Bonjour ! Toujours rien à dire, alors bonne lecture!
Chapitre 9 : Apprends-moi à avouer
Le soleil se lève lentement à l'horizon. Encore très fatigué, j'observe depuis maintenant deux heures le cook dormir comme un clochard sur le canapé du salon aquarium. Normalement j'étais juste venu vérifier qu'il dormait toujours, afin de l'empêcher de fuir la conversation dès le réveil, mais j'ai vite remarqué que son sommeil était très agité. Maintenant ça fait deux heures que je suis là, et ça fait deux heures que je le vois se tortiller et se retourner dans tous les sens en faisant des grimaces... pour le moins étranges. J'hésite à le réveiller... Bon, en même temps ça fait deux heures que je me fait chier, et je pense que vu ce qu'il est en train de « vivre », le réveiller serait lui rendre service.
Lentement, je lui tapote l'épaule. Comme il ne se réveille pas, je secoue sa tête, son bras, ses hanches, ses jambes, tout ça dans une douceur absolue, mais toujours sans succès. Bah... de toute façon c'est pas comme si je touchais une femme fragile. C'est donc avec toute ma force, ma volonté et mon amour et je lui encastre violemment mon coude dans le ventre, à cinq centimètres de « l'endroit où ça fait mal ». Et bien évidemment, c'est en toute grâce et beauté que le blondinet se réveille en sursaut pour cracher ses poumons en se tenant le ventre, le visage rouge au bord de l'explosion.
-Putain ! Articule-t-il entre deux quintes de toux. Mais qu'est-ce que tu fous, connard ?!
Ben dis donc, pas très fleuri comme vocabulaire pour un gentleman.
-Bien dormi ? Lui demandé-je avec ironie.
Oh putain qu'est-ce que j'aime me foutre de sa belle gueule.
Il me regarde avec un air qui en dit long sur sa volonté de me tuer, puis claque de la langue et soupire bruyamment en s'étirant.
-Bon, qu'est-ce que tu me veux ? Me lance-t-il une fois sa petite danse matinale terminée.
-Je veux parler.
-Allons bon... et de quoi tu veux parler ?
-De hier. T'étais pas dans ton état normal, et je veux savoir ce qui s'est passé dans ton petit cerveau pour te comporter comme ça.
Le regard du cook redevient grave.
-Je vois pas de quoi tu parles. Et de toute façon t'as pas à savoir ce qu'il se passe dans ma tête.
-Arrête de dire n'importe quoi, je vois bien que y a un truc qui va pas.
-Et si c'était le cas ? Te mêles pas de mes affaires, marimo. Tout ce que je peux te dire, c'est que je risque plus trop de faire appel à toi pour trouver mon regret.
A ces mots, le cook se lève et sort du salon d'un pas pressé. Fuyant. Le pas du lâche quoi.
En attendant, moi, je comprends plus rien. Apparemment, j'ai fait quelque chose qui l'a vexé, et maintenant il ne veut plus de moi comme aide. Mais qu'est-ce qui s'est passé, bordel ?! J'ai rien fait, moi ! Enfin... j'ai peut-être fait un truc, mais alors pourquoi il veut pas m'en parler ce con ?!
Bon... du coup me voilà seul dans le salon aquarium comme un abruti, alors que j'avais juré de tirer les choses au clair... Mais ! J'ai pas encore abandonné, et ce blondinet a intérêt à être endurant parce que je peux être TRES chiant quand il s'agit d'obtenir quelque chose de quelqu'un.
Le soleil est déjà haut dans le ciel lorsque nous descendons tous ensembles du Sunny. Luffy et Chopper sont tout excités. La destination : les volcans !
Nous traversons la ville dans la bonne humeur et arrivons bien vite dans la partie sauvage de l'île. Après encore 1h de marche, ça devient enfin intéressant. D'immenses montagnes se dressent devant nous telles les reines de cette île, noires et imposantes. Une mauvaise odeur de brûlé plane autour de nous. J'aime pas cette ambiance, elle me donne l'impression d'être encerclé.
-Tout le monde, commence Nami, soyez prudents, une autochtones m'a dit que les volcans étaient très agités ces temps-ci. De plus, il y a eu pas mal de secousses ce matin. Alors faites très attention.
-VOLCAAAAAAN !
Tout le monde tourne vivement la tête vers Luffy, qui court déjà comme un fou sur le plus gros volcan, les bras en l'air et gueulant sa joie.
