Blabla de l'auteur : Hello everyone... Voilà la suite que vous attendez tous apparemment vu les nombreux messages que j'ai eu. Donc j'espère que ce chapitre va vous plaire. C'est un peu une transition mais il est quand même très intéressant et nous avons même un pti nouveau à la fin^^
RARs' : nouna (ton vœux est exaucé, le nouveau est la et ça fait pas six mois que tu attends lol, j'espère que cette suite va te plaire, y'a plein d'info intéressante dedans comme tu vas le lire. Bref merci encore), char2lene (hello, first désolée je peux pas tout mettre en même temps ca serait pas drôle. Mais voilà la suite pr ton plus grand bonheur lol. Et pour Mitchie il faut la comprendre, elle a peur intérieurement. Enfin tu vas comprendre dans ce chapitre… biz a++), UFO (alors là no comment MDR, see u miss), Newness (Hello missy, alors que dire pour toi, que ça me fait tjrs autant plaisir d'avoir tes reviews même si je sais que c po ton genre du tout^^. Bref j'apprécie thx again. Et btw j'adore tes nouveaux mots…), Lady Hope (Et bien merci ravie que ça t'ai plu, voilà la suite et les pensées de nos ptis persos préférés, ++), jojo (Whaou, merci beaucoup pour tes compliments, ça nous fait énormément plaisir et je te rassure on va la finir cette fiction, dc notre gde fan que tu es peut se rassurer tu n'es pas arrivé au bout de tes surprises… merci encore), aureliascott1 (c'est court comme review mais bien résumé^^ merci à toi), lulu59 (et bien voilà la suite, merci à toi), Mathilde (Hello, et bien non nous n'arrêtons pas la fiction, il me semble pas avoir évoqué cette idée. Il y aura bien une fin et tu n'es pas au bout de tes surprises rassure toi. Je suis juste très prise par mes cours donc je ne peux pas être ultra régulière sur les posts mais je fais mon max pour vous mettre des chapitres aussi souvent que je le peux. Merci à toi de la lire. Bye^^)
Merci à vous tous again et donc bonne lecture…
Disclaimer : Rien ne nous appartient, tout est à celui qui a eu la brillante idée de cet univers, soit Disney ! Nous, on emprunte, pour un petit temps, et promis, on remettra tout en place à la fin !
Lorsque Connie arriva chez le musicothérapeute, elle fut surprise de n'entendre aucun son et intriguée, elle frappa à la porte. Scott vint lui ouvrir quelques secondes plus tard. Il eut à peine le temps de lui dire bonjour, qu'il entendit Mitchie se lever et les rejoindre rapidement.
« - Au revoir, dit-elle froidement. On rentre maman, je ne veux pas rester ici une minute de plus !
Perplexe, sa mère regarda le médecin qui lui fit un sourire d'excuse. Connie voulut rester pour qu'il lui explique, seulement sa fille lui demanda où elle était garée. Connie salua le médecin, toujours intriguée et amena la brunette jusqu'au véhicule, avant d'y monter à son tour.
Durant le trajet du retour, elle tenta de lui soutirer des informations pour comprendre cette soudaine froideur. Malheureusement, sa fille resta muette, les bras croisés sur sa poitrine et un air renfrogné peint sur le visage.
Dès que le moteur fut coupé, Mitchie s'extirpa de la voiture et entra dans la maison. Elle se cogna contre une porte fermée au passage. Elle pesta et gravit les marches avant de fermer la porte de sa chambre pour s'isoler. Elle s'allongea sur son lit, qu'elle considérait comme sa bouée de sauvetage pour ce qu'elle appelait le naufrage de sa vie. Elle mit ensuite un peu de musique, en accord avec son moral. Connie entendit du blues raisonner et sourcilla.
« Ce n'est pas son genre de musique normalement, songea-t-elle. Qu'est-ce qu'il s'est passé durant sa séance ? »
Elle n'eut la réponse qu'au soir. Son mari venait de rentrer et il s'interrogea, à son tour, sur la musique que sa fille écouté.
« - Aucune idée, soupira sa femme lorsqu'il lui en parla. Depuis qu'on est rentrées de sa séance, elle n'a pas ouvert la bouche. Il a du se passer quelque chose mais … Elle ne m'a rien dit.
« - Je monte la voir.
