Blabla de l'auteur : Hello everyone, voilà enfin la suite.. C'est mon anniv ce WE et j'avais promis que ce chap viendrait à cette date limite.. la personne en question se reconnaitra… ! ^^ Alors là le rapprochement est clair et net but est-ce en bonne voie selon vous ou va-t-il y avoir de l'interdiction et de la tension dans l'air !... ?

Thx tout le monde pr les coms ou les simples lectures, especially to Nouna (oc dear here some reading for you.. finally), Lisa Rose, Shinku62 and Joanna (merci pour tes supers compliments… et ravie que t'ai aimé la chanson.. désolée pour les larmes)

Disclaimer : Rien ne nous appartient, tout est à celui qui a eu la brillante idée de cet univers, soit Disney ! Nous, on emprunte, pour un petit temps, et promis, on remettra tout en place à la fin !

Comme convenu, Shane raccompagna Mitchie chez elle et il sourit en voyant son chien courir alors qu'elle s'accroupissait pour le caresser. Le prenant dans ses bras, elle se tourna vers son ami.

« - Sweety, je te présent Shane, un ami. Donc faudra pas le mordre d'accord ? Sauf s'il me fait mal, là je t'autorise à le manger tout cru !

« - Promis, je te ferais pas de mal, assura-t-il en souriant. Salut Sweety !

Le chien aboya joyeusement en remuant la queue et se laissa caresser après avoir senti sa main. Quand elle le reposa au sol, ils s'assirent dans le jardin et jouèrent quelques minutes en lui lançant un jouet qui faisait du bruit ce qui permit à la brunette de savoir où le jouet tombait. Elle sourit quand Shane lui raconta, qu'il était entrain de se « battre » pour garder l'objet pour lui puis finit par se rendre quand Sweety grogna, toujours en remuant sa petite queue.

Dix minutes plus tard, il dut rentrer quand son père lui rappela qu'ils devaient aller faire des courses. Il aida son amie à se relever avant de lui faire la bise. Elle lui donna rendez-vous lundi chez lui et il la regarda rentrer en discutant avec son chien, alors qu'il aboyait joyeusement en tournant autour d'elle. Elle lui donna ensuite à manger puis monta prendre une douche. Malgré elle, elle repensa à l'après-midi. Suite à leur conversation, ils avaient été se baigner seulement, elle avait eu peur de marcher seule dans l'eau et il s'était proposé de l'aider. Durant plus d'une heure, elle l'avait senti contre elle. A chacun de ses pas ! Il l'avait guidé, tantôt marchant devant elle en lui tenant simplement les poignets, tantôt derrière elle afin qu'elle s'appuie contre lui. Son dos était collé au torse du jeune homme et elle sentit, en y repensant, un drôle de frissons dans sa colonne vertébrale. Si elle voulait être honnête avec elle-même, elle devait avouer qu'elle avait aimé pouvoir s'appuyer contre lui, se réfugier dans ses bras quand elle avait eu peur de tomber. Elle ignorait à quoi il ressemblait exactement, elle savait juste qu'en plus de sentir bon, il était musclé. Tout deux en maillots de bains, il n'avait pu tricher sur sa silhouette.

« Il a la peau douce en tout cas, songea-t-elle. Et le torse pas poilu, c'est certain ! N'empêche, ça a du bon d'être aveugle. J'ignore peut être à quoi il ressemble, s'il est brun ou blond, mais je peux dire avec certitude que torse nu, il vaut largement Preston. Et sans jouer au foot, chose que je déteste ! Tout comme c'est certain que Dorine lui mettra le grappin dessus si elle découvre son existence. Enfin elle essayera sans succès puisqu'il n'aime pas son côté Diva, rit-elle en souvenir de l'après-midi qu'ils avaient passé à se moquer d'elle. »

Sortant de l'eau, elle se rhabilla, mit son maillot au sale puis retourna au salon où elle alluma la télé en sourdine. Assise sur le canapé, elle repensa à leur bataille d'eau, dans la crique et plus précisément, au moment où elle avait perdu l'équilibre.

Flash-back

Ils étaient au milieu de la crique, s'envoyant des giclées d'eau tout en riant, quand elle mit un coup de pied dans l'eau afin de l'arroser au maximum. Manque de chance, elle perdit l'équilibre et tomba dans un grand « plouf » qui fit rire Shane. Néanmoins il se rapprocha et lui prit la main pour l'aider. Manque de chance, il tira trop fort et elle fut plaquée contre lui. Elle arrêta aussitôt de respirer alors qu'il faisait glisser ses mains dans son dos.

