Blabla de l'auteur : Voilà enfin le nouveau chapitre. Je suis absolument désolée pour l'énorme retard mais j'ai eu beaucoup de problème et ça ne s'arrange pas Anyway…
Merci à Newness(merci pour ta review comme d'hab ça me fait toujours plaisir vue ce que je t'oblige à faire en plus pour la mettre… !), Frediie(et bien oui ça surprend et je peux te dire que ça va pas aller en s'arrangeant comme tu vas le voir… J'espère que ça va te plaire en tout cas… pour la rencontre va falloir attendre encore un peu !), Miss Tagada(tu triches je connais déjà ton avis et tu connais l'histoire, forcément tu l'as écrite avec moi lol, anyway t'étais donc pas obligée), juju88480(Et bien t'étais impatiente donc désolée de t'avoir fait attendre- après et bien la vue, ça va être dur mais je ne peux t'en dire plus.. secret.. en tout cas merci) et enfin Lady Hope(et bien effectivement c'est le père de Shane, très perspicace ! Quand au tous pour un ils seront dans l'histoire mais à leur manière comme tu le verras.. merci à toi en tout cas)… J'espère que vous aimerez ce nouveau chapitre assez… musclé je dirai !
***********
La citation du jour : "I'm pretty, but I'm not beautiful. I'm sin, but I'm not the devil. I'm good, but I'm not an angel." -Marilyn Monroe
Disclamer : Rien ne nous appartient, tout est à celui qui a eu la brillante idée de cet univers, soit Disney ! Nous, on emprunte, pour un petit temps, et promis, on remettra tout en place à la fin !
***********
Le lendemain, Mitchie tenta, sans succès, d'ouvrir les yeux, seulement son bandage l'en empêchait. Elle s'y résigna donc. Il était là pour protéger ses yeux, ça elle le savait mais ça restait frustrant. Aussi, elle finit par s'asseoir simplement sur son lit, les mains posées sur ses chevilles, fixant, sans le voir, le mur face à son lit. Elle aurait pu appeler sa mère mais elle refusait de se faire aider. Une envie naturelle l'obligea à quitter son lit, l'effrayant au possible. Seulement, elle dut s'y résoudre. Inspirant un bon coup, elle tâta autour d'elle afin de trouver le bord de son lit et y plaça ses mains. Se faisant glisser doucement, elle finit par poser un pied au sol, puis l'autre avant de se lever.
« Maigre victoire, songea-t-elle. Comme grimper cette fichue falaise ! J'aurais mieux fait de me casser la jambe, quand l'idée m'est venue ! »
Seulement, malgré son ressentiment, elle était plutôt fière d'elle. Seul, son envie de sourire avait disparue. Etant aveugle, elle ne voyait plus l'utilité de sourire pensant, à tord, que personne ne verrait le changement. Traînant les pieds, de peur de marcher sur quelque chose, elle marcha jusqu'à la porte, les bras tendus devant elle, pour sentir les obstacles. Elle finit par arriver à la porte de sa chambre et s'énerva contre elle-même. Elle connaissait sa chambre pourtant par cœur, et à moins que sa mère ait tout changé de place, elle savait que rien ne traînait au sol. Elle s'était même souvent amusée à déambuler dans celle-ci les yeux clos.
« C'est pas la même chose ! Quand je faisais ça, je pouvais rouvrir les yeux à tout moment, si je doutais ! Alors que là, rien, cria-t-elle in petto. »
Plus en colère contre elle-même que contre son handicap temporaire, elle ouvrit la porte et continua sa progression, pressée d'arriver enfin à destination.
« - Mitchie, ma chérie ! Attend, je vais t'aider, décréta sa mère qui montait avant de lui prendre les poignets.
Face à elle, elle demanda à sa fille où elle souhaitait se rendre, puis l'aida à y parvenir rapidement. La laissant face à la porte, elle lui demanda de la prévenir quand elle voudrait sortir, puis redescendit à la cuisine. Seulement, au bout de quelques minutes, elle fronça les sourcils en n'entendant rien. Sauf, un pas traînant qui rejoignait la chambre de Mitchie. Soupirant doucement, elle termina son petit-déjeuner, puis le lui monta. Connie se doutait bien que cette nouvelle vie était difficile pour sa fille. Pourtant, elle était certaine que cette dépendance par rapport aux autres allait vite énerver la jeune femme qui allait donc s'employer à recouvrer la vue rapidement. Aussi, elle entra, le plateau dans les mains, dans la chambre de sa fille et lui annonça le menu, d'une voix gaie.
