Blabla toujours aussi inutiles: Tellement heureuse de voir que ça vous plaît, et de recevoir plein de p'tits mots sympas... Encore un chapitre, écrit à l'arrache, donc soyez pas trop déçus :D Bone lectuuure!
Hermione entrouvrit la porte prudemment. Elle s'était habillée et avait grignoter nerveusement un vieux morceau de pain après l'incursion de Malfoy. Elle voulait attendre qu'il soit parti pour sortir. Elle regarda à droite, le couloir était vide. A gauche, un chien se lestait de ses « déchets corporels » contre la porte de sa voisine, une sorcière de quarante ans, alcoolique. La voie était libre. Elle ouvrit la porte en grand, et se précipita dans les escaliers en resserrant sa veste contre elle. Des petits boulots, on devait en trouver à la pelle dans une période comme celle-ci ! A Noël, les gens avaient besoin d'aide pour n'importe quoi ! Elle sourit faiblement et fourra ses mains dans ses poches.
Arrivée au rez-de-chaussée, elle salua la vieille dame qui faisait office de concierge et poussa la porte cochère de l'immeuble. Dehors, il neigeait, ce qui la fit frissonner. Elle s'arrêta quelques instants devant la porte, les yeux tournés vers le ciel, admirant le spectacle. La neige, dans ces quartiers, demeurait la seule vraie beauté. Elle tira timidement la langue, et laissa y fondre quelques flocons. Leur goût de fer la fit frémir. Elle sourit, et enfouis sa tête dans sa capuche, prête à partir. Mais à peine eut-elle fait un pas que deux mains s'abattaient violemment sur ses épaules, la tournant avec autant de délicatesse qu'un gardien de prison.
-Alors Granger, tu pensais pourvoir m'échapper ? grinça Malfoy de sa voix traînante.
Hermione, stupéfaite, se contente de le regarder avec une bouche de poisson hors de l'eau. Quelle idiote, elle s'était faite avoir comme une bleue ! Les mains posées sur ses épaules resserrèrent leur prise, lui arrachant un cri de douleur.
-Tu vas où ? Je t'ai dit, je ne supporte pas de retard de la part de mon personnel !
-La ferme Malfoy, jura-t-elle en se dégageant. T'es malade? Ta mère t'as jamais dit qu'on ne peut pas faire mal aux filles !
-Il y a une chose que je ne comprends pas, dit-il en écartant la question d'un geste de la main. Pourquoi est-ce que tu vis ici, pourquoi tu n'es pas…ce que tu aurais dû devenir en sortant de Pouddlard ?
Elle s'enfouit dans le col de sa veste. Cette question, encore et toujours… Mais cette fois-ci, elle ne répondit pas son habituel « je ne sais pas ».
-Parce que vois-tu, quelqu'un a tué le directeur de mon école, quand j'étudiais, précipitant le monde sorcier dans une Guerre qui a arrêté mes études prématurément, qui a tué mes parents, et qui m'a laissée sans le sous…
Malfoy déglutit.
-Et ce quelqu'un se trouve justement devant moi, railla-t-elle. Allez Malfoy, maintenant que tu as la réponse à ta question, s'il te plaît, dégage !
Il reposa ses mains sur ses épaules, mais moins violemment.
-Hermione, excuse-moi, souffla-t-il.
Si on le lui avait demandé, elle aurait juré que les flocons s'étaient arrêtés en ce moment même. Il la dévisageait de ses grands yeux gris, sans aucune pitié. D'ailleurs, elle ne réussit pas à déchiffrer l'expression de ses yeux orages, tellement choquée. Il l'avait appelée par son…prénom ? Il s'approcha encore en l'enlaça, posant sa main sur sa tête comme on consolerait un enfant. Hermione resta interdite, serrée dans les bras de son ennemi juré, les bras ballant. Elle se dégagea brusquement, les yeux revolvers.
-Ouais bon, ça va, arrête ton char ! Je sais pas ce que tu manigances, mais j'aimerais juste que tu me laisses tranquille ! J'ai toujours su me débrouiller, alors c'est pas maintenant que je vais avoir besoin de ton aide !
Il lui sourit, mais pas avec son éternel rictus moqueur. Non, il souriait comme un Gryffondor le ferait. Il souriait avec bienveillance. Hermione fit un pas en arrière, méfiante.
-Pourquoi tu souris comme ça ?
-Pour rien Granger, pour rien… Bon, tu sortais faire quoi là ?
-Je vais chercher un boulot digne de ce nom… En tout cas plus digne que ce que tu me proposes.
-Je viens avec toi ! dit-il froidement.
Elle se tourna et avança, sans rien dire. Malfoy trottinait à sa suite, aussi muet qu'elle, jetant des regards curieux sur les alentours. Les buildings étaient gris, serrés les uns contre les autres. Peu de lumière passait, et les ruelles étaient sombres. Il vit plusieurs clochards sur les trottoirs, certains dormant dans un amas de carton, d'autres inspectant des poubelles. Ils croisèrent un garçon à l'air louche que Hermione salua distraitement.