« - C'est bon, je peux te lâcher, chuchota-t-il à cause de leur promiscuité.

« - Je… Ouais, ça devrait aller, répondit-elle sur le même ton. Mais je vais également faire une pause, j'ai besoin de reprendre mon souffle.

« - Ok, je te ramène sur la berge.

Durant toute leur conversation aucun n'avait parlé à volume normal se contentant de murmurer, inconscient que ce ton rendait encore plus intime ce moment qu'ils trouvèrent légèrement gênant. L'aidant à s'asseoir sur une serviette qu'il avait apporté, il prit place contre elle et lui demanda si elle regrettait d'être sortie de chez elle.

Fin du flash-back

« Oh non, songea-t-elle, je n'ai pas regretté un seul instant de casser ma routine, pour aller là-bas avec lui. Au contraire c'était vraiment drôle et agréable. Et face à lui, je n'ai pas peur d'être ridicule. Je reprends confiance en moi et c'est cool. Comme ça quand je retournerais en cours, je n'aurais plus peur de parler à Preston. »

Souriant à cette idée, elle ne se rendit pas compte, contrairement à d'habitude, qu'évoquer le jeune homme ne tordit pas son estomac. Pas plus qu'elle n'eut de frisson en les imaginant s'embrasser juste avant qu'il n'aille sur le terrain. Supposant que c'était du au fait qu'elle ne l'avait pas vu depuis longtemps, elle haussa les épaules et sourit quand son père, qui rentra le premier, lui demanda si sa balade avait été agréable.

« - Ouais on a fait une bataille d'eau, c'était rigolo. Sauf quand je suis tombée mais bon. La prochaine fois j'emmènerais Sweety, c'est super beau là-bas. Enfin si Shane est d'accord vu que c'est son petit coin.

Steve acquiesça en lui assurant que c'était plus sage de lui demander avant puis alla se laver, laissant la jeune femme seule. Souriant, elle alla prendre le téléphone et composa le numéro de Shane, en s'aidant de la mélodie des touches. Il lui fallut cinq essais pour trouver les bonnes et elle écouta les tonalités.

« - Résidence des Gray, répondit-on.

« - Euh salut c'est Mitchie.

« - Salut, sourit-il. Tu veux parler à mon père ?

« - Non, à toi. J'ai oublié de te remercier pour la balade et tout, c'était vraiment sympa !

« - Mais de rien, je vais t'avouer un truc, j'ai également apprécié cette après-midi sans nos parents pour nous déranger, rit-il. Tu fais quoi là ?

« - Je regarde le temps filer, enfin j'écoute serait plus exacte. Depuis que je suis sortie de ma douche, j'ai du mal à bouger … Et toi ?

« - Je sors de la douche également ! J'ai rencontré des amis en chemin du coup j'ai traîné.

« - Le bol, moi j'ai croisé personne de ma douche au salon, rit-elle. Mais j'appréhende le fait de revoir ma famille demain !

« - T'en fais pas, je suis sûr que ça se passera bien… Dis-moi, reprit-il après quelques secondes, ça te dirait de rester un peu plus longtemps à la maison lundi ? Nate, un de ceux avec qui je sui monté sur scène, précisa-t-il, m'a rappelé qu'on avait un exposé avec Callaway en civilisation et je risque de rentrer tard.

« - Toi aussi tu l'as en Géo ? C'est la galère ce prof, il me fait flipper avec ses yeux globuleux.

« - Ce n'est pas bien de se moquer du visage des gens jeune fille … Même si avec lui, les blagues sont faciles à faire, admit-il en souriant. Enfin bref, je vais rentrer un peu plus tard et j'aurais aimé te parler après ta séance. Sans que mon père entende, je veux dire !

« - Ouais pourquoi pas. Je dirais à maman que je rentrerais seule. Après tout, faut bien que je me lance, souffla-t-elle.

Il rit en admettant qu'elle avait raison puis raccrocha après quelques minutes, son père venait de rentrer, et il ne voulait pas qu'il sache avec qui il était au téléphone. Faisant de même, la brunette se rassit sur le canapé au moment où son père revenait également. S'il avait pu entendre leur conversation, il ne fit aucune remarque car elle n'avait rien dit de mal mais lui demanda l'air de rien, si elle allait s'excuser le lendemain.

