Liberté

Marnie se releva. Ça lui faisait mal mais tant pis, elle n'allait pas s'arrêter pour ça. Il fallait qu'elle agisse, maintenant. Elle savait qu'elle ne pourrait pas partir de cet endroit aussi facilement. Elle regarda tout autour d'elle à la recherche d'une idée. Ses yeux s'arrêtèrent sur le casque de Mello qu'il avait dut laisser là alors qu'elle était dans la salle de bain. Elle chercha dans les tiroirs où elle put trouver un pantalon en cuir et une veste en cuir également. Elle utilisa la bande sur le lit pour se bander la poitrine. Le casque sur la tête, ils croiraient tous qu'il s'agit de Mello qui va faire une virée en moto. Son plan fonctionna. Les putes dans le couloir trouvèrent ça un peu bizarre de mettre un casque alors qu'on n'était pas encore sur un bolide, mais bon. Après tout ces hommes n'étaient pas à une fantaisie près. Après avoir passé la porte qui débouchait sur la grande salle qui ressemblait à un garage avec toutes ces motos, la situation se compliqua. Mello était près de sa machine, il semblait vider le coffre sous la selle. Si elle voulait pouvoir avoir une chance il fallait qu'elle ait l'air naturelle. Il y avait malgré tout au moins 70% de chances qu'il la reconnaisse.

Elle marcha d'un pas décidé vers une moto qui avait encore les clefs sur le contact. Elle l'enfourcha, la démarra et partit. Elle passa devant Mello sans s'arrêter. Il releva la tête et la suivit du regard. Elle crut le voir plisser les yeux dans le rétroviseur.

- Ma bécane!, s'écria un homme qui venait de sortir en courant d'une des salles adjacentes.

Mello regarda le sol, perplexe. Il y avait une minuscule petite goûte rouge. Sans prendre le temps d'aller voir dans la chambre, il enfourcha sa propre moto et fonça à la poursuite de la voleuse.

Il la rattrapa bien vite. Elle s'était comme recroquevillée sur la moto.

- Arrêtes toi!, hurla-t-il.

Elle l'avait entendu car elle s'était redressée d'un coup. Elle regarda rapidement qui était sur la moto à côté d'elle. Elle ne fût pas étonnée de voir Mello, sans casque puisqu'elle portait le sien. Elle tourna le poignet et la moto accéléra brusquement. Elle tenta de le semer dans les petites rues en tournant au dernier moment à droite, puis à gauche puis encore à droite. Elle laissa la moto dans un parc derrière une haie. Elle couru dans le premier bâtiment qu'elle vit. Elle le traversa puis arriva à une petite route qui longeait un fleuve qui semblait profond. Elle couru encore et encore jusqu'à tomber sur un pont.

Mello arriva sur son bolide comme s'il tombait de nulle part. Il lui bloquait la route.

- C'est finit Marnie.

Ne pouvant s'y résoudre elle se jeta sur le garde-fous. Elle commença à hisser ses pieds sur le premier barreau. Évidemment Mello intervint et la retint. Sa veste semblait trempée et le haut de son pantalon aussi. Il regarda ses propres mains, c'était du sang. Il profita qu'elle se tienne un peu plus calme pour lui enlever le casque de sur la tête. Son teint était blanc comme celui d'un mort. Elle fermait progressivement les yeux. Elle sentait qu'elle avait de moins en moins de force mais résistait.

- Marnie? Reste avec moi. Ne t'endors pas, lui ordonna t-il inquiet.

- Ça suffit comme ça, tu m'as assez utilisé, lui répondit-elle en se laissant tomber dans l'inconscience.

Mello souleva le débardeur de la jeune femme qui était plein de sang. La blessure n'était pas grave en elle même mais comme elle avait bandé sa poitrine sa respiration en était plus difficile de plus du sang sortait continuellement de la blessure à cause de leur course poursuite. L'organisme de la jeune femme fatiguait. Il coupa d'un coup de couteau qu'il avait toujours dans sa poche la bande et fit pression sur la blessure avec son propre t-shirt qui était en dessous de sa combinaison. Il prit ensuite son téléphone.

-Matt? C'est Mello.

-Je sais, répondit le prénommé Matt. Il paraît que tu as des ennuis avec une fuillarde.

