Blablas: Ouuuuuh! Ca fait un BAIL! Oui oui, j'étais partie en vacances, camp scout et autre, et en plus de ça, mon ordi a grillé comme un vulgaire barbecue... Donc en attendant, j'ai dû avancer doucement sur l'ordinateur de ma maman, qui sont tous les deux souvent occupés... Bref, voilà déjà un mini chapitre, j'espère que ça vous plaît toujours autant, ces deux mois de vacances m'ont filé plein d'idées nouvelles, retour de personnages, arrivée de nouveaux, et puis, aussi un peu plus de suspens à prévoir... Dans longtemps peut-être, mais à prévoir quand même :) Allez, je vous laisse lire, merci encore à tous, j'suis contente de vous retrouver :D
Hermione blêmit et ses sourcils s'arquèrent encore plus de désespoir. Tout avait commencé de travers aujourd'hui… D'abord, elle s'était réveillée avec Malfoy dans ses draps, une chose qui arrivait pour la deuxième fois depuis qu'elle habitait là… Ensuite, Narcissa avait pris la fuite pour on ne sait où, la laissant seule avec son diable de fils… Et pour finir, il l'avait traînée ici, après l'avoir complètement terrorisée… Elle croisa les bras et sa bouche se contracta dans une moue boudeuse d'enfant. Non, décidément, rien n'allait droit aujourd'hui !
-Granger, sors de là où c'est moi qui entre !
Elle sursauta et, prise d'une peur panique, elle croisa ses bras sur sa poitrine, tentant de cacher le plus possible à la vue d'un Malfoy qui menaçait d'entrer à tout moment. Elle jeta un coup d'œil rapide dans le reflet que lui renvoyait le grand miroir de la cabine d'essayage et soupira. Devant ses yeux était exposé un corps de femme qu'un ensemble de sous vêtement en soie avait du mal à dissimuler. Mais ce qui la dérangeait le plus, c'était que ce corps de femme était le sien. Pourquoi avait-elle si bêtement accepté ? Comment avait-il réussi à la faire plier ?
-Hey Granger, vient, on va faire des courses pour la bouffe !
-Arrête d'être grossier Malfoy ! Et puis je peux très bien m'en occuper toute seule !
-Pas question, tu pourrais essayer de m'empoisonner ! Je viens avec !
-Qu'est-ce que tu peux être fatiguant et puéril ! Je te préviens, si on entre dans un autre magasin que le super marché, je te tue !
Son intuition de l'avait pas trompée, Malfoy préparait quelque chose… Il l'avait traînée sans aucune difficulté dans le rayon sous vêtement de Tissard et Brodette (source : eylops.be), l'un des plus chers magasins de prêt-à-porter de tout le Chemin de Traverse. Avant qu'elle n'ait pu opposer la moindre résistance, elle s'était retrouvée poussée dans une cabine d'essayage aux rideaux rose à froufrous, une demi tonne de sous vêtements aussi différents les uns des autres entre ses mains et un Malfoy patrouillant devant cette même cabine. Il n'avait pas oublié sa promesse de cadeau de Noël, au grand dam de la demoiselle.
Ca faisait bien trente minutes qu'elle avait enfilé le premier ensemble, et Draco commençait sérieusement à s'impatienter. Il renifla avec dédain et resserra rageusement sa cape sur ses épaules. Il avait réussi à lui faire promettre de lui montrer tout ce qu'elle essayerait, mais à présent, il s'en mordait les doigts.
-Granger, je te laisse trois secondes pour sortir, après ça, j'entre ! brailla-t-il furieusement.
Il se posta devant la cabine et croisa les bras, les sourcils froncés.
-Un !
Il décroisa ses bras et posa ses doigts sur le bord du tissu qui servait de rideau.
-Deux !
Sa main fine aux longs doigts de pianistes empoigna le tissu.
-Trois ! J'entre !
Il ouvrit le rideau et se glissa rapidement dans la cabine, de façon à ce que tout le magasin n'assiste pas aux essayages. Sa bouche s'entrouvrit, ses yeux s'exorbitèrent, et une nuée de papillons firent des loopings dans son bas ventre. Hermione, quant à elle, était tétanisée, les mains pudiquement croisée devant elle. Son visage avait pris une teinte pivoine qui aurait rendu vert de jalousie n'importe quel souaffle passant dans le coin.
