Blabla de l'auteur : Hey bonsoir tout le monde… Voilà je suis tout d'abord affreusement désolée pour ce gros gros retard. J'ai eu beaucoup de problèmes de santé et peu l'occasion d'avancer sur le terrain des fanfictions. Que ce soit pour cette historie ou mon autre en cours.
Je voudrais donc remercier Miss Tagada (tu triches puisque tu connais déjà tout mais voilà, enfin le prochain, trust in you )), Frediie (Merci pour tes encouragements, en effet c'est difficile pour elle et ca ne va s'arranger de suite !), Lady Hope (ah sacré bug. Merci ravie de savoir qu'on est dans le bon, en même temps on essaye de pas partir à coté de la plaque surtout sur des sujets comme ça. C'est de la sacrée recherche pour exprimer du vrai !), juju88480 (merci pour ta review, on espère que tu aimeras tout autant les suivant), Newness (thx to you miss, I appreciate you took the time to come and post a review. Can't wait to read some of your chapter asa you'll have some time, xoxo), felichoux (pour répondre à ta question, c'est bien moi qui vais poster la suite. Je ne peux en revanche pas te dire quand. Je suis occupée sur celle la et 3 autres pour le moment avec la même auteur. Je te tiendrai bien évidemment au courant et j'espère pouvoir ne pas trop te faire attendre. A++), MiniMagiCcOlOurs(Ravie de t'avoir satisfaite jusque là. J'espère que tu t'éclateras tout autant avec la suite. Merci à toi), fd (et bien merci), Miss Lizzie (Ravie que la story te plaise.. et bien les réponses à tes questions arrivent bientôt^^. ++), perséejackson (une suite ! et bien je ne sais pas pout tout te dire… Je vais en parler avec ma chère co-auteur et vous le saurez si ca doit se faire. Pour la rencontre elle arrive très bientôt).
Voilà nous vous remercions de suivre la story et je m'excuse encore pour le retard du post.
Bonne lecture
Disclamer : Rien ne nous appartient, tout est à celui qui a eu la brillante idée de cet univers, soit Disney ! Nous, on emprunte, pour un petit temps, et promis, on remettra tout en place à la fin !
Suite à leur visite, dans la famille qui s'était avérée pour le moins désastreuse, Mitchie était sure par son attitude d'avoir convaincu ses parents de ne plus l'obliger à sortir. Et pour cause ! En plus d'avoir été renfermée sur elle-même avec la musique presque à fond dans les oreilles, elle avait répondu avec agressivité aux quelques questions qu'on lui avait posées ou par monosyllabes. Aussi, quel ne fut pas son étonnement quand ses parents décidèrent de l'emmener pique niquer.
« Mais qu'est-ce qu'ils ont dans la tête ? Déjà que quand on voit clair, le parc n'est pas sûr, mais là, je vais me ridiculiser, songea-t-elle énervée. »
À ces yeux, il était donc hors de questions qu'elle ressorte de chez elle. Surtout pour aller dans un parc où chaque pas serait une épreuve ! Seulement, ses parents se passèrent de son avis une nouvelle fois, et la forcèrent à entrer dans la voiture, simplement munie de ses lunettes. Comble du tout sa mère lui confisqua son baladeur pour l'après-midi. La jeune femme l'aurait fusillée des yeux, si ça ne lui était pas impossible.
Chaque jour à son réveil, elle avait son petit crédo. La haine. Elle maudissait d'abord sa cousine, puis Preston pour ne pas s'inquiéter de son état, avant d'haïr le reste de ses camarades de lycée, en particulier celui qui l'avait bousculé ! Elle se souvenait des mots du médecin. Seule sa volonté lui ferait recouvrer la vue, mais elle avait beau essayer de toutes ses forces, ça ne fonctionnait pas. Ah il est bien gentil le médecin. Mais on fait quoi alors dans ces cas là ! Certes ses paupières se soulevaient, mais elle ne voyait pas ! Elle déprimait chaque fois plus encore. Maudissant plus que jamais la terre entière. Le démarrage de la voiture la sortit de ses pensées. Elle ne put s'empêcher de soupirer une fois encore.
