Bonjour ! J'ai rien à dire, alors on passe directement à la lecture !

Chapitre 6 : Apprends-moi à voler

Le jour se lève. L'air frais du matin me fait frissonner dans ma couverture. Les faibles rayons de soleil traversant le hublot me chatouillent le visage jusqu'au réveil. J'entrouvre lentement mes yeux éblouis par la lumière, baille et me relève en m'étirant longuement... avant tomber brusquement de ce pu**** de hamac trop petit et d'atterrir sur un sol dur et froid, le genre de sol que t'as pas envie de toucher à 7h du mat'...

Ça y est, je suis de mauvaise humeur.

Résigné à passer un début de journée pourri, je me relève et marche d'un pas décidé jusqu'au hamac d'un certain cook soudainement très agaçant (je sais pas pourquoi...). Des deux mains, j'empoigne le tissu de la couche et la retourne d'un coup sec. Le blondin s'écrase sur le parquet dans un hoquet de surprise. Seulement, j'ai à peine le temps de savourer cette action qu'il se relève vivement et commence à me crier à la figure. Pénible...

-Qu'est-ce que tu fous, abruti ?!

-Je me défoule. Ce serait ennuyeux d'être le seul à se lever de mauvais poil ce matin.

Le Cook me dévisage avec une expression médusée. Il semble vouloir me sauter dessus, certainement pour me reprocher tous les malheurs du monde, mais il parvient visiblement à contenir sa colère au dernier moment. Il se contente alors de claquer la langue en ouvrant la porte

du dortoir.

-Tss... Irrécupérable, lâche-t-il tout en s'apprêtant à sortir.

Je lui adresse un sourire furtif, que je remplace presque instantanément par une expression interrogative, élevant la voix pour le retenir un peu plus longtemps.

-Il s'est passé quelque chose cette nuit ? Demandé-je. Tu semblais assez agité.

Sanji se retourne et hausse un sourcil, le regard pesant mes propos.

-C'est vrai que j'ai fait un rêve bizarre, m'avoue-t-il. Enfin, en lui-même il était plutôt banal, mais l'atmosphère était vraiment étrange... et lourde... ?

D'un regard insistant, je l'encourage à continuer. 'Pas que ça m'intéresse mais bon...

-C'était juste une scène toute simple, Nami vous avait réunis dans la cuisine pour parler de la prochaine île tandis que je préparais le repas. Je ne me souviens plus du nom de l'île, mais j'ai une étrange sensation dans la poitrine quand j'essaie de me rappeler.

Je dévisage le blond d'un regard déçu.

-Effectivement, c'était banal. Pauvre Cook, il se passe tellement rien dans ta vie que même tes rêves sont nuls.

-Non... je ne pense pas qu'il était si banal que ça...

Je hausse un sourcil pour montrer au blondin mon incompréhension, puis, ne voulant pas parler plus longtemps, je sors sans lui adresser un mot de plus.

Crétin de cuistot... Ce rêve... évidemment qu'il est loin d'être banal.


Les jours passent. D'après Nami, si tout se passe bien, nous atteindrons l'île aux volcans dans une semaine. Un semaine, c'est long.

Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai une folle envie de poser le pied sur terre. La nourriture me semble fade aussi, et je suis moins motivé pour mes entraînement. Brook m'a conseillé d'aller voir Chopper, mais ça n'a rien donné. Le renne m'a simplement dit que je devais être un peu fatigué avec les événements, et qu'il faudrait que je médite un peu plus. Méditer... je le faisais souvent avant. Je m'y remettrais bien...

... si seulement un certain cuisinier particulièrement chiant ne venait pas m'embêter toutes les dix

minutes.

-Marimo ?

Ah ben tiens, quand on parle du parasite.

-Qu'est-ce que tu veux encore, shitty-cook ? Demandé-je avec une pointe d'agacement dans la voix.

-Je m'ennuie, alors j'ai pensé qu'on pourrait chercher mon regret.

J'agrippe fermement l'haltère que j'étais en train de soulever et la lance brusquement contre le cook qui l'évite de justesse dans un petit cri de surprise. Je soupire et pose mes mains sur mes hanches.