« - Oui promis, mais pas la peine de me donner ce que je demande. Faudra qu'ils évitent de me donner l'eau ou le verre dès que j'esquisse un geste ! J'ai dix-sept ans, un peu passé, sourit-elle. Je suis une grande fille.

Ils rirent et il lui promit de faire au mieux. Elle hocha la tête puis monta à l'étage. Depuis l'après-midi qu'elle avait passé avec Shane, elle avait envie de rejouer. Elle prit sa guitare, et ses compositions qu'elle connaissait par cœur, en prenant plaisir à les rejouer.

Sa soirée fut calme puisqu'ils la passèrent à discuter des « conditions » à mettre en place afin que ses retrouvailles familiales se passent pour le mieux et elle ne put aller se coucher qu'à minuit.

Mitchie se réveilla huit heures plus tard mais traîna une heure dans son lit avant de se lever, se préparant pour sa journée. Elle n'avait plus vraiment envie de revoir tout le monde, mais elle se consola en se souvenant que c'était ceux qu'elle appréciait le plus.

« Il y a aura Sierra. On va pouvoir discuter, songea-t-elle. »

Cette simple nouvelle la fit sourire et elle termina de s'habiller de bonne humeur, avant de descendre à la cuisine pour aider sa mère à préparer le repas. Durant celui-ci elle se mit à fredonner en souriant et Connie se demanda ce qu'elle avait. Elle avait bien noté son air absent la veille mais elle en ignorait la cause. Selon son mari, elle était ainsi depuis qu'elle avait raccroché avec Shane, ce qui l'avait fait sourire.

A quatorze heures tout le monde arriva et elle salua tout le monde, ravie de les revoir, mais resta sur le perron pour surtout accueillir sa meilleure amie. Elle rata donc les directives de ses parents qui demandèrent à leur famille de laisser Mitchie. De ne pas l'aider à se servir ni rien. S'ils en furent étonnés, ils acceptèrent de jouer le jeu quand Steve leur expliqua que c'était le seul moyen d'aider réellement sa fille. Aussi lorsque les deux entrèrent en riant, Connie les prévint qu'ils étaient dans le salon. La brunette ouvrit la marche en s'aidant de sa canne, tout en écoutant son amie se moquer de l'attitude de Dorine quand elle avait été rembarrée par Shane. Selon son amie, la jeune femme avait été le voir pour être amie avec lui mais il avait refusé en décrétant qu'il préférait les personnes simple comme Mitchie.

« - Il m'a vraiment cité en exemple, demanda-t-elle choquée.

« - Ouais. Si tu avais vu la tête qu'elle a fait. Je crois qu'elle n'a pas apprécié la vérité. Bonjour, dit-elle en saluant tout le monde.

Durant toute l'après-midi, Mitchie se força à parler avec tout le monde en s'excusant auprès de certains pour son attitude de ces dernières semaines. Heureusement tout le monde s'accorda à dire qu'ils ne lui en tenaient pas rigueur.

« - Sauf Dodo, précisa Ludovic amusé. On était chez elle hier, elle n'a toujours pas digéré que tu la compares à une peste et à une poupée barbie ! Elle attend tes excuses d'ailleurs.

« - Elle peut s'asseoir dessus et elle le sait, sourit-elle. Enfin c'est cool qu'elle refuse de me parler tant que je me serais pas excusée d'avoir dit la vérité, comme ça je n'aurais pas à supporter son parfum hors de prix qui sent mauvais.

« - Elle va te mener la vie dur au lycée t'en as conscience, demanda sa meilleure amie.

« - Si elle approche, je lui fracasse ma canne blanche sur la tête et tant pis si je suis obligée d'en racheter une après !

« - Sauf que tu reverras donc ta canne ne te servira à rien !

« - Si… A lui fracasser son crâne de piaf, contra-t-elle. Et puis regardes, elle se replie, dit-elle en joignant le geste à la parole, alors elle passera inaperçue dans mon sac.

Elles rirent alors que Steve soupirait d'un air découragé. Il était cependant ravi de l'entendre, pour la première fois, espérer qu'elle reverrait.

« Son psy a raison, elle commence à guérir, songea-t-il. Espérons qu'il n'y aura pas de rechute ! »

Notant son sourire, Alice lui demanda ce qu'il avait et il rit en arguant qu'il ne se souvenait pas que le lycée était si compliqué, ce qui fit rire tous les adultes. Au contraire, les jeunes répondirent que c'était même pire maintenant que l'uniforme n'était plus obligatoire.

