CHAPITRE 2

- Nous sommes…chez moi…

Harry aurait volontiers répondu, même très volontiers ! Mais voilà, la mine pâle de son professeur de potion l'en empêcha.

- Monsieur ?

- …

Aucune réponse ne vint. A peine quelques minutes après, Snape commença à se déplacer pour observer les alentours. Tout était à sa place, les tableaux, le vase de cristal, les meubles…seulement, quelque chose n'allait pas.

Un gros fracas perturba soudainement le silence de la pièce. Severus se retourna brusquement vers l'origine du bruit et sa pâleur devint cadavérique.

- Professeur qu'est-ce qu'il se passe ?

Tout deux aperçurent alors une ombre dévaler les escaliers…

- Non…

Une forme suivie de près le mot murmuré d'une voix tremblante du maître des potions, accompagné quelques secondes après par les pleurs d'un enfant et un cri déchirant… « Maman ! ».

Harry se précipita vers le corps à terre alors que son professeur était paralysé devant la scène. Lorsqu'il essaya de relever la femme, ses mains passèrent au travers de ses bras. Restant sous la surprise, il ne réalisa que trop tard l'arrivée d'un petit garçon aux cheveux noirs et soyeux, et au regard noir cristallin rempli de larmes de détresse.

Snape resta hypnotisé devant tout ce qui se passait, une nouvelle foi, devant ses yeux. Il se revoyait serrer le corps bientôt sans vie de sa douce mère, se rappelant malgré lui le déchirement que cette perte lui avait causé.

Tout deux entendirent le dernier souffle de sa seule aimée, « Tout va bien mon ange…je t'aime… ».

Après ses mots, elle l'avait abandonné.

Les larmes coulèrent alors en abondance sur les joues de son jeune lui puis une tierce personne fit son apparition, rouge de rage, les yeux injectés de sang et la main prête à s'abattre sur la forme recroquevillée. Se fut de trop pour Severus.

- ASSEZ ! QUE CELA S'ARRETE ! Que ça s'arrête…

La demande fut exaucée et le résultat très simple. Tout disparut, les meubles, la nuit, l'enfant, sa mère…tout. L'environnement resta alors vide. Le regard d'ébène resta fixe à l'emplacement des deux corps enlacés. Il sentit après quelques minutes une douce pression sur son bras, et c'est en tournant la tête vers la direction de celle-ci qu'il rencontra les deux émeraudes de son élèves.

- Monsieur ? Tout va bien ?

- …

- Professeur Snape ?

- Vous n'avez rien vu Potter.

- Hein ?

- Je vais parler plus simplement pour que votre cerveau inexistant comprenne. Il replaça son masque d'indifférence sur son visage. Si vous en parlez à quelqu'un à votre réveil, le Seigneur des Ténèbre deviendra une option préférable à ce que je vous réserverai, dit il d'une voix tellement basse qu'elle fit frissonner Harry.

- Je…je n'aurais rien dit monsieur.

Le silence ne dura pas longtemps contrairement aux pensées du maître des potions, car il fut vite brisé par quelques mots du survivant.

- Professeur ?

- Quoi encore Potter !

Dans sa tête, il espérait que la question ne porte pas sur ce qui c'était passé.

- Si je suis inconscient…pourquoi je me retrouve coincé avec vous ?

Quelques minutes s'écoulèrent entre la demande et la réponse, le temps pour que les pensées de Snape se remettent correctement.

- Potter soyez logique pour changer, ce n'est pas vous qui êtes coincé avec moi, c'est l'inverse.

- Et après on dit que c'est moi le gamin dans l'histoire ?

- Potter…

- Ca ne répond pas à ma question.

- Vous êtes seulement le fruit de mon imagination.

- A bon ? Elle est bien bonne celle la !

- Ca suffit ! Je ne tiendrais pas une minute de plus avec vous, espèce d'insupportable gamin !

- Et moi alors ? Vous croyez quoi, que je saute de joie à l'idée de vous voir !

- Vous êtes vraiment comme votre père Potter, c'est-à-dire trop fier de votre petite personne !

- Qu'est ce que vous en savez hein ? Vous étiez trop occupé à me coller l'étiquette fils de James Potter pour vous rendre compte que le seul lien que j'ai avec lui est seulement génétique !

- Pas que génétique gamin ! Et pour ce, dès votre première année vous vous êtes mis dans des situations dangereuses, et en plus vous avez entraîné avec vous deux autres élèves !

- Ben allez y vous ! Je veux bien vous voir essayer de faire des choses normales alors que vous avez un psychopathe doublé d'un meurtrier sanguinaire qui veut vous tuer !

- Encore une foi vous ne voyer que ce qui vous incommode Potter.

- Vous ne pouvez pas comprendre ce que ça fait alors ne dites pas cela de moi !

- IDIOT ! Je le vis tous les jours ! Votre misérable cervelle aurait-elle donc oublié !

- Non rassurez vous, je n'oublierais jamais que vous n'êtes qu'un sale Mangemort !