Il joignit le geste à la parole et la rejoignit à l'étage. Il frappa à la porte et attendit son aval pour entrer. N'obtenant aucune réponse, il entrebâilla doucement la porte.
« - C'est papa ma puce, je peux entrer ?
« - T'es chez toi, souffla-t-elle.
« - Merci, sourit-il.
Elle était assise en tailleur sur son lit et frôlait sa guitare du bout des doigts sans pour autant en faire sortir une seule note. Il remarqua immédiatement qu'elle était en pleine réflexion et s'assit donc face à elle.
« - Alors, demanda-t-il, tu comptes rejouer rapidement ?
« - Non !
« - Très bien. Tu comptes nous raconter ce qu'il s'est passé aujourd'hui ou je dois jouer aux devinettes pour le savoir ? Comme quand tu étais petite…
« - J'ai jamais joué aux devinettes.
« - Si ! Quand tu avais cinq ou six ans. Quand tu revenais de l'école et que tu avais le regard pétillant de malice, je devais jouer aux devinettes pour savoir ce que tu avais fait. Tu restais souvent muette et tu te contentais d'hocher la tête. Dès qu'il t'arrivait quelque chose, que ce soit une bonne ou une mauvaise nouvelle, tu ne parlais jamais. Ceci dit, heureusement pour nous, tu as toujours eu un visage très expressif. Il nous suffisait de te regarder pour qu'on sache si tu allais bien ou non. Un peu comme aujourd'hui. Tu as ta tête des mauvais jours. Tu n'as pas joué les morceaux que tu aurais voulus ?
Elle secoua la tête et il sourit malgré lui.
« - Bon ! Alors tu t'es trompée dans les touches et tu as fait de la quarantième de Mozart, la mélodie la plus fournie en fausses notes ? Non plus… Bon, voyons… Ton médecin est un incapable qui ne sait pas jouer de piano et tu passes tes journées à lui apprendre la gamme ? Je me suis encore trompé, déclara-t-il en la voyant secouer la tête. Tu ne veux pas me raconter ? Évidement, soupira-t-il. Bon ta séance s'est bien passée au moins ? Non plus… Un problème avec le musicothérapeute ?
« - Avec son fils, grimaça-t-elle. Il… A un moment, le téléphone a sonné et il a du répondre puisque peu après il nous a dérangé pour dire à son père qu'il y avait un problème. Georges, un de leurs amis, avait un souci avec un enfant. Il a été prendre la communication et Shane, son fils, en a profité pour m'espionner. Quand je me suis rendue compte de sa présence, je lui ai demandé qui était là mais il a rien dit. Je suis sûre qu'il voulait me prendre la partition, que je n'avais évidemment pas, pour… Je sais même pas pourquoi ! On s'est légèrement énervés et c'est parti en live. Après j'ai voulu partir, mais le médecin m'a obligé à rester jusqu'à la fin et j'ai dû lui parler puisque je ne voulais plus jouer.
Steve acquiesça, comprenant, maintenant, mieux le problème. Il voulait à présent savoir pourquoi la conversation avait dégénéré et lui demanda donc de lui expliquer. Elle lui raconta son impression d'être toujours en danger et la peur qu'elle avait chaque fois qu'elle mettait le pied dehors. A la fin de son récit, il lui embrassa le front en signe de réconfort. Lorsqu'il fut partit, elle souffla et brancha son ipod pour ne pas entendre ses parents. Cependant, elle repensa, malgré elle, à ce bref mais rassurant contact. Lorsqu'elle avait failli tomber, Shane l'avait rattrapée. Le sentir contre elle lui avait paru bizarre. Elle avait apprécié et c'était pour elle une sensation nouvelle. Elle ne s'était jamais sentie autant en sûreté dans les bras d'un garçon. Elle se demanda un instant à quoi il pouvait ressembler. En tout cas, il avait une voix agréable, ça elle pouvait le certifier. Seulement, se souvenant qu'il l'avait espionné, elle décida de le détester par principe. ça pouvait paraître puéril aux yeux des autres, mais elle trouva sa réaction normale, au vue de sa condition.
