Blablas presque inutiles: Haaaaa, on en apprend plus dans ce chapitre! Si on veut, c'est un peu le chapitre des révélations:D Rhaaa, les gars, j'voulais vraiment vous remercier, tous les reviewers, et les autres ( si y en a, pas de prétention là dedans :))... Merci beaucoup, vraiment, là, j'vous jure que je vous adore :D On peut dire que mon histoire évolue grâce à vos conseils... C'est une vraie cure mine de rien, cette fiction :D Hop, un p'tit coup de confiance en soit, et c'est reparti !! Merci les gars :)


Le soleil était déjà haut quand Hermione se réveilla. Elle s'étira avec précautions, son corps endoloris des coups de la veille, et s'assit sur son lit. Son lit ? Hermione balaya la pièce du regard, paniquée. Elle fut soulagée de reconnaître une des chambres de Sainte Mangouste, et non pas une pièce pouvant s'apparenter à un certain manoir. Elle se leva et gémit de douleur. Rien que le fait de marcher la faisait souffrir. Elle se rassit sur le lit donc, en soupirant. Si c'était Malfoy qui l'avait amenée ici, c'en était finit de sa réputation.

-Bonjour Mademoiselle Granger !

Elle leva les yeux vers la porte qui venait de s'ouvrir à la volée, laissant entrer une femme d'un certain âge. Sa démarche était gracieuse, sa peau d'une pâleur de mort, et ses cheveux blonds lui descendaient jusqu'au reins. Elle lui souriait, aimablement.

-Je vois que vous êtes réveillée, voudriez-vous prendre le déjeuner avec moi ?

Hermione fut surprise de sa demande. Généralement, les repas étaient servis dans les chambres, du moins lors de ses derniers séjours à St Mangouste. Peut-être cela avait-il changé ? Mais malgré ses interrogations, elle la suivit, rassurée par l'apparence douce de la femme. Elle s'appuya sur le mur et avança vers la porte. La femme le remarqua.

-Oh ! Je manque à tous mes devoirs ! Excusez-moi ! dit-elle en ouvrant la porte. J'appelle de l'aide !

Hermione, soulagée, se lassa aller sur le mur, posant son dos douloureux contre la fraîcheur des plaques de béton.

-Draco, vient m'aider, elle s'est réveillée ! cria la femme en sortant sa tête de la chambre.

Hermione se raidit, et écarquilla les yeux d'effroi. Draco ? Draco était ici ? Et cette femme… Hermione remarqua –un peu tard- que la femme ne ressemblait pas à une infirmière. Elle était vêtue d'une grande robe de sorcière en velours vert, surmontée d'un long gilet de laine noire. La femme lui sourit avec la même tendresse mélancolique, et lui souffla, sur le ton de la confidence.

-Il vous a amenée ici il y a deux jours, je ne l'ai jamais vu si inquiet !

Ici ? Où était-elle ? Hermione se retint d'hoqueter d'horreur, et serra ses mains contre sa poitrine, comme pour se protéger d'un danger imminent.

-Ha, te voilà mon chéri !

Drago passa sa tête par la porte, son habituel air froid plaqué au visage. Ses cheveux blonds étaient ébouriffés comme au lever du lit, et Hermione devina qu'il était encore en pyjama. Il entra, souriant à la femme et s'approcha d'Hermione.

-C'est bon maman, je m'en occupe, merci…

Celle qu'Hermione identifia comme Narcissa Malfoy quitta donc la pièce, lançant un dernier sourire bienveillant à la jeune brune. Draco la regarda fermer la porte, et se tourna enfin vers Hermione. Mais cette fois-ci, son visage s'était métamorphosé : l'attitude passive avait laissé place à un sourire goguenard.

-On dirait que ma mère t'a à la bonne, Granger…

Hermione détourna son regard vers le lit, furieuse de s'être laissée avoir comme une débutante. Elle était prisonnière d'un endroit qui n'avait en rapport avec Ste Mangouste que l'allure de ses chambres et qui semblait appartenir à Malfoy qui allait sûrement profiter de cet enfermement pour lui infliger son humour louche et ses sarcasmes. Elle se raidit quand il approcha sa main. Il le remarqua.

-Woh, c'est bon, je vais rien te faire… Ma mère m'a appris à ne pas frapper les filles, grinça-t-il, sarcastique. Je n'ai pas eu le temps de te répondre, la fois passée…

Hermione le défia du regard, sa colère augmentant de seconde en seconde. Lui l'ignora, posant sa main aux longs doigts de pianiste sur son front, un peu brusquement.

-Elle a dû oublier de t'apprendre à être doux ! Tu veux m'assommer ou quoi ?