« - Merci mais je vois rien, tu sais, pas la peine de me dire ce qu'il y a, fit Mitchie d'une voix morne.
« - Raison de plus pour te dire ce que tu as devant toi !
« - Ce sont mes yeux qui sont fichus, pas mes papilles gustatives, fit-elle sur la défensive.
Connie se sentit blessée par le ton employé par la jeune femme, mais décida de ne rien montrer pour le moment, et lui proposa de mettre de la musique. Seulement, la jeune femme n'avait envie de rien. Juste de silence, précisa-t-elle, s'imaginant bien fusiller sa mère des yeux. Elle ne comprenait pas que sa fille paraisse si déprimée.
« Ce doit être le retour de l'hôpital, pensa-t-elle. D'ici demain, elle va se reprendre, je la connais ! Et je l'aiderais. »
Avant de redescendre, elle la prévint qu'elle avait mis son sac de plage, près de son chevet, et lui lista ce qu'il contenait. Elle lui précisa aussi que Dorine ou Sierra passerait dans la journée pour lui apporter ses cours.
« - Je veux voir personne ! Enfin, entendre serait plus approprié, grimaça-t-elle. De toute façon ça ne sert à rien qu'ils m'apportent leurs devoirs, cours et autres idioties. Je ne peux pas les lire !
« - C'est temporaire, ma chérie et tu le sais. D'ici quelques jours, tu verras de nouveau. Il faut juste que tu le veuilles, fit Connie d'une voix douce.
« - Parce que tu crois que je ne le veux pas peut-être ? Mais il y a ces bandages débiles, et même sans eux ça changerait rien de toute façon. Je ne vois plus rien, je ne fais qu'entendre ! Entendre ton pas plus léger que celui de papa… Entendre vos mots, et imaginer vos sourires, parce qu'à cause des crétins avec qui traîne cette garce de Dorine, j'ai eu assez de sable et de graviers dans les yeux, pour remplir une plage, s'énerva-t-elle.
« - Ne parle pas comme ça de ta cousine ! Elle était très inquiète pour toi !
« - N'importe quoi, soupira-t-elle. Je vais te dire, le seul truc qui peut inquiéter cette mijaurée c'est de se casser un ongle ou de ne pas pouvoir se pavaner comme un paon devant Preston parce qu'elle va se sentir obligée de venir me rendre visite, avant de s'en plaindre à qui voudra l'entendre. "Désolée Preston, mais je peux pas rentrer avec toi, dans ta belle décapotable rouge et ostentatoire, parce que je dois aller voir mon idiote de cousine qui est aveugle", fit-elle en imitant approximativement la voix de sa cousine.
« - Tu es injuste avec elle, la réprimanda-t-elle.
« - Moi injuste ? Tu rigoles j'espère ? Je ne suis pas injuste, juste réaliste ! Tu crois peut-être qu'on s'entend bien mais ce n'est pas le cas ! Trop diva enrhumée et mal dans sa peau pour qu'on traîne ensemble. Mais je vais te dire ce qui est injuste… C'est mon accident, cette vie pourrie, mon nouvel handicap et tout ce qui en découle. Ça c'est injuste ! Parce que je n'ai jamais fait de mal à personne. Je me contente d'évoluer dans cette société mal faite, en espérant comprendre ce que je fais sur cette terre. Et le tout sans ennuyer mon monde, sans me plaindre, ou rechigner et c'est à moi qu'arrive les problèmes alors que Mademoiselle-J'ai-Grillé-Mon-Dernier-Neurone-Dans-Ma-Dernière-Teinture, a la belle vie. Voilà, ce qui est injuste !
Sur ces mots, elle voulut se tourner pour signifier à sa mère qu'elle ne voulait plus la voir, mais en oublia son plateau repas qui se renversa, la faisant pousser un juron à faire rougir un routier. Connie la regarda interdite puis secoua la tête et nettoya tout. Elle ignorait complètement que les deux jeunes femmes ne s'entendaient pas. Durant les fêtes de familles, elles semblaient s'entendre à merveille. Intimant à sa fille de ne pas bouger, elle remit les reliques du repas sur le plateau et partit chercher de nouveaux draps, pour sa fille. Lorsqu'elle revint, elle l'aida à se lever, la fit asseoir près de son bureau avant de changer le lit.