Dans la cuisine, l'ambiance n'était guère à la réflexion. Steve venait de raconter à sa femme ce qu'il avait appris et Connie soupira. Pour avoir brièvement et à plusieurs reprises, rencontré le jeune homme, elle savait qu'il avait de nombreux points communs avec sa fille. Elle avait même songé qu'ils pourraient un jour devenir amis, mais à présent, elle n'en était plus vraiment sûre. Depuis son accident, sa fille avait un comportement étrange et semblait plus lunatique qu'auparavant. Elle se tourna et observa son mari. Il semblait également perdu dans ses pensées. Ce fut un soupir de sa femme qui le fit revenir à lui.
« - Je crois que tu avais raison. C'était une mauvaise idée. J'étais pourtant tellement sûre du contraire. Elle a toujours adoré la musique. Je pensais naïvement, que l'obliger à jouer trois heures par semaines, voir un peu plus, lui serait bénéfique, mais tu sembles mieux la connaître que moi… Que va-t-on faire Steve ? Elle refuse, encore, toute aide extérieure ! Elle ne s'ouvre plus au monde ! C'est même rare de la voir sourire… A croire qu'elle a perdu sa joie de vivre en même temps que la vue.
« - C'est temporaire, la rassura-t-il. Tu connais notre fille, on n'a pas élevé une mauviette. C'est une battante ! Ça va prendre du temps mais elle va se relever toute seule de cette épreuve. Comme la première fois qu'elle a marché, tu te souviens ? Elle venait de tomber. On a refusé de l'aider à se remettre debout et après avoir vu que les pleurs n'étaient d'aucune utilité, elle a finit par se calmer. Elle a bien mis dix minutes, mais elle s'est remise sur ses deux jambes toute seule…
« - Et elle a fini par marcher, termina-t-elle.
Il nota, à son ton, qu'elle était rassurée et plus confiante. Il n'aurait jamais pensé qu'une simple chute d'une falaise aurait autant de répercussion. Pourtant il savait que s'ils se laissaient tous les trois aller, elle risquerait, en plus de rendre sa fille aveugle indéfiniment, de briser sa famille. Il devait rester fort pour elles deux, afin qu'elle puisse se reposer sur lui, si jamais elles faiblissaient.
Dès que la voiture fut hors de vue, Scott soupira. Il se tourna vers son fils et voulut l'interroger, mais celui-ci fut plus rapide.
« - Écoute, je t'assure que j'y suis pour rien. Elle jouait un truc complètement différent de Beethoven. Je me suis simplement approché, pour savoir si elle avait une partition. Je me doutais bien qu'elle ne serait pas devant elle, mais je ne sais pas… Je me suis dit qu'elle te l'avait peut être amenée afin que tu corriges ses fautes éventuelles. Et là, d'un coup, elle est partie en live, arguant que je l'agressais, que j'étais un idiot qui pensait qu'une personne aveugle ne pouvait pas jouer juste et un tas d'autre truc. Je voulais m'expliquer mais elle ne m'en a pas laissé le temps… Elle a un talent incroyable, papa… Tu aurais du l'entendre, s'émerveilla-t-il. A croire que c'est inné chez elle. Elle jouait de tête et c'est quelque chose que je n'avais jamais entendu. Je ne parle pas de la mélodie mais du style ! C'était frais, neuf… Incroyable !
« - Je vois ! T'inquiète, je te crois, sourit-il. Je sais que tu n'aurais pas sciemment cherché à la faire fuir. Par contre, je pense qu'elle risque de ne pas vouloir revenir dans les prochains jours. Ce point m'ennuie franchement, parce qu'effectivement Mitchie joue de manière remarquable. J'aurais aimé pouvoir mieux l'entendre. Je sais qu'elle composait avant son accident et j'aimerais la voir se reprendre et jouer à nouveau.
Il voulut continuer la conversation mais son nouveau patient arriva et Shane se volatilisa à l'étage. Il évitait de rester en bas lorsque son père travaillait. Ainsi, il ne dérangeait pas les patients et ne se sentait pas obligé de discuter avec les adultes. Fermant la porte, il regarda son bureau et soupira. Il n'avait aucune envie de terminer ce travail sur la guerre d'indépendance en Inde. Il prit donc sa guitare et s'assit à son bureau en repensant à la jeune femme. Il ne savait grand chose sur elle. Juste qu'elle s'appelait Mitchie et qu'elle était aveugle suite à une chute, récente, de la falaise sur la plage. Elle jouait du piano avec beaucoup de talent et elle était mignonne. Il savait également, depuis peu, qu'elle sentait l'orchidée et il eut un léger sourire. Sa mère adorait l'odeur de cette fleur. Il se souvint qu'elle en achetait souvent pour décorer le salon. A présent, il n'y avait plus aucune fleur dans la maison. Il ferma doucement les yeux et commença à jouer en pensant à la jeune femme.
