Marnie

Elle le suivit sans poser de résistance. Ils passèrent devant la salle où Naomi était repartie, puis devant plusieurs portes. Il l'incita à rentrer dans une salle sur la gauche. La porte n'avait rien de spécial, peut être juste en meilleur état que d'autres.

À l'intérieur la première chose que vit Marnie était le grand lit. Une raideur la surprit quand elle se demanda si tout cela n'avait pas été fait pour mieux pouvoir la retenir dans cette chambre, à ses quatre volontés. Le roux fouillait dans des tiroirs. Il ne semblait pas être un danger en fait. Elle se détendit légèrement.

C'était une chambre un peu squat. Les murs de bétons et les vieux tags en donnaient vraiment l'impression. Cependant tout était bien rangé, pas une affaire ne traînait sur le sol. Les livres étaient bien rangés sur le rebord de la fenêtre, ce qui frappa ensuite la jeune femme fût les barreaux à la fenêtre. Elle ne pourrait pas fuir de cet endroit par là.

-La salle de bain est là, lui dit-il en lui montrant une porte au fond de la chambre. Vas-y. Je t'amène des vêtements propres et une serviette.

Marnie obéit et rentra dans la salle de bain. C'était une salle à peine carrelée par endroits. La douche n'était qu'un pommeau fixé au mur et un trou entre la carrelage. Sur le côté il y avait un lavabo et une petite armoire, près de la porte il y avait une chaise et à côté de la douche une carpette et un WC dans un coin. Les murs n'étaient pas tous tagués. Si il allait venir alors qu'elle serait sous la douche il la verrait nue puisqu'il n'y a pas de rideau.. Marnie eu un moment d'hésitation.

-Allons ma vieille, se dit-elle. Tu es sensée avoir couché plein de fois, tu ne vas pas t'arrêter à ça.

Elle se déshabilla et commença sa douche. Il rentra rapidement après, les bras chargés d'affaires qu'il posa sur la chaise. Il se posa devant elle alors qu'elle se lavait la tête. Elle avait des bleus de tailles différentes sur à peu près tout le corps.

-Tes hommes ne sont pas des anges, devina-t-elle.

-Ils ne sont quand même pas allé te chercher chez tes parents n'est-ce pas?

-En effet.

Il attendait qu'elle lui raconte son histoire mais cette fille était encore plus fermée qu'une huître. Ça devenait frustrant à son goût.

-Écoute Marnie. Je comprends que tu ne sois pas super contente de te retrouver dans cette situation mais je te rappelle juste que tu pourrais te retrouver bien pire.

-Je traduis, répondit-elle, soit tu causes soit je te viole et je te partage avec mes copains. Tu voulais établir une confiance? Ça part mal.

Mello s'était laissé emporté par ses émotions. Cette situation le rendait mal à l'aise, c'était la première fois qu'il était responsable d'une personne.

-Excuse moi, lui dit-il en fermant les yeux. J'aimerais vraiment savoir.

-Tu ne me connais que depuis ce matin. Tu pourrais te montrer un peu patient quand même.

Marnie était réticente à lui parler de son passé. Il n'était pas particulièrement chargé de peine et de souffrance à son goût mais elle ne souhaitait pas qu'il en apprenne trop sur elle, ou du moins pas trop vite. Elle avait compris à quel genre de personne elle avait à faire alors elle ne voulait pas trop lui donner d'information. C'était comme une course à qui aurait le plus d'informations sur l'autre.

Elle avait tourné le robinet et s'était avancée sur la carpette. Elle prit la serviette qu'il lui tendait. Elle commença par se sécher les cheveux. Les mains en l'air, face à lui, elle sentait son regard qui l'auscultait sous toutes les coutures. Elle n'appréciait pas ça mais elle ne devait rien dire, ne rien laisser transparaître. Elle s'essuya ensuite rapidement le corps. Elle leva très doucement les yeux vers les siens et laissa tomber la serviette. Elle lui adressa un petit sourire désinvolte et fit un pas vers lui.

-Arrête, tu vas le regretter. Je l'ai bien compris que tu es vierge. Ça ne m'empêchera pas de te baiser, lui dit-il en sortant.

