Bonjour, bonjour, bonjour. Encore désolée, j'écris vraiment pas beaucoup ces temps-ci et du coup ce chapitre a mis du temps à sortir. J'espère que vous l'aimerez tout de même ! J'ai pas grand chose à dire alors bonne lecture !
Chapitre 8 : Apprends-moi à me méfier
Rouge. Tout autour de moi est rouge. Et à part ce rouge, je ne vois rien. C'est comme si... j'étais dans un autre monde entre la vie et la mort. C'est silencieux aussi. Horriblement silencieux. Je suis totalement désorienté. Je crie. En criant, j'ai au moins l'impression d'être vivant. Mais contre toute attente, une voix répond à la mienne.
C'est le cook. Il apparaît devant moi, venant de nulle part, et s'avance d'une démarche lente mais assurée. Il me transperce du regard. Un regard serein et bienveillant, qui se transforme soudain en regard inquiet et démuni. Je lui demande ce qui ne va pas, mais il ne me donne aucune réponse. Lentement, il me tend les bras. Tiens ? Je n'avais pas remarqué qu'il était torse nu. Non, entièrement nu en fait. Je lève la main et lui effleure la paume. A cet instant, il m'agrippe le dos et vient se blottir contre mon torse. Je tente de reculer, surpris, mais il me serre avec une force que je ne lui soupçonnais pas.
« Aide-moi ! Fais que ça s'arrête ! » N'arrête-t-il pas de répéter. « J'ai peur... je t'en supplie, ne me laisse pas ! Je ne veux pas ! » Je ne comprends plus rien. Il ne pleure pas et sa voix est très neutre. L'atmosphère se fait de plus en plus pesante.
Un filet de sang vole devant moi. Je recule la tête pour mieux voir le cook dans mes bras. Je me fige. Le corps du blondin est en train de s'entailler de toutes parts. Une sorte de lame invisible lui tranche lentement chaque parcelle de peau offerte. Son corps est bientôt recouvert de sang. Il me regarde avec des yeux qui alternent entre le neutre et le suppliant. Je n'en peux plus. Je sens son sang s'écouler sur mes mains. Je suffoque. J'ai l'impression de mourir. Mais je ne veux pas mourir ! Je ne veux pas qu'il meure !
-Sanji !
Je me surprends moi-même à crier le nom du cook. Je suis allongé sur la pelouse, toujours aux côtés de mon équipage endormi. Je m'efforce à garder les yeux biens ouverts tout en reprenant mon souffle. Un cauchemar ?
-Y a quoi ?
Je me retourne vivement vers le cook à côté de moi. Apparemment il vient d'arriver, et il m'a entendu crier son nom.
-Euh... rien. J'ai juste senti ta présence, et je voulais vérifier que c'était toi.
Le blondin hausse un sourcil. Mon excuse est bidon, il n'y a certainement pas cru. Pourtant il ne relève pas. Il se contente de soupirer.
-Viens préparer le petit-déjeuner. J'ai vu la liste des tâches, et apparemment Nami en avait marre de devoir cuisiner alors elle a attribué à chacun un jour de cuisine. Et aujourd'hui c'est toi qui t'y colle !
-Tch... heureusement qu'on accoste aujourd'hui... dis-je en me relevant.
Les yeux du cook changent légèrement. Il fronce les sourcils et balaye le bateau du regard.
-L'atmosphère du bateau est très sombre ce matin... marmonne-t-il entre ses lèvres.
Je ne réponds pas et me dirige simplement vers la cuisine. Après avoir cassé accidentellement plus d'une dizaine d'oeufs, répandu un pot entier de confiture sur le sol et brisé trois tasses à café, je peux enfin sortir pour annoncer le début du petit-dej' à mes compagnons affamés. Ceux-ci se précipitent autour de la table et commencent à chahuter tranquillement (enfin tranquillement... si on oublie les assiettes qui volent, les cris d'Usopp, le bruit des os de Brook qui se cassent, la table qui tremble etc... ). Parmi les bruits incessants, la petite voix de Chopper s'élève soudain.
-J'ai fait un cauchemar cette nuit...
Etrangement, tout le monde se tait immédiatement. Nami sourit et prend le petit renne sur ses genoux.
