Blablas de l'auteur: Baaaam, un autre chapitre! Okay, y a un suspens débile à la fin, mais bref, je poste à la bourre, il se pourrait que je n'ai pas le temps de poster dans les jours qui viennent donc je préfère déjà vous mettre le petit bout que j'ai bossé aujourd'hui :) Pas le temps de répondre aux reviews anonymes, mais je le ferai au prochain chapitre!!!! Mais merci énormément à tous, j'ai reçu des compliments que je n'aurais jamais cru possibles, ça m'a énormément touchée :) Je dédicace ce chapitre à Elae qui s'installe et qui n'a pas internet, pour me faire pardonner :) Bonne lecture!!! Encore mercii!!!!


Elle avait cuisiné toute l'après-midi, elle avait lu minutieusement et appliqué de la même façon toutes les étapes de cet énorme livre de cuisine, surveillé le feu, régulé chaque gramme de chaque ingrédient, minutant à la seconde près les temps de cuisson, mais le résultat final n'avait rien de commun avec l'image dans le livre. Elle soupira et se laissa tomber sur une chaise. L'atmosphère de la cuisine était lourde et opaque, bleutée des effluves d'ingrédients trop cuits ou brûlés, ce qui la fit pousser un long soupir de lassitude. Tout l'après-midi, elle avait essayé… Décidément, cuisiner n'était pas une affaire de lecture… Dans son désarroi, elle ne remarqua pas le jeune homme blond qui l'observait, appuyé sur le chambranle de la porte. Il s'approcha sans bruit de la fenêtre et l'ouvrit afin d'évacuer cette ambiance lourde. C'est en sentant l'air frais sur ses épaules qu'elle se tourna vers lui.

-Oh, tu es là.

Plus une constatation qu'une question. Sans le montrer, il était frappé de son ton las, et passif. Il l'avait connue plus combative, et il s'étonnait chaque jours de voir à quel point elle avait faibli, allant même jusqu'à regretter leurs joutes verbales d'hantant. Avant… Avant, elle aurait réessayé mille fois jusqu'à réussir enfin, elle se serait battue avec véhémence contre les casseroles, à la recherche de cet aura d'excellence dont elle adorait s'envelopper. Mais aujourd'hui, elle avait changé. Il s'approcha et sans un mot fit disparaître les ingrédients carbonisés d'un coup de baguette, puis il se tourna vers elle.

-Granger, qu'est-ce qui ne va pas ?

Elle détourna son visage vers la fenêtre, la bouche serrée dans une moue contrariée, montrant sans parler qu'elle ne voulait pas répondre. Mais il ne l'entendait pas de cette oreille.

-Granger, répéta-t-il en s'approchant, accouche, ça m'énerve...

Elle releva ses yeux bruns vers lui, le défiant d'oser exiger une réponse. Il soupira et s'agenouilla devant elle, plongeant son regard d'acier dans le sien dans un affrontement silencieux. Ce fut elle qui baissa la première les yeux avec un rire amer.

-S'il y avait un problème, tu me le dirais ?

Il y eut un bref silence pendant lequel il la sentit hésiter, mais elle lui répondit sèchement :

-Non.

Sa réponse avait fusée, nette, concise mais surtout franche, dans l'ambiance opaque de la pièce, et le garçon l'avait prise de plein fouet sans ciller. Il se redressa lentement et se mit aux fourneaux en silence, vexé malgré lui.

-Si tu es frustrée de ne pas réussir à cuisiner, je te prierais de ne pas le reporter sur moi, dit-il s'un ton qu'il n'avait pas voulu aussi sec.

Elle se leva brusquement et sortit de la cuisine. Il l'entendit grimper les escaliers furieusement, frappant les marches avec ses pieds pour évacuer sa colère, ce qui lui arracha un sourire ironique.


S'il y avait bien une chose qui avait toujours mis Hermione hors d'elle c'était de ne pas réussir. L'échec était son cauchemar, sa hantise, sa bête noire. Elle avait toujours étudié avec ferveur, parfois même avec une sorte de fièvre effrayante, et tout lui était toujours venu avec facilité. Elle n'avait jamais échoué. Jamais avant le début de sa lente descente en enfer. Depuis sa relation avec Ron, sa vie avait été un long et lent enchainement de petites ratures, puis de fautes conséquentes, et enfin, de bourdes totales. Et petit à petit, elle s'était transformée en une boule de frustration, de colère étouffée et d'actes manqués, son esprit, sa force d'avancer partant peu à peu en lambeaux pour laisser place à une plaie béante, un trou de solitude et de douleur.