Ce mec était fort, mentalement il était plus intéressant que les hommes qui s'étaient intéressé à elle auparavant. Finalement c'était bien mieux que ça soit lui qui s'en charge. C'était une finalité qui convenait à Marnie. Elle mit le sweater qu'il lui avait mit sur la chaise ainsi que le pantalon, tout était noir. Elle retourna ensuite dans la chambre. Il n'y avait personne. Elle regarda bien dans tous les coins, non personne. Elle regarda dans quelques recoins, il n'y avait rien qui puisse le compromettre. Pas de caméras ou de micros. C'était peut être idiot mais elle préférait assurer ses arrières.

Lorsqu'il rentra elle s'était assise sur le lit. Il prit la chaise de la salle de bain et s'assit en face d'elle. Il tira une tablette de chocolat, enleva l'emballage et en croqua un morceau.

-Marnie, pourquoi as tu besoin que je couche avec toi.

-"Besoin que tu couches avec moi"? Tu dois être fatigué, lui répondit-elle en faisant mine d'être étonnée par ses propos.

-Donc je peux te prêter à un de mes amis, continua-t-il.

-Je ne suis pas à toi. Je couche uniquement si je le veux.

-Tu lui dira ça, lui répondit-il en allant ouvrir la porte.

Un énorme colosse à la tête rasée se dressait à l'embouchure de la porte. Il regardait Marnie avec un grand sourire sadique.

-Si vous avez besoin de moi vous m'appelez, dit le roux en sortant de la pièce.

-Voyons Mello, on va bien s'entendre cette petite cochonne et moi, répondit le monstre.

Marnie savait qu'elle ne pouvait jamais faire confiance à ce Mello. Il l'avait eu. Elle avait besoin de faire l'amour avec un homme mais en même temps ça l'effrayait. Mello était clair, si tu veux coucher avec moi il va falloir que tu me racontes ce qui t'es arrivé sinon tu te débrouille avec cette brute.

-Allons ma cocotte, se disait-elle alors que le colosse avançait vers elle. Tu peux trouver une issue. Dans ce genre de situations tu peux essayer la psychologie mais avec cet abruti ce n'est pas la peine, la force mais il est dix fois plus fort que toi et ta dernière option: la ruse.

-Alors minette, tu n'enlèves pas un peu d'épaisseur, lui lança-t-il.

-C'est bien simple, dans votre cellule toute froide et humide j'ai attrapé un rhume alors je fais bien attention de ne pas tomber encore plus malade en me couvrant convenablement. Si tu veux espérer quelque chose il va falloir que tu réchauffe la pièce ou que tu me chauffes.

-Pas de problèmes petite chienne, lui lança-t-il.

Elle s'installa plus loin dans le lit, prêt de la fenêtre.

-Viens prêt de moi, lui dit-elle en tapotant la couette devant elle.

L'homme en rûte l'écouta mais au dernier moment il lui sauta dessus. Il commençait par lui mordiller le coup en glissant une main du haut de son ventre vers le bas. Elle réussit à atteindre un livre. Elle frappa un coin de ce dernier de toutes ses forces dans la nuque de son assaillant. Il s'écroula immédiatement sur elle. Elle le poussa et se retrouva libre. Elle se retourna vers le corps inerte allongé sur le lit, elle était assez fière d' sortit de la chambre et alla vers le salon où les putes rigolaient. Mello était assis sur le dossier d'un canapé, une tablette de chocolat dans les mains. Il avait l'air contrarié de la trouver là.

-Ton ami s'est effondré de fatigue, se moqua-t-elle.

-Je ne cache pas que j'aurais préféré que tu m'appelle, lui répondit-il.

-Pour que tu l'arrêtes à condition que je te racontes tout ce que tu veux savoir. Ça ne marche pas comme ça.

-Alors comment ça marche?, insista-t-il.

-Ça ne marche pas. Pourquoi je te parlerais de moi alors que je ne sais rien de toi.

Mello la regardait en silence. Plus personne n'osait faire de bruits dans le salon. Mello se leva en prenant son chocolat avec lui et indiqua d'un mouvement de tête à Marnie de le suivre. Il l'amena à nouveau dans sa chambre où le colosse repartait en titubant quelque peu. Il s'arrêta devant elle sans se retourner

-Je te propose une chose, commença-t-il. On pose chacun à notre tour une question.

