Blabla des auteurs : So voilà un petit chapitre tout beau tout neuf offert par la maison avant ces (hopefully) joyeuses fêtes de fin d'année pour tous. Et avec la neige en prime.

Bref en tout cas merci à tout ceux qui ont lu notre pti prologue.

Donc merci à P'tit Elephant (quel super surnom ravie que tu aimes mon pti résumé, classe n'est-ce pas ;), Camille (merci pour tes compliments, le voici j'espère que tu aimeras toujours autant), Juju88480 (merci beaucoup, je fais pas dans l'originalité pour le coup mais merci ; j'espère que tu aimeras tout autant celui là), Newness (Oh j'imagine l'horreur et la souffrance pendant ton combat, heureusement que t'es vivante je vais encore avoir besoin de toi lol. Sinon et bien on te remercie of course pour ton aide et on insiste fais pas la modeste- désolée de t'avoir fait lire CR y'a un début à tout mais ravie que ce fut pour m'aider, bises a toi ;), Lady Hope (merci tout d'abord d'être venue voir notre ptite fic coécrite, une première apparemment- et bien c'est sûr que personne n'aimerait être à sa place de toute façon je pense. On espère que la suite va te plaire), Sarah (Et bien encore une fois ravie de voir que la pub de TTW a fonctionné… Merci en tout cas à toi-je peux te dire que la suite promet tout autant- Pour ce qui est du rythme de post et bien je ne peux rien te promettre étant très busy et ma partenaire également mais au moins toutes les 2 semaines) et enfin Frediie (on te remercie d'être venue faire un tour sur notre ptite fiction et on espère bien sûr que la suite va te plaire)

Nous avons apprécié toutes les deux vos reviews et on espère donc que la suite vous plaira tout autant. Bonne lecture

Et d'ici là bonne fête de fin d'année à tous

Disclaimer : Rien ne nous appartient, tout est à celui qui a eu la brillante idée de cet univers, soit Disney ! Nous, on emprunte, pour un petit temps, et promis, on remettra tout en place à la fin !

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Lorsque Connie quitta son chevet, une heure plus tard, elle avait le cœur lourd. Elle se demandait quelles pourraient être les séquelles dont lui avait parlé le médecin. Se promettant de faire des recherches, elle rejoignit le hall, mais s'arrêta en entendant un homme demander :

« - Bonjour, je viens voir une jeune femme qui a été amenée plus tôt dans la journée, après une chute de la falaise de la plage !

« - Vous avez son identité, demanda la réceptionniste.

« - Non, sourit-il, sinon je ne vous aurais pas dit pourquoi elle était hospitalisée !

« - Je regrette, si je n'ai pas …

« - Excusez-moi, les interrompit Connie. Je suis la mère de la jeune femme dont vous parlez. Je peux savoir qui vous êtes ?

« - Scott Gray, musicothérapeute. C'est moi qui aie appelé les secours, après son accident, dit-il en lui tendant la main.

« - Connie Torres, enchantée. Je vous remercie monsieur Gray. Pour le moment, Mitchie va bien, mais elle est très fatiguée !

« - Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas la déranger. Je voulais juste avoir de ses nouvelles. Son état semblait grave, sur la plage.

La mère le regarda et se mordit la lèvre. Tous ces évènements, l'appel, l'attente, avant de voir enfin sa fille qui semblait aller plus mal qu'on le lui avait dit, avaient beaucoup éprouvé ses nerfs et elle était à présent sur le point de craquer. Le comprenant, le thérapeute lui sourit :

« - Venez je vous offre un café qui a fait la réputation de l'hôpital ! Il parait qu'il est écœurant, rit-il.

Elle lui sourit et le suivit jusqu'à la cafétéria, où ils commandèrent un café serré pour lui, et un déca pour elle. S'asseyant à une table, il attendit qu'elle parle. Connie fixa son gobelet, respirant l'odeur qui s'en échappait. Celle-ci la calma. Elle fixa son interlocuteur et reprit :

« - Mitchie a le nez cassé et une blessure à la tête qui va peut-être laisser des séquelles. Plus un nombre incroyable d'éraflures.

« - Quel genre de séquelles ?

« - Nous l'ignorons pour le moment ! Selon les médecins, nous en saurons plus dans quelques jours… Je vous ai remercié d'avoir appelé les secours ? demanda-t-elle.

« - Oui, dans le couloir, rassurez-vous.

« - Oh ! Navrée… C'est juste que … Je suis un peu perdue.