« - Je t'en pris Mitchie cesse donc de soupirer ! Cette cassure dans ta routine te fera du bien.
« - C'est ça ! Ce qui me ferait du bien ça serait de rester dans ma chambre, avec ma musique ! Et non pas toutes ces épreuves ridicules !
« - Des épreuves ? Voir ta famille ou faire un pique nique est une épreuve, s'étonna sa mère. En voilà une bonne !
« - Essaie donc de te mettre à ma place ! Je ne vois pas, je ne sais jamais où je mets le pied, alors oui, sortir est une épreuve pour moi ! Mais si tu te crois si maligne, je t'en pris passe donc devant et marche les yeux fermés. On verra, si tu ne changeras pas d'avis, asséna-t-elle avec colère, ou du moins, vous verrez... Mais ce n'est plus mon cas.
Connie leva les yeux au ciel, et secoua la tête. Sa fille ne faisait aucun effort pour s'en sortir. Ils arrivèrent et l'aidèrent à sortir de la voiture. Steve prit le bras de Mitchie afin de la guider alors que sa femme prenait le panier et la couverture. Ils se dirigèrent ensuite vers une zone assez déserte. Le soleil était chaud à Galveston, et nombreuses étaient les familles qui avaient eu la même idée qu'eux. Ils s'installèrent rapidement, puis commencèrent à manger. Mitchie refusa de manger, décrétant qu'elle n'avait pas faim, une fois encore. Elle préféra de nouveau s'abîmer dans ses rêves inaccessibles. Ceux où elle revoyait... Ceux où elle se voyait gifler Dorine entourée de sa clique. Elle était d'ailleurs entrain de savourer l'expression choquée de sa cousine, quand sa mère lui ordonna de manger quelque chose, en lui mettant un sandwich de force dans la main. Revenant à elle, la jeune femme se contenta de le lâcher, répétant qu'elle n'avait pas faim.
« - Bon maintenant ça suffit, Mitchie mange, reprit Connie en soupirant.
« - Je n'ai pas faim, articula-t-elle avec lenteur comme elle le ferait avec un enfant.
« - Je ne te demande pas d'avoir faim, mais de remplir ton estomac.
« - Ecoute ta mère Mitchie, et mange !
Aussitôt, le morceau de pain revint dans sa main, et elle le jeta au loin.
« - Je n'ai pas faim !
Connie regarda son mari, qui secoua la tête. Lui non plus ne comprenait pas sa fille. Mais ça avait toujours été ainsi. Il était matériel, et n'avait jamais compris sa passion pour la musique au lieu des études. Ni le besoin qu'elle avait de flâner dans les parcs certaines fois. Il était l'opposé d'elle et pourtant il l'aimait. C'était son trésor et la voir s'amaigrir à cause d'un léger choc psychologique, lui faisait mal bien qu'il ne le montrait pas Il savait se maîtriser comme beaucoup d'homme, contrairement à sa femme, qui s'inquiétait au moindre changement ou retard de leur enfant.
« - Laisse-là, quand elle sera au bord de la crise d'hypoglycémie, elle mangera, déclara-t-il espérant la faire réagir. C'est délicieux ma chérie !
Sa femme le regarda tristement et lui fit un maigre sourire. Elle enviait la confiance dont il faisait preuve, et chercha en lui, la force de continuer à sourire au monde. Connie se sentait aussi déprimée que sa fille. Comme si elle ressentait ses émotions. C'était vraiment étrange. Bien sûr, sa fille refusait sa vie et dépérissait, mais elle savait que c'était temporaire. Elle y croyait. Elle ne pouvait pas perdre espoir. Par contre ce qui l'inquiétait plus, était cet isolement, dans lequel elle s'enfermait. Plus personne ne venait la voir. Même Sierra avait abandonné, après s'être heurtée au mur que sa fille s'était forgé. De plus, personne d'autre de son lycée n'était venu pour avoir de ses nouvelles. Pas même sa cousine. Elle prit la résolution d'appeler June le soir même afin de comprendre pourquoi sa fille ne venait pas voir Mitchie. Elle finit par soupirer et décida malgré tout ça de profiter de cette sortie.
