Blabla de l'auteur : La voilà enfin, cette suite que je vous promets depuis un pti bout de temps. J'espère que ca va vous plaire. En attendant voici les RARs'.

MissLizzie Merci pour ton enthousiasme et tes compliments. Et bien oui elle s'en rend enfin compte mais comme tu vas le voir la peur fait faire bcp de chose contre notre gray en quelque sorte. Encore merci. Juju88480 et voilà la suite des aventures Shane/Mitchie, explosif à souhait. bonne lecture, Lady Hope Eh bien merci, voici la suite des aventures de nos 2 ptis perso ), Laura et bien merci ca me touche, bcp de talent… j'en suis pas sure même si certain me rabâche le contraire. Merci en tout cas ! He was once you and me et bien merci de t'être arrêté en chemin et pour tes compliments. Voici la suite. J'espère que tu aimeras tout autant. La oh pleure pas la voilà la suite, enjoy ) Newness merci miss, j'apprécie tjrs l'attention et que tu viennes lire tout ça ) thx for ur support ! xxo en enfin Mama et bien merci d'aimer ma fic, voilà la suite

Merci à vous tous en mon nom et celui de la miss TTW, co-auteur je le rappelle sur le projet donc vos compliments lui sont aussi destinés.

Bonne lecture

Disclaimer : Rien ne nous appartient, tout est à celui qui a eu la brillante idée de cet univers, soit Disney ! Nous, on emprunte, pour un petit temps et promis, on remettra tout en place à la fin !

Le lendemain, la jeune femme sourit en se réveillant. Elle avait adoré pouvoir rejouer la veille. C'était un vrai bonheur pour elle. Elle regrettait malgré tout la simplicité des mélodies qu'il lui donnait. Elle avait su, pour la plupart, les jouer bien avant d'avoir dix ans. Seulement, sachant qu'à la moindre critique, il risquait de lui redemander ses compositions, elle s'était retenue de le lui faire remarquer. Elle ne voulait en aucun cas les lui jouer. Elle se contentait donc de ce qu'elle avait. Elle sortit de son lit prudemment et descendit sans bruit. Quelle ne fut pas sa surprise d'entendre sa tante dans la cuisine.

« - Mais enfin Connie, Dorine a ses cours. Elle ne peut pas passer son temps au chevet de Mitchie. En plus soyons franches, la dernière fois qu'on la vu, elle n'a pas été agréable !

« - Je sais June, mais essaies de la comprendre. Elle ne voit plus pour le moment et elle se sent perdue. Tu n'imagines pas ce que ça peut être. J'ai essayé de vivre comme elle, sans voir, le temps d'un instant et c'est loin d'être facile. Le moindre obstacle semble insurmontable et un geste simple comme ouvrir une porte, se transforme en une sorte de défi périlleux !

« - Je me doute… Je sais que c'est dur pour elle, Steve et toi, mais comprends Dorine aussi ! Elle était là quand Mitchie l'a traitée de peste et ça l'a blessée. Normale qu'elle hésite à venir la voir. Si c'est pour se faire encore insulter, ce n'est pas la peine !

« - J'imagine, mais voir sa famille aiderait Mitchie je pense. Même si elle ne l'a pas montrée pour le moment. Il faut pas non plus oublier que cette situation est censée n'être que temporaire. Bientôt, elle reverra et …

« - Et si les médecins se trompaient et qu'elle ne revoyait jamais. Elle va insulter tout le monde jusqu'à la fin de sa vie, s'énerva sa tante.

« - Non, elle reverra ! J'ai confiance en ma fille. Ça prendra peut-être des jours, des mois, un an mais elle reverra et s'excusera auprès des gens qu'elle a blessés.

« - Ce qui exclue Dorine, décréta la jeune femme en entrant dans la pièce. Je ne m'excuserais pas auprès d'une fille qui décrète que je ne suis qu'une intello juste bonne à lui filer les réponses en espagnol !

« - Qu'est-ce que tu racontes, Dorine t'apprécie, sinon elle ne t'aurait pas invitée à sa fête la veille de ta chute.

