Blabla inutiles : Huuuuu encore un chapitre, je vous jure que c'est une drogue :D Merci en tous cas, vos review me font vraiment plaisir, mais je préfère vous répondre personnellement plutôt qu'ici :) Allez, ben bonne lecture!!


Plusieurs jours avaient passé depuis son renvoi, et Hermione était passée de la haine au désespoir. Trouver du travail s'avérait plus difficile que prévu, et à ce rythme là, elle allait aussi perdre son logement. Elle avança au hasard dans le chemin de traverse, à la recherche d'un signe, pourquoi pas carrément un miracle. Malheureusement, on ne demandait d'aide nulle part. Elle s'engouffra dans une petite agence, coincée entre une nouvelle librairie et un magasin de chouettes, et dû attendre quelques minutes avant de s'habituer à la pénombre.

-Hermione Granger !! Sois la bienvenue !

-Bonjour Elias, murmura la jeune femme, trop doucement pour être enthousiaste.

Le vieil homme le remarqua, mais ne le souleva pas. Depuis le temps, il commençait à la connaître, surtout son caractère fier. Il fit donc mine de n'avoir rien vu, et continua sur sa lancée.

-Alors, ça marche chez ce vieux Max ?

-J'ai été virée, souffla-t-elle.

-Comment ? Mais pourquoi ? Il m'a toujours rapporté du bien de toi ? Il n'est plus satisfait ?

Elle releva ses yeux chocolat sur le petit homme aux cheveux blancs. Elias Jones, elle l'avait rencontré après la mort des siens. La Guerre touchait à sa fin, et les victimes tombaient au hasard. Les parents d'Hermione et son frère furent tués par erreur. Cette nuit là, elle avait erré dans le chemin de traverse, à la recherche d'aide. Elias l'avait trouvée le lendemain matin, recroquevillée sur le pas de sa porte. Depuis lors, bien qu'elle ait une vie indépendante, elle revenait souvent le voir.

-Hermione, ne pleure pas voyons ! couina le petit homme de sa voix douce en la prenant dans ses bras.

-Elias, je…je dois retrouver un autre emplois, aide-moi !

Il la regarda, dépité. Il lui avait plusieurs fois proposé de financer ses études pour qu'elle les reprennent, mais elle s'obstinait à vouloir travailler pour se les payer elle-même.

-Hermione, tu es sûre que…

-S'il te plaît, Elias… Pas maintenant.

Il se recula et commença à farfouiller dans des tiroirs. Elias Jones tenait une petite agence sur le chemin de traverse où les gens déposaient des offres d'emplois, des annonces et avis en tous genre. Les murs étaient tapissés d'étagères remplies à craquer, et le soleil ne pénétrait pas souvent entre les rayons.

Il revint quelques minutes plus tard, une enveloppe blanche cernée d'argent dans les mains.

-J'ai reçu ça ce matin… Elle est à ton nom… articula-t-il, gêné.

Elle prit l'enveloppe, surprise. Fébrilement, elle la décacheta sans prendre le temps d'analyser le blason de cire, et tira le papier aussi immaculé que l'enveloppe. Elle la lut une fois, puis deux, la retourna, la relut.

-C'est une blague, c'est ça Elias ? murmura-t-elle, paniquée.

-Hélas, je ne pense pas… Qu'y a-t-il dans cette lettre Hermione ?

Elle la lui tendit, encore sonnée. Elle sentait le poids d'une drôle de machination alourdir ses épaules.

-Eh bien quoi, c'est une offre d'emplois non ? D'accord, femme à tout faire, ce n'est pas très honorifique, mais c'est un travail que tu voulais non… ?

Tout mais pas ça… Elle aurait préféré nettoyer les toilettes de la salle de bain de Rogue, en cet instant précis, plutôt que de devoir s'abaisser à accepter cet emploi. Elias, quant à lui, continuait son monologue.

-En plus, tu seras plutôt bien rémunérée… Tu pourras même faire des cours du soir, selon les horaires indiqués en dessous. Pour moi, c'est optimal…

-Elias, je t'en supplie, dit-elle sur un air désespéré, trouve-moi autre chose ! N'importe quoi, mais pas ça !!

