Bonjour bonsoir ! Et ouais, alors que j'avais annoncé de l'attente, me revoilà déjà avec la suite ! Vous pouvez pas savoir comme je suis fière ! Mais bon en même temps avec tous vos gentils messages, c'était difficile de résister à la motivation qui prenait possession de mes doigts ! (bizarre comme phrase...) Enfin bref, voici la suite du chapitre précédent, que je vous offre sur un plateau de granit marin en espérant que vous l'aimerez.
Bonne lecture !
Chapitre 12 : Apprends-moi à être un pirate
Quelque part, dans un immense bureau sombre et bordélique, le téléphone se met à sonner au milieu des milliards de fichiers posés sur le pupitre. Un homme avec un sabre dans un main et une bouteille de saké dans l'autre s'empresse de répondre.
-Ici la centrale, j'écoute.
-Ouais ici les nerf ! Y a urgence, je dois te faire passer l'info' que des lèvres sont en train de toucher les nôtres !
-Quoi ?! Mais ça veut dire quoi ça ?!
-Ah ça c'est pas mon boulot, tu te demmerdes avec les autres.
D'un seul coup, une dizaine d'autres téléphones se mettent à sonner. L'homme hésite longuement et choisit finalement de tous les décrocher en même temps.
-Ici les yeux, y a un visage à quelques centimètres de nous !
-Ici le jugement: Il s'agit de Sanji, le mec qu'on aime depuis un moment mais qu'on assume pas.
-Ici l'objectivité, on se fait embrasser par un homme là.
-Ici la curiosité, dans le département on aimerait bien savoir ce que c'est que ce bordel.
-Ici l'interprète, soit ce mec est gay et nous aime, soit il est en train de se foutre de notre gueule.
-Ici la raison, on devrait attendre de voir ce qu'il a à dire avant de faire quoi que ce soit.
-Ici l'émotivité, ALHGéKAJGHéAKDJGéEURHéKJADFNLVéAUHLGHIERUN.
-Ici les sentiments, je me suis mis d'accord avec l'émotivité pour activer l'effet papillon dans le ventre et l'effet gêne dans le visage.
-Ici le coeur, tu peux dire à l'émotivité de se la fermer un peu ? Elle arrête pas de m'oppresser et elle m'oblige à accélérer le rythme.
L'homme se pince les sinus et met tous les téléphones sous silence, sauf un qu'il prend avec retenue.
-Ouais la raison ? Tu peux venir s'il-te-plaît ? On doit reprendre les choses en mains.
-Ben je veux bien mais c'est le bordel là, on me laisse ni bouger ni parler.
-T'as qu'à monter en même temps que l'adrénaline quand tu la vois, tu vas voir c'est extrêmement rapide.
-Ok j'arrive.
Il boucle le téléphone et s'assied sur son bureau en soupirant. Tous les autres appareils se remettent à sonner dans tous les coins et des fichiers apparaissent sur le bureau à la vitesse de l'éclaire. En un instant, un autre homme se tient à ses cotés.
-T'as raison l'adrénaline ça va vite mais ça me secoue complètement. J'ai pas eu mon mot à dire pendant le voyage.
-Ouais. Bon, il faut qu'on discute sérieusement...
...
...
-ON FAIT QUOI PUTAIN ?!
...
Le cook m'embrasse. Oui, c'est un fait, le cook m'embrasse. LE COOK M'EMBRASSE J'AI DIT !
Je sursaute, je réalise, je tremble, je bloque, je sais pas quoi faire. Je bug tellement que j'ai le temps de me reprocher d'agir comme une fillette avant que le blondin ne mette fin à l'échange. Je n'ose rien dire, je le dévisage simplement avec des yeux vides. J'ai l'impression que mon cerveau va exploser. Sanji recule son visage et me regarde avec une gêne mal dissimulée.
-Pourquoi tu me repousses pas ? Me demande-t-il avec sérieux.
... Gné ?
Euh... là je dois dire que je comprends pas le but de sa question. Mais merde Zoro c'est pas le moment de penser à des trucs aussi inutiles ! Dis quelque chose, vite !
-Euh... C'est pas plutôt à moi de poser des questions là ?
Bravo Zoro, ta réponse était plus que cohérente. Le cook soupire.
-Je sais pas si t'as remarqué, mais c'est extrêmement embarrassant de devoir expliquer ce qui se passe dans ma tête actuellement. Tu veux pas faire marcher ton cerveau et réfléchir à ce que ça peut vouloir dire tout seul ?