-Hmm. Amène un mec et viens avec ta bagnole. Je suis au pont vert.

-J'arrive.

Cinq minutes plus tard Matt arriva avec un homme qui semblait assez en colère. C'était sa moto qu'elle avait prit. Mello envoya l'homme chercher la machine en lui indiquant l'endroit où il avait vu la jeune femme l'abandonner. Il porta Marnie sur la banquette arrière de la voiture.

-Je l'amène à l'hôpital?

-Je pense que ça soit une bonne idée, lui répondit Mello.

-Je m'en doutais.

À son réveil, Marnie était dans le lit. Sa blessure la picotait alors elle y passa la main. On l'avait soigné. Elle voulu se redresser. C'est alors qu'elle se rendit compte de la menotte qu'elle avait au poignet. Un longue chaîne la rattachait à un des barreaux du pied du lit. Elle voulu se mettre en boule comme elle aimait l'être mais une douleur forte et subite l'en empêcha. Mello arriva rapidement après avoir entendu son cris. Il s'approcha d'elle sans mot. Il repoussa son buste sur le lit et la regarda dans les yeux quelques secondes. Elle fermit les siens et détourna la tête. Il s'assit sur le lit et mit une main sur la couverture à la place du ventre de la jeune femme.

-J'ai peut-être souhaité t'utiliser mais n'en as tu pas fait de même avec moi? N'as tu pas eu ce que tu voulais?

-Alors pour ça, pour Kira, tu veux m'enfermer avec toi. N'es tu donc qu'un bon à rien qui n'es même pas capable de l'arrêter?

-Disons que tu es sous ma protection. Si je ne te gardais pas ici tu n'aurais pas le temps de quitter la ville que mes hommes te remettront dans ta cellule.

Marnie tourna sa tête afin d'affronter son regard. Il avait une expression plutôt triste. C'était bien la première fois qu'il avait l'air presque gentils.

-Une prison c'est une protection maintenant?, ironisa-t-elle en levant son poignet.

-Je veux juste m'assurer que tu ne feras pas d'autre bêtise.

-Ou que je ne puisse pas m'échapper pour être sûr que je ne puisse pas divulguer des informations à ton sujet, rajouta-t-elle. Sans parler que j'ai l'air de t'être assez utile pour Kira. Si j'avais su quel genre de crapule tu étais je n'aurais dit que des âneries.

-Tu veux des livres je t'en amène et tout ce que tu veux dans les limites du raisonnable. Si tu ne peux pas te contenter de ça je trouverais un autre moyen plus déplaisant.

Il souleva la couverture sous laquelle elle n'était qu'en culotte. Il souleva la bande et remarqua que la compresse était pleine de sang. Il fût obligé de tout défaire en l'obligeant à rester couchée. Ça compliquait les choses mais il ne voulait pas empirer la situation.

-Quand tu dormais je t'ai fait trois points de suture. Tu en as défait un en te relevant.

-Peut être que tu en as fait trop, ironisa-t-elle.

-Tu as tellement perdu de sang que j'ai préféré ne pas prendre de risque. Si t'avais vu ton visage blafard...

-Tu attends des remerciements?, grogna-t-elle.

Le rouquin s'arrêta le temps d'un soupir. Il l'aurait bien giflé. Il lui aurait volontiers hurlé dessus. Il l'aurait bien abandonné dans son ancienne cellule deux ou trois jours. Mais il savait que ce n'était pas comme ça qu'il obtiendrait quelque chose de cette tête de bourrique.

-Ce n'est rien et de toute façon c'est de ma faute. Ce n'est vraiment pas facile de communiquer avec toi, tu sais.

-Peut-être parce que tu ne penses qu'à ce que je pourrais t'apporter.

Il lui apprit que la chaîne lui permettait d'aller de la salle de bain jusqu'à la porte, donc elle restait à peu près autonome. Cependant, au moins pour les premiers temps, il faudrait mieux qu'elle se lève avec son aide.

-Mello, tu souhaites que j'ai confiance en toi n'est-ce pas?

-Hmm.

-Alors enlève moi cette menotte ridicule. Quand on veut savoir quelque chose je pense que le mieux c'est de demander à l'autre, n'est-ce pas?