-Pourquoi es tu si pressé?

Mello se retourna. Était-ce sa première question ou juste une pré question afin de se décider à accepter. De toutes façons il ne pourrait y échapper. Cette femme pourrait rire avec un pistolet sur la tempe.

-J'ai d'autres choses à faire qui sont assez urgentes et tu me prends toute mon attention.

Ces mots firent sourire la jeune femme. Attention Mello, c'est comme ça que les emmerdes commencent.

-Pourquoi veux tu que l'on te dépucelle?, continua-t-il.

-Pour ne plus être mariable.

-J'ai fait une réponse plus complète, dit le rouquin.

Marnie soupira. Cet homme n'était visiblement pas habitué à ne pas avoir ce qu'il désire. Elle se dressa devant la fenêtre et regardait au loin.

-Mon père était criblé de dettes et ma mère ne toucherait son argent que des mois plus tard. On avait de plus en plus d'ennuis avec des personnes qui nous menaçaient de nous tuer, de nous vendre... C'est alors que cet enfoiré est venu. Il a dit à mes parents que je pourrais avoir une belle vie avec lui parce qu'il était riche et que soit disant il m'aimait. J'ai refusé alors il a dit à mes parents qu'il effacerait nos dettes. Ma mère a refusé alors il l'a tué ce qui a fait changer d'avis mon père, du coup je me suis enfuie. Content?

-Très, lui répondit-il.

-De quelle affaire urgente es tu en train de t'occuper? , lui demanda-t-elle.

-Tu as entendu parler de Kira?

-Donc tu essayes de l'arrêter, devina-t-elle.

-En effet. Une fois dépucelée, que voudra tu faire?

-Je n'en sais rien. Je pourrais vivre comme je l'entends, ça c'est sûr. Avoir cette possibilité serait un bon début. À mon tour, tu n'as rien d'un brigand comme les autres alors que fais tu là?

-Ils sont moins brigands qu'ils en ont l'air. Et puis se sont des hommes sans foi ni loi alors ils obéissent plus facilement, dit-il en allant s'asseoir sur le lit. Avec tous les hommes que tu as rencontré tu aurais put te faire dépuceler facilement alors pourquoi c'est à moi que tu demande ça?

-Tu le sais très bien, lui répondit-elle en allant vers la fenêtre à côté du lit.

-Je veux l'entendre de ta bouche.

Marnie ne répondait pas. Elle semblait se cristalliser devant cette fenêtre. Il se sentit obliger de se lever et de se mettre derrière elle.

-Marnie?

-Ça me fait peur, dit-elle en fermant les yeux. J'ai pensé en te voyant que ça serait plus facile avec toi, parce que tu n'es pas un crétin.

-Sauf que si je te dépucelle je vais en revouloir plus tard, continua-t-il.

-Je m'en doutais, dit-elle en se retournant. Cependant je préfère encore ça.

-Ça ne veut pas dire que je vais t'aimer, rajouta-t-il.

-Je l'espère bien. Je ne tiens pas à ce que l'on s'attache à moi.

Il lui donna un bout de chocolat qu'elle mangea sans plus de comédie. Cette femme lui semblait soudainement trop différente des autres, comme si elle s'était perdue en chemin. Il comprenait qu'elle souhaitait une chose par dessus tout: sa liberté. Elle voulait cette liberté à tout prix pour vivre, mais attention Marnie il se pourrait que les sentiments fassent partit de la vie. Ça serait dommage de t'être privée pendant tout ce temps de sentiments pour vivre libre alors que la vie libre en comporte.

Mello plaça une main sous le menton de la jeune femme. Elle le regarda droit dans les yeux sans hésiter, sans essayer de lui camoufler quoi que ce soit ou du moins elle essaya d'avoir cet air là. Il l'embrassa sans retenue. Il la plaquait contre lui d'un bras et tenait sa tête près de la sienne. Elle ne le quitta pas des yeux. Au bout d'un moment elle s'éloigna un peu de lui et soupira un air glacial.

-Tu as finit?, lui lança-t-elle.

Cette femme semblait être une vraie sorcière sans cœur. Elle le laissait faire mais ne lui donnait pas plus.

-Espères-tu que je t'aime un jour?, continua-t-elle.