« - Parlons-en de cette fête, tiens ! Ou de mon accident, ça peut être amusant. Si elle m'aimait comme tu le dis, pourquoi elle n'était pas là quand je me suis réveillée ? Pourquoi elle n'est pas venue me voir durant mon séjour à l'hôpital ou au début de ma convalescence ? Ou mieux encore, pourquoi quand elle me croise dans les couloirs elle détourne la tête comme si me voir lui gâchait le paysage ? Remarque, je m'en moque de ce dernier point, j'apprécie moyennement de la voir de mon côté. Et puis d'ailleurs, pourquoi plus personne ne vient nous voir ? Ok, j'ai peut-être mal agi la dernière fois, mais mes parents eux n'ont rien fait ! Alors pourquoi personne ne les appelle ou ne leur rend visite ? Pire, pourquoi tu sens comme un champ de betterave, fit-elle en grimaçant. Change de parfum, celui-là est terrible !

Sur ces mots, elle s'assit, alors que Connie déposait son petit-déjeuner. Reprenant sur un ton plus calme, Mitchie remercia sa mère avant de lui demander l'heure. Prétextant un rendez-vous, June partit quelques minutes plus tard, vexée par la dernière réplique de sa nièce.

« - Tu étais obligée de critiquer son nouveau parfum ?

« - Euh non, ça m'est venu naturally, sourit Mitchie, mais dis-moi, elle a fait quelle tête ? Non parce que son truc sent vraiment mauvais.

Riant avec elle, sa mère lui décrivit le visage de sa tante. Elles discutèrent ensuite de l'emploi du temps de la journée. Connie voulait passer à son entreprise alors que la jeune femme préférait, bien évidemment, rester seule. Elles argumentèrent quelques minutes, avant de décider qu'elles n'iraient à Connie's cook qu'à partir de quinze heures. En échange, la jeune femme avait promit de rester en bas et non enfermée dans sa chambre. Elles discutèrent donc de la séance de la veille. Connie lui avoua qu'elle n'avait pas apprécié de la voir si désagréable :

« - Maman ! Je t'ai promis d'y aller et de suivre avec sérieux ce qu'il me dira, mais je ne veux pas jouer mes compositions devant lui. C'est une partie de ma vie que je refuse de faire connaître… dans ces conditions, ajouta-t-elle plus bas.

« - Tu aurais pu quand même le lui expliquer gentiment.

« - Non, sinon il m'en aurait reparlé à chaque fois. Ce qu'il risque, quand même, de faire j'en suis consciente. Cependant en étant cassante dès le départ, ça divise les chances qu'il récidive ! Je ne veux pas qu'il me psychanalyse d'après ce que je compose, écrit et tout ce qui suis. Or en jouant simplement ce qu'il me demande et ce que d'autre ont écrit avant moi, j'ai peu de chance qu'il puisse deviner ma personnalité par ce biais. Je lui montre ce que je veux et ça me convient parfaitement. Je ne sais déjà même pas comment je suis habillée…

Elle ponctua sa phrase d'un long soupir et commença à tripoter son pull, cherchant à en reconnaitre les formes dans son esprit. Elle finit par reconnaître sa tunique orange et supposa qu'elle avait un slim bleu.

Durant le reste de la matinée, elle écouta sa mère lui raconter ce qu'il se passait dehors, ou ce qu'elle faisait. Si bien que les heures passèrent sans qu'elle ne s'en rende compte. Arriva enfin l'heure de partir au service traiteur. Alors qu'elles sortaient de la voiture, Mitchie s'arrêta.

« - Maman !

« - Oui ?

« - S'il te plait, dis à tes employés de ne pas m'harceler de questions. Je ne veux pas qu'ils me demandent tous comment je vais, ni comment je vis ma cécité. J'entends beaucoup trop ce genre de questions. Je préfère qu'ils m'oublient... Et si je veux quelque chose je le dirais de toute manière.

« - Très bien, je vais faire mon maximum.

Elles entrèrent et Mitchie s'installa à l'écart près du comptoir, le temps que sa mère passe le mot. Une fois fait, elle le contourna doucement, en faisant glisser ses doigts dessus, alors que la porte s'ouvrait sur trois garçons qui riaient de bon cœur.

« - Mademoiselle, l'apostropha l'un d'entre eux.

« - Quoi ? Fit-elle froidement.

« - Vous travaillez ici ?

« - J'ai une tête à travailler quelque part, les agressa-t-elle. Je vais vous chercher quelqu'un !

Sur ces mots, elle se dirigea rapidement vers l'arrière boutique et se heurta au tabouret.