-Non, je prends jute ta température, idiote…

Il tiqua sur sa phrase, remarquant l'allusion, faite sûrement malgré elle.

-Et je peux être très doux Granger, murmura-t-il, un sourire pervers accroché aux lèvres.

Elle frissonna, la peur mélangée au dégoût. Après tout, il avait essayé d'abuser d'elle, qu'est-ce qui lui prouvait que cette fois-ci, il n'allait pas recommencer ? Mais à son grand étonnement, il s'écarta d'elle.

-C'est bon, la fièvre est tombée.

Elle le dévisagea, interdite, se retenant de frotter son front de dégoût. Mais elle se souvint qu'elle était retenue dans un endroit encore non identifié.

-C'est quoi cette chambre Malfoy ? On est où ?

Il lui sourit, et plissa les yeux de plaisir.

-Haaaa, je suis content que mon petit stratagème ait marché ! Je savais qu'avec ton insupportable caractère de Gryffondor, tu allais essayer de t'enfuir en te réveillant dans une chambre « normale » du manoir. Alors j'ai créé cette chambre « imitation Ste Mangouste » pour ne pas que tu fuies à ton réveil. Ingénieux mh ?

-On… Me dit pas qu'on est chez toi là ?

Il lui sourit, taquin, et s'assit sur le lit.

-Hé oui Granger, tu as l'honneur d'être dans le domaine Malfoy ! railla-t-il.

Elle baissa la tête, toujours appuyée contre le mur, les mains serrées contre sa poitrine.

-Tu vas me laisser partir ?

Malfoy sourit. Le tremblement de sa voix ne lui avait pas échappé. Elle avait peur de lui, il en était certain. Il voulu profiter de sa « victoire », mais fut stoppé net dans ses élans quand il vit ses épaules trembler sous sa masse imposante de cheveux.

Il s'approcha, curieux de son attitude si fragile.

-Laisse-moi partir, je veux pas être prisonnière…sanglota-t-elle.

Elle releva la tête, et Draco sentit son cœur manquer un battement. Ses cheveux, épars sur son visage, collaient à sa peau, à cause des larmes qui roulaient abondamment sur ses joues. Elle le dévisageait durement, honteuse et furieuse de fondre en larme devant lui, son ennemi. Elle essuya fébrilement son visage, et préféra regarder la porte plutôt qu'affronter le regard de Malfoy.

Il se leva, lentement, et se dirigea vers la porte d'une démarche nonchalante. Une fois arrivé devant il se tourna et lui parla froidement.

-Je ne sais pas ce qu'il s'est passé dans ta vie Granger, mais je n'ai pas du tout l'intention de t'enfermer ici… Si tu as faim, ma mère t'attend en bas, pour manger.

Il ferma la porte sèchement, la laissant seule. Elle s'affala sur le lit, soupirant de tout son soul. Tenir tête à Malfoy était fatiguant. Epuisant même. Et dans son état, la fatigue était la pire des choses qui pouvait lui tomber dessus. Elle se leva néanmoins, enfilant les vêtements que Narcissa avait posés sur une chaise à côté du lit. Elle préféra ne pas appuyer sur le fait qu'elle était en robe de chambre, et que c'était sûrement Malfoy qui l'avait déshabillée, et sortit de la chambre en marchant péniblement.

-Tu n'aurais pas dû la laisser seule Draco ! Elle arrive à peine à marcher, et toi tu… Tu…

Draco soupira…

-Draco, tu dois aller l'aider, elle risque de…

La colère de Narcissa fut interrompue par un bruit sourd provenant des escaliers. La femme se figea, et regarda désespérément Draco, qui s'était redressé. Il croisa le regard de sa mère, et se rendit dans le couloir, préférant lui obéir.

A peine eut-il passé la porte de la cuisine, qu'il trouva Hermione à ses pieds, allongées sur le dos, tentant de se relever péniblement en s'appuyant sur ses coudes. Il ne put retenir un sourire moqueur, avant de se pencher pour l'aider.

Quand Hermione sentit deux mains passer en dessous de ses bras pour l'aider, elle se raidit, mais se laissa faire. Une fois debout, elle s'appuya contre le mur, les bras tendus à cause de la distance, préférant ne pas pousser la pitié de Malfoy trop loin.

Draco, quant à lui, croisa les bras et appuya son épaule contre le mur, en face d'Hermione. Sa bouche était étirée par un sourire malicieux, et moqueur.

-Si tu m'expliquais ce que tu faisais les quatre fers en l'air…

-La ferme Malfoy, aboya-t-elle. C'est bon, j'ai plus besoin d'aide là !

-Tu n'as jamais besoin d'aide, nuance, Granger. Allez, tu allais où ?