-Hélas, tout est pris… Après la Guerre, les emplois se font rares, les gens ont besoin de travailler… Je n'ai plus rien Hermione… Je suis vraiment désolé.

Elle baissa la tête, lassée.

-Mais je ne comprends pas, en quoi travailler dans le Manoir Malfoy te dérange à ce point ?

-Travailler pour des Malfoy me dérange tout court, grinça-t-elle.

Elias la regarda, perplexe. Elle avait l'air furieuse, et serrait les poings. Pourtant, les honoraires étaient plus que satisfaisants, et les heures de travail étaient tout aussi respectables. Cet emploi, beaucoup se seraient damnés pour l'avoir en ces temps durs, mais elle, elle rechignait à l'accepter. En bon père de substitution, Elias se fâcha.

-Hermione Granger ! Tu vas arrêter de faire ta tête de bois ! Les temps ont changé, et tu as besoin de travailler ! Si tu veux être indépendante, il faut savoir faire des sacrifices ! Les Malfoy sont une famille très respectable, et je peux te jurer que tu seras payée grassement ! Alors arrête de bougonner dans ta barbe, prends cette lettre, et rends-toi tout de suite au Manoir !

Elle prit l'enveloppe, gênée d'avoir amener Elias à l'enguirlander. Il lui fit néanmoins une accolade bourrue, en signe de son affection.

-Merci Elias, murmura-t-elle en sortant de l'étroite boutique.

-Mais je n'y suis pour rien, allez, maintenant file !

Une fois dans le chemin de traverse, Hermione marcha rapidement, sa fureur reprenant le dessus. Malfoy ! Encore lui ! Elle était certaine qu'il était derrière tout ça, et ça ne faisait qu'attiser sa colère. Elle ne voulait pas qu'il ait l'air de gagner, donc, elle n'irait pas. Elle préférait rester sans le sou plutôt que de vivre avec l'argent qu'un Malfoy lui aurait donné, même pour un travail rendu. Elle prit plusieurs ruelles différentes, de plus en plus sombres, et pénétra dans un immeuble des bas-fonds de la ville. Elle n'avait pas transplané, fatiguée et trop furieuse pour se concentrer. Elle monta lentement les volées de marches qui la séparaient de son petit trente mètres carrés. Le clochard du cinquième la salua poliment dans son délire alcoolique, et elle fut soulagée qu'il en reste là. D'habitude, il était moins saoul quand elle rentrait, et il avait l'horrible manie d'avoir les mains baladeuses. Oui mais d'habitude, elle rentrait plus tard, et il avait déjà dessaoulé. D'habitude…

Elle ouvrit la porte de son appartement et la referma en s'appuyant dessus. Elle se laissa glisser au sol et dévisagea son « royaume ». Une petite cuisine (un mini frigo avec un micro onde posé au-dessus), un divan qui avait gardé une vague couleur soleil, une table pliante, deux chaises (elle s'était toujours demandé pourquoi en garder deux), un lit de deux personnes aux draps élimés, mais aux tons chauds, et enfin, une petite commode, seul vestige des ruines de sa maison. Au fond, une porte qui masquait la salle de bain du reste de la pièce, et aussi des regards indiscrets. Elle soupira. Dans deux mois, tout au plus, elle serait expulsée si elle ne trouvait pas un emploi.

Elle se leva et se dirigea vers son lit. Demain, la chasse aux boulots commençait pour de vrai, pensa-t-elle en se déshabillant pour se glisser dans ses draps.

Le lendemain, le réveil fut dur. Le soleil froid de cette fin d'année entrait par la fenêtre dans rideaux et tombait directement sur le visage d'Hermione. Mais ce n'était pas ça qui la dérangeait. Ce qui la faisait grogner, c'étaient les coups incessants qu'elle entendait résonner dans sa tête. Elle se leva, jeta un regard déprimé à son réveil et se massa les tempes. Une fois plus ou moins réveillée, elle comprit que le bruit ne venait pas d'elle, mais de la porte de son appartement. Les coups étaient frappés presque violemment, mais sans éclats de voix, et sans interruption. Elle s'avança, baguette au poing.