« - Oh tu imagines l'autre pimbêche à pompom, dans un uniforme informe et gris ?

« - Euh non, sourit Sierra. Ta cousine aurait brûlé le sien et aurait fait la révolution juste pour ne pas avoir à le porter !

« - Tu m'étonnes ! J'imagine très bien son slogan. « Plutôt venir en culotte que porter l'uniforme »

Les quatre éclatèrent de rire en se disant qu'elle en aurait été capable. Ce qu'ils ignoraient tous c'était que cette après-midi fit du bien à la brunette. Elle avait beaucoup appréhendé de revoir ces personnes mais au finale tout se déroulait normalement et elle sentait qu'on ne la prenait plus pour une incapable. Souriant, elle tendit la main pour prendre son verre et Connie se tendit quand Alice voulut l'aider. Steve l'en empêcha, au dernier moment et sa fille se servit toute seule en écoutant ses cousins se plaindre de leur lycée privé. Ils auraient préféré aller dans celui de leur cousine juste pour compter les points, précisa Gabriel le jumeau de Ludovic. Connie le remercia d'un sourire lorsqu'elle comprit qu'ils avaient surtout parlé pour ne pas qu'elle sente qu'ils avaient tous voulu l'aider.

De son côté, Shane passa son dimanche à penser à elle. Il avait apprécié leur balade à la crique. C'était la première à qui il parlait réellement de sa mère. Nate et Jason avaient vécue l'histoire de l'intérieur puisqu'ils se connaissaient déjà à ce moment-là.

« Alors qu'elle non, songea-t-il. Et pourtant, sans connaître maman, elle a pleuré quand elle a appris son histoire. »

Secouant la tête, il repensa à leur après-midi et dut s'avouer que la voir seulement habillée d'un maillot de bain noir, l'avait retourné. Bien sûr, comme tout jeune homme, il avait cherché à imaginer sa silhouette toujours cachée par ses tuniques, seulement durant leur après-midi, elle avait dut les enlever pour se baigner. Il l'avait trouvé magnifique, encore plus quand elle avait rit en l'aspergeant d'eau. Elle semblait réellement heureuse et il espérait y être pour quelque chose. Allongé sur son lit, il ferma les yeux afin de se souvenir de leur tête à tête. Il n'osait pas lui avouer, mais il avait réellement adoré la sentir contre lui, respirer son léger parfum qui l'obsédait, caresser sa peau si douce. Il avait hâte d'être à lundi pour la revoir. Il savait qu'ils ne parleraient pas de leur sortie devant son père, lui-même refusait d'aborder le sujet, mais peut-être, lorsqu'ils seraient seuls, il oserait lui en parler. Lui dire qu'il avait aimé la sentir se blottir contre lui quand elle hésitait à faire un pas ou qu'un drôle de bruit la faisait sursauter. Le moment qu'il avait préféré était la conversation qu'ils avaient eue suite à sa chute dans l'eau.

Flash-back

L'aidant à s'asseoir sur une serviette qu'il avait apporté, il prit place contre elle et lui demanda si elle regrettait d'être sortie de chez elle. Le jeune homme avait peur qu'elle lui dise qu'elle aurait préféré rester chez elle mais il sourit quand elle lui confia qu'elle appréciait cette cassure dans sa routine.

« - Même si je n'ai plus trop de routine. Mes parents me laissent seule à présent quand je le demande et j'apprends à utiliser ma canne pour marcher du coup je pourrais bientôt à nouveau me balader. Ça me fera du bien de ne plus être enfermée… Mais c'est sécurisant de rester chez soi.

« - Ouais. Cela dit tu vas bientôt te remettre à composer, à sortir et tu oublieras même ces semaines où tu ne voyais plus rien.

« - Je ne sais pas. Je crois que je ne pourrais pas oublier que je suis devenue aveugle, que j'ai du renoncer à mes rêves et tout çà cause d'une idée idiote. J'y réfléchirais à deux fois la prochaine fois que je voudrais grimper cette falaise.

« - Pourquoi renoncer à tes rêves ? Tu l'as dit, Ray Charles était aveugle et c'est un des pianistes les plus réputés. Enfin était. Alors en te voyant, ça ne devrait pas te poser de problème ?