-Non. Je ne voudrais pas te blesser. En réalité que tu m'aime n'est pas un vrai problème en soit mais tu vas me demander de plus en plus de temps et ça c'est absolument impossible. Et puis j'ai Kira.

-Tu es donc prêt à mourir pour le démasquer, comprit-elle. Cependant le risque de tomber amoureux aujourd'hui est plus présent de ton côté on dirait.

-Ne t'emballe pas. J'ai plus d'expérience que toi. Quand tu vas perdre le contrôle sur toi même, c'est là où tu aura un risque.

-Bah! Je préfères encore tomber amoureuse d'un homme comme toi et vouloir l'aider jusqu'à ma mort que coucher avec un mec comme ton pote.

Mello la laissa seule dans la chambre un moment. Il revint plus tard avec une assiette. Elle mangea rapidement puis il repartit. Elle s'allongea sur le lit en prenant un livre. Elle était mieux là que dans la cellule sombre où on ne faisait qu'entendre les rats sans savoir s'ils étaient ors de la cellule ou à l'intérieur. Quand Mello revint il était plus de minuit. Elle s'était endormie à côté du livre. Il ne voulut pas la réveiller et alla à la salle de bain sur la pointe des pieds.

Le bruit de l'eau réveilla Marnie. Elle se leva, hésita quelques secondes puis rentra dans la salle de bain. Il était sous la douche, droit comme un I, les yeux fermés et la tête en arrière. Marnie n'avait jamais eu l'occasion de voir d'hommes nus. Elle avait bien vu des photos ou lu des livres de médecine mais elle ne pensait pas que ça avait cette tête là en réalité.

-Viens, lui dit-il.

Elle enleva lentement ses vêtements. À chaque fois qu'elle en posait un sur la chaise, elle se demandait si c'était vraiment une bonne idée. Elle finit tout de même par le rejoindre. Il commença par la prendre dans ses bras, puis par la laver. Quand il approchait de certains endroits comme ses seins, elle fermait les yeux et se mordait l'intérieur des lèvres. Il faisait comme s'il ne remarquait rien et continuait.

Après la douche il l'enroula dans une serviette et se sécha. Il la tira ensuite par la main jusqu'au lit. Il enleva doucement la serviette qu'il laissa tomber sur le sol. Elle s'allongea d'elle même sur le lit et il se coucha à côté d'elle.

-Tu vas devoir me faire confiance, lui dit-il.

-Ne t'en fais pas pour ça, lui répondit-elle pour qu'il arrête de parler inutilement.

Il lui caressa les seins, puis le ventre et les hanches. Il fit descendre sa main et l'embrassa de plus belle. Marnie ne put s'empêcher de s'accrocher à lui et de coller son corps au sien. Elle commençait déjà à perdre la tête. Mello se mit au-dessus d'elle sans perdre contact avec ses lèvres. Il rentra tendrement en elle. Marnie eu mal les quelques premières milliseconde mais rapidement après ce n'était que plaisir et caresses. Elle le serra contre elle en laissant échapper quelques petits sons de sa bouche. Elle le laissa faire jusqu'au bout. Quand Mello s'effondra à côté d'elle, elle l'embrassa.

Pendant la nuit, elle se blottie contre lui. Elle se sentait bien là, au chaud. Le lendemain ils eurent tout deux du mal à se réveiller et encore plus à se lever.

-Je t'avais prévenu, lui dit-il en s'habillant.

-Que j'allais me régaler? Non tu ne m'avais rien dit, lui répondit-elle en mimant l'innocente. N'aies pas peur, je ne t'aime pas.

-Idem, lança-t-il en sortant.

Elle sortit de la chambre une vingtaine de minutes plus tard. Mello était au fond du salon, seul dans un fauteuil en cuir marron. Il portait un casque sur les oreilles et écoutait une bande magnétique. Il lui indiqua un bol dans ce qui semblait être une cuisine. C'était un bol de riz avec un morceau de viande et un peu de sauce. Marnie faisait tourner le bol avec un air suspect.

-Tu n'en as jamais mangé?, dit une voix derrière elle.

En un mouvement rapide et fluide elle trempa son doigt dans la sauce, se retourna et lui enfonça dans la bouche.