Deux heures plus tard, son père l'appela et il le rejoignit dans la cuisine. Il était entrain de téléphoner et il s'installa sur la table en attendant de connaître la raison de sa présence.
« - Bonsoir, ici Scott Gray, dit-il en mettant le haut-parleur.
« - Ah oui, le psy de Mitchie. Que puis-je pour vous, demanda une voix masculine.
« - Pourrais-je savoir comment elle va ? Je sais que cette séance a été un peu spéciale et je comprendrais très bien qu'elle veuille arrêter, mais je peux vous assurer que cet incident n'est qu'un malentendu. J'aimerais en discuter avec elle.
« - Attendez quelques minutes, je l'appelle…
« - Pourquoi tu m'as appelé, demanda le jeune homme.
« - Pour discuter de la fin de la séance. Je veux lui expliquer qu'elle a mal interprété tes intentions.
« - Allo, les interrompit une voix qu'ils commençaient à bien connaître.
« - Mitchie ? Ici Scott Gray !
« - Ah ! C'est vous, dit-elle avec détachement. Qu'est-ce que vous me voulez encore ? Ça vous a pas suffit votre inquisition de tout à l'heure ?
« - Mitchie, intervint sa mère.
« - Désolée, reprit-elle sans le penser. Alors, que puis-je pour vous ?
« - Voilà, j'aimerais comprendre pourquoi tu t'es énervée aussi soudainement tout à l'heure ?
« - Vous n'avez qu'à demander à James Bond, il était présent, grimaça-t-elle. Euh, désolée, soupira-t-elle.
Il lui expliqua qu'il connaissait déjà la version de son fils et qu'il voulait la sienne. Ils durent attendre que Connie s'en mêle pour qu'elle consente enfin à raconter sa version. Le médecin sentit bien qu'elle le faisait à contrecœur. Il savait que ce n'était pas en la poussant ainsi qu'elle allait s'ouvrir. Il s'abstint cependant de tout commentaire et lui posa quelques questions, avant de lui donner la vraie raison de son appel.
« - Très bien, je comprends ! J'aimerais savoir une dernière chose, dit-il avant de sourire devant son soupir. Acceptes-tu de revenir pour continuer ta thérapie ?
« - Si j'avais le choix, croyez-mois, je ne reviendrais pas, mais on est encore à l'époque de l'esclavage de ce côté de la ville. Désolée maman, ajouta-t-elle après quelques secondes. Enfin bref, je suis obligée de revenir alors … Bref, si vous n'avez plus de questions inspecteur, je remonte ! J'ai des trucs importants à faire… Salut !
Sur ces mots, la jeune femme se leva et retourna dans sa chambre, sous le regard noir de sa mère, qu'elle ne vit évidemment pas. Elle entendit le léger rire de son père et se demanda ce qu'il y avait de drôle. Ce qu'elle ignorait, bien sûr, c'était que Steve était amusé par sa fille. Elle avait toujours un drôle de sens de l'humour qui parfois n'était compris par personne. Connie reprit le combiné et s'excusa de l'attitude sa fille. Quand elle raccrocha, elle se tourna vers son mari.
« - On y retourne demain pour en parler, tu nous accompagnes ou pas ? Je devais passer à l'entreprise mais …
« - Vas travailler, j'emmène Mitchie. Je pourrais ainsi rencontrer ce médecin qui aide tant notre fille.
« - Ne ris pas Steve, fit-elle amusée. Ce n'est pas drôle ! Mitchie se comporte comme une enfant gâtée et je n'aime pas ça.
Acquiesçant, il sourcilla en entendant du rock émaner de la chambre de sa fille. Elle avait, visiblement, finit de déprimer.