Ils restèrent environ deux heures. Deux heures durant lesquelles Mitchie resta stoïque. Assise en tailleur, les bras croisés sur sa poitrine, elle semblait fixer l'horizon, les sourcils froncés. Donnant le top départ, Steve prit le bras de fille, et l'aida à se remettre debout, sans qu'elle ne dise un mot. Ils rangèrent le tout, puis rentèrent chez eux. Dès qu'elle fut dans l'entrée, elle enleva ses chaussures et monta dans sa chambre, bras en avant pour sentir les murs et autres obstacles. Lorsqu'elle fut à destination, elle alluma sa chaîne et mit la musique, bien plus forte que ne l'autorisait ses parents. Connie ne tarda pas à monter, et à baisser le volume, lui demandant la raison de ce vacarme.
« - Rends-moi mon ipod !
« - Non ! Tu l'as assez écouté. Bientôt ce seront tes oreilles qui n'iront pas bien si tu continues.
Sur ces mots, elle repartit, et la jeune femme remonta le volume, sans quitter son lit, grâce à la télécommande de sa chaîne, avant de rapidement la cacher sous les couvertures. Une nouvelle fois, sa mère vint baisser, et elle en profita pour lui réitérer sa demande, voulant récupérer sa musique. Seulement Connie fut encore intraitable, et la jeune femme repoussa le volume au maximum.
Ce fut son père qui vint baisser cette fois ci. Il prit soin avant de ressortir de lui prendre sa télécommande.
« - Et si on doit remonter pour baisser le son, je te confisque carrément ta chaîne, la menaça-t-il.
Elle ne dit rien, et lorsqu'elle l'entendit au rez-de-chaussée, se leva. Doucement, elle poussa son bureau, afin de bloquer sa porte, et remit le volume au maximum. C'était la guerre psychologique. Elle ne put s'empêcher d'esquisser son premier sourire depuis qu'elle se savait aveugle, quand son père tenta, sans succès d'ouvrir la porte. Cet exploit qui aurait pu paraître étonnant aux yeux des autres, ne l'était pas pour elle. Elle connaissait sa chambre et savait qu'elle n'avait qu'à pousser latéralement le meuble pour qu'il bloque l'entrée de sa chambre. Elle avait souvent utilisé ce stratagème afin d'être tranquille, quand sa tante venait.
Steve soupira en rejoignit sa femme au salon.
« - Elle a barricadé sa porte ! Impossible d'entrer. Je vais devoir passer par la fenêtre en priant pour qu'elle l'ait laissé ouverte. On ne peut pas la laisser avec le son à ce niveau !
Tout en parlant, il prit la direction du jardin et regarda en l'air avant de sourire. La jeune femme était entrain d'aérer sa chambre. Sans hésiter, et rongé par le remord de devoir employer de tels moyens pour entrer dans l'univers de sa fille, il plaça l'échelle contre la paroi. Sans bruit, il passa par la fenêtre et coupa la musique.
« - Qu'est-ce qui se passe, demanda la jeune femme.
« - Rien, j'ai débranché ! Je t'ai dit de ne pas mettre si fort !
Il remit le bureau à sa place, lui demandant de ne pas recommencer et prit sa chaîne. Seulement, maintenant qu'il la savait capable de s'enfermer, il remonta et la prévint qu'il lui enlevait, également sa porte. Aussitôt, elle se redressa et asséna qu'il n'avait pas le droit.
« - Je me moque de tes droits ! Tant que tu ne seras pas assez responsable, tu ne récupéreras pas ta porte ! Est-ce clair ?
« - C'est de l'abus ! Une atteinte à la vie privée ! Vous n'avez pas le droit !
« - As-tu compris ce que je viens de te dire ?
« - Oui, vous martyrisez une pauvre aveugle, abusant du fait que vous voyez, pour la priver elle de ce qui la rassure ! Telle qu'une porte, ou sa musique. C'est dégueulasse, cria-t-elle !