-C'est de la sauce soja. Tu n'en as jamais goûté? C'est bon.

-Elle est identique au poison que l'on faisait pour les rats.

Elle mangea quand même le bol. Elle regardait par la fenêtre. Elle se trouvait vraiment dans un drôle d'endroit. Autour d'eux il n'y avait que des ruines ou un immense parking à l'abandon vu l'état du bitume. Quand elle eut finit elle posa le bol dans ce qui devait être l'évier et s'assit par terre, appuyée au flanc de l'horrible fauteuil sur lequel Mello était retourné. Elle ramassa ses genoux contre elle. Elle profita du silence pour se remémorer ce qui s'était passé dernièrement. Il lui avait dit que si elle tentait de s'enfuir il n'aurait pas le temps de dire quoi que ce soit, qu'elle serait morte. Comment pourrait-elle savoir si c'était des menaces en l'air ou si c'était un fait? Elle savait que le bâtiment était en grande partie construit sous terre, donc impossible de s'échapper par là. Il devait probablement y avoir des gardes sur le toit et aux entrées. S'évader de cet endroit n'allait pas être une mince affaire. Il fallait qu'elle arrive à obtenir de lui une confiance sans faille. Il ne faudrait pas pour autant qu'elle change de comportement, il s'en rendrait alors compte immédiatement. Elle allait devoir jouer en finesse.

Mello la sortit de ses pensées en lui mettant un casque sur les oreilles. C'était une discussion entre un homme et une femme qui parlait d'arrêter Kira.

-Il s'agit de Kira, n'est-ce pas? L'homme est Kira et la femme une personne de son équipe.

Mello ne lui répondit pas. Il la fixait comme s'il essayait de trouver la solution dans le bleu étrange de ses yeux. Cette femme était intelligente, très intelligente.

-Je le pense, en effet. Comment as tu deviné?, lui demanda-t-il.

-Il n'y a pas assez d'émotion dans leurs voix pour que ça soit sincère et j'ai crut entendre un bruit de papier froissé à un moment. Ils savent qu'ils sont écouté, donc ils communiquent par papier. Mais L va les arrêter n'est-ce pas?

-Ne me pose pas cette question Marnie. Tu sais déjà qu'il est mort, lui dit-il d'un ton un peu fataliste.

-Je m'en doutais. Il ne semblait plus le même ces derniers temps. Il y a donc une grande probabilité que Kira soit devenu ce nouveau L après avoir tué l'ancien.

-Je le pense aussi, lui répondit-il avec un petit sourire en coin.

Cette femme allait pouvoir l'aider. Cependant il fallait dans un premier temps qu'elle soit sûre qu'il ne soit pas ce nouveau L et que lui soit sûr qu'elle ne soit pas partisane de ce Kira. Il pourrait bien sûr lui tendre un petit piège mais il ne pourrait pas monter une petite mascarade aussi grossière que la dernière fois. Il fallait qu'il attende l'occasion et qu'elle s'attache à lui. La deuxième partie allait être plus compliquée.

-J'ai une affaire à régler aujourd'hui. Tu ne cours aucun danger si tu n'essayes pas de fuir.

-Si tu le dis, dit-elle en prenant un livre qui traînait sur le sol.

.Je vais voir si je peux t'en ramener, lui dit-il en désignant le livre de ce qu'il restait de sa tablette.

-Si tu veux.

Il alla chercher quelques affaires dans la chambre et revint. Marnie s'était installée sur un canapé, profitant que la pièce soit déserte.

-Je reviendrai ce soir, lui dit-il en se tenant dans l'ouverture de la porte.

Elle leva les yeux vers lui et le regarda. Cette tenue noire avec son casque dans ses mains lui donnait un air plus mature et assez séduisant.

-Tu dois avoir du succès auprès des femmes dans cette combinaison, dit-elle en se forçant à garder un air sérieux.

Mello entrouvrit sa bouche, il allait dire quelque chose mais changea d'avis. Il s'avança vers elle et s'assit à côté d'elle. Il la serra fort contre lui. Marnie le laissait faire mais pour elle ça semblait drôlement louche.

-Au final ça m'arrange si tu m'aimes, lui dit-il en l'embrassant sur le front.

-Je suis donc si intéressante pour attraper Kira?