-Maintenant tu es coincée alors tu te montre docile, mais il n'y a rien qui me dise que dès que j'aurais retiré ce bracelet tu ne tente pas autre chose, lui répondit-il en reprenant un air tranchant.

-Beaucoup d'hommes m'auraient frappé pour ce que j'ai fait, beaucoup n'aurait pas était aussi.. était aussi...

Elle rougit légèrement et dévia son regard. Mello comprit à quoi elle pensait et il ne put s'empêcher de pouffer.

-Je pense que même si je suis ta prisonnière, je devrais t'être reconnaissante. Je n'irais pas jusqu'à dire que je t'apprécie, juste que je ne te déteste pas complètement.

-Déjà un bon début.

Elle lui répondit avec un regard rageur. Tout ça piétinait et elle n'atteignait toujours pas ce qu'elle voulait.

Il se baissa vers elle et lui posa un simple bisou sur la joue. En retour elle le regarda passionnément et l'embrassa comme si elle avait le feu au corps.

-Garde moi avec toi. Je ne me sens en sécurité qu'auprès de toi, lui dit-elle en haletant.

-Tu es prête à être enchaînée à moi 24/24? Ton jeu de séduction ne fonctionnera pas avec moi.

Elle lui attrapa la gorge des deux mains avec un air prédateur. Personne ne la maintiendrait dans une cage! Elle comprima la trachée de toute sa force tandis qu'il tentait de s'échapper de son emprise. Il réussit finalement à la faire lâcher. Quoi quelle face elle ne serait toujours qu'une pauvre petite femme face à un brigand.

-Tu ne devrais pas agir de cette façon, lui lança-t-il le plus sympathiquement qu'il put. Je ne pourrais plus te faire confiance.

-Et donc je te serais inutile, souria-t-elle de toute sa rage.

Alors c'était ça son but réalisa le roux. Son plan était-il donc forcément foutu? Non pas forcément, il devait peut être juste se montrer plus patient.

-Tu m'appartiens, tu es mon cadeau d'anniversaire après tout.

Allait-elle retourner dans cette cellule? Elle avait l'impression que Mello pouvait être capable de tout. Non, il en était peut être capable mais ne pouvait pas détruire ses minces chances ainsi.

Il revint plus tard avec une assiette et des médicaments. Elle les avala sans se montrer plus suspicieuse que ça. Il l'aida à manger et à boire puis repartit. Quand il revint elle s'était endormie. Il prit une douche et alla se coucher à ses côtés. Dès qu'elle sentit sa présence elle se blottit contre lui dans son sommeil, tout comme le ferait un chat.

Aime moi, chuchota-t-il. Les choses seraient plus facile ainsi.

Marnie qui ne dormait qu'à moitié, ne lui répondit pas. Elle n'aimait vraiment pas être utilisée ainsi. Au début elle ne devait surtout pas l'aimer et maintenant que ça l'arrangeait il voulait l'inverse?

Depuis que je t'ai vu dans ta cellule, tu occupes toutes mes pensées au point où je n'arrive plus à réfléchir, rajouta-t-il.

Elle se retourna pour lui tourner le dos. Il allait vraiment devoir se décider sur sa façon de se conduire avec elle parce que sa façon de faire la girouette était tout bonnement insupportable. Elle se promettait de ne jamais lui faire confiance.

À son réveil elle le trouva en train de jouer avec ses cheveux. Elle tapa sa main et le fusilla du regard. Mello ne bougeait pas. Il pourrait dire tout ce qu'il voulait elle ne lui autoriserait jamais d'être son propriétaire. Elle le regarda un moment dans les yeux. Elle souhaitait le déchiqueter, le réduire à néant et partir le plus loin possible.

-Que veux tu vraiment de moi? Une femme pour t'épauler, une aide contre Kira ou encore une prisonnière.

-Et toi alors? Que souhaites-tu Marnie? As tu fait tout ce voyage pour uniquement trouver un homme qui puisse te délivrer d'un mariage forcé? Ne cherchais tu donc rien de plus?

-Ça ne te regarde pas.

-Je te veux, lui répondit-il. Je veux que tu sois de mon côté. Que tu agisses ensuite juste en amie ou en petite amie m'indiffère, du moins pour le moment.