« - N'importe quel parent le serait, à votre place. Moi-même, si mon fils faisait une chute pareille, je serai fou d'inquiétude. Même s'il y a peu de chance. Il déteste la plage !

« - Il a quel âge ?

« - Dix-huit ans. Il ne vit que pour la musique, à tel point que je dois souvent le décoller de sa chambre, pour qu'il vienne manger.

« - Mitchie est pareille. Elle va au lycée, mais son truc c'est la musique. Il ne se passe pas une journée sans qu'elle nous régale en jouant de la guitare ou en chantant.

« - Ah les enfants, soupira-t-il. Remarquez, on peut s'estimer heureux. Imaginez qu'ils soient délinquants, qu'ils brûlent les poubelles ou qu'ils volent des autoradios !

« - Aucun risque ! Ma fille a peur du feu, mais ne lui dites surtout pas que je vous l'ai dit, fit-elle sur le ton de la confidence.

« - Vous inquiétez pas, je serai une vraie tombe ! Et pour tout vous dire, je soupçonne le mien d'avoir peur des étendues d'eau. D'où son refus quasi systématique d'aller à la plage

Ils se sourirent, puis parlèrent plusieurs minutes de leurs enfants respectifs. Ils semblaient être faits pour être amis, mais l'un et l'autre sortant peu, ils ne se rencontreraient probablement jamais.

Une demi-heure plus tard, ils quittèrent la cafétéria, et Connie le remercia pour le café, qui était vraiment immonde et partit. Les visites étant dorénavant terminées. Rentrant chez elle, elle commença le repas, nerveusement, attendant que son mari rentre. Lorsqu'il passa le seuil de la maison, elle lui sauta presque dessus lui apprenant l'accident. Il était partit deux jours, en voyage d'affaire, à Dallas. Il demanda immédiatement des nouvelles de leur fille unique. Tout en mangeant, ils firent des suppositions sur les séquelles éventuelles qu'elle pourrait avoir. Elle lui parla ensuite de l'homme qui avait appelé les secours et de ce qu'elle avait apprit, par son intermédiaire, sur la musicothérapie.

Pendant ce temps, Mitchie était dans sa chambre et écoutait les bruits de couloirs, à défaut de pouvoir voir les gens. Elle nota que certaines personnes avaient une démarche plus lourde ou plus sec que d'autre. Principalement les femmes en visite. Leurs talons claquaient sur le carrelage, comme le marteau d'un juge, rendant son verdict. Elle soupira, pour la cinquantième fois, et laissa son imagination vagabonder. Peut-être que Preston était au courant de l'accident puisqu'il était présent sur la plage. Allait-il venir s'enquérir de son état. Elle l'imaginait très bien, demander à l'accueil où elle se trouvait puis frapper doucement à sa porte, avant de lui demander de ses nouvelles. Ils discuteraient plusieurs minutes, puis avant de partir, il lui confierait son numéro lui faisant promettre de l'appeler au moindre problème.

Seulement, elle n'eut aucune visite de la soirée, et lorsque l'infirmière lui apporta son plateau repas, elle y toucha à peine. Elle ne voyait de toute façon rien de ce qu'elle mangeait, et tout avait un goût d'eau. Elle regretta les repas de sa mère, toujours pleins d'épices, et de couleurs. Le médecin lui avait dit qu'elle allait rester deux jours à l'hôpital puis qu'elle repartirait chez elle, s'il n'y avait aucun problème.

« De quels problèmes parle-t-il d'ailleurs ? Ils vont quand même pas refaire mon visage ? Déjà que j'apprécie moyennement qu'ils aient touché à mon nez. Bon, d'accord, selon maman on ne pouvait pas faire autrement, mais quand même ! Si ça se trouve, ils m'en ont fait un, à la hauteur de ma disgrâce naturelle ! Gros, avec les narines écartées en forme de bec ! Là c'est clair, je ne sors plus jamais de chez moi ! »

Soupirant, elle tâta son lit, afin de trouver la télécommande du lit et baissa le dossier, afin de pouvoir dormir. Elle aurait aimé fermer la porte, mais ne voyant rien, elle n'osait pas sortir de son lit, qui lui semblait à cet instant tellement sécuritaire. Fermant les yeux, elle tourna légèrement la tête puis finit par s'endormir, le cœur lourd.