-Tu le connais ? murmura Malfoy, anxieux.
-Le chef du gang de mon immeuble… Mieux vaut être polie avec lui, j'ai pas envie de me faire cambrioler. Je lui ai donné des cours une fois… Il est plus intelligent qu'il veut bien le laisser paraître.
Malfoy acquiesça, et continua à la suivre en silence, étonné de la voir évoluer avec aisance dans cet univers inhospitalier. Ils bifurquèrent encore vers la droite, et se retrouvèrent sur le chemin de traverse.
-Alors là je ne comprends pas Granger… Tu as déjà épluché tous les magasins du coin, aucun n'a besoin d'aide…
Elle l'ignora et remonta vers la banque Gringotts. Arrivée devant l'imposant bâtiment, elle prit la rue de droite, la plus sombre, en s'engouffra dans une grande bâtisse peinte en vert pomme. Malfoy voulu la suivre à l'intérieur, mais elle lui fit non de la tête.
-Reste-là, je ne te veux pas dans me pattes !
Il fut une moue frustrée, croisa les bras contre son torse, et s'appuya contre le mur vert. Hermione s'engouffra dans le bâtiment, le laissant seul.
Malfoy resta quelques instants dans cette position, puis, exaspéré par l'attente, fit quelques pas devant la bâtisse. Il neigeait encore, et la température ingrate le faisait frissonner. Les passants lui jetaient des regards en coin, mi-amusés, mi-scandalisés. Malfoy continua de ruminer quand un jeune homme, de quelques années son cadet, l'interpella en riant.
-Eh ben, on ose pas rentrer ? On est impuissant ?
Draco se tourna férocement vers le garçon, qui s'enfuit en riant. Le blond, inquiété par la remarque, fit quelques pas en arrière, et lut la pancarte verte aux lettres dorée qui couronnait la façade. Il pâlit.
« Mrs Dina, boîte à plaisir » était écrit en toutes lettres. Une maison close.
Furieux de s'être laissé ridiculiser par un gosse, il marcha vers l'entrée. Mais avant qu'il n'ait pu pénétrer dans la maison verte, il fut percuté de plein fouet par Hermione. Il tomba à la renverse, l'entraînant avec lui. Il se retrouva allongé dans la neige, Hermione assise à califourchon sur lui.
-Tu faisais quoi là Malfoy ? cria-t-elle, rouge de colère.
-Eh bien figure-toi que j'essayais d'entrer dans ce bar à putes ! Je suis un homme après tout !
Il s'appuya sur ses coudes, un regard vicieux au visage.
-Quand tu m'as dis que tu préférais faire le trottoir, je ne pensais pas que tu irais jusque là…
-Je ne...
-Je ne fais que constater…l'interrompit-il. Allez Granger, dis-moi s'ils t'ont offert du boulot, que je vienne te rendre visite un de ces quatre…
Il se redressa encore, approchant son visage d'Hermione. Elle se releva précipitamment, parcourue de frissons de dégoût.
-Beuuuh je préfère encore passer mon tour ! Si j'étais là, c'est juste perce qu'il y avait une place de barmaid libre, mais je n'avais pas envie de travailler dans ce genre d'endroits, avant…grinça-t-elle en époussetant ses vêtements, parsemés de neige.
Il se redressa à son tour, fourrant les mains dans ses poches, négligemment.
-En gros, tu préfères servir de l'alcool à une bande de pervers plutôt que de venir chez moi ?
-Rectification, je préfère servir de l'alcool à des pervers ivrognes avec la sauvegarde d'un vigile près à me défendre plutôt que se servir un pervers qui n'est pas tenu en laisse.
Il sourit, amusé. Décidément, elle avait gardé son art de la répartie.
-Oh oui Granger, mets-moi la laisse, lui souffla-t-il au visage.
Ses yeux s'écarquillèrent d'effroi et elle se dépêcha de sortir de la rue sombre pour rejoindre le Chemin de Traverse. Malfoy la suivit tranquillement les mains toujours enfoncées dans les poches de sa veste. Il savait où elle habitait, il avait tout son temps. Il se figea néanmoins quand il la vit disparaître au milieu d'un groupe de personnes qui criaient.
Hermione avait été stupéfaite de le bousculer à l'entrée de la maison de Dina, mais en même temps soulagée qu'il n'ait pas pu pousser son inspection plus profondément. Il aurait pu la trouver en pleine supplication, une situation assez humiliante devant un Malfoy.
Elle ruminait ses sombres pensées si bien qu'elle ne vit pas le groupe de jeunes filles l'entourer. Elle en percuta une dans sa marche effrénée, et s'excusa, mais fut retenue par une autre femme qui lui barrait la route.
-Excusez-moi, mais j'aimerais passer, s'il vous plaît…dit-elle avec un sourire poli.
La grosse femme ne lui rendit pas son sourire, et ne s'écarta pas non plus. Hermione tenta de la détourner, sa mauvaise humeur grimpant en flèche, mais la femme la poussa en arrière.
