qu'on avançait...