-Ron, si c'est toi, tu peux faire demi-tour, je veux pas te voir !

Les coups cessèrent brusquement.

-Ouvre Granger, je ne suis pas aussi patient que ton idiot de Weasley !

La voix avait était lancinante, pincée et glaciale. Hermione s'avança, espérant que son idée se révèle fausse. Elle ouvrit timidement la porte, sa baguette toujours serrée contre elle.

Devant elle se trouvait Draco Malfoy, les cheveux en bataille, appuyé contre le chambranle de la porte, une moue contrariée au visage. Elle fut tentée de lui claquer la porte au nez, mais il la bloqua avec son pied.

-Eh bien « Mione », dit-il d'une voix geignarde, on se rebelle ?

-Tu dois vraiment te faire soigner, Malfoy, c'est malsain de suivre les gens jusqu'à leurs domiciles pour les emmerder…

Il sourit.

-Les joutes commencent maintenant à ce que je vois… Tu me laisses entrer ?

Elle lui fit une moue dédaigneuse et sortit, refermant la porte derrière elle.

-Je ne pense pas non. Alors, tu veux quoi ? J'ai d'autres choses à faire et je… Pourquoi tu ricanes, la fouine ?

-Parce que je suis bien placé pour savoir que tu n'as rien d'autre à faire ! Granger, Granger, Granger… Toujours aussi têtue !

Elle le darda d'un regard mauvais, et croisa les bras sur sa poitrine.

- Accouche Malfoy, je n'ai pas envie que mes voisins me voient avec toi…

-Humpf ! J'étais juste venir te prévenir que je ne supportais pas les retards !

-Ouuuh, mais tu sais très bien que je ne suis pas en retard, vu que TU M'AS FAITE VIRER !

Il lui sourit, et se réappuya sur le chambranle de la porte, l'enveloppant dans son ombre. Son visage était au-dessus de celui d'Hermione qui la foudroyait de ses yeux chocolat.

-Je ne supporte pas de retard chez mes employés, Granger…

Elle en eut le souffle coupé. Une employée, elle ? Aucun contrat n'avait été signé !

-Oh, je sais ce que tu penses, grinça-t-il. Tu te dis que jamais tu ne travailleras chez un Malfoy, qu'aucun contrat n'a été signé de toute façon. Mais je sais aussi que tu as besoin de ce job.

-Je préfère encore faire le trottoir, pauvre con !

-Je serais un de tes plus fidèles clients alors, ricana-t-il. D'ailleurs, je suis un peu resté sur ma faim le soir de Noël ! Tu n'as pas de cadeau pour moi ? Tu peux payer en nature tu sais, lui susurra-t-il à l'oreille.

-Garde tes distances, si tu ne veux pas que je t'offre mon poing dans la figure.

Il se recula, toujours souriant.

-Bon Granger, ce contrat, on sait tous les deux que tu en as besoin. La crise de l'emploi est bien présente, et beaucoup se damneraient pour ce job.

-Prends quelqu'un d'autre alors… Je veux réussir Malfoy, mais ce sera sans toi !

Il lui empoigna violemment les bras, et la regarda avec un regard douloureux.

-Putain Granger, t'es vraiment une tête de bois ma parole ! Ce boulot, je te l'offre parce que je sais que tu es dans une merde noire ! Je sais que tu as besoin de travailler pour te payer ton trente mètres carrés minable, et tes cours du soir. Et je sais aussi que tu me hais encore, mais je te jure que j'ai changé, je l'ai montré à maintes reprises, merde ! Je me suis battu à vos côtés, j'ai tué mon père, et toi, avec tes airs de pimbêche arrogante, tu… tu…

-Je ? ricana-t-elle.

Il la lâcha violemment, une moue affligée sur le visage.

-Je ne fais ce que pour t'aider, rien de plus, rien de moins, soupira-t-il.

-Eh bien va jouer au bon samaritain plus loin alors, moi je me débrouille très bien sans toi !

Il n'eut pas le temps d'ajouter quelque chose que déjà la porte s'était refermée sur lui.

Bon Dieu qu'elle m'énerve !!