-Je te promets de te protéger, continua-t-il.

-Et de m'aimer jusqu'à la fin de ta vie je suppose, pouffa-t-elle en le repoussant. Arrête tes conneries et file ou tes gars vont râler.

Elle lu tous les livres qu'il y avait sur le rebord de la fenêtre. Ils traitaient des sujets assez divers allant de la science en passant par l'histoire jusqu'aux roman.

Tout le bâtiment semblait désert mais quand elle tendait l'oreille en ouvrant la fenêtre elle se rendait compte qu'il y avait des gardes postés sur le toit et à deux endroits qui devait être les deux sorties. Impossible de penser à une évasion maintenant, elle devrait se contenter du plan initial.

Elle finit le dernier livre dans le salon. Il était cinq heures passées de l'après midi. La journée était passée plus vite que ce qui lui avait semblé. Son estomac gargouilla un peu, elle avait complètement oublié son repas de midi. Elle s'endormit sans s'en rendre compte, en plein milieu d'un paragraphe.

La sensation que lui provoqua le livre en glissant de sa main la réveilla.

-Mello?, demanda-t-elle avant d'ouvrir les yeux.

Non ce n'était pas Mello. C'était un grand colosse rasé de près.

-Tu te souviens de moi? Tu m'avais chauffé la dernière fois petite chienne.

Bien sûr qu'elle se rappelait de lui. Mais qu'est-ce qui avait bien pût lui passer par la tête de s'endormir ici?! Il mit une main sur ses seins et elle le gifla. Elle s'assit sur le dossier du canapé. Elle ne pourrait pas le fuir bien loin comme ça mais ça pourrait toujours lui donner du temps.

-Je ne t'ai pas chauffé aujourd'hui, lui dit-elle avec un ton tranchant.

-Hier, aujourd'hui qui s'en souci?

-Je suis réservée pour Mello, ne l'oubli pas, tenta-t-elle.

-Si personne ne le lui dit..,insista-t-il en lui attrapant les hanches.

-Tu le prends vraiment pour un idiot?, rajouta-t-elle en repoussant ses mains avec des coups de pieds.

En un bon elle passa derrière le canapé afin de mettre le meuble entre eux. Il tenta de suivre le même chemin qu'elle cependant, en vraie petite anguille, Marnie couru vers la porte alors qu'il était occupé à passer la canapé. Elle traversa le couloir en courant sans se préoccuper de la distance qu'il y avait entre eux. C'est lorsqu'on se déconcentre de sa trajectoire pour savoir combien il y a de distance entre nous et l'assaillant que l'on perd de la vitesse et que l'on a une plus grande probabilité de chuter. Elle se jeta sur la porte qui séparait le couloir au reste du bâtiment. Elle savait que si elle sortait ou on la voyait courir il y aurait un gros risque qu'on l'abatte mais elle ne voyait pas d'autre issue. Il fallait qu'elle tente. Elle descendit quelques marches et arriva dans une énorme salle qui conduisait à différents couloirs et à différentes sales. Au bout de la salle il y avait une sorte de gros rideau de fer. Elle se dirigea vers cette sortie probable en cherchant un tableau de commande du regard. Avant qu'elle ne puisse atteindre quelconque bouton, le portail commença à se lever. Elle ne pouvait plus reculer, plus maintenant. Elle glissa sous le rideau qui se levait. Plusieurs motards furent assez surpris de la trouver là. Elle continua sa course en les évitant. Il fallait un endroit où elle ne pourrait pas être suivie facilement.

-Allé Marnie, réfléchit, réfléchit!, pensait-elle.

Elle avait l'impression de voir une forêt au loin. La distance qui la séparait de cet abris était grande mais de toute façon elle ne voyait pas d'autre endroit. Elle se dirigea vers ce nouveau but mais on attrapa sa main et on la tira violemment. Elle se retrouva bloquée dans des bras, la tête dans un coup d'homme en casque. Il n'y avait qu'une personne assez cinglée pour penser la rassurer dans une situation pareille.

-Mello?, murmura-t-elle.

.Arrête toi ou les hommes qui sont sur le toit vont t'abattre, lui répondit-il.