-Luffy ! Crie Nami. Tu as écouté ce que j'ai dit ?!
-AVENTUUUURE ! Continue le capitaine sans se retourner.
Je soupire et baisse les yeux, jugeant inutile de s'inquiéter pour cet abruti, quand soudain je sens quelque chose qui me passe à côté à la vitesse de l'éclair. Je relève le regard et aperçois le cook qui court derrière Luffy en souriant comme un demeuré. Ah, c'est vrai qu'il voulait voir le haut d'un volcan en éruption au moins une fois dans sa « vie ». Mais bon... apparemment, ça ne me concerne plus. Et puis, il est peu con ce mec ! Qu'est-ce qui lui certifie que le volcan va entrer en éruptio-
-Wah !
Je n'ai pas le temps de finir de penser ma phrase qu'une grande secousse fait trembler le sol. Et soudain, un amas de fumée noire commence à s'échapper abondamment du sommet du volcan, suivie rapidement de lave et de rochers en flammes qui dévalent la pente à grande vitesse.
Paniqués, nous courons tous en direction d'où nous sommes arrivés, Usopp évidemment étant le plus rapide de tous, moi portant un Chopper en larmes sur mes épaules, Franky sur ses roues de char et les deux filles se dépêchant comme elle peuvent. Soudain, je m'arrête et me retourne. Que font Luffy et le cook ?
Mes yeux s'écarquillent tout seuls. Ces deux bouffons sont en train de dévaler le volcan en riant comme des handicapés, poursuivis de près par des rochers et la lave. C'est qu'ils s'amusent ces cons ! Brusquement, Luffy trébuche et finit sa course en roulades endiablées, chose que l'autre blondin juge bon d'imiter et roule à toute vitesse jusqu'à nos pieds. Toujours morts de rire, les deux timbrés se relèvent et continuent de courir à nos côtés, sous les engueulades foudroyantes de notre navigatrice. Tellement foudroyantes que le blond est obligé de se sentir concerné. Mais pas le temps de s'arrêter, nous devons fuir au plus vite si nous n'avons pas envie de finir en charbon.
Après 45 minutes de course, on arrive enfin en ville, essoufflés. Tout le monde s'écroule de fatigue sur la grande place, sauf Usopp qui s'empresse d'aller prévenir les habitants, qui visiblement ne sont pas plus affolés que ça.
-Partons d'ici, propose Brook. Ils sont tous tarés dans ce village !
Et c'est à ces mots que nous rejoignons le Sunny, essoufflés et effrayés, et quittons cette île meurtrière, surtout pour les abrutis du genre téméraires. Punaise que c'est poétique.
La nuit est maintenant tombée depuis trois bonnes heures. La navire vogue lentement sur les flots, dans la tranquillité la plus totale. Même à bord, le pont est silencieux. La journée était fatigante, et nous sommes tous trop crevés pour faire la fête. Mais qui dit pas de fête, dit personne pour m'emmerder ! Le moment est donc parfait pour aller harceler le blondinet de questions.
Je sors de la vigie et me dirige vers la rambarde, où le cook est appuyé depuis un moment déjà.
-Coooook~ appelé-je avec une voix provocante. Tu doooors ?
Le dénommée « Coooook » relève la tête et me lance un regard noir.
-Qu'est-ce que tu me veux ?
-La même chose que ce matin.
-Lâche-moi, j'ai rien à te dire.
-Tu es bien sec, dis-moi.
-Ta gueule.
-Tu veux pas me dire.
-Ta gueule.
-Dis-le moi.
-Ta gueule.
-T'as pas les couilles de me le dire.
Le cook saute sur ses pieds et commence à crier.
-MOI ?! Moi j'ai pas les couilles de dire quelque chose ?! Ben juste pour te faire chier je vais te le dire : Je suis un putain d'égoïste !
Je hausse les sourcils.
-Egoïste ?
-Ouais ! Ça fait des semaines que tu m'aides, que je te traîne partout, que je te fais faire n'importe quoi, et tout ça pour ma petite gueule, sans jamais te demander ton avis ! Et le pire c'est que tu bronches pas toi !
-Ah ?
-Alors en entendant la voyante je me suis dit que j'abusais de tes services et que je t'épuisais, alors j'ai pensé qu'il fallait que j'arrête de te mêler à cette connerie de regret ! En plus celui d'aujourd'hui était dangereux... Le pire c'est que c'était pas ça non-plus !