-Raconte-nous.
-Bah... j'étais dans un endroit bizarre où il n'y avait rien. Juste un interminable fond rouge. Et tout-à-coup, j'ai aperçu le dr. Hiluluk qui s'avançait vers moi. J'étais content de le voir, et il m'a sourit. Mais soudain, une sorte de lame invisible a commencé à le trancher de part en part, jusqu'à ce que son corps dégouline de sang... après je me suis réveillé.
Le cook fronce les sourcils. Il s'attendait certainement à avoir une réaction consolante de notre part à tous, mais personne n'a bougé. Un grand silence règne dans la pièce, et tout le monde se regarde, ahuris. Usopp penche là tête sur le côté et commence à bredouiller.
-J'ai fait exactement le même cauchemar... mais avec ma mère.
Franky lève la tête.
-M... moi aussi ! Avec Tom-san !
-Pareil avec Ace, s'exclame Luffy.
-De même avec mon ancien capitaine, dit Brook.
Robin nous regarde un à un avec des yeux inquiets et concentrés. Elle tourne lentement la tête vers Nami.
-J'ai fait le même cauchemar, mais la personne en face de moi était le géant Saulo. Nami, est-ce que par hasard tu l'aurais aussi fait, avec cette personne qui s'appelle Belmer ?
-C'est vraiment étrange, répond la rousse, comment ça se fait que...
-Ce sont tous des proches morts qui étaient particulièrement chers à nos yeux. Et dans chaque rêve, ils se font détruire petit à petit par une lame qu'on ne peut pas voir... Pourquoi ? Qu'est-ce que ça signifie ?
-Il a dû se passer un truc bizarre cette nuit, dit Usopp. Ce n'est pas possible normalement de tous faire le même cauchemar au même moment.
Luffy se tourne vers moi, le regard sérieux.
-Et toi Zoro ? Tu as aussi fait ce rêve ? Avec Kuina ?
Je sursaute en entendant mon nom. T'ain... je peux quand même pas dire que c'est avec un cook à poil que je me suis retrouvé dans mon rêve ! Je lance un regard furtif au blond (qui d'ailleurs est très attentif à la discussion) et me dépêche de dire quelque chose pour ne pas paraître suspect.
-Euh... oui, j'ai rêvé que Kuina se faisait mutiler. Quel rêve étrange ! ha... ha ha...
Pfff... paie ta crédibilité ! Tout le monde me regarde bizarrement ! Surtout Nami. Il semblerait qu'il y ait des points sur lesquels elle est plus perspicace que Robin. Enfin bref, personne ne semble vouloir me faire de remarque, alors autant ignorer.
-C'est effectivement très étrange, reprend Robin. Attendons de voir si ça se reproduit. Suivant les événements, il faudra peut-être faire des recherches...
Tout le monde acquiesce, perplexes. Au bout de quelques minutes, l'ambiance redevient détendue et le repas se termine dans la bonne humeur. Enfin, tout le monde sort de la cuisine, me laissant seul avec une petite montagne de vaisselle.
-Oi, Marimo.
Ah oui, j'avais oublié que depuis quelques temps, le mot « seul » ne faisait plus partie de mon répertoire.
-Quoi ?
Le sourcil en vrille s'allume une cigarette et s'appuie contre le plan de travail, l'air plus sérieux que tout à l'heure.
-J'espère que t'es pas assez con pour penser que ces cauchemars sont le fruit du hasard... Marmonne-t-il.
-J'espère que t'es pas assez con pour penser que je suis stupide à ce point.
Il m'adresse un regard ironique tout en soupirant, puis revient immédiatement sur le sujet.
-Dis m'en plus sur ce cauchemar.
-Y a rien à ajouter, c'était exactement comme chopper l'a décrit. Pourquoi ? T'es triste de pas avoir pu partager le même cauchemar que nous ?
-Arrête, je sais que toi aussi ça t'inquiète.
-...
-Quand je parlais de l'atmosphère ce matin, c'était certainement lié à tout ça.
-Et en quoi ?
-Moi.
Je hausse un sourcil.
-Encore ton histoire du portail entre les deux mondes ?
