Chapitre 09 : Noyez Joël !

« - Hey, Ron, appela Truman tes frères sont à la porte de la salle commune.

- Ne leur ouvrez pas, ils veulent craquer le code et sont loin de savoir ce qui les attendent.

-… tu aimes ça, hein ?

- Tu n'as pas idée, sourit l'anticonformiste. »

Le préfet sourit avec la même étincelle de malice et quitta la salle. L'atelier était calme et serein, de la musique sorcière s'infiltrait par le poste radio que Jonas avait réparé en début d'année. Ron était assis sur un fauteuil, et lisait un livre provenant de la bibliothèque des Poufsouffles. Celui-ci avait été étonné de découvrir de la fiction moldue en plus de livres de cours ou d'approfondissement. Sous les conseils, ou plutôt l'obligation de Susan, il prit un livre pas très fourni écrit par un dénommé Road Dahl nommé le Bon Gros Géant.

S'esclaffant à cause des erreurs incroyables des moldus sur le sujet des géants, il était d'autant plus surpris qu'il se vit captivé par le livre. C'était donc dans le calme, que Ron lisait sur un vieux fauteuil jaune canari, alors que Jonas travaillait sur une machine moldue qu'il ne reconnaissait pas. L'objet était divisé en deux parties, avec des boutons, et une partie arrondie. Ron fronça les sourcils.

« - C'est un téléphone, lança Jonas.

- Un quoi ?

- Si t'es aussi curieux, envisage Etudes des Moldus en troisième année, sourit Daniel en entrant dans la salle. Salut, Ron.

Ron serra la main du nouveau venu, qui rejoignait son frère. Sur la mezzanine, une jeune fille de 4ème année nommée Kalie, arrosait les plantes en sifflotant.

- Il y a de nouveaux cours en troisième année ? se désespéra le roux.

- Des options. Divination, études de runes, arithmancie, soin aux créatures magiques et Etudes de Moldus. Moi et Jonas, on prend études de Moldus et études de Runes. C'est vital pour nos inventions.

- Je vois… et à quoi ça sert un télécône ?

- téléphone, corrigea Jonas.

Jonas releva sa tête. Il portait des loupes aux yeux qui lui donnait un air comique.

« - ça permet d'appeler les personnes à distance, expliqua Jonas. Les moldus ont des téléphones dans chaque maison pour avoir des conversations sans bouger de chez eux.

- Il ne peuvent pas envoyer un hibou ?

- ça prendrait plus de temps, s'esclaffa Daniel, le téléphone c'est immédiat. On a un équivalent dans notre monde, mais c'est hyper cher, seul les familles nobles peuvent se le permettre.

Ron haussa un sourcil, il ne voyait pas l'équivalent.

- Le miroir double-sens, Ron, rit Jonas.

Ron rougit face à son ignorance, mais vit que les frères Morris ne voyaient aucune malice.

« - Enfin, bref, je suis en train de le modifier pour qu'il puisse marcher dans les murs de Poudlard. Imagine si on avait un téléphone dans chaque salle commune des quatre maisons, et un dans les apparts des préfets en chef ? On aurait plus besoin de courir les kilomètres de couloirs pour rien ! s'impatienta Jonas.

- Kilomètres… tu exagères, sourit Daniel

- En tout cas, ça sera vachement utile.

- Mais comment vous allez faire, demanda Kalie en descendant la mezzanine. L'électricité ne marche pas à Poudlard.

- L'elec… quoi ?

- L'électricité Ron, répéta Daniel, c'est une énergie que les moldus utilisent pour faire marcher leurs appareils. C'est comme… la foudre.

- Il utilisent la foudre ! Mais comment ?

- Science. Ils pallient leur manque de magie par des moyens détournés, et ça donne des inventions formidables ! Pour répondre à ta question Kalie, pourquoi crois-tu qu'on ait pris runes en option ?

- Pas sûr que le téléphone va canaliser l'énergie des runes.

- On trouvera un moyen. »

La conversation s'arrêta là, car un éclat de rire vint de la salle commune. Ron, les deux Morris et Kalie se regardèrent et rejoignirent le reste de leurs camarades. Ils furent surpris de trouver les jumeaux Weasley, Harry et Neville, dégoulinants de vinaigre de la tête aux pieds. Fred et Georges aperçurent leur petit frère :

« - C'est complètement génial ! s'exclama Fred

- On devrait avoir ce mécanisme pour notre salle commune, regretta Georges.

- si ça arrive, je devrais me prendre deux à trois douches par jour, marmonna Neville.