-Ca te va comme réponse ?

Le blondin me lance un regard frustré et secoue la tête.

-Pauvre Marimo... il est tellement déstabilisé par ma présence qu'il ne peux plus s'exprimer correctement.

-... Toi t'as vraiment envie d'être frappé à mort.

Il sourit et prend une pose théâtrale.

-Oh, non ! Je ne veux pas mourir ! Ah, mais je suis déjà mort ! Yohohohoho ! Cook Joke !

Un lourd silence tombe dans la pièce comme un rocher. Malaise.

-J'hésite à te tuer pour ton arrogance ou pour cette blague encore plus pourrie que si c'était Brook qui l'avait faite, dis-je sur un ton faussement calme.

-J'avoue que si j'étais encore vivant, j'aurais certainement été pris d'une envie de suicide après cette blague...

Le cook me regarde, puis, bizarrement, il se met à rire de bon coeur. Wow, je sais que c'est pas la première fois que je l'entends rire, mais à chaque fois ça me fait étrangement vibrer les oreilles. Un peu comme le rire de Luffy qui nous donne à tous l'envie de sourire, mais à un autre degrés. Le rire du blondin est... comment dire... apaisant.

-Oh Marimo !

Je relève vivement la tête que j'avais vraisemblablement baissée sans m'en rendre compte.

-Hein ? Euh... quoi ?

-Ca fait quatre fois que je t'appelle et tu réagis que maintenant ? Comment c'est possible de plonger aussi vite dans ses pensées ?

-Ah euh... je pensais à autre chose, je t'avais pas entendu. C'est juste que ton rire...

-Il a quoi mon rire ? Demande le cuistot en haussant les sourcils, intrigué.

Merde, j'en ai trop dis. J'ai intérêt à vite rattraper ça, sinon...

-Ton rire m'a tellement arraché les oreilles que l'ouïe m'a été retirée pendant quelques secondes.

Un conseil pour les enfants : Quand on doit se justifier auprès d'une personne qu'on est pas censé apprécier, adopter la technique « langue de vipère » est une bonne solution.

-La ferme, algue de mes deux...

Et voilà. Le statut de connard est quand même bien plus confortable que le statut d'incompris.

J'affiche un sourire fier et croise les bras sur ma poitrine avec désinvolture.

-Alors ? Pour quelle raison as-tu besoin de moi au point de t'emmerder à m'appeler quatre fois ?

-J'ai toujours regretter de ne pas pouvoir voler...

-Hein ? Voler ?

-Ouais.

-Mais pourtant tu sais faire le sky walk non ?

-Oui, mais je ne peux pas tenir longtemps, et j'ai plus l'impression de marcher sur un escalier qu'autre chose.

-Ah... et donc ? Qu'est-ce que tu veux que je fasse ?

-Aide-moi à voler. C'est peut-être ça, mon ultime regret.

-Qu'est-ce qui faut pas entendre... Bon, viens.

Je fais signe au cook de me suivre, puis descends de la vigie dans laquelle je m'étais enfermée pendant trois heures avant que ce parasite ne vienne perturber mon entraînement. Une fois sur le pont, j'inspecte le ciel sous le regard perplexe du blond.

-Euh... T'as un plan, Marimo ?

-Plus ou moins, je vérifie juste qu'il n'y ait pas trop de nuages.

-Je sais pas pourquoi, mais j'ai du mal à te faire confiance... j'ai peur pour ma v... pour ma mort paisible.

-Ecoute, t'as voulu mon aide, alors soit tu me laisses t'aider à ma façon, soit tu te débrouilles.

-Hum...

-Bon. Tu veux voler ou pas ?

-Mouais.

-Alors vole !

A ces mots, je lui agrippe les deux bras et commence à tourner sur moi même, de plus en plus vite, jusqu'à ce que les pieds du cook ne touchent plus le sol. Celui-ci écarquille les yeux comme un demeuré et commence à protester.

-A... Attends Marimo ! Arrête ça sinon c'est ta tête qui va voler !

-Trop tard, je te souhaite un bon voyage.

-Non att... !