Pendant ce temps, Mitchie tâta son bureau et prit un livre. Idiot me direz-vous. Surement… mais elle voulait sentir les pages glisser entre ses doigts. Quand sa mère lui donna le feu vert, elle se leva et revint s'asseoir sur son lit. Il était son nouveau monde. Une bulle rassurante faite de coton et parfumé de muguet. Elle se réinstalla dans les couvertures puis prit son sac en tâtant son chevet. Aussitôt Connie le prit et lui demanda ce qu'elle voulait.
« - Que tu me laisses faire ! Je suis capable de prendre mon sac !
Son ton était agressif et la mère soupira.
« - Ecoute Mitchie ce que tu vis est peut-être dur mais en aucun cas, j'accepte que tu me parles sur ce ton. Alors maintenant excuse-toi !
« - Et pourquoi faire ? C'est pas comme si j'allais voir ton sourire ou tes yeux s'adoucir, quand tu m'entendras dire pardon !
« - Par respect Mitchie ! Tu ne verras pas mon sourire, mais tu l'entendras et puis la preuve tu sais que mes yeux vont s'adoucir, tu viens de le dire.
La jeune femme grogna pendant quelques secondes puis demanda son sac, qui était toujours dans les mains de sa mère. Seulement, celle-ci refusa de le lui rendre tant qu'elle ne se serait pas excusée, ce qui augmenta la colère de la jeune femme. Elle détestait être prise pour un enfant, et là, on s'occupait d'elle comme d'une petite fille de cinq ans.
« - Très bien, excuse-moi, grogna-t-elle après un silence pesant.
« - Imaginons quelques secondes que tu le redises en le pensant, décida Connie, ça donnerait quoi ?
Soupirant, la jeune femme se mordit la lèvre, avant de lever la tête, s'imaginant fixer les yeux de sa mère.
« - Pardon, fit-elle penaude. Je suis désolée. Vraiment… !
La sentant sincère, Connie sourit avant de rire doucement.
« - Ta voix me fait penser à celle d'une enfant qu'on viendrait de prendre la main dans le bocal de friandises, répondit-elle quand sa fille lui demanda ce qu'elle avait à rire.
Malgré sa frustration qui allait crescendo, elle sourit à sa mère, voulant lui faire croire qu'elle allait mieux. Cela du fonctionner puisque presque aussitôt elle eut son sac dans les mains. Remerciant sa mère, elle fouilla dedans et prit son ipod avant de le mettre sur ses oreilles, pour écouter sa playlist. Cependant, elle entendit sa mère la prévenir qu'elle allait lui ramener un autre repas.
« - Pas la peine, j'ai pas faim, de toute façon !
« - Mitchie, le petit-déjeuner est …
« - Il est quelle heure, la coupa-t-elle sans ménagement et avec humeur.
« - Onze heures trente-huit !
« - Cool ! L'heure du petit-déjeuner est passée !
Sur ces mots, elle augmenta le son et n'entendit pas sa mère fermer la porte ni soupirer de découragement. La joute verbale qui venait de se passer, lui laissait un goût amer dans la bouche. Elle rejoignit la cuisine et posa le plateau avant de soupirer bruyamment. Espérant que ce ne soit que temporaire. Elle commença à s'attaquer au repas du midi avant de reprendre son ménage.
La journée passa rapidement et lorsqu'à quinze heures Sierra frappa à la porte, Connie l'accueillit en souriant.
« - Comment s'est passée la journée ?
« - Moyen dirons-nous ! Les profs ont demandé où été Mitchie, surtout le prof de littérature vu qu'elle est incollable dans cette matière. Et Dorine n'a même pas posé une seule question sur son absence. Mais j'imagine qu'elle passera … Quand elle aura le temps ! Mitchie est en haut ?
Connie se contenta d'acquiescer et la jeune femme monta en souriant. Elle n'avait pas dit complètement la vérité à la mère de sa meilleure amie, songeant que celle-ci n'apprécierait peut-être pas d'entendre que Dorine se réjouissait de l'absence de Mitchie, décrétant qu'elle faisait sûrement l'école buissonnière, afin de prouver quelque chose.