- Qu'est-ce que vous faites là, les gryff ? demanda Daniel

- Nous avons été invités par notre très cher frère à visiter son antre, sourit Fred.

- NON. J'ai juste invité Harry et Neville ! Et c'était pour la fête du nouvel an.

- On a été traînés par eux, sourit Harry contrit.

- Et la famille ? Tu nous déçois Ronnie, répondit Georges faussement blessé.

Ron grogna pour toute réponse. Gabriel Truman hésita puis finalement rendit les armes.

« - Bon puisque que c'est Noël, on vous laisse entrer, soupira-t-il. Les salles de bains sont au bout du couloir, y'a des serviettes propres, j'appelle un elfe pour vous sécher les fringues.

- J'adore les Poufsouffles pour leur formidable hospitalité, apprécia Fred sous les rires des jaunes et noirs.

- On veut le retour de baguette ! sourit Truman, j'ai toujours rêvé de voir votre salle commune.

- Marché conclu, on fait une soirée demain, alors ramenez-vous ! dirent les jumeaux en même temps.

Les Poufsouffles poussèrent un hourra collectif et brandirent leurs jus de citrouilles et leurs biéraubeurres.

« - Il est 3h de l'après-midi… soupira Ron.

- Il n'est jamais trop tôt pour faire la fête, Weasley s'exclama Daniel. Ça tombe bien, je voulais faire une pause.

- Bande de barges, il se tourna vers ses frères, Percy va vous tuer vous le savez ça ?

- T'inquiètes, sourit Fred avec malice.

Harry, Neville et les jumeaux passèrent alors l'après-midi en compagnie des Poufsouffles, qui ne les déçurent pas. Suite au caractère inédit de leur présence entre leurs murs, ils foncèrent vers quatre heures en cuisines pour chercher une collation. Puis le groupe de musique de la maison, appelé les Licorines, improvisa un petit concert. Harry partagea alors sa science de la musique moldue, et discuta longuement avec Daniel et Jonas qui lui posèrent des tas de questions sur sa culture :

« - J'adorerais écouter du rock ou du pip-pop, s'exclama Jonas.

- Hip-hop corrigea Harry.

- Ramènes tes disses, on les fera écouter.

- Avec quoi ? intervint Kalie, je rappelle que l'électricité ne marche pas entre les murs de Poud-

- De Poudlard finit Ron. C'est dingue on croirait entendre Hermione.

Harry et Neville rirent de bon cœur. Neville avait eu les yeux qui brillaient en découvrant les plantes secrètes de la mezzanine des Poufsouffles. En voyant sa passion, Gabriel lui donna l'autorisation de venir plus souvent pour les étudier.

« - ça ne m'étonne pas que le professeur Chourave t'apprécie autant sourit-il.

- Merci… bégaya Neville. »

Il dit alors qu'il voulait être réparti à Poufsouffle mais que le choixpeau avait refusé en bloc.

« - Soi-disant, que j'étais un pur gryffondor… Je ne ressens pas ça moi, murmura Neville.

- S'il t'a forcé, c'est qu'il avait une bonne raison, sourit Harry.

- Bah… »

Harry et Neville ont été rapidement adoptés au terme de la journée. Tous les Poufsouffles appréciait Neville et sa passion pour les plantes, sa gentillesse étant une qualité qu'ils aimaient chez les membres de leur propre maison. Quant à Harry il restait le Survivant, et cela lui donnait un certain avantage.

Ron avait eu la bénédiction de Gabriel et des Poufsouffles présents pour apprendre le mot de passe à Harry et Neville. Les jumeaux avaient déjà disparu pour un de leur mauvais coups, donc Ron était assez serein.

Trois jours passèrent et Noël était enfin là. Neville et Harry laissèrent échapper un cri de joie en découvrant les cadeaux au pied du sapin de la salle commune des Gryffondors. Neville était d'autant plus surpris de voir qu'Harry ne s'attendait pas à recevoir des cadeaux. Il ne fit aucun commentaire ce qu'Harry remercia d'un sourire. Neville était comme Harry très au fait du manque de tact des gens. Il ne posait pas de questions. Il attendait qu'on veuille bien lui raconter. En déchirant le papier kraft des cadeaux Neville apprit qu'Harry et lui partageait presque le même anniversaire.

« - Je n'aurais aucune raison pour l'oublier, sourit le lion.

Harry répondit d'un grand sourire et découvrit ses cadeaux. Ron lui avait offert un pull à la Weasley, vert avec un H, et un jeu d'échecs à la sorcière. Hermione un livre sur le Quidditch avec des idées de feintes et de techniques très utiles. Eddie lui avait offert une peluche en forme de vif-d'or qui voletait dans la salle, idée qu'il a eue d'Exane d'après son petit mot. Neville lui offrit un géranium d'envie, une fleur qui embaumait les odeurs favorites de son propriétaire. Harry sentait l'odeur de la tarte de la rhubarbe embaumer dans la salle.