« - Ah on te martyrise maintenant ! Non jeune fille on fait ça pour ton bien. Alors réfléchies y au lieu de t'enfermer dans ton petit monde justement. Et tant que tu ne seras pas plus responsable et moins entêtée je ne te rendrais pas ta porte.
« - Pars pas les mains vides, dans ce cas. Prends aussi ma guitare, et mon synthé, et tout ce qui pourrait me servir pour faire du bruit, parce que je compte pas m'arrêter avant d'avoir eu ce que je veux !
« - Et que veux-tu ?
« - Mon ipod, asséna-t-elle.
Il haussa les sourcils et repartit, le panneau de bois, dans les mains. Il alla le placer dans un coin du garage, et rejoignit sa femme au salon. Celle-ci avait un cadre blanc dans les mains, et il sut quelle photo elle regardait. C'était celle que Jack avait pris le jour où Mitchie était entrée dans leur maison. Connie l'avait dans les bras, alors qu'il entourait la taille de sa femme, avec tendresse, souriant à ce morceau de lui.
Peu de temps après, ils sursautèrent en entendant, de nouveau, de la musique trop forte venant de la chambre de leur fille. Il commençait à en avoir marre des caprices de sa fille. Lorsqu'il entra, il nota que le bruit venait de son ordinateur portable. Soupirant, il l'observa. Mitchie s'était allongée sur son lit, le regard vers le plafond, les yeux toujours clos. Alors qu'il allait parler, il entendit la sonnette. Descendant, il ouvrit pour faire face à leurs voisins.
« - Steve, je sais que ce que vit Mitchie est dur, mais pourrait-elle baisser sa musique ? Je n'entends même plus ma télé.
« - Navré Matt ! Ecoute, je vais lui confisquer son portable, en espérant que sa suffise pour cette fois.
L'homme le remercia, puis partit. Remontant à l'étage, il ne prit pas la peine de l'éteindre. Coupant le son, il le débrancha et l'emporta sans un mot.
Il passa le reste de la soirée à se demander quelle serait la prochaine idée de sa fille, puis se tourna vers sa femme.
« - Tu devrais lui rendre sa musique. Tous ses allers-retours vont finir par me tuer !
« - Non ! Je veux qu'elle entende la vie ! Peut-être que ça la motivera pour se battre !
« - En attendant, on risque d'avoir des problèmes, si elle continue.
Connie soupira, puis supposant que son mari avait raison décida d'aller rendre l'objet à sa fille. Vers vingt heures elle monta et déposa l'ipod tant convoité sur le lit. Elle la prévint néanmoins que son prochain caprice ne passerait pas. Se contentant d'hausser les épaules, Mitchie reprit son bien, et le remit sur ses oreilles, se coupant du monde.
Quand ils montèrent se coucher, ils constatèrent qu'elle s'était endormie toute habillée. Branchant l'objet pour qu'il se recharge, Steve soupira. Sortant doucement, il rejoignit sa femme. A peine fut-il entré dans leur chambre qu'elle souffla :
« - Je n'y arrive plus ! Elle ne fait aucun effort, refuse de manger ou de faire quoi que ce soit ! C'est tout juste si elle accepte de prendre sa douche Steve. Elle dépérit… C'est mon bébé et je ne peux rien faire !
« - Ne t'inquiète pas, tout va s'arranger ! J'ai confiance !
« - Non, ça ne va pas s'arranger ! Un mois déjà qu'elle est aveugle et ça ne s'arrange pas. Il lui faut de l'aide ! Peut-être devrait-on la faire consulter par un spécialiste... ou lui faire passer de nouveaux examens ? Mais je sens que quelque chose ne va pas !
Il l'observa quelques instants, puis accepta son idée d'aller voir le médecin. Ce n'était pas la peine d'y emmener leur fille pour le moment. Quelques minutes plus tard, il fut décidé que ce serait elle qui irait voir le spécialiste pendant qu'il resterait avec leur fille.
Le lendemain, Connie prit donc rendez-vous pour le soir même, à dix-huit heures et prévint son mari, durant sa pause déjeuné. Arguant un problème familial, il s'arrangea avec son patron pour finir plus tôt et fut ainsi chez lui au moment où sa femme partait pour l'hôpital. Le long du trajet, elle se répéta ce qu'elle allait dire à l'officier de santé. Aussitôt arrivée, elle alla se présenter à l'accueil. L'interne qui était là, lui demanda de patienter le temps que le médecin termine ses visites.