« Quand je pense que cette garce est sa cousine germaine, j'ai honte pour Mitchie. Avec un tel boulet, elle est vraiment pas gâtée, pensa-t-elle. »
Soupirant, elle secoua la tête, pour oublier cette histoire et frappa à la porte. Seulement, elle n'obtint aucune réponse. Fronçant les sourcils, elle entrebâilla la porte et demanda si la jeune femme était présentable. Toujours aucun bruit, si ce n'est un léger grésillement. Soupirant, elle entra et trouva son amie assise en tailleur sur son lit, les bras croisés sur sa poitrine, la tête bougeant au rythme d'une musique. S'avançant rapidement, elle lui enleva un écouteur.
« - Hey ! Qui va là ? demanda-t-elle sur la défensive.
« - Relax ma poule, c'est Sierra ! Tu nous le sors d'où ton « qui va là » ? D'un bouquin de chevalerie ?
« - Non ! Qu'est-ce que tu veux ?
« - Et bé, quel accueil ! Rassure-moi, si c'était Dorine, tu serais encore plus sèche non ?
La brunette se contenta de s'imaginer la regarder froidement, incapable de faire plus, puis réitéra sa question, le plus glacialement possible. Si Sierra en fut peinée, elle ne montra rien, et lui déballa tout ce qu'elle lui avait apporté. Seulement, rien ne retint son attention, pire, elle refusa même d'entendre parler du cours de littérature.
Sierra resta une petite heure mais ne réussissant pas à faire la conversation, elle soupira et se leva du lit.
« - Bon je file, j'ai encore mes devoirs à faire ! A demain !
« - C'est ça !
Sur cette phrase, aussi froide que le pôle nord, Mitchie remit son second écouteur, se coupant une nouvelle fois du monde qui l'entourait. La lycéenne rejoignit Connie au salon.
« - Elle est un peu sur la défensive, non ?
« - Oh oui ! Un vrai calvaire. Mais c'est temporaire, je pense. Le temps qu'elle s'habitue à sa nouvelle condition.
« - Si vous le dites… Bon je file, j'ai cours demain et donc pleins de travail
Elle partit donc après un dernier au revoir à la mère de Mitchie. Connie, quand à elle, espérait un changement d'attitude quand son mari reviendrait, seulement rien ne changea si ce n'est que Mitchie était couchée, refusant de manger. Vivement qu'on lui enlève ses bandages, se dit-elle finalement.
****
Seulement, quand elles sortirent de l'hôpital, la jeune femme libre de tout bandage, ne desserra pas les dents pour autant. Il semblait à Connie que le médecin avait remarqué son attitude réfractaire, mais il n'en avait dit mot.
« Ce doit vraiment être normal, supposa-t-elle. Je me demande si ça va continuer encore longtemps. »
Elle coupa son raisonnement en arrivant près de la voiture et aida sa fille à y monter. Elle n'avait plus aucun bandage à présent, mais ses paupières restaient closes. Pourtant, elle avait manifesté le désir de les ouvrir, mais quand celle-ci s'étaient soulevées, un blanc laiteux vierges de toutes pupilles était apparu. Elle avait alors aussitôt refermé les paupières se plaignant de douleurs. Tout en conduisant, elle se demanda combien de temps allait encore durer cette cécité temporaire, qui durait déjà depuis une semaine. Seulement le médecin restait sur son affirmation de départ. Il n'y avait aucune lésions du nerf optique ni de traumatismes crâniens. Tout était donc psychologique.
Connie pesta, quand sa fille fut dans sa chambre. A présent, elle ne la quittait plus. Sauf pour les repas et pour les règles de bases de l'hygiène. Bien sûr, elle refusait de marcher avec une canne et ressemblait à un zombie à marcher les bras en avant, mais elle ne voulait aucune aide. Selon elle, elle allait devoir apprendre à se débrouiller seule puisque rien ne changeait.
De l'autre côté de la ville, Scott Gray referma la porte sur le père de famille qu'il venait de rencontrer.
« - Alors, un cas intéressant, demanda son fils en arrivant dans la salle à manger.
« - Non. Monsieur Bennet a un enfant qui se passionne pour le cinéma. Pas vraiment mon domaine ! Et toi, du nouveau avec Nate et Jason ?
« - Ouais, on a écrit une nouvelle chanson, mais elle n'est pas encore au point. Je te ferais écouter ça quand elle sera finie !