Susan avait repoussé les limites en offrant à Harry un rouleau de parchemin sur lequel il découvrit… son arbre généalogique avec tous les noms des Potter. Harry balbutia de plaisir, et attrapa une plume pour envoyer une lettre de remerciement à son amie.

Harry avait le cœur gonflé par l'émotion, puis découvrit le cadeau de Neville. Une fleur rouge écarlate sentant la tarte à la rhubarbe. Puis finalement, il ouvrit le dernier cadeau sans étiquette ou lettre. Les regards de Neville et Harry s'éclairaient en découvrant le présent.


« - Une cape d'invisibilité ? La chance s'exclama Ron.

Les trois amis étaient assis sur leurs sièges au banquet de Noël et avait passé la soirée à rire en voyant leurs professeurs se prêter au jeu. Ils étaient assis aux côtés des frères Morris en grande discussion avec Kalie et Gabriel Truman. Ron ne parlait pas très fort pour éviter de se faire entendre par ses frères, mais Percy mangeait aux cotés de Pénélope, et les jumeaux s'esclaffaient en jouant avec leurs pétards.

« - On pourra surveiller Rogue, murmura Harry.

- Il vous faudra être discret, Rogue peut vous entendre…

- Ah ! Susan m'a appris le sort de la bulle de silence, sourit Ron. Ça a été utile durant nos blagues à Halloween.

- Malin, apprécia Harry. »

Les trois compères décidèrent se faire des roulements. Harry y alla avec Ron, puis avec Neville, et enfin Ron avec Neville pour être plus discrets.

Harry et Ron se promenèrent dans les couloirs nocturnes en suivant Rogue et se virent déçus de constater que rien ne semblait louche, la première nuit. Ron inquiet entendit pourtant des pas.

« - Sûrement Rusard. Par la barbe de Merlin, c'est Noël, grommela-t-il, il ne pourrait pas faire une pause ?

Harry retint un rire, et les deux amis se retrouvèrent dans une salle. Avec un grand miroir en son centre.

Ron découvrit la coupe de quidditch entre ses mains… Harry, sa famille entière. Plus tard quand ils entrainèrent Neville devant le miroir, ils furent choqués de voir le garçon pleurer doucement. Neville refusa de dire ce qu'il voyait, et Ron et Harry respectèrent son silence.

Harry passa ses vacances à aller dans la salle du miroir, et revint un soir en disant que Dumbledore avait déplacé la glace. Et puis finalement, la dernière soirée, Harry aperçut Rogue menacer Quirrell, ce qui était une preuve affligeante.

Les deux lions et le blaireau racontèrent alors toute leur aventure à leurs complices. L'expression de Susan devint sombre alors qu'Harry lui livra son observation :

« - Mais t'apprécies Rogue ou quoi ? rouspéta Ron.

- Il est dur, mais c'est un bon prof tempéra Susan. C'est juste que ça m'embête aussi qu'un membre du corps enseignant en veuille à la peau d'Harry.

- Il faut en parler à Dumbledore, décida Hermione

- Et dire quoi ? siffla Eddie, on est des gosses il nous ne prendra pas au sérieux.

- Mais il croit Harry ! répliqua Ron.

- On a pas de preuve outre un témoin oculaire répondit Susan.

- Faut vraiment que t'arrêtes d'aller voir les procès de ta tante, Susan, soupira Neville.

Susan rougit.

« - Vous savez que j'ai raison, persista-t-elle.

Le groupe soupira. Effectivement, elle avait raison.

« - Rassemblons les informations, décida Harry. On a un chien, qui garde quelque chose. Rogue qui veut s'emparer de ce quelque chose.

- Qu'est-ce que c'est ce quelque chose ? se demanda Hermione

- Vachement précieux j'imagine. Mais quelle idée de le garder dans une école, siffla Eddie ! Gringotts serait bien plus sûr ! Les gobelins ne sont pas sympas mais hyper compétents !

C'est alors qu'Harry laissa échapper une exclamation faisant sursauter le groupe. Il expliqua alors que lui et Hagrid étaient passés dans la banque à un autre coffre pour avoir le paquet. Padma ouvrit grand les yeux quand Harry lui dit le numéro du coffre.

« - Ce coffre a été forcé quelques jours après, sourit Padma sous les regards approbateurs d'Hermione et Eddie.