« - Si je revoie oui. Sinon je ne sais pas… Peut-être que je ferais comme ton père. Mais pas en psycho hein, plutôt… Je ne sais pas, j'apprendrais aux aveugles à se déplacer dans la ville et à se servir de leurs autres sens !

Il soupira mentalement mais refusa de dire ce qu'il pensait. Pour sa part, il était certain qu'elle finirait par revoir seulement il ignorait si oui ou non, il en serait ravi. Elle semblait persuadée qu'elle resterait aveugle à vie et il n'aimait pas l'idée qu'elle soit défaitiste. Mitchie choisit ce moment pour changer de position et il rougit légèrement lorsqu'elle s'appuya sur sa cuisse afin d'allonger ses jambes. Il en profita pour croiser les siennes si bien que, malgré lui, il colla sa cuisse contre celle de la jeune femme qui sourit avant de regarder en direction d'un arbre où il y avait des oiseaux qu'elle lui montra. Se penchant pour les voir, il les lui décrivit en murmura puisqu'il était près de son oreille. Elle tourna son visage vers lui et il retint sa respiration avant de faire de même. Il fixa ses lèvres et sentit son estomac se serrer légèrement. Il préféra cependant s'éloigner, songeant que ce n'était pas une bonne idée !

Fin du flash-back

Secouant la tête, il se rassit et prit sa guitare dans le but de se changer les idées avant de regarder l'heure. Il était dix-sept heures et il se demanda si sa famille était toujours là, tout en réfléchissant à un prétexte qui lui permettrait de l'appeler. N'en trouvant pas, il abandonna l'idée et termina son exposé de Civilisation. Il passait, le lendemain avec Jason et il voulait que celui-ci soit bon, afin que le professeur ne les retienne pas.

Il fut donc ravi quand ils entrèrent en cours. Le professeur leur annonça qu'ils passeraient en premier afin de permettre à Julian, qui devait passer avant eux, de se rendre dans le bureau du principal où il était attendu. Se levant, ils échangèrent un sourire et commencèrent à parler du gouvernement de Bill Clinton, puisque c'était le sujet de leur travail. Ils ne purent passer à côté des divers scandales liés à Monica Lewinsky puis conclurent par l'envie qu'avait eu Hilary Clinton de se présenter aux élections.

« - C'était pas mal, décréta leur professeur. Vous auriez peut-être pu éviter d'être aussi précis sur l'affaire Lewinsky puisque ce qui nous intéresse était surtout sa politique mais je vous mets un B plus à tous les deux. Groupe suivant ?

Se rasseyant, Shane soupira. Il avait passé plusieurs jours à travailler ce projet et tout ce qu'il recevait était un B plus. S'il n'était pas aussi pressé de revoir Mitchie, il aurait probablement contesté sa note à la fin du cours.

« - Si j'avais su, j'aurais moins bossé, grommela Jason devant lui.

« - Pareil ! Tout ça pour un B, je suis vert !

« - Moi aussi. Ça te dit d'aller le voir à la fin du cours ?

« - Désolé, faut que je rentre rapidement. Mon père a besoin de moi pour un patient, mentit-il.

Le prévenant qu'il irait quand même parler en leur nom, il s'intéressa à l'exposé suivant. Aussi à la fin du cours, seul Shane quitta la pièce d'un pas pressé. Ses amis ne s'étonnèrent pas de ce fait puisque c'était fréquent qu'il aide son père avec ses patients., Principalement, quand Scott devait s'absenter quelques minutes ou discuter avec des futurs patients.

Lorsqu'il rentra, il entendit rire Mitchie et monta dans sa chambre. Seulement alors qu'il était dans l'escalier, son père l'appela. Faisant demi-tour, il entra dans le salon et salua son amie qui le lui rendit, ravie de le voir.

« - Mitchie a envie de parler aujourd'hui donc pas besoin de ta guitare, expliqua Scott en souriant.

« - Disons que je n'ai pas eu le choix, précisa la jeune patiente. Ou j'acceptais de parler un peu ou je n'avais pas le droit de rester après ma séance ! Et comme j'ai envie de te parler, dit-elle en tournant son visage vers lui, je n'ai pas eu trop le choix, j'ai dû céder au chantage !

« - Tu as osé profiter d'une infirme, fit-il choqué malgré le rire qu'on percevait dans sa voix. C'est indigne d'un psy !

« - C'est ce que j'ai dit, sauf que j'ai employé impotente, j'aime bien ce mot, expliqua-t-elle.