-Exactement. Ceci ne fait que partie des conséquences de ma présence ici. Et tout ce que tu m'as dit prouve bien que je me suis beaucoup trop rapproché de vous.
-Et donc ? Qu'est-ce que tu vas faire ?
-Je ne peux rien faire à part me bouger pour accomplir ce regret. J'espère que l'île d'aujourd'hui va me permettre de trouver des idées.
-Hum...
En frottant les assiettes, je me rappelle de mon cauchemar. Il n'était vraiment pas différent des autres, à un détail près... un putain de cook à poil contre moi qui me demande de l'aide.
-Qu'est-ce que t'as tout-à-coup ? T'as la même tête que Luffy devant un bout de fromage.
Mes yeux s'écarquillent. Ce « détail » me perturbe apparemment au point de m'en faire assez pâlir pour que le blondin le remarque.
-Rien. De toute façon ça te regarde pas.
Mon cul ça le regarde pas...
-... Pour une fois que je fais attention à ta tronche, t'es même pas capable d'être honnête pour me remercier, crache-t-il en sortant nonchalamment de la cuisine.
... C'est moi où il y avait un petit air d'inquiétude dans sa voix ?
Enfin, je sais pas vraiment si c'était de l'inquiétude, mais ça ressemblait un peu à une femme qui veut prouver à l'homme qu'elle aime qu'elle tient à lui, et que le mec l'envoie péter plus loin. Bon, c'est pas très clair, mais je me comprends.
...
Pourquoi j'ai l'impression d'être con tout-à-coup ?
-Yahooo !
Luffy saute sur la berge en levant les poings au ciel, un grand sourire collé au visage. Rapidement, il se met à courir de tous les cotés pendant que nous descendons gentiment du bateau.
-Ca fait du bien de poser les pieds sur la terre ferme, dit Nami en soupirant d'aise. Franky, tu gardes le bateau ?
-Pas de problème !
Chopper descends à son tour, regarde autour de lui avec curiosité puis se tourne vers Nami, des étincelles plein les yeux.
-Dis Nami, comment on s'organise ? On commence par les courses ou par la visite ?
-Les volcans ! Les volcans ! Je veux voir les volcans ! S'exclame Luffy en sautant autour de la navigatrice.
La rousse attrape la joue de notre capitaine et le tire vers elle en soupirant.
-Luffy, évidemment que tu pourras voir les volcans, mais il faut d'abord trouver un endroit ou s'approvisionner. Apparemment il y a un village à quelques pas d'ici. Profitons-en pour faire les magasins.
-Mouais...
-Robin et moi irons acheter le nécessaire. Vous pouvez vous promener un peu dans le village en attendant. Je vous prêterai de l'argent.
Quoi ?!
-Quoi ?!
Ah, ma surprise était telle que je me suis exclamé à voix haute.
-Et bien sûre vous me le rembourserez avec des intérêts quand vous en aurez l'occasion.
Hum. Il me semblait bien qu'il devait y avoir un truc.
-Hum. Il me semblait qu'il devait y avoir un truc.
Encore ?! Mon cerveau est devenu incapable de penser sans utiliser ma bouche ou quoi ?!
-Zoro, tais-toi sinon je double les intérêts.
Je sors un petit grognement tandis que je vois le cook derrière moi qui visiblement ne peut s'empêcher de laisser échapper un rire mesquin.
Les heures s'écoulent. Chacun bouge plus ou moins de son côté, sans me compter moi et mon fantôme de compagnie. Cet abruti a passé la journée à me traîner dans tous les magasins de bouffe imaginables, et a finalement insisté pour aller voir une voyante apparemment connue des villageois. Pourquoi cette envie soudaine ? J'en ai aucune idée. Mais tout ça ne me dit rien de bon. Dans le doute, je l'arrête tout de même avant d'entrer dans la maison de la fameuse voyante.
-Je veux juste savoir s'il y a des gens qui peuvent me voir, en dehors de toi. Et puis qui sait, elle te dira peut-être des trucs intéressants sur ta capacité à voir les morts, me répond-t-il.
Je hausse un sourcil et lui rappelle que je ne vois aucun mort à part lui, ce à quoi il répond par un soupir.