Loin des tracas de sa famille, la brunette s'assit sur son lit et soupira. Elle n'appréciait pas le fait de devoir sans arrêt s'excuser auprès du médecin. Il avait, à ses yeux, mérité son ton froid et détaché. Malheureusement pour elle, sa mère ne voyait pas les choses sous cet angle et l'avait priée de s'excuser. Elle ignorait la fin de la conversation mais pria pour qu'au final elle n'ait plus à y retourner. Elle se souvenait très bien que Connie ne lui avait laissé, comme seul autre choix, une thérapie normale et elle refusait catégoriquement d'aller voir un psychiatre. Elle n'avait aucun problème psychologique, si ce n'était que ses yeux refusaient de fonctionner. Pour elle, ce problème venait de l'incompétence des médecins de l'hôpital qui n'avaient pas su détecter cette anomalie pendant un de leurs nombreux examens. La jeune femme restait persuadée qu'elle ne reverrait pas, à cause d'un problème neurologique.
Une demi-heure plus tard, Connie l'appela pour venir manger et elle descendit comme chaque fois, concentrée sur le nombre de pas qu'elle faisait. Elle mangea en silence, perdue dans ses pensées. Elle commençait à regretter de ne pas pouvoir aller au lycée et vagabonder dans les couloirs. Elle aimait l'ambiance de son lycée. Ceux qui se sentaient si populaires, comme sa cousine, dans l'enceinte du lycée. Ceux dont ils se moquaient pour le moment. Elle aimerait y revenir. Croiser le regard ennuyé de sa cousine et la voir se pavaner devant Preston. Elle se demanda un instant comment ils faisaient à présent qu'elle n'était plus là pour leur donner les réponses en math ou en espagnol. Avaient-ils trouvé une nouvelle personne ou bien s'étaient-ils mis à étudier ? Elle eut un sourire en imaginant cette chère Dorine ouvrir un livre.
« Un magasine peut-être. Enfin que s'il contenait la recette miracle pour avoir une manucure toujours parfaite, songea-t-elle. Mais un livre … Non, impossible. »
A la fin de son repas, elle monta dans sa chambre et y resta dans un drôle de silence. Elle se coucha aux alentours de minuit, avec l'impression d'être coincée dans un cercle sans fin. Tout n'était que recommencement. Elle se levait, allait jouer un peu de piano tous les deux jours, puis revenait chez elle, avec l'envie de ne voir personne. Elle mangeait aussi sans voir ce qu'il y avait dans son assiette. Elle avait l'impression de ne plus rien savoir. Que se passerait-il le jour ou elle perdrait la mémoire ? Le jour ou elle ne se souviendrait plus du visage joyeux de sa mère ? Ni du sourire de son père ? Ou sa meilleure amie ne serait plus qu'un prénom sans visage ? Elle se retrouverait seule. Plus d'images, que des sons. Du bruit et des impressions. Il lui restait ses doigts certes, qui étaient encore une manière de voir du moins de sentir, mais ce n'était pas pareil. Ne voulant pas céder le pas à la déprime qui pointait le bout de son nez, elle se coucha et espéra que le sommeil viendrait rapidement.
Lorsque sa mère la réveilla le lendemain, elle commença par grimacer puis s'interrogea. Elle n'avait rien de prévu aujourd'hui, alors pourquoi Connie voulait qu'elle soit prête pour onze heures ? Refusant de réfléchir, avant un bon petit-déjeuner, elle rejoignit la cuisine où elle s'assit.
« - Bonjour ma fille.
« - Papa ? Tu ne travailles pas aujourd'hui ?
« - Non ! Sinon je ne serais pas là… Mais ne parlons pas de choses qui fâchent. On se fait une journée entre-nous, qu'en penses-tu ? Du shopping, une séance maquillage et …
« - T'es vraiment débile papa, rit-elle. Mais je marche, si on évite les boutiques.
« - Ne t'en fais pas. J'ai par contre pensé qu'une visite chez le coiffeur serait pas mal ! Qu'en dis-tu ?
Elle y réfléchit quelques secondes puis passa la main dans ses cheveux avant d'acquiescer.. Elle termina donc rapidement son repas car Steve la prévint qu'elle avait rendez-vous à onze heures trente.
Elle fut prête dix minutes avant de partir. Quand ils arrivèrent au salon, ils patientèrent plusieurs minutes, durant lesquelles, elle écouta la vie, ses lunettes sur le nez.
« - Bonjour, je m'appelle Moira.