Il avait tout d'abord pensé qu'elle prenait la poudre d'escampette mais elle était comme rassurée d'être arrivée dans ses bras. Une chose était sûre: ce n'était pas lui qu'elle fuyait.

Le colosse arriva. Comme ils avaient toujours leurs casques et leurs uniformes il ne reconnu pas les individus en face de lui. Mello avait pour habitude de rentrer en dernier et seul alors il était persuadé qu'il ne faisait pas partit des hommes en combinaison.

-Tu dis que tu te réserve à Mello mais dès que tu croise un homme tu lui saute dans les bras. Comment veux tu que je reste de glace, petite chienne?

-Avec lui au moins je n'ai pas à me méfier si je m'assoupis seule dans une salle, lui répondit-elle en lui faisant face.

-Tu ne faisais pas tant d'histoire hier, lui répondit-il tout heureux d'y repenser.

L'homme rasé avançait vers elle. Il s'imaginait déjà en train de la traîner dans sa propre chambre et lui faire sa fête. Marnie se re retourna vers Mello qui portait encore son casque et la tenait toujours contre lui. Elle fermait ses yeux. Elle n'avait plus qu'à attendre que Mello veuille bien faire quelque chose. À chaque pas que le colosse faisait elle enfonçait un peu plus ses ongles dans la peau de ses propres avants bras.

-Demande le moi, souffla le roux sous son casque de moto.

Il accompagna ses mots d'un pas en arrière. Elle rouvrit ses yeux et tenta d'avoir un contact visuel avec lui et de comprendre ce qu'il avait dans la tête. Elle comprenait ce qu'il voulait dire mais elle n'arrivait pas à comprendre ce que voulait réellement Mello. Elle le regardait avec un air suppliant sans arriver à voir ses yeux à travers la visière noire du casque. De gros bras s'enroulèrent brusquement autour de son torse et de ses bras. Elle essaya de se délivrer en tordant son buste dans tous les sens et en repoussant les bras avec la force de ses épaules. Le colosse rigolait.

-J'aime bien les femmes qui résistent, disait-il en remontant une main vers un sein.

Il ferma sa main si fort sur le sein qu'elle ne put retenir un cris de douleur. Elle tenta de le frapper avec ses pieds et de le mordre, en vain.

-Assez joué, dit-il en la mettant sur son épaule.

Marnie comprit qu'elle n'arriverait pas à s'en tirer cette fois. Elle regardait Mello qui ne bougeait pas d'un millimètre alors que tous les autres motards s'attendaient à ce qu'il agisse.

-Je t'en supplie!, hurla-t-elle.

-De quoi?, lui répondit le rouquin.

-Protège moi, souffla-t-elle en baissant la tête.

Sans plus attendre il fonça sur le colosse et le mit à terre d'un coup de pied. Il rattrapa Marnie juste avant qu'elle ne s'écrase au sol en entourant sa tête de son propre corps.

Le colosse se redressa. Il avait l'air encore plus dangereux que d'habitude. Ses yeux étaient devenus rouges subitement, on aurait dit un vampire. Mello se redressa et enleva son casque. Il le regarda froidement et l'homme sembla se calmer. Aurait-il déjà eu droit à quelques corrections de la part du jeune homme?

-Excuse moi Mello, dit sagement le grand homme en penchant sa tête en avant en signe de soumission.

Marnie qui s'était relevé repartit vers l'étage. Mello comprit de suite qu'elle était en colère, à vrai dire il aurait trouvé étonnant qu'elle ne le soit pas.

-On en parlera plus tard, dit-il en la suivant du regard.

Marnie se réfugia dans la salle de bain. Elle bloqua la porte par une chaise et se blottit dans le coin en face de la douche. Elle le détestait, elle aurait voulu le frapper puis le tuer. Il faisait tout pour avoir sa confiance puis au moment où il pourrait faire en sorte qu'elle ait d'avantage confiance en lui il la trahit. Il était juste écœurant. Les larmes coulaient sur ses joues. Elle n'aimait pas du tout qu'il lui fasse subir des choses pour obtenir des choses d'elle. Elle ne voulait ni lui appartenir ni être un jouet pour lui.

Le bruit de la poignée la sortit de ses pensées.

-Marnie, ouvre moi.

-Laisse moi partir, lui répondit-elle.