Il acquiesça et s'assit sur un fauteuil en attendant qu'elle termine le prélude de Debussy. Comme elle avait encore le droit de choisir les sujets, elle parla du lycée qui lui manquait et de l'envie qu'elle avait, depuis la veille, de casser sa canne blanche sur la tête de sa cousine. Officiellement pour se venger des vacheries qu'elle avait subi, officieusement, c'était surtout parce que Dorine semblait vouloir éloigner Shane d'elle. Le jeune homme rit justement quand elle prononça son prénom et son père lui demanda ce qu'il avait.

« - Rien, c'est juste qu'elle ignorait mon existence alors que je suis en anglais avec elle mais depuis que j'ai pris la défense de Sierra, la meilleure amie de Mitchie, elle n'arrête pas de me sourire.

« Raison de plus pour lui faire manger ma canne, songea la jeune femme avec colère. » Elle détestait l'idée que sa cousine s'intéresse à son ami et se promit de lui faire comprendre de ne pas l'approcher, dès qu'elle la reverrait. Durant le reste de la séance, ils parlèrent du lycée, des rivalités entre les groupes d'adolescents puis Armando, un autre patient, arriva.

« - J'emmène Mitchie à l'étage, prévint son fils.

Tout en lui prenant la main, plus par envie que besoin, il la conduisit dans sa chambre en attrapant son sac au passage qu'il déposa sous son bureau. Il fut rassuré du fait qu'elle ne verrait pas qu'il n'avait pas fait sa chambre depuis quelques jours. Les cahiers et livres s'entassaient sur son bureau, des vêtements traînaient par terre et son lit n'était pas fait. Tirant rapidement les draps, il lui proposa de s'asseoir et se mit face à elle. Ne sachant pas trop comment reparler de leur balade, il préféra lui demander comment la réunion de la veille s'était passée et rit quand elle lui résuma.

« - Maintenant, je comprends d'où vient ton envie de casser ta canne sur la tête de ta cousine, soupira-t-il avant de reprendre en souriant. Ce jour-là appelle-moi avant. Que je la tienne histoire d'être sûre qu'elle sente la canne se casser.

« - D'accord, sourit-elle. Justement, avec Sierra on n'était pas sûre de réussir à la contenir. Elle et tous ses sujets, je veux dire !

« - Ouais avec Jason on enfermera l'équipe du lycée dans le vestiaire, on l'a déjà fait, ça sera simple. Et Nate assura votre sécurité le temps qu'on arrive.

Impressionnée, la brunette lui demanda comment ils avaient réussi à enferme dix-huit joueurs et riant, il lui expliqua qu'ils avaient attendus qu'ils soient sous la douche pour bloquer les deux portes. Selon la rumeur officielle, puisque personne ne savait qui avait agi, c'était l'équipe adverse qui les avait piégés. Ils étaient restés enfermés deux bonnes heures avant que l'entraîneur ne revienne, puisqu'il avait du partir voir le principal. Elle rit de bon cœur en se souvenant de cette histoire. A cette époque, elle en avait voulu à l'équipe adverse pour cette bassesse mais à présent, elle riait en les imaginant très bien crier à l'aide ! Entendant le jeune homme rire, elle sourit et lui promit de garder le secret quand ils furent plus calmes.

« - Au fait, pourquoi tu voulais que je reste ?

« - Je… Je voulais parler de notre sortie mais sans que mon père juge ce qu'on a fait. Je ne suis pas certain qu'il aurait trouvé mature notre bataille d'eau… Ni très responsable d'ailleurs !

« - Mais c'était marrant, contra-t-elle.

Il acquiesça ce fait en riant doucement. Seulement son rire mourut quand elle reprit la parole :

« - Dis-moi à quoi tu ressembles. Je connais ton rire, ta voix et même ton parfum, je sais ton prénom et depuis hier je connais aussi ton corps si je peux dire mais j'ignore à quoi tu ressembles et c'est un peu frustrant.

« - C'est peut-être mieux comme ça non ?

« - Non, je n'arrive pas à imaginer un visage qui aille avec ce que je sais de toi. Et je voudrais savoir. Pouvoir voir un visage quand je te parle ou que je pense à toi.

Il rougit en entendant qu'elle pensait à lui seulement il refusa de se décrire réellement. Il savait qu'il serait incapable d'être objectif. Pouvait-il dire s'il était ou non, grand, musclé et beau ou au contraire, petit et moche ?