Une grimace incontrôlable se dessine sur mon visage.
-Non, non, non cook, j'y connais rien dans ce domaine mais tu peux pas m'embrasser et ensuite me dire que tu veux pas parler !
-Mais tu fais chier ! Tu te rends pas compte à quel point je dois cracher sur mon honneur pour faire ce que je fais ?! Ça te suffit pas ?!
-Mais t'es mort, qu'est-ce que t'as à perdre ?!
-T'es le premier à vouloir sauver ton honneur quelque soient les conditions, t'es mal placé pour me dire ce genre de conneries !
-Mais pourquoi tu perdrais ton honneur ?! Parce que t'as embrassé un gars ?!
-Putain arrête d'enfoncer le clou en le répétant...
Je me frotte nerveusement la tête. Humm, qu'est-ce que j'aime cette odeur de malaise qui plane dans la pièce. Je réfléchis pendant de longues secondes à ma prochaine phrase, jusqu'à ce que je décide que de toute façon ça peut pas être plus gênant que ce que c'est déjà.
-Eh Sourcil.
Le blondin relève la tête qu'il avait jusque là gardée obstinément baissée vers le sol.
-... Quoi ?
-Tu m'aimes ?
Ses joues s'enflamment violemment. Peut-être que j'y ai été un peu cash. Mais c'est ça qu'on aime dans le département central ! (Qu'est-ce que je raconte ?)
-Je... j'étais pas censé te le dire... mais... j'ai pensé que ça pourrait être ça... mon regret... me répond-t-il en bredouillant.
-Mais euh... ça fait combien de temps ?
-Je dirais... depuis qu'on a quitté Thriller Bark.
-Et les filles dans tout ça ?
-... Je reste un gentleman et un homme avant tout.
-Alors... t'es gay ?
Le blondin se pince à nouveau les sinus et soupire d'un air agacé.
-Oui, Zoro, je suis gay...
-Mais du coup est-ce que tu...
-BON ! Explose-t-il enfin. C'est bon ?! T'as fini avec ton interrogatoire à la con ?! OUI, je suis gay, OUI, je t'aime, OUI, je sais que tu trouves ça bizarre et OUI, je sais que tu vas te foutre de ma gueule comme touj...
Il ne peut pas finir sa phrase. J'ai pas envie de le laisser finir sa phrase. Sans réfléchir, je passe ma main derrière sa nuque, l'attire d'un geste décidé et colle mes lèvres contre les siennes. Le cook écarquille les yeux mais ne fuit pas. Il attend sagement (tremblant) que je me retire, avant de tomber en arrière comme poussé par une force inconnue. Oh. J'y suis peut-être encore allé un peu cash. On se fixe pendant un instant qui semble infini. C'est lui qui casse le silence, le visage rouge.
-Tu vas pas me dire... Que sur toutes les orientations qui existent, il a fallu que tu sois gay... et que sur tous les mecs dans ce monde, il a fallu que tu sois amoureux de moi... et que par un putain de hasard, je sois amoureux de toi aussi... !
-Le hasard est très important pour le développement du monde, tu le sais ça ?
-Non mais... sérieusement ?
-J'ai l'air de me foutre de ta gueule ?
-... Et depuis quand ?
-Oh cook, je t'en prie ne commence pas avec un interrogatoire toi aussi !
Les joues de Sanji passent de rouge à rosé. Il laisse échapper un doux rire et se frotte la tête de la main droite. Il a l'air heureux. Je dois dire que je me sens bien aussi. La situation n'est plus gênante, et l'ambiance est à présent extrêmement calme. Un sentiment que j'ai jamais vraiment connu se fait ressentir en mon intérieur. Je me sens... je sais pas... léger ?
-... Zoro.
Je pose les yeux sur le Sourcil en vrille qui vient de briser le silence d'une voix que je ne reconnais pas.
-... ?
-Zoro, je me sens léger, m'annonce-t-il dans un filet de voix.
-Moi aussi, dis-je dans une tentative de tendresse.
Il lève les yeux vers moi. Je peux très clairement percevoir une lueur étrange dans son regard.
-Non, je veux dire... je me sens vraiment léger !
-... Tu... ?
Je tressaille. En y regardant de plus près, sa peau est devenue extrêmement pâle !
-Zo... Zoro je... je sens de moins en moins ma douleur constante...
-... Ça veut dire qu'on a réussi ?