Il revint plus tard avec un petit déjeuné. Il avait opté pour des céréales dans du lait cette fois. Il s'assit sur le lit à côté d'elle et l'aida à manger en en mettant partout.

-Et maintenant? Comment vas tu faire pour nettoyer ce désastre? Tu aurais dut me laisser me lever.

-Pour que tu en profites pour me jouer un de tes petits tours?, lui répondit-il. Je ne souhaites pas te redonner de telles opportunités avant un petit moment. Au minimum le temps que ta plaie se referme.

Il enleva son t-shirt et commença à lui éponger le lait qui dégoulinait de sa gorge à ses seins. Elle le toisa d'un regard taquin. Elle le fit rouler sur le côté en le maintenant entre ses jambes. Hissée au-dessus de lui, il pouvait voir le lait qui de sa gorge ruisselait jusqu'à ses hanches.

-Je ne suis pas un petit poussin fragile.

Avec un demi sourire il monta sa main jusqu'à son sein. Il le taquina un peu puis s'accrocha à sa nuque et se redressa.

-Je t'avais prévenu que j'en voudrais plus, souffla-t-il. Ne fais pas comme si tu ne t'y attendais pas, à te mettre au-dessus de moi comme ça juste en culotte.

-Attention Mello, tu deviens dépendant, rigola-t-elle.

-Et si je tombais amoureux, que ferais tu? Me donnerais-tu plus de chance?

-Toi tomber amoureux? Ce genre de mascarades ne fonctionneront pas sur moi.

-Pourtant tout le monde peut tomber amoureux, lui répondit-il en la faisant basculer sur le dos.

-J'attends de voir ça, fit-elle joueuse. Et puis non au final, ne tombe pas amoureux, pas de moi. Je m'attends trop à un amour possessif, manipulateur et égoïste.

-On peut tous être surpris, répondit-il en l'embrassant.

Il lui fit l'amour, ne la privant ni de tendresse ni de caresses. Il aimait la voir ainsi, sans défenses. Il lui offrit de nouvelles expériences et de nouvelles sensation. Il se régalait de l'entendre perdre pied dans le septième ciel. Il la laissa s'agripper à sa nuque et répondit à ses demandes de baisers. Cette femme lui faisait perdre la tête. Son corps brûlant la réclamait de plus en plus et de plus en plus ardemment. Il ne put indéfiniment se retenir et perdit le contrôle de ses pulsions. Sauvage, il dévastait chez elle toute trace de raisonnement. Elle ne pouvait qu'étouffer ses cris contre son épaule en le serrant.

Lorsqu'il s'effondra sur le côté il l'empêcha de se desserrer de lui. Il caressa sa tête en reprenant sa respiration. Toujours en elle, il sentait son corps qui tremblait un peu. Il tira la couverture et serra son bassin de façon à ne jamais pouvoir se séparer d'elle.

-Pourtant quand tu perds le contrôle avec moi tu aimes ça, la taquina-t-il.

-Mais je ne te serais alors plus d'aucune utilité pour faire face à Kira.

-Alors au fond de toi tu souhaites rester avec moi.

-Pas spécialement, je suis sûre qu'il y a pleins de bons coups comme toi dans le monde.

-Mais beaucoup moins qui te proposeraient de rester avec eux en pouvant te donner tout ce que tu désires, insista-t-il.

-Tu ne m'as pas comprise. Je ne veux rien en spécial. Je ne veux juste pas de ta prison.

-Mais alors comment m'assurer que tu restes auprès de moi?

-Tu ne sais pas comment on fait rester les chats? Ça marche plutôt bien avec pas mal de personnes tu sais, l'informa-t-elle en partant vers la salle de bain.

Les chats n'étaient pour Mello que de salles bêtes infidèles qui vous quittent du jour au lendemain. Alors non il ne voyait pas comment on faisait rester un maudit chat.

Matt jouait à ses jeux dans sa chambre. Mello s'essaya à côté de lui en soupirant. Le Gamer lui jeta un regard du coin de l'œil.

-Des ennuis avec ta blessée?

-Hmm. Dis Matt, comment on fait rester un chat?

-Hé? T'es malade?

Le jeu fût mit en pause quelques secondes pendant lesquelles Matt regarda très attentivement le rouquin.

-Tu serais pas amoureux toi?, tenta celui aux lunettes.