Dix minutes plus tard, il arriva et l'invita à le suivre dans son bureau. Une fois assise face à lui, elle lui confia l'abattement de sa fille.
« - Ecoutez, je comprends votre inquiétude madame, mais je ne peux vraiment rien faire à mon niveau. Comme je vous l'ai dit le mois dernier, ses examens sont bons. Elle doit se sortir de là seule !
« - Mais est-ce qu'un psychologue ne pourrait pas l'aider ? Ecoutez docteur, je me moque de savoir de quel ordre est son blocage ! Ce que je vois moi, c'est que ma fille déprime et se referme sur elle même ! Elle a perdue près de cinq kilos depuis qu'elle est sortie de l'hôpital, refuse tout contact avec l'extérieur, se mure dans le silence, et refuse toute visite ! Alors s'il y a une personne sur terre qui peut m'aider, j'accepte son aide, qu'il soit psychologue, gourou ou autre. Je suis complètement dépassée par la situation et je ne sais plus quoi faire pour aider ma fille ! Or si je ne l'aide pas, ça fera de moi, une mauvaise mère et ça je ne l'accepte pas, fit-elle le feu dans les yeux.
« - Je comprends… Ecoutez, j'ai un de mes patients qui est muet depuis un incendie chez lui ! Comme votre fille, il refusait toute aide, jusqu'à ce qu'un musicothérapeute ne le prenne en charge ! Peut-être est-ce ce qu'il faut à votre fille ? Sauf si bien sûr, elle se passionne pour un autre art, comme la peinture ?
« - Non, Mitchie adore la musique !
« - très bien ! Laissez-moi trouver le numéro du praticien qui a aidé le petit Bennett. Je vous avoue, dit-il en fouillant dans son bureau, que cette pratique ne me plait guère, mais il faut avouer qu'elle est efficace, certaines fois.
« - Et votre patient a retrouvé sa voix, demanda-t-elle avec espoir.
« - Non malheureusement, ses cordes vocales avaient été trop touchées pour que ça puisse se guérir sans intervention chirurgicale, ce qui n'est pas le cas de votre fille. Ah voilà, la cachottière, fit-il en retrouvant la carte.
Prenant un post-it, il écrivit le numéro ainsi que le nom du médecin, puis le lui tendit.
« - Appelez-le et parlez-lui de votre fille. Si lui ne peut vous aider, il vous dirigera vers un de ses confrères. C'est le président de l'association qu'il a monté. Il connaît chaque médecin dans ce domaine et sera plus à même de vous diriger que moi.
Connie prit le papier et le rangea, sans même le lire, puis remercia le praticien. Durant quelques minutes ils parlèrent, puis elle finit par prendre congé, le remerciant une nouvelle fois.
Sitôt chez elle, elle raconta, à son mari, son entrevue avec le spécialiste qu'elle avait vu, et il soupira. Lui aussi avait entendu parler de cette médecine par la musique mais il y croyait que peu. Selon Steve, si la musique guérissait vraiment, les chercheurs n'auraient plus qu'à mettre la clé sous la porte. Seulement, en voyant l'espoir renaître dans les yeux de son épouse, il s'abstint de tout commentaire et accepta d'essayer. Ravie d'avoir son appui, elle prit le papier, et composa le numéro.
En voyant l'heure, Shane soupira. Son père était avec un client, lui apprenant les rudiments du piano. Seulement, l'enfant faisait plus de fausses notes qu'autre chose, et le jeune homme grimaçait en l'écoutant. Ceci dit, il ne pouvait lui en vouloir puisque le patient de son père n'avait même pas dix ans.
Soudain, le téléphone sonna. Comme il attendait un appel de Jason, il décrocha.
« - J'espère que t'as ma réponse Jay, ou je te jure que tu pourras plus jouer de guitare avant longtemps, fit-il menaçant.