Le blondin sourit d'un air excité.
-Oui ! Oui, je crois qu'on a réussi !
D'un geste enjoué de la main, il m'ordonne d'approcher. Je m'exécute sans poser de question, tandis qu'il m'agrippe le visage et unit nos lèvres. Je me fais rapidement emporter par le baiser. Je pose mes mains autour de son visage à mon tour et sans me laisser de réfléchir, ma langue commence à jouer avec celle du blond.
Punaise, moi qui pensais que c'était triste pour un mec de rouler sa première pelle à 21 ans, ben finalement ça en valait la peine !
Merde... je viens de comprendre... que c'est mon dernier échange avec Sanji. Les gestes de celui-ci se font de plus en plus lent. Il met doucement fin au contacte et plonge son regard dans le mien. Il sourit.
-Je vais partir, Zoro.
-Je sais.
-Va pas croire que je vais verser ne serait-ce qu'une seule larme.
-Compte pas sur moi non-plus... Mais je dois dire que ça fait chier quand même.
Un air étrange prend possession du visage de Sanji. Il rit doucement.
-Qu'est-ce que tu racontes ? T'es pas heureux pour moi ?
Mince, j'ai peut-être dis quelque chose qu'il fallait pas. On a cherché longtemps avant d'en arriver là. Je peux pas lui dire maintenant que finalement je veux pas le laisser partir.
-Oui, répondé-je simplement. Je suis heureux pour toi.
Gentiment, je l'attire vers moi et l'entoure de mes bras puissants.
-Juste quelques secondes, dis-je avec une gêne mal dissimulée.
Il m'enlace à son tour et blottit sa tête dans mon cou.
-Ce serait bien de pouvoir partir comme ça... tu seras la dernière chose que j'aie touchée dans ce monde.
Je ne réponds pas, colle ma tête contre la sienne et resserre un peu plus mon étreinte. Le silence retombe encore une fois dans la vigie. Nous restons ainsi, assis sur le sol et blotti l'un contre l'autre. Sa respiration est à demi agitée. A-t-il peur ? Ou peut-être est-il impatient ? Mais peut-être est-il un peu stupide d'essayer de deviner ses pensées si je ne connais même pas les miennes. Je suis content pour lui, je suis même soulagé qu'il puisse enfin reposer en paix. Mais je me suis habitué à sa présence. Je lui avais déjà dit au revoir une fois, et à vrai dire je sais pas si j'en supporterai une deuxième. On a passé près d'un mois à se coller au basques, à faire tout et n'importe quoi ensemble, et quand enfin j'accepte mes sentiments envers lui, il m'annonce qu'il partage les mêmes. Et maintenant, il va partir. J'ose pas imaginer à quel point je vais me sentir seul. Non, je me sens déjà seul. J'ai l'impression que ce nouveau départ sera encore plus dur que le premier.
... Je veux pas... qu'il parte.
-Zoro ?
Je recule un peu mon visage et plonge mon regard dans le siens. Il me frotte les cheveux d'un geste doux et se lève.
-Je veux pas disparaître devant toi. Je veux pas te faire souffrir. Je vais simplement sortir de la vigie et disparaître en silence.
À ces mots, il me tourne le dos et sort sans rien ajouter de plus. Je tente de le retenir, mais ma voix est étouffée par une force inconnue. Je me relève à mon tour et me dirige vers la trappe dans l'espoir de le rattraper, mais cette même force m'arrête au moment de l'ouvrir. Résigné, je retourne m'asseoir sur le banc. Je soupire, baisse la tête et regarde fixement le sol. Une minute passe. Puis deux. Puis cinq, dix...
Voilà.
Je suis à nouveau seul.
...
Adieu, Sanji.
...
...
* SCRASH *
Je relève les yeux brusquement, assez rapidement pour voir la trappe de la vigie me passer devant à toute vitesse et s'écraser contre le mur.
...
Hein ?
Mon regard se tourne vers l'entrée, où le cook se tient debout, une cigarette à la bouche et un air agacé sur le visage. Il tire une bouffée de fumée et vient s'asseoir à coté de moi, sans un mot.
-C'était pas ça, crache-t-il sèchement.
Euh... quoi ?
-Ca fait dix minutes que j'attends dehors comme un con, et y a aucun changement.
« aucun changement » ? Hein ? Je fixe le blond avec des yeux rond. Un ange passe. Aucun... changement...
-pfffrrr... frr.