La jeune femme passa une mauvaise nuit, se réveillant sans cesse en proie à une douleur aigue, qui partait du côté droit de sa tête, et qui allait jusqu'à ses yeux. A six heures le lendemain, quand l'infirmière entra, elle fut étonnée de la voir assise sur le lit, frappant le matelas comme si elle jouait du piano. Lorsqu'elle lui demanda ce qu'elle faisait déjà debout, la jeune femme haussa doucement les épaules.

« - J'arrive pas à dormir ! Trop mal au crâne ! Enfin je dors, mais par intermittence !

« - Vous avez mal où ?

« - Parfois juste à ma blessure, parfois ça descend jusqu'à mes yeux, ou jusqu'aux sinus ! Mais j'imagine que c'est normal ! Si je me suis réduit les cartilages en bouillis, faut bien qu'ils me punissent !

L'infirmière se mit à rire avec elle, fit son examen de routine et mit sur le dossier ce que Mitchie venait de lui dire.

A huit heures, on lui apporta son petit-déjeuner, qu'elle avala grâce à l'aide soignante, qui la nourrissait, puis elle lui proposa d'aller se laver. Imaginant qu'elle allait se retrouver nue devant une femme, elle refusa arguant qu'elle se débrouillerait seule, seulement l'aide-soignante fut intraitable, et elle finit par la laisser l'emmener dans la petite salle de bain attenante à la chambre. Lui posant les mains sur le bord du lavabo, elle lui indiqua où se trouvait le gant de toilette ainsi que le savon puis sortit. Soupirant de soulagement, la jeune femme retira la chemise de nuit de l'hôpital et fit sa toilette rapidement, avant de remettre le vêtement. Elle avait hâte que sa mère lui amène des vêtements afin de pouvoir quitter cette chemise de papier. Quand elle fut prête, elle ouvrit la porte, et les bras tendus en avant, commença à marcher. Aussitôt, on les lui ressaisis pour la ramener sur son lit. Remerciant la personne qui venait de lui éviter d'être ridicule, elle se couvrit en notant que la tête de son lit, était relevée. S'appuyant dessus, elle croisa les bras sur sa poitrine, attendant la suite des évènements. Depuis qu'elle s'était réveillée dans cet hôpital, elle ne savait rien de ce qu'il se passait, puisqu'ils avaient trouvé normal de lui bander les yeux. Elle avait tout de suite identifié où elle se trouvait. C'était évident. L'odeur de désinfectant industriel ne pouvait tromper personne. Il n'y avait que dans un centre médical que l'odeur d'eau de javel et d'antiseptique se mélangeait, donnant cette odeur si particulière et si reconnaissable !

Deux heures plus tard, un pas plus lourd que les autres entra dans sa chambre.

« - Bonjour miss Torrès ! Je suis le docteur Stanley ! Comment vous sentez-vous aujourd'hui ?

« - Aveuglée, et légèrement fatiguée d'attendre sans rien pouvoir faire, s'amusa-t-elle.

« - Bon, vous avez le moral, c'est déjà ça, sourit-il. Alors voyons votre dossier ! Oula, vous avez fait une sacrée chute !

« - Ouais, j'avais oublié mon maillot en bas ! Lança-t-elle ironique

« - Je vois, dit-il avant de rester muet quelques secondes. Bien, vous vous en sortez apparemment bien. Ah, je vois par contre que vous avez eu du mal à dormir ! Va falloir regarder ça de plus prêt… Mal aux yeux ?

« - Oui, ça me lance à l'intérieur, mais ça doit être normal, non ?

« - En effet, fit-il sans le penser, nous allons quand même nous en assurer ! Par contre pour le nez, c'est normal et ça sera temporaire ! Vous n'aurez plus mal quand on vous enlèvera votre plâtre !

« - Et on me l'enlève quand ?

« - Dans sept jours, à compter d'aujourd'hui ! Maintenant je vais vous ausculter si vous n'y voyez pas d'objections !

« - Non, c'est bon, je vois rien donc allez-y !

Il prit sa tension, avant d'incliner son visage, afin d'observer son nez. Quand il partit quelques minutes plus tard, elle se demanda à quoi elle allait ressembler à présent. Elle qui avait toujours trouvé son nez mignon, c'était même ce qu'elle préférait chez elle, aussi elle espérait qu'ils ne l'avaient pas enlaidi.

Ses parents arrivèrent en début d'après-midi, et son père resta dehors quelques instants le temps qu'elle s'habille. Ils restèrent en famille durant une grosse demi-heure, puis Sierra vint la voir.