Snape s'immobilisa sur le coup. Ses traits habituellement illisibles laissaient transparaître la colère et la haine qu'il portait envers le Sauveur du monde sorcier. Les joues rouges, le regard assassin, ses mains tremblaient tout en se contractant en un point solide et ferme, prêt à s'abattre sur son étudiant.

De son coté, Harry savait parfaitement qu'il était allé trop loin, mais à ses yeux, ce n'était que vérité. Après tout, Snape jouait effectivement du coté des ombres, donnant des informations de l'Ordre du phoenix au seigneur noir, participant toujours aux réunions. Dumbledore avait certes confiance en lui, mais pour le survivant, ce n'était plus assez. C'était à cause de Snape que Sirius était mort…

Alors qu'ils défiaient du regard, tout devint flou, et le maître des potions disparut du monde dans lequel ils étaient.

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Dans son lit d'infirmerie, Snape se releva brusquement, rageant encore contre son élève.

- Sale Mangemort…

Tout, on pouvait l'insulter de tout, bâtard graisseux, chauve-souris, sadique, ordure et j'en passe, mais ça jamais. Malgré la colère, ses yeux restèrent dans le vague à fixer un point connu de lui seul. Perdu dans ses pensées encore désordonnées, il n'entendit pas des pas se rapprocher de son lit, lui qui pourtant avait une ouïe si développée.

Une main à la peau vielle se replia doucement sur les siennes qui tremblaient. Il ne sursauta pas, ne marqua aucun mouvement montrant qu'il avait était surpris. Non jamais il ne ferait ça, il faut dire qu'il a reçut une excellente formation…celle de Mangemort espion. Il releva tout de même la tête. A ses cotés, Albus le regardait, les yeux pétillants mais peinés, le sourire flottant sur ses lèvres sans pour autant y être incrusté.

- Ne vous haïssez pas mon ami.

- Vous jouez encore le fin psychologue Albus ?

- Il parle parfois sans savoir ce qu'il dit, c'est un Griffondor !

- Il ne…PARDON !

Le regard du vieux sorcier s'illumina soudainement et tout en tapotant amicalement les mains de son employé, il partit en riant caché derrière sa barbe.

Severus quant à lui, en resté sur les fesses. (Qu'il a de magnifiques d'ailleurs ) Comment, pourquoi…non COMMENT peut-il savoir CA ?

- Merlin, je savais bien que cette foutue migraine allé venir…

Dépité, il se leva rageusement et voulu commencer à cherché ses biens lorsque Pomfrey fit son apparition. Marchant rapidement vers son patient, elle le saisit fermement par le bras et le fit se rassoire sur son lit.

Severus hallucinait. Depuis quand osait-elle le faire retourner dans son lit, mais surtout depuis le touchait-elle ?

- Restez allongé ou je vous attache aux barreaux du lit.

- Vous croyez me faire peur ?

- Et vous avec votre tête de cadavre vous croyez que c'est mieux ?

Il lui sourit d'une manière sadique et la regarda des ses yeux noirs et machiavéliques. Peut être ne pouvait il pas lui faire peur, mais en tout cas il pouvait toujours lui clouer le clapper.

- Dans ce cas attaché moi ma chère Pompom, vous n'avez pas idée du bonheur que cela me procure…

- Méfiez vous vieille chauve-souris, si je suis devenu infirmière à la base, c'était pas pour soigner des personnes que je ne connaissait pas…

Pompom le regarda de manière faussement lubrique, et étrangement, Severus s'allongea dans son lit sans demander son reste.

C'est décidé, demain je me recycle moi et mon sarcasme… ( le pov' l'est tout démoli)

- Mais pourquoi je ne peux pas quitter cet endroit aussi répugnant que la propriétaire ?

- Tout simplement, espèce vieux rabougris, parce que vous êtes blessé à l'épaule ce qui rend votre bras inutilisable, et donc, par conséquent, je suis obligé de vous garder le temps que vous retrouviez des sensations.

- Je ne suis pas Môssieur Potter moi, je ne pleure pas au moindre bobo, alors LAISSEZ MOI PARTIR D'ICI !

- Mais vous êtes vraiment coriace ma parole !

- Autant que vous vieille harpie décharnée !

- Espèce de vieux grincheux, si vous ne vous calmez pas c'est décidé, j'appelle Albus !

- Tout de suite les grands moyens, c'est ça quand on sait pas se défendre !

- ALBU…Hmf !

Bâillonnée par un simple sort de chaussettes lancé sans baguette, Pompom regarda dangereusement son « hôte ». Il ne voulait aucune aide ? Il se croyait donc capable de tout gérer tout seul ? Et bien qu'il en soit ainsi ! Ne jamais chercher la grande Pomfrey ! Elle sortie alors de la pièce et claqua la porte derrière elle.