-Laisse moi rentrer, insista-t-il.

Marnie ne répondit pas alors il commença à enfoncer la porte. Sachant qu'elle ne pourrait pas le retenir indéfiniment, elle se jeta sur la petite armoire au-dessus du lavabo. Elle y trouva plusieurs objets dont une grosse trousse de secours avec bandes, seringue, scalpel... Elle aurait voulu utiliser la seringue mais comme elle n'avait pas beaucoup de temps elle choisit le scalpel. Quand la porte céda enfin elle lui fit face en pointant la lame du scalpel vers son plexus solaire en l'orientant de façon à ce que la lame touche le cœur à coup sûr.

-Ne m'approche pas, lui dit-elle. Je ne te permettrais plus d'obtenir des choses de moi de cette façon. En fait tu es bien à ta place ici, un connard parmi les salops.

-Lâches, dit-il en faisant un pas.

Marnie connaissait très bien cette méthode qui consistait à parler à une personne au bord du suicide afin de la déconcentrer et pouvoir intervenir. Elle n'était pas une personne dépressive qui appelait à l'aide mais une personne qui préférait encore mourir qu'être dans sa situation. Elle enfonça alors légèrement le scalpel dans son plexus. Le sang vint rapidement. Au début il tachait juste le t-shirt puis il s'étendait jusqu'à former des gouttes sur le sol. Mello regardait le scalpel enfoncé dans la peau de la jeune femme. C'était un avertissement, elle était prête à aller jusqu'au bout.

-S'il te plaît, lui dit-il en tendant sa main.

-Non. Si je te le donne ça n'aura servit à rien, tu me regardera toujours comme un pion sur un échiquier, rajouta-t-elle en enfonçant un peu plus la lame.

-Un pion assez imprévisible, lui répondit-il en se disant que ça pourrait peut-être la faire sourire.

Elle le regarda gravement, la tentative de Mello était un échec. Elle écarta le scalpel de son torse. Mello ne savait plus quoi regarder entre les yeux de cette jeune femme qui étaient devenus glaciaux et le scalpel ensanglanté. Soudainement elle ferma les yeux. C'est à ce moment là que Mello comprit ce qu'il ne voulait pas comprendre. Il se jeta sur elle. Qui du scalpel ou de lui serait le plus rapide?

Il réussit à attraper sa main. Elle faisait tout pour ne pas lâcher le scalpel: coups de poings, coups de genoux et serrait de toutes ses forces l'instrument. Il fût contraint de la bloquer contre un mur avec son dos pour pouvoir lui arracher l'objet en utilisant ses deux mains. Une fois qu'il eut l'instrument elle se calma et il put le ranger provisoirement dans un tiroir de la petite armoire. Alors qu'il était occupé avec le scalpel elle partit s'asseoir par terre dans un tout petit recoin de la chambre entre le lit et le mur. Elle se mit en boule en serrant ses jambes contre elle.

Il n'arriva que deux minutes plus tard avec des compresses, du désinfectant et une bande. Il posa le tout sur le lit et s'assit à côté d'elle.

-Va-t-en, commença-t-elle. Je sais ce que tu as en tête mais je ne te le permettrais pas. Ce n'est pas parce que tu es amoureux de moi que tu peux te permettre de me mettre dans des situations pareilles. Si tu voulais vraiment que je t'aime ou que je te fasse confiance tu aurais dut l'arrêter immédiatement.

-Que je suis amoureux de toi?, s'étonna Mello.

-Le cirque auquel tu viens de me faire participer de force n'était rien d'autre qu'une démonstration d'indépendance. Ne le nie pas, tu me désires.

-Possible, j'avoue que je ne sais pas vraiment pourquoi j'ai fait ça, lui répondit-il avec une sorte de regard désolé.

-Va-t-en et laisse moi partir, dit-elle avec une larme.

-Je ne peux pas te laisser partir Marnie, du moins pas pour le moment.

Il se leva et sortit de la pièce. Il aurait bien voulu la soigner mais il avait comprit qu'il n'arriverait à rien. Il avait emporté avec lui tout ce qui pouvait être dangereux, elle ne risquait plus de pouvoir recommencer.

Prochain chapitre: "Ça suffit comme ça, tu m'as assez utilisé"