« - Ah ça, ce sont des choses qui arrivent quand on marche avec des lunettes de soleil, se moqua une nouvelle voix.

« - Jason, soupira le premier. Reste sage et conduis-toi bien pour une fois.

« - Comme si ça lui était possible, ajouta une troisième voix. Regarde comment il ridiculise tous nos profs en un tour de main.

« - Maman, grogna Mitchie. Y a des clients !

« - Bonjour, je peux vous renseigner ? Demanda-t-elle en arrivant.

La jeune femme passa dans l'arrière salle, en se guidant à l'aide du mur et s'assit dès qu'elle le put. Dix minutes plus tard, Connie revint et reprit son travail tout en jetant de bref coup d'œil à sa fille. Sans le savoir, elle avait rencontré le fils de son psychologue. « J'aurais du les présenter. Vu le nombre de points qu'ils ont en communs, songea-t-elle. Enfin on verra la prochaine fois ! »

La journée passa tranquillement mais Mitchie la trouva, bien évidemment, trop longue. Elle souhaitait retourner dans sa chambre pour s'allonger et s'évader de cette vie. Ou peut-être était-elle pressée de retourner voir le psy à la voix chaleureuse, juste pour pouvoir jouer. Elle avait beau crier haut et fort que la musique faisait partie de son ancienne vie, au fond, elle savait que c'était faux. La musique avait et ferait toujours partie intégrante de sa vie. C'était son exutoire, son oxygène. Elle en avait besoin au même titre que le fait de manger ou marcher. Elle aimait bien sûr lire ou sortir comme n'importe quel adolescent mais une journée sans musique était comme « A YearWithoutRain ». Malheureusement, la batterie de son ipod allait bientôt lâcher et elle devrait écouter le bruit de la vie, ceux qu'elle aimait mais avant. Elle eut un sourire amer en se souvenant qu'il n'y avait pas si longtemps, elle aimait venir passer du temps avec sa mère. Voir tout le monde s'agiter dans tous les sens, pour honorer les commandes dans les temps, tout en souriant. Elle avait toujours comparé cette frénésie à une danse. Parfaitement exécutée, chaque jour, sans renverser un seul plat. A présent, qu'elle devait tout imaginer, c'était moins attrayant pour elle. La jeune femme commençait même à éprouver une lassitude croissante, à force de devoir toujours compter sur son imaginaire pour comprendre ce qu'il se passait. Deviner au son de la voix de ses parents s'ils étaient ou non joyeux, devoir piocher dans ses souvenirs pour revoir leurs sourires. Certes, sa cécité lui permettait de découvrir une nouvelle facette de la vie. Elle identifiait les gens grâce à leurs odeurs, ou grâce au rythme de leurs démarches. Les meubles lui semblaient également nouveaux. Elle sentait sous ses doigts, un accro ou le détail d'une poignée. Elle aurait pu s'en émerveiller, seulement tout ça l'ennuyait.

Observant sa fille, Connie nota son air las.

« - Bon tout le monde, je dois y aller. Vous pourrez faire la fermeture seuls ? De toute façon, Anne tu m'appelles s'il y a le moindre problème ?

« - Compris patron. Rentrez bien.

« - Tu viens Mitchie, on rentre, dit-elle en lui touchant l'épaule.

Acquiesçant, la jeune femme salua brièvement tout le monde avant de reprendre son chemin dans l'autre sens. Ayant mémorisé le nombre de pas qu'elle devait faire, elle se passa d'aide et retrouva rapidement le vent salé qui provenait de la mer.

Lorsqu'elles arrivèrent, Mitchie monta dans sa chambre et s'assit sur son lit. Elle enclencha la musique sur son ordinateur portable et reprit le fil de ses pensées. Elle s'amusa à mettre des visages sur son professeur, le changeant au grès de la musique qui passait

Le soir venu, sa mère l'appela pour qu'elle vienne manger et tout en descendant, elle recommença son petit jeu avec ses parents, puis sa cousine, lui affublant les costumes les plus ridicules. Elle se mit d'ailleurs à rire de bon cœur en imaginant Dorine vêtue d'une tenue affreuse et complètement dépareillée. Son père lui demanda la raison de son rire et elle se calma aussitôt arguant que ce n'était rien. Elle ne voulait en aucun cas, leur raconter à quoi elle passait ses journées. La veille, son père lui avait rapporté des livres pour apprendre le braille, mais elle refusait de les ouvrir. Elle ne serait peut-être pas aveugle toute sa vie, donc elle ne voyait pas l'utilité de l'apprendre pour le moment.