Elle se rembrunit. Elle détestait le ton qu'il employait ; celui avec lequel on parle aux enfants pris en faute.

-Je m'en allais, je retournais chez moi ! Mais…

Elle hésita. Draco l'encouragea su regard, elle est souffla, sourdement.

-Mais j'ai perdu l'équilibre. J'arrive pas à marcher… Voilà…

Draco sourit, fier de sa victoire. Enfin, elle avouait ses faiblesses ! Pour lui, c'était le début d'un long triomphe : si elle baissait les armes une fois, elle finirait bien par le refaire. Mais autant en profiter, ici, et surtout, maintenant.

-Comment ça, tu n'arrives plus à marcher ? gloussa-t-il.

-Mais t'es vraiment bête avec ta mémoire de poisson, grogna-t-elle en levant les yeux au plafond. Tu te rappelles pas d'hier ? Tu vois ça, cria-t-elle en tendant son bras couvert de bleus, eh ben c'est à cause de ce genre de blessures que j'arrive pas à marcher convenablement ! Alors maintenant soit tu m'aides, soit tu dégages ! Et arrête de sourire bêtement !

Malfoy garda son sourire, mais lui tendit le bras, préférant se taire. Deux choses le forçait à tenir sa langue. Premièrement, elle lui avait demandé de l'aide, donc la confiance revenait. Bon, la confiance venait tout court sachant qu'il n'y en avait jamais eu avant. Deuxièmement, il était bien trop curieux de savoir pourquoi ces femmes s'en étaient prises à elle.

Hermione s'appuya sur son bras, non sans garder des distances méfiantes, et se laissa guider jusqu'à la cuisine.

-Hé, je rentre chez moi, ça veut dire que je sors pour pouvoir transplaner !

Malfoy soupira. Décidément, elle était vraiment une tête de mule incomparable.

-Granger, tu ne veux pas fermer ta grande bouche de temps en temps ? Il faut reprendre des forces pour faire sa maligne !

Hermione bougonna, mais se laissa guider sans autres protestations. « Deuxième victoire » se plut à penser Draco.

Narcissa vint aider la jeune fille à s'installer sur une chaise, eu lançant des ordres à son fils, ce qui fit sourire Hermione. Voir Malfoy s'agiter sous les ordres de quelqu'un sans rechigner était un plaisir brut pour elle. Surtout s'il s'agitait pour, au final, la servir.

Elle se retrouva avec une assiette chargée de pan cakes nappés de sirop d'érable, accompagné d'un énorme verre de jus d'orange. Elle grimaça. Quand Malfoy parlait de remise en forme, il ne rigolait pas. D'ailleurs, les deux blonds s'assirent en face d'elle, attendant qu'elle commence à manger. Narcissa l'encouragea d'un sourire, et Malfoy fronça les sourcils.

-Merci, articula-t-elle en louchant sur le tas de pâtisseries.

Une assiette comme ça, ça faisait longtemps qu'elle n'en avait plus vue : avec son maigre salaire, manger richement était complètement saugrenu. Elle attaqua timidement son déjeuner, se délectant de chaque bouchée, laissant couler le sirop sur sa langue, et sirotant son énorme verre se jus d'orange, plein de pulpe qu'elle mordillait du bout des lèvres.

Au bout d'un moment, Draco quitta la pièce, laissant les deux femmes en tête à tête. Depuis qu'elle s'était assise, Hermione n'avait plus prononcé un mot, intimidée par son ennemi. Mais quand il fut parti, le poids sur ses épaules se relâcha, et elle voulut en savoir plus sur la femme blonde assise devant elle.

-Je voulais…

-Mon fils vous aime bien, l'interrompit brusquement Narcissa.

Hermione resta muette. Une approche ? Une menace ? Que voulait dire cette phrase ? Narcissa souriait énigmatiquement, la tête appuyée sur ses mains jointes.

-Il vous admire beaucoup, ajouta-t-elle sur le même ton.

Hermione but une grande gorgée de jus d'orange, essayant de se remettre de la suite dans les idées.

-Vous ne l'aimez pas, vous ?

Dans ces cas-là, mieux valait être franche, pensa l'ex Gryffondor.

-Non madame. Je hais votre fils. Désolée, murmura-t-elle en baissant les yeux.

Mais Narcissa n'abandonna pas.

-Le connaissez-vous assez pour porter un jugement aussi dur sur lui ?

Son ton n'était pas dur, mais caressant, d'une douceur féminine. Fragile aussi. Hermione réfléchit à sa question.

-Vous savez, Malfoy et moi nous…

-Je suis désolée de vous importuner, mais pourriez-vous l'appeler Draco ? Je ne supporte pas qu'il ait un lien avec…mon mari.

-Bien sûr ! Excusez-moi !