- Comment tu le sais ? sourcilla Ron

- C'était dans le journal.

- Et vous vous rappelez de ça ?

- On est des Serdaigles, Weasley sourit Eddie, mémoire, mémoire. »

Ron arqua un sourcil mais n'ajouta rien. Au contraire, il se leva.

« - Allons-y, décida l'anticonformiste.

- Où ça ?

- Prendre le thé chez Hagrid. Il va parler, c'est moi qui vous le dit.

- Quel aplomb Ron, s'esclaffa Susan.

- J'en ai marre de ces histoires ! Balai ensorcelé, un cerbère dans l'école, franchement, les dangers je les veux uniquement en cours de botanique ! »


Ron, Harry, et Susan décidèrent alors d'aller rendre visite au garde-chasse pendant que Padma, Eddie, Neville et Hermione faisaient des recherches à la bibliothèque en plus de leurs devoirs.

Les trois compères entrèrent alors dans la cabane du demi-géant et acceptèrent avec plaisir le thé et les gâteaux aussi durs que de la pierre. Enfin, Susan se tourna vers une marmite et ouvrit les yeux si gros qu'ils semblaient prêts à tomber de leurs orbites :

« - Hagrid, murmura-t-elle. Est-ce que c'est ce que je crois ?

Elle pointa son doigt vers le feu. Vers le chaudron. Vers un œuf gros comme celui d'une autruche. Un œuf de dragon. Le regard fuyant d'Hagrid ne fit que le confirmer, et la pâleur de Ron aussi. Seul Harry ne comprenait pas la réaction de ses amis

« - MAIS VOUS ETES COMPLETEMENT CINGLE, hurla Susan

- Mais nooooooon… marmonna le garde-chasse.

- MAIS SI ! VOUS AVEZ CRAQUE ! C'est parfaitement ILLEGAL.

- Le volcan vient d'imploser, souffla Ron.

- Mais il sera bien avec moi.

- CE N'EST PAS LE PROBLEME, PAR MORGANE !

- Hagrid, c'est pas raisonnable expliqua Ron, il sera plus grand que votre maison…

- Mais qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Harry

- CE GRAND ABRUTI A UN ŒUF DE DRAGON !

- SHhhhh… essaya Hagrid.

- Ne le traite pas d'abruti, Susan… Voyons… tenta Harry…

- JE LE TRAITE D'ABRUTI SI JE VEUX ! VOUS ETES UN GRAND MALADE ! JE DEVRAIS APPELER LES AUTORITES !

- Susan calme-toi, tenta Ron.

- LA FERME !

- Hagrid soyez raisonnable… Vous ne pouvez pas garder cette créature…c'est trop dangereux, essaya Harry.

- ET ILLEGAL !

- Aussi…

- Mais il va être...OH ! »

Ils furent interrompus par un craquement de la coquille de l'œuf. Sous les yeux écarquillés, effrayés, et impressionnés des trois enfants, et l'expression gaga d'Hagrid, un petit dragon naquit. Susan semblait sur le point de s'évanouir ou d'imploser… C'est selon.

« - Hagrid, dit-elle d'une voix à peine contrôlée.

Elle se tourna vers lui avec un sourire effrayant.

« - Vous avez deux jours pour vous débarrasser de ce dragon ou j'appelle les autorités.

- Voyons Susan, tempéra Harry.

- NON. NON. NON. La CONVENTION par Circé ! La loi, c'est la loi !

Hagrid fondit alors en larmes, et les deux garçons furent complètement impressionnés par le regard dur et solide de leur amie. Sous sa barbe et tremblements, Hagrid accepta alors que Charlie Weasley, le frère de Ron vienne s'occuper du dragon. Sous les lamentations, les tricolores purent arracher au demi-géant le nom de Nicolas Flamel, et donnèrent l'information à leurs amis en revenant au château.

Les trois Serdaigles furent quasiment synchrones :

« - La pierre philosophale.

- La quoi ?

- La pierre philosophale, Harry sourit Padma, c'est l'elixir de vie.

- Mais pourquoi Dumbledore la cacherait ici ?

- Ha ça… j'aimerais bien le savoir, siffla Eddie.

- On fait quoi pour le dragon ? demanda Ron, Charlie vient le chercher dans une semaine.

- Pas mon problème, gronda Susan.

- On s'en occupe, décida Hermione, il pourra le réceptionner au sommet de la tour d'astronomie et à l'abri des regards indiscrets sur notre terrasse.

- Faudrait que je visite votre salle commune un de ces jours, sourit Ron.

- Si t'arrives à craquer l'énigme, passe quand tu veux, rit Eddie. »