Le jour suivant passa trop vite pour la jeune femme. Elle appréhendait sa nouvelle leçon. Sa mère lui avait expliquée qu'elle n'y assisterait pas. Elle serait donc en théorie libre de parler de ce qu'elle voulait ce qui n'était en aucun cas son intention. Elle n'avait pas envie de raconter sa vie à quelqu'un dont elle ne connaissait rien d'autre que la voix. Même si c'était son travail de l'écouter parler, autant que jouer.

A présent, c'était l'heure qu'elles partent pour sa leçon de musique. Tout en lui ouvrant la porte, sa mère dit :

« - Je profiterais dorénavant de tes leçons pour aller travailler un peu, comme ça je continue à gérer mon service traiteur et toi tu n'es pas obligée de venir. Ça te convient ?

« - J'ai pas confiance en ce psy… ! Et si on allait voir une femme ?

« - Mitchie, soupira Connie. Monsieur Gray est très bien. Il m'a été chaudement recommandé par le médecin qui s'est occupé de toi à l'hôpital, suite à ton accident ! De quoi as-tu peur ?

« - Je sais pas, il pourrait très bien être violent, excentrique, manipulateur ou pire, avoir des pulsions étranges. T'as remarqué qu'il n'y avait aucune odeur de femme chez lui ? Y a celle de son fils, mais pas de sa femme. Peut-être qu'il l'a tué parce qu'elle lui tapait sur les nerfs, fit-elle suspicieuse.

Connie ne prit même pas la peine de répondre tant l'idée lui semblait farfelue. Quand elles arrivèrent, elle coupa le moteur et aida sa fille à descendre. Bras dessus dessous, elles remontèrent l'allée pendant que la jeune femme continuait de chuchoter d'autres scénarii encore plus tirés par les cheveux, sur l'absence d'une femme dans la demeure.

« - Peut-être sont-ils juste divorcés Mitchie, proposa Connie alors qu'elle frappait.

« - Ou peut-être qu'elle l'énervait parce qu'elle n'aimait pas la musique et du coup il l'a emmurée dans la cave !

« - Ah mademoiselle Torrès, fit le thérapeute en ouvrant tout sourire. Entrez ! Madame, je vous revoie dans une heure ?

Connie acquiesça et repartie, souriant devant l'imagination fertile de sa fille. De son côté, Mitchie inspira longuement et attendit qu'il lui dise où elle devait aller. Ils se dirigèrent finalement au salon.

Assise au piano, elle commença à jouer des classiques, passant de Mozart à Chopin, ou de Strauss à Bach. Scott tenta bien d'engager la conversation seulement, il ne se heurtait qu'à des réponses brèves et sèches. Au bout d'un moment, elle finit par lui demander :

« - Dites-moi, elle est où votre femme ? Je n'ai senti aucun parfum féminin.

« - Désolé jeune fille, mais ce ne sont pas tes affaires. Par contre dis-moi, tu joues depuis combien de temps ?

« - Désolée, ce ne sont également pas vos affaires, fit-elle sèchement.

Le reste de la séance se déroula de la même manière. Il ne réussit pas une seule fois à la faire parler de sa vie.

Alors que Connie sortait de sa voiture, le fils du thérapeute arrivait également. Lui souriant, il l'invita à entrer, puis frappa doucement à la porte du salon. Intrigué, Scott ouvrit.

« - Mitchie, fin de la séance ta mère est là. Nous reprendrons donc cette conversation lundi. Passe un bon week-end.

« - Ouais, vous aussi, fit-elle amère.

Sans un mot de plus, elle se dirigea vers la sortie et attendit sur le seuil. Sa mère salua le médecin et la rejoignit quelques instants plus tard. Lorsqu'elles furent dans la voiture, elle lui dit :

« - Et bien, tu vois il ne t'a pas enfermé dans sa cave.

« - Ouais mais il ne m'a pas dit non plus ce qu'il a fait de sa femme…

Dès que la porte fut close, Shane soupira.

« - Dis donc, elle est super mignonne mais aimable comme une porte de prison, ta nouvelle patiente !