-Hey ! Ca va pas ? Laisse-moi passer merde !
Elle voulu faire demi-tour, et ce n'est qu'à ce moment là qu'elle comprit qu'elle était prise au piège. Prise au piège de sa « célébrité ».
-Alors sale catin, on s'est bien amusée ? cracha une blonde au visage rond. Un visage qui aurait pu être joli s'il n'avait pas été déformé par la colère.
-Espèce de traînée, lâcha une autre, les cheveux flamboyants.
Une troisième aux fins traits asiatiques la bouscula, et Hermione tomba à genoux dans la neige. La grosse femme aux traits burinés qui l'avait bousculée lui administra une gifle monumentale en l'insultant, et Hermione se retrouva allongée au sol.
Elle tenta de se relever, mais une autre fille, le visage blafard encadré de cheveux noirs, la maintint au sol en posant son pied sur sa poitrine.
-Reste-là, vipère ! On a pas fini avec toi… Tu n'aurais pas dû traiter Ron comme ça !
-Laissez-moi, cracha Hermione. Ma relation avec Ron ne vous regarde pas !
Le groupe éclata de rire. Hermione les dévisagea, effrayée de leurs rires déments. Bien que l'après-midi ne faisait que commencer, le Chemin de Traverse était vide, notamment à cause de la température, mais aussi à cause des fêtes.
-Vous êtes folles, laissa tomber Hermione.
Les rires se stoppèrent, et l'asiatique lui empoigna les cheveux violemment.
-Qu'est-ce que tu en sais toi ? Hein ? Tu ne sais rien, RIEN !
-Tu as perverti le Survivant et son bras droit ! Sale catin ! hurla la rouquine.
Hermione pâlit. Tomber sur la bande de fanatiques en ce jour, c'était vraiment parier sur sa malchance. Cette bande de fille formait le Cercle des Femmes de la Guerre, un groupe réunissant des pauvres filles accrochées à la légende d'Harry et Ron. Et malheureusement, d'Hermione.
En effet, les trois amis avaient, pendant la Guerre, fait front ensemble. Leur fine équipe n'avait jamais perdu un seul combat, faisant tomber les mangemorts comme des mouches. Ron et Hermione avaient même été jusqu'à suivre leur ami en face de Voldemort. La disparition du mage noir n'avait pas été la seule œuvre de Harry, et cette histoire avait rapidement fait le tour de la communauté des Sorciers. Suivie de celle de la liaison qu'Hermione avait eue avec Ron, et de l'aveu qu'avait fait Harry le jour de son mariage. Hermione s'en rappela en recevant une autre gifle. Au moment de prononcer le « oui », Harry avait hurlé non en se tournant vers Hermione. Il lui avait avoué son amour, le jour de son mariage avec Ginny, devant Ron, et devant plus de 400 Sorciers. Cet instant avait réduit le trio en cendre. Ron, qui avait déjà eu des moments violents, s'en était pris directement à elle, la jugeant coupable. Harry l'oppressait, lui demandant sans cesse de laisser Ron pour elle. Et elle, se faisait poursuivre par le Cercle des Femmes de la Guerre, traînée dans la boue par tous.
Elle se redressa, tentant une dernière fois de s'échapper, mais la grosse brune la repoussa violemment. Sa tête heurta le pavé, la neige s'accrochant dans ses cheveux, maculant son visage. Elle se laissa aller aux coups, lassée de se battre. Pour elle, cela durait depuis des heures, des années, des siècles. Tout allait lentement.
Mais pour Malfoy, les choses étaient allées très vite, et il venait de se rendre compte qu'Hermione gisait à terre, aux portes de l'inconscience.
Son sang de fit qu'un tour, et son cerveau lui glissa judicieusement que s'il sauvait l'ex Gryffondor maintenant, peut-être qu'elle accepterait de passer l'éponge sur ses antécédents.
Il s'avança donc vers le groupe de femmes, menaçant. Il poussa violemment la jeune asiatique, mis à terre la blonde qui se jetait sur lui, et lança un regard équivoque aux autres qui le dévisageaient, interdites.
-Allez les moches, tirez-vous, j'ai d'autres choses à faire que de vous donner la fessée !
Les jeunes femmes ne se firent pas prier et prirent leurs jambes à leurs cous, sans demander leurs restes.
Malfoy se pencha vers Hermione, qui se relevait douloureusement, en frottant son visage.
-Ca va ? murmura-t-il en lui tendant la main.
-J'ai vu des meilleurs jours, laissa-t-elle échapper, le souffle court.
Il la laissa s'appuyer contre lui, et l'amena jusqu'à un banc. Une fois assise, elle essaya de lui dire quelque chose, mais il dut approcher son oreille près de sa bouche pour comprendre ce qu'elle murmurait.
-Ca va, vieux con, laisse-moi, je gère… Je…gère…
Elle s'affaissa sur son épaule, inconsciente.
Typique d'une Gryffondor… Arrogante…