Severus, pas du tout impressionné par ses yeux de caniche enragé, se leva une seconde fois…pour se rassoire de suite après. Sa tête tournait et avait accueillit un troupeaux de centaures en train de faire la java sur du parquet neuf, son dos était totalement endoloris, et effectivement il lui manquait un bras d'après les sensations qu'il en avait…c'est-à-dire aucune.

- C'est rien mon vieux Sev', c'est pas comme si t'avais pas l'habitude de revenir dans tes cachots avec des pièces en moins…

Cependant, un petit mini maxi problème lui avait échapper. Il se retrouvait à l'infirmerie à cause de ce sale môme complètement débile, un bras en moins, une plaie qui ferait affreusement mal, il en était sûr, après que la potion calmante ait fini de faire effet et le dos en charpie. Jusque la tout était bon. Soudain, comme si Merlin lui-même avait décidé de s'amuser avec les nerfs de ce pauvre (et diablement sexy) Severus, un léger courant d'air vint le chatouiller en dessous de la ceint...du menton, qui plus est, à l'air libre et à la vue de quiconque rentrerait dans la pièce grâce à la sortie qu'il aurait dû réussir.

Se couvrant tel un enfant pudique, il chercha frénétiquement des yeux ce qui pourrait être à lui, comme un boxer blanc, une chemise, un pantalon, ses robes de sorcier…

- Elle les a mis où ?

…ou pourquoi pas dans le pire des cas, sa baguette magique.

- Elle a pas osé ?

Après maintes recherches infructueuses, un doux roucoulement se fit entendre jusqu'aux fondations de Poudlard.

- POOOOOOOOMMMPOOOOOOOOMMMMM !

Et là, quelque part dans un coin sombre de l'infirmerie, un sourire diabolique s'accrochait aux lèvres de la propriétaire de ce lieu, tandis que ses yeux fixaient calmement le feu qui consumait les habits du maître des potions.

Il lui fallu attendre 4h pour que Pompom se décide à revenir et lui donne de nouveaux vêtements ainsi que sa baguette magique. Une foi ce laps de temps écoulé, il fallut 5h supplémentaires au corps enseignant pour retrouver la dite infirmière à la limite du domaine de Poudlard, saucissonnée comme une paupiette, et seulement vêtue de feuilles de bananier. Etrangement, Severus ne participa pas aux recherches, mais parcourrait les couloirs avec un sourire plaqué au visage.

Cependant, ce sourire de resta pas lorsqu'on lui annonça en fin de journée qu'il devait veiller Harry à son chevet, dans le cas peu probable pour le moment qu'il se réveille. C'est donc tel un condamné a mort qu'il se dirigea vers sa potence. Quand les portes apparurent à l'horizon, un étrange sentiment l'envahi, comme du soulagement ou du plaisir de se trouver en ce lieu trop blanc aux goûts de tous. Il poussa la porte, tira une chaise, et contempla le tableau le plus beau de Poudlard…le parc sous la neige avec un soleil couchant. Mais voilà, bien que se paysage soit d'une beauté à toute épreuve, quelque chose gâchait cet ensemble. Lui. Ce fut sur ces délicates pensées que le maître incontesté des potions sombra dans un sommeil qu'il souhaitait réparateur.

Manque de chance pour lui, Merlin l'aimait beaucoup, et ce fut avec le plus grand plaisir que ce dernier l'envoya rejoindre son pire cauchemar : Harry James Potter.

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Il ouvrit les yeux dans un endroit noir, humide et étouffant. Trop étouffant, cela lui rappelait des mauvais souvenirs, ceux qui pourtant, il en étais sur, il avait bannie de sa mémoire. A tâtons Snape chercha une sortie ou n'importe quoi pouvant ramener la lumière, mais la seule chose qu'il attrapa fut une cheville tremblante. Il ne compris pas de suite et le temps resta suspendu dans l'air lorsqu'un sous étouffé lui parvint aux oreilles.

- Potter ?

- …

- Ne me dites pas que vous avez peur du noir ! LE héro du monde sorcier, effrayé par l'obscurité !

Pas de réponse. Pour tout mouvement, Harry tandis la main, geste inaperçu par Snape, et lorsque ses doigts se refermèrent sur une petite ficelle, un léger déclique se fit entendre. Une faible lumière se propagea dans l'espace confiné, sale et malodorant.

Le regard d'onyx parcourut ce lieu, s'écarquillant à la vue de matelas déchiré qui reposé à terre, les quelque joué broyés et la couverture bouffée par les mites, qui constituaient à eux seuls toute la décoration de la pièce.

Non…ce n'était pas une pièce...

- Un placard ?

Un autre gémissement se fit attendre, et c'est alors qu'il avisa la petite boule qui se réfugier dans un coin, couvert par la couverture. Un enfant au jambes et aux bras maigres, les cheveux indiscipliné et des yeux qu'ils pouvait facilement imaginer vert pur.

- Je…Par Merlin…

- Bienvenu dans mon enfer, professeur Snape.

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J'epsere que ca vous plais toujours et que vous m'en voulez pas pour mon retard, mais les cours sont accablant… Gros poutoux a tt le monde !