« - Disons juste qu'elle a encore du mal à s'ouvrir. Elle n'est pas à l'aise ici.

« - Y a pas qu'ici ! Avec Nate et Jason on l'a croisé hier. Sa mère tient le service traiteur où on commande souvent, fit-il à son père, tu aurais du voir comment elle nous a parlé. On sentait bien qu'elle ne voulait pas être là. Je n'ai pas osé dire aux copains qu'elle était aveugle, du coup quand elle s'est cognée, Jason s'est moqué d'elle.

Scott acquiesça et nota l'information principale. Connie Torrès travaillait chez un traiteur. Voilà qui serait toujours utile pour délier la langue de la jeune femme. Remerciant son fils pour l'information, il prit son téléphone et appela un de ses collègues à propos de leur association. Comprenant de ce fait que la discussion était close, le jeune homme monta dans sa chambre, en se demandant comment s'appelait cette nouvelle patiente.

Il n'eut sa réponse que la semaine suivante. En effet, ses deux amis étant pris, ils avaient annulé leur répète. Shane était donc assit à son bureau en train de se creuser la tête pour écrire un devoir sur la guerre d'indépendance en Inde. Seulement, alors que son père était avec la jeune aveugle, le téléphone sonna. Il descendit rapidement les marches et répondit.

« - Allo ! … Désolé, il est en consultation et refuse d'être dérangé. je peux prendre un message ? … Ah quand même ? … Bon je vais voir Georges, mais si je me fais fusiller tu l'auras sur la conscience. Ne bouge pas.

Posant le téléphone sur le comptoir, il se dirigea vers le salon d'où s'échappait le morceau de Beethoven qu'il préférait et soupira avant de frapper.

« - Excuse-moi quelques secondes, dit-il avant de venir ouvrir. Je t'ai dit …

« - Je sais, je ne dois pas te déranger quand tu es en séance, mais Georges est au bout du fil. Il a un problème avec un des enfants dont il s'occupe. Il s'est enfermé dans la salle de bain, ou je ne sais pas trop quoi. Bref, il a besoin d'un conseil et c'est très urgent, dit-il en insistant sur le mot.

« - Bon très bien, j'arrive, soupira-t-il avant de se tourner, j'en ai pour quelques minutes Mitchie, continue de jouer en attendant.

Sans un mot, elle reprit son morceau en levant la tête vers le plafond tant la mélodie l'ennuyait. Souriant, Scott observa son fils et lui demanda de garder un œil sur elle, sans bruit, pendant qu'il prenait l'appel. Acquiesçant, il resta immobile à côté de la porte, alors que son père partait.

Se croyant seule, la jeune femme sourit. Elle laissa tomber Beethoven et commença à jouer la dernière mélodie qu'elle avait composée. Elle était beaucoup plus rythmée et pleine de joie. La jouer, lui mit du baume au cœur et elle laissa courir ses doigts sur les touches, bougeant la tête en rythme.

Shane, qui était dans l'encadrement de la porte, s'étonna de son talent. La musique ne lui disait rien, car il ne connaissait que quelques morceaux de classique. S'approchant lentement, il chercha à voir le titre de la partition. Il faisait attention à ne faire aucun bruit, afin qu'elle n'ait pas conscience de sa présence. Seulement, il avait beau regarder, il n'y avait aucune partition devant elle. « Normal gros malin, elle est aveugle, se moqua sa conscience. A quoi lui servirait une partition ? »

« - Qui est là ? Demanda-t-elle sur la défensive.

Il ne fit aucun bruit, se retenant de respirer et s'éloigna doucement, seulement il se figea en l'entendant.

« - Je suis peut-être aveugle, mais j'ai d'autre sens vous savez ? Et je vous entends marcher en plus ! Sans compter que votre parfum, typiquement masculin, m'informe que vous n'êtes pas mon thérapeute donc, qui êtes-vous ? Reprit-elle.

Il sentait dans sa voix, qu'elle était apeurée.

« - Je suis son fils… Je m'appelle Shane.

« - Ah l'accro au Ck One… Vous n'avez pas honte d'espionner les gens ?

« - Je ne vous espionnais pas, se défendit-il.

« - Si ! Vous m'espionniez ! Sinon vous auriez manifesté votre présence, argua-t-elle agressive.