-Mais... Pourquoi tu voulais pas me le dire ? Alors que maintenant tu me le déballes sans aucun problème ?
-Je sais pas moi ! T'es pas non-plus obligé de savoir ! Et si je te le dis finalement, c'est parce qu'aujourd'hui, quand j'ai fait le con en dévalant le volcan, je m'attendais à ce que tu m'engueules, ou me rejoignes, ou n'importe quoi ! Mais évidemment, comme je t'avais remballé, t'as pas réagi d'un pouce !
-... Et ?
Le blondin grogne et s'allume une cigarette.
-Ca m'a fait chier.
Un ange passe. Je dévisage Sanji avec des yeux ronds comme des soucoupes, ne sachant pas trop quoi répondre, jusqu'à ce qu'une envie de me foutre de sa gueule prenne possession de moi.
-Je t'ai manqué ? Demandé-je en me retenant difficilement de rire.
-Peut-être, répond simplement le cook, les yeux perdus dans la mer.
Alors là, je m'attendais pas à cette réponse. Mon envie de rire disparaît instantanément pour laisser passer un nouvel ange.
-Ah... euh... ok, balbutié-je.
Une fanfare de chérubins nous passent devant le nez en nous affichant des sourires démoniaquement angéliques. Bon allez ! Zoro mon grand, dis un truc parce que là ça devient vraiment gênant !
-Euh, mais... euh...
Wow. Quelle répartie, je suis surpris de moi-même.
-Tu... tu sais, moi ça me dérange pas du tout de t'aider à chercher ton regret. Au contraire, je m'éclate bien.
Le sourcil en vrille relève la tête vers moi, avec une expression qui trahit son doute.
-Et... je suis très content de t'aider, si ça peut te rendre heureux.
Ouais, allez, un petit speach bien niais sous des fleurs de lilas, ça passe toujours bien.
-Mais d'un autre coté... ça m'emmerde un peu... parce plus le temps passe...
Euh... je crois que je ferais mieux de m'arrêter là...
-... Moins j'ai envie de te voir par...
WOH WOH WOH WOH WOH ! Qu'est-ce que je suis en train de faire là ?! Faut vraiment que je me calme moi !
-Euh... non rien laisse tomber.
Le cook me dévisage avec un air ahuri. Et merde, j'ai pas l'impression qu'il va laisser passer ça. Gros foutage de gueule dans 3... 2... 1...
-C'est cool... si ça te dérange pas.
Tiens, son visage est devenu tout rouge tout-à-coup. Attends... IL ROUGIT ?!
-Mais tu sais, j'ai vraiment pas envie de vous causer du tort, alors je dois partir. Et puis, j'ai ces douleurs constantes aussi... tant que je reste sur terre, elles ne disparaîtront pas.
Oh punaise. Cook, t'es trop gentil, ça devient glauque !
-Cook, t'es trop gentil, ça devient glauque !
Ah, voici le retour de ma mauvaise manie de répéter ce que je pense. Et ce con qui rougit de plus belle ! Mais faut arrêter là !
Le vent commence à souffler fortement sur les voiles du bateau, pendant que le silence règne sur le pont. Nous restons immobiles, comme deux abrutis, les yeux perdus dans le large. Les vagues me paraissent calmes malgré le vent. En faite, tout me paraît calme. Si calme que je ne ressens même plus la gène qui s'était installée entre moi et le cook. Je pourrais dire n'importe quoi, je n'ai plus vraiment l'impression que ça a de l'importance.
-Dis, cook...
-Ouais ?
-Tu trouves pas qu'on est vachement cons tous les deux ?
-Ouais.
-Hey...
-Ouais ?
-On va boire quelques bouteilles ?
-Ouais.
On se lance un regard... complice ? Moqueur ? ... tendre ? Je ne saurais pas le définir. Toujours est-il que nous nous enfermons dans la cuisine et buvons tout ce que nous pouvons, pendant toute la nuit. On dit des conneries, on boit, on rigole, on se frappe, on boit, on s'entre-tue, on rigole à nouveau et on boit encore... Puis on s'endort au milieu des bouteilles vides, complètement crevés et bourrés.
...
...
Y a pas à dire, j'ai vraiment pas envie qu'il parte.
-Nami éloigne-toi !
-Sanji qu'est-ce que...
-Attention !
-Sanji !
-Sanji !
...
-SANJI !
...
Cassoulet. Ça vous a plu ? Alors rendez-vous au prochain chapitre ! Review ?