-?
-HAHAHHAHAHHAHAHAHAHAHAHAHA !
Le cook s'irrite immédiatement en me voyant rire à pleins poumons. Non mais... comment tu veux ne pas rire ?!
-Arrête c'est pas drôle abruti !
-Désolé c'est la pression HAHAHAHAHAH !
Ah ben dis-donc ! Ça valait la peine de créer une putain d'ambiance guimauve si c'est pour revenir à la fin et dire que ça a pas marché ! Le cook, le regard meurtrier, m'administre violemment son pied dans le ventre ce qui me coupe immédiatement l'envie de rire. Il jette sa cigarette sur le sol et l'écrase avec hargne. Wow. Ben dis-moi il est bien loin le temps de la niaiserie des arcs-en-ciel.
-Calmos sourcil !
-La ferme ! Je crois pas que tu te rends compte à quel point je viens de me faire humilier !
-Ah, là j'avoue que les anges qui nous regardent doivent être morts de rire en ce moment même.
Cette remarque me vaut un coup de pied en plus dans la mâchoire. Aïe.
-Mais ça va détends-toi cook, c'est pas la fin du monde !
-De quoi ?! J'ai craché et pissé sur mon honneur après lui avoir marché dessus pour t'avouer que je t'aimais, je me suis pété les couilles à être le plus doux possible afin de pas prendre le risque d'être frustré si tu me rejetais, j'ai dis et fait des trucs ridiculement guimauves pour augmenter les chances de réussite et je me suis barré comme un héro pour finalement revenir avec ma tête de con pour t'annoncer que tout ça a servi à rien !
-Ah ouais là j'avoue que même moi je me sens mal, ricané-je en lui lançant un regard moqueur.
Bon, y a pas de quoi se moquer, moi aussi j'étais à fond dans le truc. Plus jamais d'ailleurs, quand j'y repense j'ai envie de vomir des coeurs et des paillettes. Le cook claque de la langue et revient s'asseoir à coté de moi d'un mouvement désespéré.
-'tain c'est frustrant... soupire-t-il. Dire qu'on y était presque...
Tandis que ce fantôme en plastoc rumine dans son coin, je réfléchis silencieusement dans le miens. Si c'est pas ça son regret, alors pourquoi est-ce qu'il s'est senti si léger et ses douleurs ont en partie disparu ? Les effets de l'amour, peut-être. Quand j'y pense, moi aussi je me sentais léger et « libéré » de mes peines.
Oh.
J'ai une idée sympathique.
-Dis cook, peut-être que c'est vraiment ça mais qu'on a pas assez « approfondi » le sujet.
Le blondin me lance un regard méfiant.
-Comment ça ?
-Fais pas genre, je sais que tu vois très bien de quoi je parle.
-?
Sans un mot de plus, je me penche vers lui et le couche sur le banc. Je me positionne au dessus de lui, mes mains des deux cotés de sa tête et approche considérablement mon visage du siens.
-T'es sûr que tu comprends toujours pas ?
-C'est le mec le moins connaisseur en la matière qui me demande ça ?
Je lui lance un sourire joueur.
-Faut croire que oui.
À ces mots, je l'embrasse à pleine bouche en fermant les yeux. Il ne résiste pas. À vrai dire il participe carrément ! Nos langues se rencontrent à nouveau tandis que nos mains commencent à se balader un peu partout sur nos deux corps. Nos respirations s'accélèrent, et je peux bientôt sentir que ça chauffe au niveau du bas.
Il paraît que c'est mal vu de coucher le premier soir. Mais bon on est des pirates, on s'en contre-fous de ce qui est bien ou pas.
C'est donc dans une ambiance très... poétique que je termine ma soirée avec le cook. Et franchement avec tout ce que j'ai fait pour lui, il pouvait pas partir sans au moins me donner ça.
...
Morsure. Pour ceux qui s'en douteraient, oui je me suis inspiré d'un sketch des deux minutes du peuple pour l'intro. Et comme vous l'avez aussi peut-être deviné, je HAIS le OOC. Donc non je ne m'excuse pas pour la fin un peu crue, même si l'absence de Lemon a certainement fait craqué quelques dents. En tout cas j'espère que vous avez apprécié ce chapitre, et je vous donne rendez-vous pour le prochain qui, je le souhaite, sortira dans pas trop longtemps. (ah, et maintenant vous êtes prévenus, les reviews me motivent à fond pour l'écriture!)