Le musicothérapeute acquiesça les yeux dans le vague. Il repensait beaucoup à l'accident dont il avait été témoins huit jours plut tôt. Son fils lui parla du texte sur lequel, ils butaient tous les trois, mais remarqua vite qu'il n'était pas écouté. Secouant la tête, il arrêta de ranger les papiers étalés sur la table, et fixa son père.
« - Excuse-moi, j'étais ailleurs, fit celui-ci après quelque minutes de silence.
« - Non, pas grave, soupira Shane. Tu pensais à quoi ?
« - A cette jeune femme que j'ai sauvé l'autre jour, sur la plage.
« - Ah bon ? J'étais pas au courant. Elle a eu quoi, un malaise ?
« - Non, j'ai pas tout compris mais elle est montée en haut de la falaise nord, et elle a été bousculée. Elle a dégringolé jusqu'en bas, quasiment !
« - Et bé ! Sacrée chute. Mais pourquoi elle est montée ?
« - Là, tu me poses une colle. L'ennui c'est qu'elle risque d'avoir des séquelles comme tu t'en doute et j'aimerais avoir de ses nouvelles !
« - Va la voir, proposa Shane en haussant les épaules.
« - J'y ai pensé, mais elle a quitté l'hôpital et on refuse de me donner son adresse, ce qui est logique. J'ai plus qu'à espérer qu'elle aille bien.
« - Ouais ! Enfin quelque chose me dit qu'elle va pas remettre les pieds à la plage de si tôt.
« - Elle n'est pas aussi trouillarde que toi, tu sais, se moqua Scott.
« - Je n'ai pas peur de la plage, se défendit-il. Je n'aime pas, c'est tout !
Scott regarda son fils fuir la conversation et se demanda d'où lui venait ce dégoût de la plage. La plupart des adolescents de cette ville y passait leurs temps les jours d'été, lui refusait quasiment d'y mettre plus qu'un pied par an. Seulement, il avait eu beau interroger son fils, celui-ci se murait toujours dans un drôle de silence se concentrant uniquement sur ce qu'il faisait.
« Il faudrait que je comprenne un jour, d'où lui vient cette peur, songea-t-il en le voyant tout ranger. »
Il l'aida à faire de la place, puis ils mangèrent en silence comme souvent. L'un comme l'autre plongé dans leurs pensées, ils n'eurent pas conscience de l'ambiance froide que propageait leur manque de conversation.
Quand il eut fini, Shane remonta dans sa chambre, et prit sa guitare pour oublier ses pensées. Il détestait penser à ses faiblesses, préférant les oublier, et ce soir ne ferait pas exception.
**********
« - Bon Mitchie, ça suffit à présent, sors de ta chambre, soupira Connie en entrant dans la pièce. Tu vas te réhabituer au monde. Les oiseaux chantent, le soleil brille, et c'est fascinant, les gens vivent ! Ta retraite est terminée, l'ermite !
« - Je suis très bien dans ma chambre ! Au moins, je ne risque pas de me faire mal ! Je n'ai aucun obstacle à éviter et aucun danger à redouter ! Rien ne peut me blesser, et c'est parfait !
Sans se laisser convaincre, Connie lui prit la main et tenta de la sortir de son lit, mais la jeune femme y mettait toute sa mauvaise volonté. Elle avait réussie à décourager Sierra de lui rendre visite, quant à Dorine, elle n'était jamais venue s'enquérir de sa santé.
« Ainsi va le monde ! Il vit et tourne sans moi, songea-t-elle. »
Comme chaque fois qu'elle était déprimée, elle voulait écrire une chanson, mais n'arrivait plus à composer. Elle n'osait même plus toucher à sa guitare ou son synthé. Non qu'elle ait peur de faire des fausses notes, simplement, ils lui rappelaient son ancienne vie. Et, la jeune femme ne voulait pas s'en rappeler. Elle n'était pas si lointaine Mais pour l'instant cette époque n'était plus d'actualité.
Cela faisait maintenant presque un mois qu'elle avait perdue la vue. Elle ne voyait plus personne, refusait de parler, se renfermant dans son monde un peu plus jour après jour. Elle passait ses journées allongées dans son lit, rêvant à une autre vie. Une vie sans sa cousine, où Preston s'inquièterait de ne plus la voir. Mais la réalité était bien toute autre.
« - Allez, lève-toi Mitchie !
« - Pourquoi faire ? Aller dans le salon ? Oh chouette alors quel changement de décor, ironisa-t-elle.