« - Bon tu l'auras voulu, souffla-t-il. En fait, je suis petit, épais comme une planche à pain, avec de gros boutons sur le visage, un nez en forme de bec de perroquet, de gros yeux, avec presque pas de sourcils, d'énormes lèvres qui font penser, selon mon cousin et là je cite ses mots hein, à un cul de babouin. J'ai également les cheveux blonds avec des cheveux blancs, très cours et coiffés avec une raie au milieu. Une mâchoire très prononcée et légèrement en biais et un menton énorme. Oh et je porte de grosses lunettes jaunes, j'ai la peau très grasse ainsi que les oreilles décollées et… On a fait le tour, je crois. Oh et j'ai de très grands pieds, je chausse du quarante-sept !

La jeune femme regarda dans sa direction puis rit de bon cœur. A mesure qu'il s'était décris, elle avait imaginé ce qu'il disait mais elle était certaine qu'il se moquait d'elle. Pour lui avoir déjà fait la bise, elle savait qu'il n'avait ni de grosses lèvres, ni la peau grasse et couverte de bouton.

« - Tu te fiches de moi, décréta-t-elle lorsqu'elle fut plus calme. Non dis-moi réellement à quoi tu ressembles !

« - Et si tu me décrivais toi-même, proposa-t-il.

« - Comment ?

« - Dessine-moi, chuchota-t-il.

Il prit doucement ses mains et sans la quitter des yeux, mit ses doigts au niveau de son front, à la base de ses cheveux. Au début, elle ne bougea pas puis comprenant ce qu'il avait demandé, posa le bout de ses doigts sur sa peau. Lentement, elle suivit chacun de ses traits, s'amusant à dessiner ses sourcils, frôlant ses paupières, suivant le contour de son nez et de ses lèvres, traçant l'arrondi de sa mâchoire, caressant son menton pour revenir sur ses joues afin d'aller toucher ses oreilles, puis passa ses mains dans ses cheveux, afin de voir leur longueur, avant de les caresser pour imaginer comment il se coiffait. Pendant qu'elle le dessinait, il ferma les yeux, en inspirant lentement. Il voulait sentir chacun de ses gestes, chacune de ses caresses. Il sourit lorsqu'elle passa plusieurs fois ses doigts sur ses sourcils, qu'il savait fournis, puis retint sa respiration quand elle arriva sur sa bouche. Lorsqu'elle descendit sur son cou, il respira lentement et humidifia ses lèvres alors qu'elle dessinait sa mâchoire. Quand il la sentit caresser ses cheveux après avoir passés ses doigts à l'intérieur, il retint un soupir de bien-être et attendit son verdict.

« - Je le savais que tu n'es pas du tout comme tu t'es décris, sourit-elle. Au contraire, tu es très beau, mais ton visage ne me dit absolument rien, murmura-t-elle près de lui.

Ouvrant les yeux il fut étonné de la voir si près et la fixa. Elle semblait si belle qu'il eut du mal à rester concentré. Le jeune homme la remercia, en chuchotant également, pour ce compliment qu'il lui rendit, et lui assura qu'il la trouvait aussi très belle. Elle rougit lorsqu'il prit ses mains. Elle semblait attendre un geste de sa part et, il se pencha lentement vers elle en fermant les yeux tout en retenant sa respiration de peur qu'elle le repousse. Quand il posa ses lèvres sur celle de la jeune femme, elle sourit doucement et rassuré, il l'embrassa. Il la prit dans ses bras, avec tendresse, alors qu'elle posait ses mains sur ses épaules en les faisant glisser jusqu'à son cou et en se collant, malgré elle, à lui. Il la rapprocha lentement de lui en entourant son dos. Sa respiration s'accéléra lorsqu'elle le sentit contre elle, ressentant chacun des gestes tendres qu'il avait envers elle, avec l'impression d'être fragile à ses yeux.

« - Hey mec, t'es là, cria Jason en gravissant les marches. Devine, dit-il en entrant avant de se stopper. Oh je dérange peut-être ?

« - Non, assura Mitchie en se levant du lit comme s'il l'avait brûlé. Je… Je vais rentrer chez moi. Je… Au revoir, dit-elle rapidement.

Shane soupira et tout en demandant à son ami de l'attendre, rejoignit la brunette en bas pour lui parler. Seulement elle refusa de l'écouter, préférant appeler sa mère pour qu'elle vienne la chercher.