« - Excusez-moi, fit une voix de femme, je suis bien chez monsieur Gray, musicothérapeute ?
« - Euh, oui, oui ! Excusez-moi, je pensais que c'était … Quelqu'un d'autre ! Mon père est occupé pour le moment, et refuse d'être dérangé pendant ses séances ! Je peux prendre un message ?
« - Oui, lui serait-il possible de me rappeler ? J'aimerais parler avec lui de ma fille !
Lui demandant de patienter, Shane prit de quoi noter, puis écrivit le nom et le numéro à appeler, avant de lui souhaiter une bonne soirée, s'excusant une nouvelle fois au passage. Deux minutes plus tard, on sonna à la porte. Scott sortit du salon accompagné de l'enfant qu'il rendit à ses parents, avant de rejoindre son fils.
« - T'as un message ! Une certaine Connie Torrès aimerait que tu la rappelles. Elle voudrait te parler du cas de sa fille. C'est le docteur Stanley, qui t'a conseillé à elle, fit-il en lui tendant le papier.
Il fut surpris en voyant le regard de son père s'allumer, et se demanda ce qu'il se passait. Aussi quand il composa le numéro, Shane resta dans la pièce. Acquiesçant, Scott attendit qu'on décroche.
« - Allo ?
« - Oui bonsoir, ici Scott Gray ! Pourrais-je parler à madame Torrès, je vous pris ?
« - C'est ma femme, je peux faire quelque chose pour vous ?
« - Non, mais moi peut-être ! Je suis musicothérapeute et votre femme m'a contacté plus tôt dans la soirée.
Steve acquiesça et tendit le combiné à sa femme, en soupirant. Celle-ci le prit et raconta l'histoire de sa fille. Elle posa ensuite plusieurs questions au thérapeute sur le déroulement des séances et les modalités. Elle finit par prendre rendez-vous en fin de semaine, puisque comme elle lui expliqua, elle devait encore en parler à sa fille. Elle raccrocha rassurée. L'homme lui semblait tout à fait compétant et elle avait toute confiance en lui. Maintenant il fallait convaincre leur fille et ça, ça risquait d'être beaucoup plus compliqué. Son mari alla la chercher et l'aida à s'asseoir à table, bien que la jeune femme jura qu'elle n'avait pas faim, une fois encore.
Durant le repas, aucun ne parla. Mitchie parce qu'elle ne parlait plus que par nécessité, et simplement pour signaler qu'elle voulait quelque chose, et son père parce qu'il avait certains problèmes à son travail. Quant à Connie, elle cherchait à trouver un moyen de faire accepter la thérapie à sa fille. Mitchie était depuis toujours anti psychologues. Sous toutes leurs formes. Selon elle, seuls les fous allaient les voir, et simplement parce qu'ils avaient de l'argent à gaspiller.
Après le repas, la jeune femme remonta dans sa chambre sans un mot, n'ayant pas touché à son assiette. L'envie de manger, lui était passée depuis plusieurs jours. Elle en venait à ne manger que très peu et seulement le matin. De temps à autre, il lui arrivait de demander à sa mère de lui réchauffer un peu du repas de la veille, mais ça restait occasionnel. Remettant sa musique dans ses oreilles, elle quitta son monde de bruits à identifier, pour celui si reposant de la musique. Etrangement, elle reconnaissait parfaitement chaque instrument, alors qu'elle était incapable de faire la différence entre une voiture et un camion. Quand elle sentit quelqu'un s'asseoir sur son lit, elle enleva un écouteur, soupirant intérieurement. Appréhendant âprement la conversation qui allait suivre. Elle n'avait jamais été trop loquace, mais elle le devenait de moins en moins depuis qu'elle avait son handicape.
« - Ecoute ma chérie, je voudrais te parler d'une idée que j'ai eu, et j'aimerais que tu m'écoutes jusqu'au bout avant de me donner une réponse. D'accord ?
« - Très bien, soupira-t-elle. Je t'écoute, ajouta-t-elle en mettant sa musique en pause.
Connie nota le geste et sourit. Ce n'était pas grand-chose, mais elle prit cette marque de politesse pour un signe encourageant.