« - Bonjour ! Je vous confie la tête de ma fille alors…
« - Très bien, suivez-moi !
La coiffeuse commença à partir, mais avisant les miroirs, elle nota que sa cliente restait accrochée au bras de son père et sourit.
« - Je ne vais pas la manger, vous savez ? Vous pouvez aller faire un tour en attendant.
« - Désolé mais Mitchie a quelques ennuis de santé, éluda-t-il.
Elle sembla comprendre puis leur désigna les bacs, alors qu'elle allait en réserve chercher une serviette propre. Une fois le peignoir obligatoire enfilé, la coiffeuse lui demanda d'enlever ses lunettes et arqua un sourcil en voyant qu'elle gardait les yeux fermés. C'était la première fois, qu'elle ne croisait pas le regard d'une de ses clientes. Elle chercha donc au travers de plusieurs questions d'en comprendre la raison. Seulement, la jeune femme refusait d'engager la conversation, si bien que Moira finit par abandonner et discuta avec son père.
Durant la coupe, qui restait la même sinon en plus courte, elle apprit que la jeune femme n'avait jamais été loquace.
« Le contraire de son père, semble-t-il, pensa la coiffeuse. »
Il lui fallut presque une demi-heure pour terminer la coupe avant de lui sécher les cheveux. A aucun moment, la brunette n'avait ouvert les yeux et Moira songea qu'elle était peut être aveugle. Comme elle n'avait aucune canne, cette explication ne lui convenait pas.
« - Excusez-moi, intervint Mitchie, ça serait possible de friser seulement quelques mèches ?
La coiffeuse acquiesça et une fois la chevelure parfaitement lisse, elle prit une mèche et lui demanda si ça lui convenait. La brunette se contenta de sourire et décida de lui faire confiance. Moira demanda l'accord de son père, qui hocha la tête, visiblement satisfait.
Un quart d'heure plus tard, ils passaient en caisse et sa cliente avait déjà remis ses lunettes de soleil. Ils sortirent peu après et allèrent manger dehors, tranquillement. Mitchie voulait aller dans une animalerie pour écouter les chiens aboyer et les oiseaux piailler. Ils passèrent donc une bonne heure à écouter les animaux. A un moment, elle entendit un chiot pleurer et demanda à son père ce qu'il se passait.
« - A priori rien. Il est tout seul dans son coin et pleure.
« - Il ressemble à quoi ?
« - C'est un cocker couleur caramel.
La jeune femme ayant des lunettes qui lui mangeaient la moitié du visage, il ne vit pas ses traits s'adoucir, alors qu'elle regardait en direction du bruit. Seulement, alors que Steve continuait son tour, il se tourna pour lui parler d'un carlin qui jouait avec un de ses camarades mais ne la vit pas. Il fronça les sourcils puis refit chemin inverse pour finalement la trouver devant la cage. Plus surprenant encore, le petit chien était contre le carreau en plastique, les pattes appuyées au niveau des yeux de sa fille, qui s'était légèrement baissée. S'éloignant, il appela sa femme pendant que sa fille parlait avec le chiot. Il ne lui répondait pas bien sûr, pas plus qu'elle ne le voyait mais ça ne l'empêchait pas de lui dire qu'il était mignon. Son père la rejoignit quelques minutes plus tard et demanda :
« - Toujours devant le chiot ?
« - Oui ! Il a l'air trop mignon. Pourquoi on a jamais eu de chien à la maison ?
« - Tu n'as jamais manifesté l'envie d'avoir un animal, donc ta mère et moi en avons conclu que ça ne t'intéressait pas. Pourquoi, tu en voudrais un ?
« - J'adorerais, sourit-elle avant de se rembrunir, dommage que je ne le vois pas.
« - On fait un marché alors. Si tu acceptes d'aller voir Scott Gray pour lui présenter tes excuses et lui assurer que tu assisteras à chaque séance, alors on prend ce gentil petit cocker. Intéressée ?
« - C'est du chantage ça !
« - Disons que c'est un marché. Ou plutôt un deal, comme disent ceux de ton âge.
« - T'es sérieux ?
« - Parfaitement ! Je viens d'en parler à ta mère et elle accepte de s'en occuper et de l'éduquer le temps que tu revoies mais après ça sera à toi d'assurer question dressage ? Nous on paye la nourriture et les soins. D'accord ?