« - Non ! Nous allons chez ta grand-mère et tu viens. Je refuse de te laisser seule à la maison.
« - Pourquoi donc ? Je suis déjà restée seule, je te signale. J'ai plus cinq ans je te rappelle. De toute façon, je n'ai aucune envie de les sentir tous se mettre à genoux devant une aveugle, en me prenant en pitié et j'ai encore moins envie les entendre me demander si c'est pas trop dur !
« - Je me moque complètement de ton avis, s'énerva Connie. Je te l'ai dit, tu viens avec nous ! Alors sois tu fais un effort et tu viens de toi-même dans la voiture, sois je vais chercher ton père qui t'emmènera de force dedans !
« - C'est honteux ! J'ai envie de rester seule, c'est pas compliqué à comprendre ! Je ne veux pas respirer l'odeur des fleurs sans savoir d'où elles vient, ni entendre la vie sans la voir. Je veux rester dans mon lit !
« - Bon maintenant Mitchie ça suffit, décréta Steve en entrant. Connie, va chercher ses chaussures. Puisqu'elle refuse de descendre elle-même, on va utiliser la force, fit-il calmement mais avec fermeté.
Sachant que contre son père, elle n'aurait pas gain de cause, elle les laissa lui mettre ses bottes, dont elle ignorait la couleur, puis la porter jusqu'à la banquette arrière. Fort heureusement, elle avait eu le temps de prendre son ipod et ses lunettes. Elle ne prenait plus rien d'autre avec elle. Son portable était éteint depuis des jours.
Durant le trajet, elle se contenta de mettre ses lunettes et de tourner le visage de manière à ne pas sentir le soleil sur sa peau.
Au bout d'une demi-heure, ils arrivèrent chez sa grand-mère et son père lui ouvrit la porte avant de lui demander de sortir. Soupirant, à s'en fendre l'âme, elle obtempéra mais s'arrêta en entendant plusieurs personnes rire.
« - Y a qui ? demanda-t-elle sur la défensive.
« - Jack Alice et leurs enfants ! Ainsi que Ramon et June !
« - Génial, grimaça-t-elle, si June est là, j'imagines que l'autre poupée barbie doit traîner dans le coin à se pavaner comme un coq de bruyère lors de la saison des amours.
« - De qui elle parle, s'étonna son père.
« - Dorine, expliqua Connie avant de prendre la main de sa fille. Allez en avant.
De mauvaise grâce, elle s'extirpa de la voiture mais refusa l'aide de ses parents. Alice voulut l'aider également, mais elle l'écarta méchamment.
« - Mitchie ! On est ravie de te revoir, s'exclama June.
« - Ah ouais ? Et c'est qui que vous vouliez voir ? La Mitchie morte durant sa chute de la falaise ou la Mitchie aveugle ? Vous vouliez me voir et bien voilà. Regardez, comment je me déplace à cause de cette peste de Dorine.
Sur ces mots, elle fit quelques pas, les bras tendus en avant repoussant tous ceux qui voulaient l'aider.
« - Voilà ! Magnifique, n'est-ce pas, fit-elle mauvaise, et bien le spectacle est terminé !
Sur ces mots, elle mit ses écouteurs et régla la musique au maximum, occultant complètement le reste de sa famille. Elle se laissa guider par son père, jusqu'au salon où il l'aida à s'asseoir sur le fauteuil. Fauteuil, qu'elle ne quitta pas un seul instant, refusant de boire, ou de faire un geste. Elle prit seulement le soin de remonter ses jambes contre son corps pour éviter qu'on les frappe et posa son visage dessus.
Elle resta ainsi toute l'après-midi, pendant que les adultes demandaient à ses parents comment elle prenait l'accident. Désemparée Connie leur confia qu'elle s'enfermait dans son monde et qu'ils se sentaient complètement dépassés. Elle refusait toute aide, qu'elle soit médicale ou autre. Tout ce qu'elle voulait c'était rester dans son lit à écouter sans relâche son ipod, ne s'arrêtant que pour dormir.
A la fin de son récit, Connie avait les joues humides, pensant qu'elle était une mauvaise mère du fait de ne pouvoir aider son seul enfant, lorsque celui-ci avait tant besoin d'elle.
***Voilà on espère que vous avez aimé… on attend vos réactions impatiemment…
A bientôt pour le prochain chapitre.
C. et TTW