Le blond a à peine le temps de m'avertir que je lâche ses mains à pleine vitesse. Et c'est ainsi qu'il s'envole au loin dans un cri de rage et d'insultes envers ma personne. Adieu, petit parasite à la belle gueule !

Fier de moi, je me frotte vicieusement les mains en me dirigeant vers Usopp et Chopper qui jouent aux cartes. Je croise le regard de Nami, qui lit un magasine à côté des deux garçons. Elle soupire et secoue la tête. Peut-être qu'elle m'a vu tourner sur moi-même et qu'elle me prend pour un taré. Bah, pas grave, je me suis quand même bien amusé.

Ce n'est qu'une heure après que le cook réapparaît enfin sur le pont. Alors que je choisis tranquillement une bouteille de saké dans la remise en fredonnant la chanson « Katana » de Kazuya Nakkai*, j'entends soudain la porte qui s'ouvre violemment derrière moi. Je me retourne d'un geste nonchalant, et découvre le blondin, trempé jusqu'à l'os, qui me dévisage avec un regard laissant facilement deviner son envie de meurtre. Lentement, il place une cigarette entre ses lèvres et l'allume avec le briquet en or qu'il vient de sortir de sa poche. Une bouffée de fumée s'échappe de sa bouche, puis un petit grognement.

Un ange passe. Puis deux. Puis trois. Puis un orchestre de chérubins ailés défile joyeusement dans la remise.

Soudain, le cook envoie valser tout ce petit monde et en une fraction de seconde, se retrouve à quelques centimètres de moi, la jambe appuyée contre mon katana dégainé. Une envie de provocation gagne mon esprit.

-Que se passe-t-il, mon cher cook ? Un problème d'hémorroïdes trop douloureux ?

-Non, mais quelque chose me dit qu'après le coup de pied que je vais envoyer dans ton petit cul, tu te diras que les hémorroïdes sont des caresses à côté...

-Hum, je demande à voir.

Le blondin ramène sa jambe et m'envoie l'autre dans la tête. Je riposte en dégainant mes deux autres sabres et en lui sautant dessus. S'en suit une longue bataille dévastatrice qui ravage la remise dans des bruits de destruction massive.

Le soir, le cook et moi sommes enfin calmés après des heures de baston. Sanji fume une dernière clope tandis que je rejoins les autres pour le dîner. Le repas se passe tranquillement, avec quelques assiettes qui volent et des voix qui gueulent de tous les côtés, bref, un repas tranquille. Le blondin nous observe de loin, assis à côté de son propre autel funéraire. Moi, je me reste silencieux comme à mon habitude, faisant tout mon possible pour protéger mon assiette des mains en caoutchouc de mon capitaine. Soudain, le petit renne lève la tête vers moi et coupe le bruit d'une simple question :

-Zoro, est-ce que ça va ?

Tout le monde se tait brusquement et tourne la tête vers moi. J'arque un sourcil, surpris.

-Ben oui pourquoi ?

Le médecin semble hésiter un temps.

-Bah, depuis un moment tu es bizarre. Au delà du fait que tu sois fatigué je veux dire.

Le cook, qui écoutait la conversation, se lève et vient se poster juste à côté de moi. Je lui lance un regard furtif puis repose mon attention sur les propos de Chopper.

-C'est à dire ?

-Tu t'enfermes de plus en plus dans la vigie, tu parles souvent tout seul, tu ne réponds pas tout de suite quand on te parle.

-Ah ?

-Et puis aujourd'hui... tu as passé des heures dans la remise et... en entendant les bruits je me suis demandé ce qui se passait, alors quand tu es sorti j'ai été voir à l'intérieur... et j'ai vu l'état dans lequel tu l'avais mise. Elle était ravagée.

Sanji éclate de rire à côté de moi.

-Ben alors Marimo ! Il faudrait être plus discret quand tu te bats avec une « hallucination » ! Dit-il sur un ton moqueur.

-La ferme... murmuré-je.

Le petit renne hausse les sourcils.

-Pardon ?

Merde.

-Non euh... je suis désolé... c'était juste que... euh... je me sentais pas bien et...

-Hé hé, vas-y, essaie de trouver une réponse plausible, me charrie ce crétin de cuistot au-quel je lance un regard hargneux.