La jeune femme resta muette durant une seconde puis chercha sa main. Quand elle la trouva, elle lui sauta dans les bras le remerciant mille fois, avant de lui assurer qu'elle acceptait toutes les conditions. Quelques minutes plus tard, ils passaient donc en caisse, avec une laisse, un harnais réglable, deux gamelles, des jouets et bien sûr des croquettes adaptés à son âge. Mitchie était donc la propriétaire d'un petit cocker qu'elle prénomma Sweety. Ils montèrent en voiture et prirent tranquillement la direction de la maison du thérapeute. Ils avaient rendez-vous à quinze heures, mais arrivèrent avec quelques minutes de retard.
Shane arriva au moment où la voiture se garait dans l'allée. « Sûrement de nouveaux patients, songea-t-il. » Seulement, dès qu'il vit la jeune femme sortir, avec un chiot dans ses bras, il s'arrêta et la regarda. Son père l'a rejoignit et elle posa l'animal au sol. Les rejoignant, il se présenta à Mr Torres. Ouvrant la porte, il salua la jeune femme mais son ton froid lui fit comprendre qu'elle était loin d'avoir décolérée.
« - Papa, Mitchie et son père sont ici, cria-t-il sachant qu'il ne travaillait pas.
« - J'arrive dans quelques secondes, tu leur sers quelque chose s'il te plait.
Shane les conduisit au salon et Steve s'étonna de voir sa fille marcher d'un pas tranquille dans la pièce. Il se souvint cependant qu'elle venait souvent. Elle devait donc connaître la pièce. Le jeune homme leur proposa de boire quelque chose de frais, ce qui fut accueillit avec plaisir. Scott arriva quelques minutes plus tard et se présenta avant de s'excuser d'avoir été si long. Ils discutèrent doucement quelques minutes puis le médecin se tourna vers la jeune femme.
« - Bien, j'ai demandé à tes parents de te faire venir aujourd'hui afin qu'on tire cette histoire au clair ! Vois-tu, je ne laisse jamais mes élèves seuls. C'est pourquoi, quand je dois prendre un appel comme hier, mon fils garde toujours un œil sur mon élève, qui qu'il soit. C'est ce qu'il s'est passé hier.
« - Pourquoi n'a t-il pas manifesté sa présence alors ?
« - Parce que papa m'a dit que tu … Que vous détestiez parler avec des gens que vous ne connaissiez pas. J'étais juste là au cas où il vous arriverait quelque chose, mais la plupart du temps, je ne manifeste jamais ma présence.
La jeune femme regarda en direction de la voix, peu convaincue. Scott reprit la parole, expliquant, plus au père qu'à sa patiente, les raisons de cette surveillance. Non qu'il n'avait pas confiance en ses patients mais certains paniquaient lorsqu'ils étaient seuls, ou en profitaient pour arrêter leurs exercices. Shane était juste là pour éviter que ça arrive. Steve le comprit très bien et se tourna vers sa fille en se demandant si elle le comprenait également.
« - Ecoutez, dit le jeune homme en butant sur le vouvoiement, je m'excuse de ne pas avoir manifesté ma présence hier. Je vous promets que ça ne se reproduira plus. Si jamais, je dois encore garder un œil sur vous, je vous préviendrais, afin que vous ne soyez pas surprise !
« - Alors Mitchie, j'imagine que tu y as réfléchi et j'aimerais savoir si oui ou non, tu continues de venir ici ou pas ?
« - Très bien, soupira-t-elle. Je reviendrais demain, à l'heure comme tous les deux jours, mais je … Sweety, on ne vas pas le laisser seul quand même, dit-elle en se tournant vers son père.
Steve éclata de rire et expliqua au thérapeute qu'elle venait d'adopter un chien. Scott lui assura qu'il serait le bienvenu, à condition qu'il reste sage, ce que la jeune femme ne put garantir.
De son côté, Shane l'observa amusé. Pour la première fois depuis qu'il la connaissait, il la vit sourire et la trouva encore plus jolie.
Voilà c'est tout pour aujourd'hui. Je ne peux pas vous dire quand la suite arrivera car j'ai des examens dans les semaines à venir mais je vous promets de la mettre aussi vite que possible.
C.