« - Voilà ! Avec ton père, on se rend bien compte qu'on n'arrive pas à te soutenir comme on le devrait, parce qu'on ignore de ce dont tu as besoin exactement ! Surtout que contrairement à ton père, je pense qu'il y a quelque chose qui bloque le fait que tu vois plus. Autre chose que le manque de volonté. Et je pense en plus que tes problèmes ne sont pas que psychologiques. Seulement les médecins refusent de faire d'autres examens. J'ai bien pensé à t'envoyer voir un psychologue, afin de t'aider à faire face, mais…
« - J'ai pas besoin de psy ! Je vais très bien, coupa-t-elle méchamment.
« - Non, tu ne vas pas bien ma puce ! Tu passes ton temps enfermée dans ta chambre, en te coupant volontairement du monde. Je pensais que tu avais simplement besoin d'aide, et que je suffirais, mais visiblement, ce n'est pas le cas ! Quoi que je fasse, je sens bien que je me trompe, et que tu t'éloignes de moi, pour t'enfermer dans ta bulle ! Or c'est mauvais pour toi ! Tu dois apprendre à dépasser ton handicap afin de recouvrer la vue. Et je pense que tu as besoin, pour se faire, d'une aide extérieur à ton père ou moi. Aussi, j'ai appelé le docteur Scott Gray. Un thérapeute spécial…
« - Je ne veux pas voir de psy, reprit-elle en colère.
« - Ce n'est pas un psy, ma chérie, fit Connie en déployant des trésors de patience malgré qu'elle soit presque à bout. C'est un thérapeute spécialisé dans la musique. Un musicothérapeute, si tu préfères. Il accepte de te recevoir, pour te parler de ses méthodes de travail.
« - Et bien pas moi ! Je ne veux pas aller voir un psy qui va me parler musique.
« - Mais non, rit sa mère, il ne va pas te parler musique. Un musicothérapeute est un psychologue qui, au lieu de te demander de t'allonger sur un divan pour raconter ta vie, t'apprend à jouer de la musique ou te perfectionner. Je n'ai pas tout compris, mais j'ai rendez-vous samedi avec lui, pour en parler. Est-ce que tu accepterais, d'aller le voir ? Même si tu refuses de parler, ne serait-ce que pour jouer un peu de piano ou de guitare ?
« - Non !
« - Pourquoi ? Ça te serait bénéfique !
« - Je refuse ! Or de question que je sorte encore de cette maison ! Je suis très bien ici, dans ma chambre, sans porte ni intimité, dit-elle agressive.
« - Et bien, dans ce cas, tu es vraiment à plaindre, parce que je ne te laisse pas le choix. Je vais aller à ce rendez-vous samedi, et suite à ça, je te ferais un récapitulatif de ce que j'en ai appris, et je te laisserais le choix. Sois tu vas voir ce docteur Gray, sois tu vas voir un psy normal. Est-ce bien clair ? Et là, tu pourras taper du pied autant que tu le voudras, nous ne te passerons pas ce caprice. C'est soit la musicothérapie, soit une thérapie normale. Tu as presque une semaine pour réfléchir et faire ton choix. Sur ce, bonne nuit !
Sans un mot de plus, Connie partit, en colère. Dire que Mitchie ne lui facilitait pas la tâche était un euphémisme. Elle refusait toute aide, qu'elle vienne de sa famille ou de professionnels.
« Mais ça ne va pas durer ! Je vais aller voir ce Scott Gray, dont le nom m'est familier d'ailleurs, et je lui demanderais de faire un choix, songea-t-elle. »
Elle rejoignit son mari qui l'interrogea du regard. Soupirant, elle s'assit à ses côtés et, la tête sur son épaule, lui relata la conversation qu'elle venait d'avoir ainsi que l'ultimatum qu'elle lui avait posée. Elle détestait l'idée d'imposer quelque chose à sa fille, mais elle l'avait suffisamment laissé faire et s'enfoncer dans sa déprime. A présent, elle allait l'aider… qu'elle le veuille ou non !
J'espère que vous avez aimé. Rendez vous au prochain numéro )
C.