« - Mais …

« - Mais rien du tout ! Vous auriez dû manifester votre présence. Qui que vous soyez. Quand on entre dans une pièce, on prévient ceux qui y sont, surtout lorsqu'une des personnes est aveugle. On ne joue pas au roi du silence pour surprendre les gens. Imaginez que vous soyez avec quelqu'un de cardiaque. Vous auriez été malin. Vous lui faites peur et paf, elle peut mourir sous vos yeux. Attendez, si vous êtes son fils, vous devez savoir que je suis aveugle, demanda-t-elle énervée.

« - Euh … Oui, mon père l'a effectivement mentionné, fit-il inquiet de la suite de son discours.

« - Donc vous savez qui je suis et pourquoi je suis là et vous n'avez même pas dit que vous étiez là ! Avouez, vous vouliez juste voir si c'était vrai qu'un aveugle pouvait jouer ! Ray Charles vous a pas suffit, dit-elle en colère tout en se mettant face à lui sans le savoir. Et bien, voilà, c'est fait, vous avez vu ! Les aveugles aussi peuvent jouer du piano et juste en plus ! C'est merveilleux, vous venez de faire la découverte du siècle.

« - Mais, je cherchais pas à savoir si vous saviez jouer du piano. Je le savais déjà, je vous entends tous les deux jours. Je voulais juste lire la partition de ce que vous étiez entrain de jouer.

« - Pourquoi donc aurais-je une partition, cria-t-elle, je suis aveugle. Et un aveugle, surprise, ça ne voit pas ! Et quand bien même j'aurais une partition, qu'alliez-vous en faire ? Me la voler, peut-être ?

« - Non, aller la chercher sur le net, tout simplement, sourit-il.

« - Vous ne l'auriez pas trouvé dans ce cas…

« - Mitchie, pourquoi ne joues-tu plus ? Intervint Scott.

« - Parce que votre James Bond s'est fait repérer !

« - Je ne t'espionnais pas, soupira Shane.

« - Hey, on se connaît pas et je ne suis pas votre amie, alors vous oubliez tout de suite le tutoiement.

« - Soit ! Papa m'a demandé de garder un œil sur vous, pour je ne sais quelle raison ! Elle a alors joué sa mélodie et ça m'a intrigué, continua-t-il en regardant son père. Je me suis donc approché et elle m'a sentie. Après, elle est partit en live, arguant qu'en vérité je voulais juste voir si elle savait vraiment jouer et comment elle faisait, étant aveugle.

« - Je ne suis pas partie en live, je me suis défendue suite à une agression extérieure, petit malin, s'énerva-t-elle. Au cas où vous l'ignoreriez, quand on ne voit pas on se sent complètement perdu. Mais ça, vous vous en moquez. Tout ce qui vous intéresse, c'est de lire une partition invisible, supposément posée devant une personne aveugle. Faut vraiment être débile !

« - Mitchie n'insulte pas mon fils je te pris !

« - Je vais me gêner, tiens ! Désolée mais faut être stupide pour penser qu'il pourrait y avoir une partition ou un dessin devant une personne qui ne voit rien ! C'est comme demander à un sourd d'écouter de la musique, ou à un muet de parler… Ridicule... Bon c'est quand que ma mère arrive ? Oh et puis je m'en moque, je vais l'attendre dehors.

Sur ces mots, elle commença à partir mais se cogna accidentellement au jeune homme. Surprise, elle en oublia sa colère. Certes, elle avait déjà bousculé un garçon, mais jamais elle ne s'était sentie aussi vite rassurée par un simple contact. Il sentait agréablement bon en fait et semblait se tenir en forme, à en croire la dureté des muscles qu'elle touchait. Se rendant compte de sa position, elle s'écarta et fit mine de le fusiller des yeux.

Il l'observa froncer les sourcils et voulut lui parler, seulement elle s'éloigna et sortit du salon, s'excusant machinalement du contact. Scott la rattrapa dans l'entrée et lui demanda de rester puisque sa mère n'arrivait que dans un quart d'heure. Elle accepta, mais refusa toutefois de jouer. Il lui proposa alors de parler. N'ayant pas le choix, elle répondit à ses questions sans savoir que Shane l'observait. Il la trouvait fascinante, malgré la colère qu'elle venait de passer sur lui. D'autant plus qu'elle avait paru être troublée par leur contact…

Voilà pour aujourd'hui, rdv bientôt pour le prochain chapitre

Xxo

C.