-Enfin bon, soupire Chopper, j'ai remarqué quelque chose aussi...

-Euh... oui ?

-Ces temps-ci... tu me sembles très heureux.

Le cook se tait immédiatement. Tout le monde me regarde, tandis que je regarde tout le monde avec de grands yeux.

-C'est vrai que même s'il ne nous parle pas beaucoup, Zoro à l'air heureux ces derniers temps, dit joyeusement Luffy.

-J'avais remarqué aussi, intervient Franky.

-Euh... maintenant que vous le dites, murmure Nami sur un ton... suspicieux.

Moi, je suis là au milieu de mes camarades, et j'essaie de me défendre comme je peux. Je bois une gorgée de Saké et prends mon air neutre habituel.

-Ah. J'avais pas remarqué.

-Yohohoho ! C'est une étrange façon d'être heureux ! Mais elle me fait penser à quelque chose, annonce le squelette ambulant.

-Quoi donc ? Demande Usopp.

Tout le monde se tourne vers Brook, attendant un éclaircissement.

-Zoro-san, serais-tu par hasard amoureux ?

Ah. Je m'y attendais pas à celle-là.

Le cook éclate à nouveau de rire jusqu'à s'en rouler par terre cette fois.

-Ha ha ha ! Le Marimo est a-mou-reux !

Luffy saute sur la table.

-Quoi ?! Zoro a une maladie grave ?!

-Mais non Luffy, soupire Usopp, amoureux ça veut dire qu'il est attiré par quelqu'un. Qu'il l'aime.

-Comme moi avec Ace ?

-Euh, disons que c'est plus profond.

-Ah.

-Alors bro ? Reprend Franky. T'aimes quelqu'un en ce moment ?

Je soupire et reprends une gorgée de saké. C'est le genre de discussion que j'aime le moins. Surtout depuis ce jour là. Vaut mieux y mettre un terme avec des réponses désintéressées.

-Pas que je sache.

-Dommage, ça aurait été une question intéressante à développer, dit Robin en souriant.

-Ah ! Je me souviens du mot « amoureux » ! S'exclame Luffy. On avais déjà posé la question à Sanji le jour où...

Brusquement, Nami empoigne le chemise du brun et plaque sa main contre sa bouche, l'empêchant ainsi de continuer sa phrase. Le capitaine se débat mais la poigne de la rousse reste fermement collée contre lui.

-Bien, je vois que nous avons fini de manger ! Luffy, tu fais la vaisselle ce soir ! Dit la sorcière en souriant.

Le message est clair : La discussion est close.

Certainement un peu effrayés par Nami, les membres de l'équipage sortent rapidement de la cuisine et retourne à leurs activités du soir. Personnellement, je me rends à la remise pour commencer à nettoyer les dégâts sous l'ordre de Franky.

Au bout de quelques minutes, le cook me rejoint pour m'aider à ranger.

-J'ai aussi participé au massacre, alors ce serait lâche de ma part de laisser tes petits bras faibles ranger l'intégralité de la pièce, me dit-il avec un sourire moqueur aux lèvres.

Je lui répond par un grognement sourd, puis continue mon affaire sans prendre la peine de croiser son regard. Le silence qui s'installe dans la pièce est vite brisé par la voix agaçante du blond.

-Dis, c'était quoi cette histoire avec moi dont parlait Luffy ? Je ne m'en souviens pas, et pourtant ça m'a fait bizarre de l'entendre.

Je m'arrête quelques secondes et soupire lentement.

-Crétin... tu ne t'en souviens vraiment pas...


-Usopp abruti ! Je vais vraiment te frapper !

-Mais attends Sanji ! C'est pas moi qui ai eu l'idée ! C'est Robin !

-Ouais c'est ça essaie de te défendre ! Reviens ici sale long-nez !

-Usopp ! Sanji ! Revenez !

...

...

-Revenez...

...

*Pour ceux qui ne connaissent pas, « Katana » est la chanson chantée par le doubleur de Zoro (Kazuya Nakkai) dans l'album des Nippon Judan.

Épithète. Alors ? Des remarques ? Des avis ? Des questions ? Des licornes ? N'hésitez pas à me noter tout ça en review !