Cet incident, qui aurait pu être une chose infime pour quelqu'un d'autre, l'avait rendue furieuse. Avec un feulement de rage, elle entra dans sa chambre en claquant la porte violemment, et, attrapant tous les bibelots à sa portée, elle les jeta contre cette même porte en maudissant la terre entière. Après plusieurs minutes à ce rythme, elle sentit cette petite boule qu'elle connaissait bien lui remonter dans la gorge, et ses cris de rages se transformèrent en sanglots blessés tandis qu'elle se laissait tomber sur ses genoux, le visage enfouit rageusement dans ses mains. Les larmes roulaient sur ses joues et elle ne pouvait plus les arrêter. Elle qui avait cru avoir trop pleuré, elle qui avait pensé s'être vidée de toutes ses tristesses, elle pleurait, lamentablement recroquevillée sur un parquet qui n'était pas le sien mais celui d'une famille dont elle était l'opposition personnifiée. Maudit sois-tu, Draco Malfoy…


Draco tourna une dernière fois sa cuillère en bois dans la large casserole de cuivre et huma le délicieux fumet qui s'en dégageait avec satisfaction. Mais son sourire, qui lui était devenu habituel, disparut bien vite. Et il ne put que se rendre à l'évidence : cette dispute avec Granger de l'avait pas autant amusé qu'avant. L'apaisante satisfaction qu'il ressentait habituellement après leurs disputes ne lui comprimait pas les entrailles. Au contraire, il se sentait même… Non, certainement pas ! Comment aurait-il pu se sentir coupable ? Lui ? Ja-mais ! Granger était juste trop susceptible, trop impulsive, et dangereusement colérique. Oui, juste une petite lionne mécontente…

Les pensées du jeune blond furent interrompues par un bruit sec derrière lui. Vivement, il se tourna vers la fenêtre et aperçut un énorme hibou Grand Duc qui le fixait de ses yeux orangés, tout en continuant de frapper de son bec contre les carreaux. Draco se précipita sur lui et, ouvrant le battant d'un geste brusque, il arracha le parchemin roulé à la patte de l'oiseau. Contrariée, la bête lui pinça le doigt, et s'envola de furieux battements d'ailes.

Fébrile, il déroula le papier mais fut incapable de lire cette écriture familièrement penchée tant ses mains tremblaient. Il poussa un cri de rage et de frustration de ne pouvoir lire cet important message qui provenait certainement de sa mère. Tout son avenir était couché sur ce papier. Il lui fallait le lire.

Draco trébucha en se précipitant dans les escaliers, complètement paniqué. Dans sa tête, une seule chose tournait en boucle : le visage d'Hermione, ses yeux au reflet intelligent. Elle, elle pourrait le lui lire. Sa dispute d'il y a quelques minutes volait déjà à plusieurs miles au dessus de lui, et il tenait le parchemin tendu devant lui, comme s'il avait été fait d'une lumière aveuglante.

Il arriva à bout de souffle devant la petite porte de la chambre d'Hermione, et frappa dessus à grands coups sourds. Il frappa pendant quelques secondes à peine, mais cela lui parut durer une éternité. Quand elle ouvrit enfin, il ne fit même pas attention à ses joues sillonnées de larmes, et à ses yeux meurtris, il lui tendit le papier avec un regard désarmant de franche supplication. Sans un mot, elle le tira dans sa chambre, ferma la porte derrière lui et lui prit le parchemin des mains.

Hermione se laissa choir sur son lit, tandis que cette grande bringue de Malfoy restait debout en plein milieu de la chambre, droit comme un « i », les yeux dans le vague. Elle essuya ses larmes lentement et se concentra sur le message. Après plusieurs minutes de silence, elle se rendit compte qu'elle n'avait aucune envie de le lire, et elle le tendit à Malfoy en baissant les yeux. Bien fait pour lui, elle avait envie qu'il ressente une infime parcelle de sa douleur. Elle ferma très fort les yeux, attendant sa réaction face à ce geste muet, et pria pour qu'il ne pique pas une grosse colère.

-Her… Hermione… S'i… S'il te plaît.

Elle ouvrit les yeux de surprise et laissa tomber le feuillet à terre. Non, jamais, au grand jamais, elle n'aurait cru qu'un jour il la supplierait. Elle le vit s'abaisser et lui retendre le papier, posément, attendant son jugement. Ses mains blanches de pianiste tremblaient tellement qu'elle lui prit le papier avec difficulté. Quand elle releva son visage vers lui, elle ne reconnut pas le Malfoy qui se tenait devant elle. Il avait toujours cette stature aristocratique, mais ses yeux étaient embués de larmes, et il émanait de lui une aura qui n'avait plus rien de celle qu'il dégageait à Pouddlard : de la détresse, et une sorte de peur sous-jacente, rampante, malsaine.

Pour échapper à son regard, elle baissa les yeux vers le petit papier et entreprit de le déchiffrer. Elle sentit Malfoy se laisser tomber sur le lit, encore tremblant, et soupirer lourdement. Elle le vit même du coin de l'œil sécher discrètement ses larmes. Si l'occasion avait été autre, elle se serait moquée ouvertement. Mais les Gryffondor se devaient d'aider ceux qui étaient dans la faiblesse.

Draco, quant à lui, n'en pouvait plus de stress. Il avait l'impression qu'elle lisait avec une lenteur exagérée, juste pour profiter de son pouvoir. Après plusieurs minutes d'attente insupportable, elle leva les yeux du papier pour les tourner vers lui.

-Malfoy, c'est …

Merlin…