Mais elle regretta aussitôt ses paroles. Appeler Malfoy par son prénom était au-dessus de ses forces. Pourtant, elle avait envie de faire plaisir à Narcissa, de récompenser sa douceur.

-Continuez, l'encouragea la blonde.

-Je disais donc que…Draco…et moi, nous…

L'appeler Draco était plus dur que prévu. Mais elle se fit violence pour s'en tenir à ses promesses.

-Draco et moi, nous ne nous sommes jamais entendu, souffla-t-elle d'une traite.

Narcissa parut étonnée.

-Comment ? Pourtant, il m'a beaucoup parlé de vous…

-Pas en bien sûrement ! ironisa Hermione. Les petits noms qu'il utilisait à Pouddlard n'étaient pas les plus charmeurs ! Une fois, il m'a mise tellement hors de moi que je l'ai…

-Comment vous appelait-il, murmura Narcissa d'une voix blanche.

Hermione se figea. La femme avait pâlit, ce qui accentuait son teint cadavérique.

-Allez-vous bien madame ? s'inquiéta-t-elle.

-Répondez à ma question, je vous en prie…

-Je… Il m'appelait la Sang-de-Bourbe madame.

Narcissa masqua sa bouche de ses mains, les yeux écarquillés. Hermione essaya de se lever, craignant qu'elle tourne de l'œil, mais la femme reposa ses mains à plat sur la table, le visage fermé.

-Vous savez Hermione, commença-t-elle. Je peux vous appeler Hermione ? C'est un si joli nom !

-Oui, bien sûr, allez-y !

-Donc, Hermione… Mon mari a…avait… Mon mari avait prit une place importante dans la famille. Notre mariage n'avait rien d'un mariage d'amour, aux premiers temps. En fait, à tous les niveaux. Lucius et moi ne nous sommes jamais aimés. D'ailleurs Lucius n'a jamais aimé personne, à part Vous-savez-qui… Draco en a énormément fait les frais. Mon enfant n'a jamais voulu être un mangemort. Il n'a jamais voulu passer de ce côté-là.

Hermione demeura sceptique. C'était un peu trop facile, pensa-t-elle, sans en faire part à Narcissa.

-La reconnaissance d'un père est essentielle pour un fils. Draco a toujours été surveillé partout, même à Pouddlard. Les autres enfants de mangemorts rapportaient à Lucius tous ses faits et gestes, et à la moindre incartade, mon fils payait chèrement ses erreurs. Draco devait constamment porter un costume, jouer un rôle. Vous savez, son père allait jusqu'à lui ordonner d'aller brutaliser un elfe de maison avant de manger, sinon il n'avait pas droit à s'asseoir à table.

-Vous n'êtes pas obligée de…

-Si mon enfant, si…Vous avez souffert des brimades de mon fils, qui lui a souffert de celles de son père. Je voulais que vous compreniez que Draco n'est pas mauvais. Il n'a juste jamais connu d'autres façons de vivre… Vous savez, je sais que mon fils est un sacré coureur, murmura-t-elle avec un petit rire gêné. Mais ce que je sais aussi, c'est qu'il fréquente beaucoup de demoiselles pour combler son manque d'amour.

Hermione baissa la tête, de plus en plus gênée par les révélations de Narcissa. Elle culpabilisait, car ses paroles se changeaient en rien ce qu'elle ressentait pour Malfoy : une haine et une méfiance profondes.

-Hermione, je voudrais m'excuser pour mon fils, et pour mon mari. Pour moi aussi… Je vous demande pardon de tout ce que nous vous avons fait subir.

Hermione releva brusquement les yeux, stupéfaite. Pardon ? De quoi ? Des excuses ?

-Sil vous plaît, mon petit, pardonner à mon fils. Il n'a pas voulu ce qu'il s'est passé.

Hermione ne réussit pas à affronter le regard suppliant de Narcissa, trop tourmentée pour oser répondre. Le silence se fit pendant plusieurs minutes. Narcissa se décida à enfin prendre la parole.

-Vous avez besoin de temps, je m'en doute. Sept années de persécutions ne s'effacent pas d'un coup d'éponge… Mais pensez-y je…

-Alors, les femmes, on parle chiffon, rit Malfoy en entrant dans la cuisine.

Narcissa lui sourit gentiment, et Hermione garda les yeux baissés sur son assiette. Draco s'assit, tout sourire. Mais il le perdit quand il vit le regard qu'Hermione lui jetait.

Jamais elle n'aurait pensé ça de lui. Jamais. Le voir sourire après de telles révélations la faisait encore plus culpabiliser de ne pas savoir effacer sa haine profonde envers lui.

Pourquoi elle me regarde comme ça elle ?