-Non.

-Pas encore, pouffa Matt. On le nourrit, on le met au chaud, on lui fait des câlins et il a envie de rester.

-Donc il faut lui donner envie de rester. Ça doit être ça. Ce genre de blague ressemble bien à cette tigresse.

De retour dans sa chambre, Mello n'eut qu'à suivre les gouttelettes de sang pour savoir où elle était. Il la retrouva devant l'armoire à pharmacie en train de fouiller dans tous les coins. Il soupira et tira un grand coup sur la chaîne. Elle se retrouva face à lui, dans ses bras.

-Tu croyais vraiment que j'allais y laisser le scalpel?

-Alors défait moi tes points horribles. Ça saigne de partout j'arrive pas à l'arrêter. Il Fallait mettre des strips idiot.

Il soupira puis regarda sa blessure. Elle retenait un peu son sang en compressant avec le t-shirt dont il s'était servit pour essuyer le lait.

-Tu aurais dut prendre autre chose que ce t-shirt là.

-Je n'avais que ça sous la main.

-Va t'allonger sur le lit. Je reviens avec ce qu'il faut, lui dit-il tout doucement.

Lorsqu'il revint il portait tout un plateau. Il coupa un à un les points et retira le fil avec un pince. Puis nettoya de nouveau la plaie et posa le plus de strips qu'il put. Elle sursauta un peu à la sensation du sac de glace qu'il lui posa sur le ventre.

-Si seulement tu n'avais pas eut cette stupide idée, pesta-t-il en constatant la grosse quantité de sang qu'il y avait sur son t-shirt.

-Tu m'en veux tant que ça de t'avoir faussé compagnie?

-Tu m'as fait sacrément peur, lui répondit-il. Je me suis vraiment demandé si j'allais devoir t'enterrer ou pas.

Marnie restait sans voix. Elle n'avait jamais pensé qu'il avait put être capable de s'inquiéter ainsi et encore moins à son sujet.

-Quand tu iras mieux je pourrais t'amener en balade en moto si tu le veux.

-Avec ou sans menotte?, ironisa-t-elle.

-Celle-ci probablement avec. Tu es plus importante qu'un chat.

-Alors j'imagine que tu m'avais déjà prévu un beau cercueil en chê peut être en boîtes d'allumettes, comme celles avec lesquelles on enterre les petits oiseaux et ces poissons rouges qui crèvent au moindre rien.

Il partit sans se donner la peine de lui répondre, et ne revint que le soir. Un autre homme qu'elle ne connaissait pas, vint lui apporter son repas.

-Attends!, l'arrêta-t-il avant qu'elle ne se lève. Tu permets que je regarde?

-Non, lui répondit-elle fermement. J'ai déjà eu une mauvaise expérience ici je n'en souhaites pas deux.

L'homme rigola un peu puis s'assit en face d'elle.

-Je comprends. Mais tu sais Mello il a un mignon petit culs, à croquer! Tout à fait mon genre. Dommage qu'il ne s'intéresse qu'aux femmes. En revanche les femmes c'est pas du tout mon genre.

-Ah! Marnie enchantée, souria-t-elle soulagée.

-Matt, de même.

Elle le laissa regarder, puis il estima que ça devait aller et qu'elle pouvait s'asseoir. Il resta à côté d'elle à papoter pendant tout son repas. Ils étaient comme deux grands mère qui critiquaient leur petit monde depuis leur banc.

Lorsque Mello rentra, Matt était repartit depuis un bon bout de temps. Elle était endormie dans le lit, un livre encore à la main. Il le lui prit doucement et glissa un bout de carton en guise de garde page.

Le lendemain lorsque Matt vint elle l'accueillit avec un grand sourire.

-Laisse moi sortir.

-Si je fais ça je vais me faire estourbir cocotte.

-J'en ai marre de cette chambre. J'ai envie de marcher. Ça devrait aller si tu mets la menotte qui est accrochée au lit non? Et ne me dis pas que tu n'as pas le clef, tu l'as dans ta poche de pantalon avant droite.

Matt ne put que soupirer bruyamment. Il posa son assiette sur les genoux de la jeune femme et lui saisit le menton.