Draco se donna une ou deux gifle mentale et parvint à détacher ses yeux du corps exposé devant lui pour le poser sur le tas de sous vêtements non essayés.
-Tu… Tu n'as… Je… pensais que…
Les yeux d'Hermione se baissèrent vers le sol tandis qu'elle pensa mourir de honte en cet instant même.
-C'est tout ce que j'ai essayé, parvint-elle à murmurer, la gorge serrée. Je… Je suis désolée, j'ai un peu de mal là, continua-t-elle en tournant les yeux vers son reflet.
« T'es pas la seule » se permit de penser Draco en déglutissant bruyamment. Certes, il avait vu beaucoup de corps de femme, et beaucoup étaient mieux faits que celui-là… Mais jamais il n'aurait imaginé trouver autant de formes sous les frusques informes que portait la rouge et or. Il avança un doigt hésitant vers elle et effleura la bretelle du soutien gorge.
-De la soie, articula-t-il, la voix rauque.
Elle releva furtivement les yeux vers lui, et repoussa sa main, affreusement gênée.
-Je me dépêche promis… Tu peux sortir maintenant ?
Draco sursauta, comme sorti d'un rêve, et acquiesça silencieusement, la bouche toujours entrouverte. Elle le poussa doucement hors de la cabine et soupira bruyamment en refermant le rideau sur lui. Bon Dieu, mais qu'est-ce qui lui avait pris d'entrer là-dedans ? Il erra, droit comme un piquet, dans les rayons du magasin, posant son regard sur des articles qu'il ne voyait même pas. Devant ses yeux dansait le corps d'Hermione, ses bras croisés devant elle, ses yeux baissés, ses joues rougies, ses cheveux frisottant, électrisant l'air dans lequel il avançait comme un automate. Il avait vu beaucoup de corps de femme, oui… Alors pourquoi celui-ci lui provoquait une réaction aussi folle ? D'autant plus que ce n'était pas la première fois qu'il se trouvait face à elle en sous vêtement… Il se souvint des deux premières fois où il l'avait déshabillée et son visage, d'une habituelle pâleur cadavérique, s'empourpra violemment.
-Jeune homme !
Draco sursauta et baissa les yeux vers une petite femme replète qui le dardait d'un regard suspicieux.
-Votre femme vous appelle des cabines.
Il haussa un sourcil aristocratique et reprit doucement ses esprits.
-Ce n'est pas ma femme, lança-t-il en s'éloignant, c'est mon aide ménagère !
Il sourit en entendant la femme s'étouffer et tousser comme une vieille charbonnière et il continua d'avancer à grandes enjambées vers les cabines tandis que se formait sur son visage son habituel masque impassible et hautain.
De derrière les rideaux dépassait le visage d'Hermione, ses cheveux débordants de tous côtés. Elle avait gardé son teint rosé, mais elle le dardait à présent d'un regard dont le détachement était trop forcé pour paraître vrai. Draco s'appuya contre l'entrée de la cabine, la forçant à relever son visage vers lui pour parler. Mais elle garda les yeux baissés.
-Tu m'as appelé Grangie ?
-Je… Hum… J'aurais besoin d'aide… Entre, murmura-t-elle dans un toussotement.
Dans sa poitrine, Draco sentit son cœur battre la chamade, mais il entra néanmoins dans l'espace exigu. Elle lui tournait le dos mais Draco pouvait apercevoir son reflet dans le miroir qui leur faisait face.
-Je ne sais pas comment ça se ferme, souffla-t-elle brusquement en lui tendant un corset qu'il avait choisi.
Draco lui jeta un regard apitoyé, et elle préféra baisser les yeux. Il lui prit délicatement le vêtement des mains et le posa sur le tabouret où elle avait laissé le reste.
-Bon, on sort de là, c'est nul ici… marmonna-t-il en sortant de la cabine précipitamment.