« - Alors miss casse-cou, comment va, plaisanta la jeune femme.

« - Super ! Dès que je sors, je compte sauter du haut d'un avion sans parachute, tu m'arranges ça ?

« - Ouais d'accord. Par contre, j'ignore si je trouverais un pilote, donc au pire l'avion ne décollera pas.

Vers seize heure on emmena la jeune femme faire des examens, afin de comprendre d'où pouvez provenir ses douleurs oculaires. Lorsqu'elle réintégra sa chambre, sans connaître les résultats, ses parents rejoignirent le médecin dans le couloir, la laissant seule avec sa meilleure amie. Elles s'amusèrent à imaginer la réaction de Dorine si c'était elle, qui était ici, le visage entaillé à plusieurs endroits, et le nez refait.

Cependant dans le couloir, l'ambiance était moins joyeuse.

« - Suivez-moi dans mon bureau s'il vous plait, nous allons en discuter tranquillement !

Ils marchèrent quelques minutes pour rejoindre le bureau et Connie s'inquiétait, imaginant déjà le pire. Elle se rassura en se répétant que sa fille allait bien, qu'elle était solide.

« Elle est comme avant, » se disait-elle en boucle comme un mantra qui les préserverait d'un quelconque malheur.

Ils s'assirent face au médecin, qui posa les résultats sur son bureau, en soupirant. Croisant ses mains dessus, il observa le couple qu'il avait devant lui. Ils semblaient être une famille unie. « Tant mieux, elle va avoir besoin de soutien et d'amour, songea-t-il. »

« - Bien ! Ce matin, votre fille s'est plainte de douleurs oculaires et afin de la rassurer, nous avons effectué quelques examens de routines. Seulement, contrairement à ce qu'elle pense, ces douleurs n'étaient pas anodines ! Les examens nous ont révélés qu'elle souffrait de cécité ! Temporaire, rassurez-vous, s'empressa t-il d'ajouter.

Connie n'en écouta pas d'avantage. Sa fille allait être temporairement aveugle. Se concentrant, à nouveau, sur la conversation, elle lui demanda combien de temps, sa cécité allait durer.

« - Et bien, ça peut durer quelques heures plusieurs jours on ne peut jamais vraiment savoir ! Le tout c'est qu'elle garde le moral ! Il n'y a aucune lésion grave au cerveau, donc cette cécité est plus psychologique, que neurologique ! Il faudra juste qu'elle ait en quelque sorte envie de voir, à nouveau ! Elle aura besoin de soutien que ce soit de vous ou de quelqu'un d'autre.

« - Et il n'y a rien qui pourrait l'aider, l'interrogea-t-elle.

« - Non. Je suis désolé, le seul remède sera sa volonté. Elle ne devra pas baisser les bras.

« - Et c'est tout ?

« - C'est tout madame Torrès, je le crains ! Maintenant, nous devons le lui annoncer. Préférez-vous le faire ou voulez-vous que je m'en charge ? Cependant sans vouloir vous forcer la main je souhaiterais le faire. Tout d'abord parce que vu votre émotivité le fait que ce soit vous ne serait pas une bonne chose Madame Torrès. Quand à vous Mr Torrès, avec tout le respect que je vous dois, je ne vous vois pas le faire. Cependant, vous êtes ses parents, et vous saurez peut-être trouver les mots justes pour ne pas l'inquiéter.

« - Non nous comprenons Docteur, vous avez raison, dit Connie en regardant son mari, faites le ce ne sera que mieux.

« -Allons-y donc finit le Médecin

Ils hochèrent la tête et quittèrent le bureau, pour rejoindre la chambre cent dix-huit, puisqu'elle avait été transférée la veille des urgences à la neurologie, à cause de sa blessure crânienne. Lorsqu'ils arrivèrent, elles riaient d'une blague que Sierra venait de raconter.

« - Alors, j'ai rien, c'est bon, demanda la jeune femme.

« - Et bien ce n'est pas tout à fait exact jeune fille, j'en ai peur.

« - Euh oui je veux bien vous croire. Je suis séquestrée, et on m'a bandé les yeux, pour m'empêcher de partir, argua-t-elle, donc y'a quelque chose. D'ailleurs, en parlant du bandage, pourquoi il descend jusque sur mon visage si je me suis blessée qu'à la tête ? Parce qu'on ne m'a pas dit grand-chose au final.