-On verra après manger mais je te préviens que si tu me fais un sale coup ou que tu en parles à Mello ce soir je te tue. Et on ne sort pas du bâtiment!

Toute heureuse elle mangea rapidement et attendit calmement qu'il passe la menotte à son poignet. Elle enroula le trop de chaîne autour de son propre poignet et lui fit un gros bisou sur la joue.

La ballade fût courte mais elle ne se plaint pas. Elle pouvait enfin marcher!

Au retour de Mello, elle était allongée dans le lit et fermait les yeux. Il la regarda quelques secondes et pensa qu'elle dormait. Il se déshabilla à côté du lit et vint s'allonger à côté d'elle. Une demi heure plus tard il commençait à ronfler.

Elle profita de l'occasion. En tendant lentement sa main elle fouilla dans ses poches et récupéra la clef de ses chaînes. Elle la cacha sous le matelas et s'endormit. Le lendemain matin Mello fût surpris de ne pas retrouver sa clef. Il jeta un œil à celle aux cheveux bleus, elle était toujours attachée. Il était donc très peu probable qu'elle l'ait sinon elle serait déjà partie. Il la chercha un peu partout mais sans plus de succès. Il en vint finalement à se demander si Matt la lui avait bien rendue. Il allait toquer à sa chambre quand il entendit des couinements.

-Oui! Juste là! Plus fort!

Ne voulant surtout pas le déranger de si bon matin il repartit régler ses affaires en se disant qu'il la retrouverait plus tard.

Lorsque Matt partit retrouver la prisonnière il ne retrouva que le bracelet des menottes ouvert sur le lit. Il partit immédiatement à sa recherche en courant un peu partout. Il ne la vit ni dans la cuisine, ni dans une des nombreuses autres chambres et pas d'avantage vers le salon. Il chercha rapidement dans les caves mais ne vit que des rats galeux. Il se dirigea alors avec appréhension vers le garage qui était grand ouvert. Il allait se mettre à fouiller, au cas où, les petites salles sur les côtés que l'on le siffla. Il leva la tête et vit la jeune femme lui faire coucou avec un grand sourire. Soulagé il se permit de reprendre son souffle.

-Qu'est-ce que tu fais là haut? Tu es encore convalescente! Et puis si Mello te vois là il..

-Il suffit qu'il ne le sache pas!, lui répondit-elle. Ce soir lorsqu'il rentrera je serais bien sagement en train de dormir dans le lit, avec la menotte au poignet.

-Et comment tu as fait pour te libérer?

-Il suffit d'avoir la clef, rigola-t-elle.

Elle marcha le long des poutres et sauta sur les balcons du faux étage. Elle descendit les marches calmement et se dressa devant Matt.

-J'ai compris. Allé, viens manger. Le repas va être froid.

Ainsi pendant les jours qui suivirent Marnie restait prisonnière du soir jusqu'au matin et retrouvait sa liberté au matin. Mello avait presque oublié cette affaire de clef. Il était dans un moment trop important pour se permettre à penser à autre chose. Ainsi les semaines passèrent.

Ce jour là Marnie avait eu la surprise de voir encore Mello à ses côtés à son réveil. Elle ne fit comme si de rien n'était et ne se détacha pas. Elle partit à la sale de bain, la limite de sa liberté, et eu droit à un câlin matinal à son retour. Il ne lui fit pas l'amour comme elle s'y attendait.

Lorsqu'il revint de la cuisine avec le petit déjeuner, elle était assise en tailleur sur le lit, le regard absent posé au de là de la fenêtre.

-Tiens, lui dit-il en lui tendant un bol.

Marnie revint immédiatement à la réalité. Elle lui sourit en prenant la cuillère, puis fit un signe de tête en guise de remerciement.

-Tu m'avais l'air bien concentrée, remarqua Mello.

-Je me demandais ce qui t'empêchais d'arrêter Kira. Tu sais de qui il s'agit et je pense que tu sais comment il tue. Alors comment ce fait-il que tu ne l'aies pas déjà apporté à la police?, lui mentit-elle.

-Je ne sais pas si l'emmener à la police est la bonne option, lui répondit-il en s'asseyant à ses côtés. La police a tendance maintenant à donner raison à Kira. De plus il tue grâce à un carnet, le death note. Je voudrais d'abord m'assurer qu'il ne puisse pas l'utiliser, même si en fait je pense qu'il y en a deux. De plus tu as toi même fait allusion à une équipe Kira. Je voudrais en savoir plus.