Nous sonnons et entrons dans la petite demeure, sombre et poussiéreuse, le cliché parfait des maisons habitées par des gens bizarres.
-Bienvenue.
Nos regards se tournent vers le fond de la pièce où se trouve une femme d'une cinquantaine d'années assise à un bureau en désordre. Nous nous avançons et venons nous asseoir sur les deux seuls tabourets qui semblent être capable de tenir debout.
-Alors, qu'est-ce qui vous amène ici, jeune homme ? Me demande-t-elle, l'air décontracté.
-Euh... ben j'aimerais savoir si vous voyez quelque chose de spécial en moi, et je voudrais un peu connaître mon avenir.
-êtes vous victime d'un dédoublement de personnalité ? Avez-vous l'impression d'être plusieurs dans votre tête ?
Surpris d'une question si soudaine, je hausse les sourcils.
-Que voulez-vous dire ?
-Je ressens une très grande présence en vous... ou a vos côtés... je ne sais pas. Toujours est-il qu'elle vient clairement s'additionner à la votre. J'ai l'impression de n'avoir pas une, mais deux personnes devant moi.
Le cook fait une grimace. Personnellement, je suis très impressionné par les capacités redoutables de cette femme.
-Et... qu'est-ce que je peux en tirer ? Demandé-je, pas très sûr de moi.
-Essayez de vous en débarrasser. La présence en elle-même ne semble pas dangereuse, mais l'aura qui s'en dégage... a une mauvaise odeur.
-Euh... ok... et sinon pour mon avenir ?
-Votre visage est crispé. Vous feriez mieux de dormir un peu plus. Vous vous surmenez pour quelque chose, et ce n'est pas vraiment bon pour votre santé. Veillez à bien vous reposer dans les jours à venir.
-Hum... d'accord... merci.
Sans rien dire, le cook se lève et sors de la baraque. Ne sachant pas vraiment que faire, je remercie rapidement la femme et le rejoint dans la rue.
-On rentre, me lance-t-il sans me regarder.
Qu'est-ce qui lui arrive encore ? Il a vu un fantôme ou quoi ? Quoi que, dans son cas, c'est pas ça qui devrait le faire changer aussi radicalement de comportement. Alors qu'est-ce qui lui prend ?
Même si ça m'énerve, je décide de le suivre sans trop poser de question. Peut-être a-t-il compris quelque chose, et qu'il m'en parlera plus tard. Nous retournons au Sunny et attendons les autres jusqu'au soir. N'ayant pas assez d'argent pour payer l'auberge, Nami avait suggéré de manger et dormir au Sunny pour cette fois-ci, promettant à Luffy qu'on irait voir les volcan le lendemain.
Nos camarades reviennent les uns après les autres, petit à petit, mais nous ne les accueillons pas vraiment. Moi, parce que je préfère m'entraîner dans la vigie plutôt que d'attendre les autres sans rien faire, et le cook parce que... aucune idée. D'ailleurs, ça fait depuis qu'on est rentré que je ne l'ai ni vu ni entendu, ce qui est rare ces dernier temps. Lorsque, enfin, tout le monde est de retour et prêt à manger, je descends de mon perchoir et me joins à eux dans la joie et la bonne humeur du soir. Encore une fois, le cuistot ne se montre pas de la soirée.
Une bonne heure plus tard, en sortant de la cuisine, je l'aperçois qui regarde le large, accoudé à la rambarde. Je m'arrête, l'observe pendant quelques secondes, puis me dirige vers la vigie sans plus y prêter attention. Je suis fatigué, et j'ai pas envie de parler avec lui pour l'instant. Demain matin, j'irai vers lui et je l'obligerai à répondre à mes questions.
-Putain y en a partout !
-Sanji, j'arrive !
-Non n'approche pas !
...
-NAMI-SAN !
...
Roturier. Bon, il s'est pas passé grand chose, mais je vous promets que les choses intéressantes commencent bientôt ! Dans tous les cas, j'espère que ce chapitre vous a plu, encore désolée pour le retard, et à la prochaine ! Review ? C'est que, j'ai une femme et cinq enfants à nourrir, moi. Et les reviews sont mon seul salaire !