« - Quand tu es tombée, beaucoup de graviers sont passés sous vos paupières, et on a dut te mettre une grande quantité de collyres pour nettoyer et désinfecter vos yeux ! Le bandage était une protection supplémentaire !

« - Bien, mais maintenant on peut me les enlever, non ?

« - C'est plus compliqué de que ça ma puce, déclara Connie avec douceur en lui caressant la joue.

« - Les examens ont démontré que la douleur que tu as ressenti au niveau de tes yeux, cette nuit, n'est pas normal !

« - Et j'ai quoi alors ?

« - Tu as une cécité temporaire jeune fille, annonça t'il en douceur.

« - Temporaire comment ? Deux jours, une semaine, demanda-t-elle en s'inquiétant légèrement.

« - Tout va dépendre de toi, Mitchie ! Tu peux retrouver la vue dans quelques heures comme dans plusieurs mois ! Ta cécité étant psychologique, il n'y a qu'avec ta volonté qu'elle cessera. Mais vu que tu sembles pressée de revoir, je pense que ça ne durera pas !

« - Enlevez-les-moi ! Enlevez mes bandages, je veux voir, dit-elle en commençant à chercher elle-même à les enlever.

Son père l'en empêcha et les deux femmes la regardèrent, inquiète de sa réaction. Loin d'avoir dit son dernier mot, Mitchie tenta de se soustraire des mains de son père pour les enlever, paniquant à l'idée de ne jamais revoir. Elle avait toujours aimé regarder la vie, les enfants qui jouaient, le vent qui secouait les arbres, ou simplement les lycéens qui marchaient dans les couloirs. A présent, ça lui était interdit à cause d'un ami de sa cousine. Elle finit par se calmer et remonta ses genoux contre sa poitrine pour pleurer. Se promettant de leur faire payer, sitôt qu'elle verrait à nouveau. La jeune femme serra les poings, enfonçant ses ongles dans sa peau. « Je te déteste Dorine, pire je te hais ! Tu vas me payer cette hospitalisation, et cette cécité ! Crois-moi, j'ignore encore comment je vais te le faire payer, mais tu n'y échapperas pas ! Foi de Mitchie Torrès, pensa-t-elle avec rage. »

Des larmes, qui étaient plus du à sa rage qu'à sa tristesse, coulèrent de ses yeux humidifiant d'abord ses bandages, avant de couler sur ses joues. Les voyant, Connie, la prit contre son sein, et lui caressa le visage, lui chuchotant que ça ne durerait pas, et que bientôt elle verrait à nouveau. Son père lui caressant lentement le dos pour l'apaiser. Elle était certaine que sa fille allait se battre contre ce léger handicap, et se promit de l'aider au maximum. Elle avait éduquée une battante quoi qu'en dise les autres, et elle avait confiance en la volonté de sa fille. Le médecin partit sans un mot, après lui avoir dit qu'elle pourrait partir le lendemain.

Le reste de la journée passa rapidement. A dix-huit heures trente, montre en main, une infirmière déposa un plateau devant elle, mais elle refusa de manger, arguant qu'elle n'avait pas faim. Quand elle revint le chercher un peu plus tard, Mitchie était allongée dans son lit semblant dormir, aussi elle ferma la porte, et la jeune femme soupira. Depuis qu'on lui avait annoncé, qu'elle ne verrait plus même, lorsque ses bandages seraient enlevés, elle imaginait toutes sortes de vengeances. Pousser sa cousine du haut de la falaise, réduire ses cours en bouilli, piéger son casier, toutes sortes d'idée lui vinrent en tête, mais elle les refusa toutes. Elles n'étaient pas à la hauteur de la douleur qu'elle ressentait. A ces yeux, Dorine lui avait tout pris. Le cœur de Preston, dont elle ne verrait plus le visage, et à présent sa vue. Elle ne verrait pas les gens vieillir, et devrait se contenter de ses souvenirs. Quoi qu'en dise le médecin.

Le lendemain, après un petit-déjeuner, qu'on la força à avaler, elle alla se laver, une nouvelle fois seule et s'habilla. Ses parents devaient venir la chercher à quatorze heures. Elle mit son jeans avec un haut qui tombait sur ses hanches.

« Je ne sais même pas si je suis bien habillée, pesta-t-elle. »

Elle ne mit pas ses chaussures pour le moment. L'aide soignante, l'aida à s'asseoir son lit, et l'observa quelques instants. Assise en tailleur, sur le lit blanc, elle semblait regarder droit devant elle.