-Donc tu vas prendre un sacré risque. Le faux L va te retrouver et il te tuera avec le deuxième cahier, comprit-elle.

-C'est un risque mais je compte bien avoir un avantage grâce à mes neurones.

-Comme si tu étais le seul à en avoir. Pour moi ta meilleure option serait de l'attaquer là où il ne t'attend pas: directement dans son cadre privé. Tu connais son identité, il ne sait normalement rien de toi. Là est ton réel avantage.

-Mais dans ce cas tout le monde me traitera en meurtrier d'un jeune homme plein d'avenir sans faire quelconque lien, lui répondit-il.

-Parce qu'un homme comme toi a aussi besoin de reconnaissance de la part d'étrangers politiquement corrects?

-Tout le monde en a besoin un minimum.

-Alors laisse moi te dire une chose Mello: trafic de drogue, séquestration, meurtres, trafic d'humains et prostitution forcée de femmes. Tout ça ne va pas du tout jouer en ta faveur!

-Mais s'il me repère il pourrait me tuer.

-Je te croyais chef d'une bande pleins d'affreux qui ne manqueront à personne.

Mello éclata de rire. Il s'était déjà préparé à ce qu'elle lui fasse un jour un sermon sur tous ses méfaits, mais au contraire elle les utilisait pour le convaincre de commettre un assassinat. Elle n'avait pas froid aux yeux, c'était le minimum que l'on pouvait dire.

-En tous cas si tu décides de faire l'imbécile je te prierais de me laisser partir loin et vite. Je n'ai pas envie de subir tes conneries.

La journée se conclua de façon presque normale. Il profita du moment où elle prit sa douche. Il commença par l'embrasser et la caresser, puis ça dérapa évidemment. Elle finit dans le lit, à gémir sous ses attaques.

Le jour suivant elle se réveilla seule. Elle attendit craignant qu'il ne soit qu'à la cuisine ou au salon.

-Bonjour Cocotte! Et bien tu es toujours attachée?, s'étonna Matt.

-Il n'est pas là?

-Non, il devrait même rentrer tard ce soir, la rassura-t-il.

Ils jouèrent à des jeux vidéos, cuisinèrent et elle lu des livres. Il devait à peine être quatre heures de l'après-midi. Elle était perchée sur les poutres du garage et s'amusait à sauter de poutre en poutre.

-C'est bien beau ça chérie, mais j'ai un peu peur que tu te rates au bout d'un moment surtout que tu vas de plus en plus vite. Alors descends de là! S'il te plaît!

-Mais non! Tu dramatises toujours Matt. Au pire je me rattraperais. Ne t'en fais pas. Laisse moi profiter un peu. Hier j'ai du rester enchaînée à ce fichu lit toute la journée et aujourd'hui il rentrera tard!

Un moteur de moto gronda quelques minutes après la réplique de la jeune femme. Matt eu juste le temps de lui faire signe de se taire. Quand il enleva son casque, des cheveux roux volèrent tout autour de sa tête. Ils étaient foutus. La seule chance qu'ils leur restait était que Matt arrive à le retenir on ne savait où pendant qu'elle retournait en quatrième vitesse à la chambre.

-Mello? On ne t'attendais pas avant la nuit!, s'exclama Matt avec un sourire forcé.

-Ils n'ont plus besoin de moi là bas et j'ai acheté quelques livres pour Marnie, lui répondit-il.

-Mais si tu venais jeter un coup d'œil au dernier rapport de ceux que tu as posté aux villas avant de monter? Il y a un détail qui m'inquiète.

-Je viendrais, je viendrais, mais d'abord je veux aller la voir.

Les carottes étaient cuites! Dans un dernier élan d'espoir elle sautit de poutre en poutre jusqu'à la porte de l'étage. Il suffisait alors que Matt détourne son attention une seconde pour qu'elle puisse passer par cette porte. Le Gamer ayant comprit ce qu'elle avait en tête réussit à lui faire tourner la tête. Le tour était joué, dix secondes plus tard elle était tranquillement assise sur le lit avec un livre dans les mains et le poignet emprisonné.