Hermione resta plantée devant le miroir, plongée dans ses pensées. Elle soupira une dernière fois et entreprit de retirer l'ensemble de dentelle noire arachnéenne. Tout était étrange aujourd'hui… Draco était étrange, ce magasin était étrange, elle était étrange… Elle se sentait fatiguée… Lasse. Le comportement du blond lui échappait… Tantôt il faisait preuve de compassion, même si elle était habilement dissimulée, et tantôt il la traitait avec dédain et orgueil. Et elle… Pourquoi elle ne réagissait plus à rien ? D'habitude, elle ne supportait pas cette lueur de pitié dans les regards qu'on lui portait, et encore moins quand elle venait des yeux gris ternes de Malfoy. Elle y répondait avec hargne et violence, crachant des répliques envenimées à quiconque osait lui adresser ne serait-ce qu'un battement de paupière apitoyé. Mais aujourd'hui, quelque chose en elle avait baissé les bras… Elle enfila son t-shirt et sortit avec sa veste, laissant les essayages dans la cabine. Malfoy attendait, appuyé à l'entrée de la pièce et quand elle passa devant lui, le visage caché derrière la masse de ses cheveux, il l'attrapa par l'épaule et la retourna.
-Hey Granger, tu prends rien ?
Elle baissa les yeux et secoua la tête. Des larmes avaient commencé à perler au coin de ses yeux, et elle se réprimanda intérieurement d'être aussi stupidement sensible.
-Je préférerais qu'on sorte Malfoy…dit-elle d'une voix tremblante.
-T'es vraiment une pleurnicharde quand tu veux, dit-il en lui ébouriffant les cheveux avec unes affection maladroite.
Elle releva vers lui des yeux humides et écarquillés, surprise du geste presque amical du blond ; blond qui haussa les yeux au ciel avec un sourire en coin pour la pousser vers la sortie en riant doucement.
-Attends-moi là, je reviens tout de suite, fit-il en lui claquant la porte au nez.
Elle se retourna vers la rue et le vent lui souffla son haleine gelée au visage. Machinalement, elle enfouit son nez dans la longue écharpe en laine rouge et or enroulée autour de son cou à la recherche d'un peu de chaleur. Draco sortit presque immédiatement et lui jeta un regard sarcastique en resserrant sa cape de première qualité au ton vert bouteille.
-Je remarque, Granger, que bien des années après notre sortie de Pouddlard, nous restons religieusement attachés aux couleurs de nos maisons…
-Je parie que tes sous vêtements sont verts, serpent, dit-elle avec un demi sourire.
-Et les tiens sont à présents rouge et or, persiffleuse, murmura-t-il en regardant ailleurs.
Elle baissa les yeux vers ses mains tendues où trônait un paquet carré rose pâle, marqué de l'enseigne Tissard et Brodette en un fuchsia de mauvais gout. Délicatement, elle souleva le couvercle de la boîte pour y trouver plusieurs ensembles aux couleurs des Gryffons. Draco sentit son estomac lui descendre dans le fond des reins quand elle releva vers lui un regard éberlué au-dessus d'un immense sourire réjouis.
-Allez, prends-le, j'ai une crampe, grinça-t-il en lui fourrant le paquet dans les mains.
Il s'éloigna de quelques pas, un air d'hautaine aristocratie plaqué sur son visage, et Hermione, plantée devant la porte du magasin, souriait ironiquement. Elle le rejoignit en trottinant, et enserra son bras en riant.
-Malfoy, espèce d'idiot !
Le garçon, faussement vexé, haussa le nez et tourna sa tête vers la gauche, d'où elle ne pouvait voir le sourire heureux que sa remarque avait fait apparaître. La pression qu'elle exerçait sur son bras l'électrisait, et son corps était parcouru d'un long frisson brûlant en cette froide journée d'hiver. Hermione, loin d'être consciente du trouble qu'elle créait, tourna la tête vers les boutiques, observant nonchalamment les articles proposés, le peu de clients présents dans les magasins, plusieurs bâtiments fermés à cause d'une faillite, cette boutique, remise à jour par une jeune femme à la longue chevelure blonde… Hermione pila net et lâcha le bras de Malfoy, les yeux écarquillés. Le garçon s'arrêta, surpris, et tourna la tête vers ce que le doigt ganté de Granger lui désignait.
-Lyra, murmura la jeune fille.
C'est qui cette horrible trouble fête ?