L'infirmière entra peu après et changea ses pansements. Elle devrait les garder quelques jours encore. Une semaine selon le docteur Stanley, puis elle reviendrait faire constater la cicatrisation. Et si tout allait bien, on lui enlèverait ses points de suture une semaine après.

Quand ses parents arrivèrent, ils l'embrassèrent et son père ramassa ses effets, tandis que Connie sourit en voyant les chaussures que Sierra avait apporté. Sans un mot, elle les lui tendit, et la jeune femme les tâta avant de tourner vivement la tête vers elle.

« - Des escarpins (Nda : La miss N. J'ai gagné, cap !!), demanda-t-elle surprise. Non, c'est mort ! Je refuse !

« - Ma chérie, tu n'as pas d'autre chaussures ici !

« - Et bien tant pis, je marcherais pieds nus ! Ou en tong, mais hors de question que j'en remette. La dernière fois, je te rappelle qu'au bout de dix pas je me suis tordue la cheville et je suis tombée. ça m'avait valut, en plus de m'être ridiculisée devant toute la famille, un plâtre à la cheville. Donc non merci ! Sierra ne perd rien pour attendre.

« - Rassure-toi, personne ne t'attends à la maison, pour se moquer si tu tombes, tu verras !

« - Non, je verrais pas justement, argua-t-elle en colère. Parce que j'ai ces affreux bandages qui cachent mes yeux, et que même sans eux, ça ne changerait rien, puisque je suis aveugle, finit-elle en hurlant.

Il y eut un léger silence, puis rageusement, elle enfila quand même ses chaussures, sachant qu'elle n'aurait pas le choix. Cherchant à imaginer si elle était bien habillée, elle se demanda de quelles couleurs était sa tunique ainsi que les pièges qu'elle avait aux pieds. Y renonçant, elle se rappela que les chaussures se mettaient aussi bien avec une jupe qu'un slim. Doucement donc, elle se leva de son lit, posant les pieds au sol. Seulement, elle avait l'impression d'être en équilibre, et elle détestait ça. Connie lui prit la main, et elles quittèrent la chambre.

Durant le trajet jusqu'à chez elle, Mitchie n'ouvrit pas la bouche ne serait-ce que pour demander de la musique, comme à son habitude. Au contraire, elle fixa le paysage sans le voir, le visage vide d'expression. Une nouvelle fois, sa mère l'aida à rejoindre sa chambre, et elle enleva ses chaussures sitôt qu'elle fut dans l'entrée, pour mettre ses chaussons. Une fois sur son lit, elle se rassit les yeux dans le vague, ou du moins c'était l'impression qu'elle en avait. Supposant, qu'elle avait besoin de repos, ses parents la laissèrent seule, lui rappelant de les prévenir si elle voulait quelque chose. Elle acquiesça doucement, et une fois seule, écouta les bruits de la maison. Elle semblait percevoir les choses différemment Elle nota notamment que sa mère avait une démarche pour légère que son père. C'était ainsi qu'elle les différencierait à présent. Elle ne verrait plus, ni leurs sourires, ni la joie qui illuminait leurs yeux, certains soirs. Seul un tableau noir, où rien ne s'inscrirait. Elle eut envie d'écouter de la musique, mais elle ignorait où était son ipod.

« Dans mon sac, se souvint-elle, qui lui est quelque part au Texas ! »

Soupirant, elle prit la télécommande de sa chaîne qui était sur son chevet et enclencha le cd qu'elle avait mit dedans, peu de temps avant d'aller à la plage. Seulement, c'était un cd de rock, un petit mélange entre the cure, muse et d'autre groupes du même genre. Par contre c'était en total contradiction avec l'humeur du jour. Ne pouvant le changer sans aide, elle l'éteignit, sans plus de cérémonie et s'allongea avec précaution. Une fois sous ses couvertures, elle ramena ses genoux contre sa poitrine, et se cacha repliée sur elle-même.

A plusieurs reprises, Connie se retint d'aller voir comment elle allait. Il n'émanait aucun son provenant de sa chambre.

« Une première, soupira-t-elle tristement. Habituellement, il y a toujours un fond musical ! » A dix-sept heures, elle ne tint plus et monta doucement. Ouvrant la porte, elle nota que sa fille s'était endormie.

***

Et bien voilà c'est tout pour aujourd'hui, on vous donne rendez-vous après les fêtes pour cette Histoire, les histoires de TTW étant elle toujours active pendant celle-ci (du moins je pense)

Bonne fête à vous

C. et TTW