-Bonjour, dit Mello en rentrant.

-Bonjour, on mange quoi aujourd'hui?, renchaîna-t-elle.

-Tu respires vite, nota-t-il. Comme si tu avais couru à toutes jambes pour arriver avant moi.

-Tu m'as faite sursauter lorsque tu es rentré.

Il s'approcha d'elle avec un grand sourire aux lèvres. Arrivé devant le lit il lui tendit la main.

-Ma clef. Je trouvais bizarre que je ne la retrouve plus subitement. Et puis par la suite tu ne me demandais plus rien, même plus de pouvoir sortir. Alors prit d'un doute je suis rentré beaucoup plus tôt que prévu.

-Et tu as du me voir dans un reflet, comprit-elle.

-Hmm. De toutes façons Matt n'a jamais été un très bon comédien alors j'ai vite fait comprit que quelque chose n'était pas comme d'habitude.

-C'est sûr que venir te voir avec un grand sourire pour te dire qu'il y a un problème.. il n'a pas été malin, râla-t-elle.

-Ma clef!

À contre cœur elle ne put que lui rendre sa clef. Elle lui tourna le dos et reprit son livre. Elle allait de nouveau être sa chose. Mello la regardait bouder en se retenant de ne pas éclater de rire. Il défit silencieusement le premier bracelet et tira d'un grand coup sec sur la chaîne. Marnie se retrouva alors tirée sur le dos. Il se jeta sur elle et passa la chaîne plusieurs fois entre les barreaux et finit par attacher son deuxième poignet avec le bracelet. Elle se retrouva avec les mains bloquées au-dessus de sa tête.

-Non mais si j'avais plus la clef j'étais déjà fichue! Pas la peine de faire ça!, protesta-t-elle.

-Oh si! Au contraire, ricana-t-il.

Il souleva le t-shirt d'une main et caressa le ventre. La jeune femme qui ne comptait pas se laisser faire le frappa plusieurs fois avec ses jambes, si bien qu'il finit par s'asseoir dessus pour avoir plus de champ libre. Il la regarda quelques secondes dans les yeux avec un air taquin.

-Alors comme ça même sans menotte tu ne t'enfuis pas?

-Je ne t'ai jamais dit que je te fuirais à la moindre occasion mais quand tu te montre insupportable tu me fais te fuir tout seul, le défia-t-elle.

Il ricana un peu mais ne tarda pas à se re concentrer sur ce ventre offert. Il le couvrit de baisers et de caresses du bout des lèvres. Des frissons parcouraient tout le corps de Marnie. Sa respiration s'emballait petit à petit.

-Arrête ça, le supplia-t-elle.

Elle le sentit sourire contre sa peau et remonter vers sa poitrine. Il commença par lécher un des seins. Il remonta petit à petit vers un de ses tétons.

-Non pas ça!, s'écria-t-elle en se sentant perdre le contrôle sur elle-même.

Il caressa le bouton rose du bout de la langue puis finit par le prendre en pleine bouche. Elle se tordait pour mieux sentir son corps contre le sien et lui échapper à la fois. Les mains du jeune homme la parcourait en lui retirant vêtement par vêtement. Elle se retrouva bientôt plus que vêtu de son t-shirt qui remontait jusqu'au-dessus des seins. Mello retira son haut. Il regardait la jeune femme qui avait le souffle encore plus court que lorsqu'il était rentré, tenter de se libérer. Il vint l'embrasser puis petit à petit se mit à descendre encore et encore. Arrivé au niveau du ventre il écarta ses jambes sous lui.

-Que fais tu?, s'inquiéta-t-elle.

Avant de pouvoir protester d'avantage, elle se mit à se cambrer en arrière. Elle ne savait pas ce qu'il lui faisait et préférait sûrement ne pas le savoir. Sa tête ne répondait plus, elle était complètement sous son emprise. Quand il rentra en elle, ce n'en était que plus délicieux.

-Laisse moi au moins m'accrocher à toi.

-Non. Tu es très bien comme tu es.

Il s'écroula un long, long moment plus tard à côté d'elle. Il la détacha assez vite par la suite et elle put se blottir contre lui.

-Ça va?, lui demanda-t-il.

-Hmm, juste la tête qui tourne.